Meilleur multimètre électricien Suisse

Théo Desrousseaux 19 min de lecture

Publié le 20 août 2026

Meilleur multimètre électricien Suisse Photo : Bibliothèque Sparx Elec
Multimètre numérique avec molette de sélection.

En bref

  • Le meilleur multimètre pour un électricien en Suisse se choisit d’abord sur sa catégorie de mesure : le CAT III 600 V est le minimum pour une installation domestique.
  • La mesure True RMS reste juste sur les charges modernes comme les variateurs : indispensable dès qu’on travaille en tertiaire ou en industrie.
  • Le Fluke 117 (CAT III 600 V, True RMS) se trouve chez digitec et galaxus autour de 150 à 250 CHF selon les revendeurs et les kits.
  • En Suisse, l’OIBT impose de vérifier l’absence de tension avec un testeur conforme avant toute intervention sur une installation basse tension.

Quel est le meilleur multimètre pour un électricien en Suisse ? La réponse tient en trois critères que je détaille dans ce guide d’achat : une catégorie de mesure adaptée à l’installation sur laquelle on intervient, une mesure True RMS, et des fonctions qui correspondent à l’usage réel du métier. Le multimètre est l’outil de mesure de base de l’électricien. Il regroupe dans un seul appareil la mesure de la tension, du courant, de la résistance et de la fréquence, le test de diode et la continuité. Quand je prépare une intervention, c’est l’appareil que je sors en premier de la caisse à outils.

Je veux être clair d’emblée sur ce que ce guide contient et sur ce qu’il ne contient pas. Je n’ai pas testé ces multimètres sur des installations en Suisse, et je ne prétends pas le contraire. Aucun des modèles cités n’a été utilisé par moi sur un chantier suisse. Je raisonne en électricien, à partir de ce que la documentation technique, les normes et les revendeurs indiquent : les catégories de mesure, la norme de sécurité IEC 61010, les fonctions utiles et les prix pratiqués chez les distributeurs suisses comme digitec et galaxus. Le choix d’un multimètre se fait sur des critères mesurables, pas sur une impression de marque.

CAT III 600 V

minimum de sécurité pour une installation domestique

True RMS

mesure juste sur les signaux non sinusoïdaux

150 à 250 CHF

prix du Fluke 117 chez digitec et galaxus

IEC 61010

norme de sécurité des instruments de mesure

Ce que le multimètre mesure réellement

Un multimètre est un instrument de mesure polyvalent conçu pour quantifier une grandeur électrique sur un circuit. Les grandeurs de base sont la tension, exprimée en volts, et le courant, exprimé en ampères. S’y ajoutent la résistance, mesurée en ohms, et la fréquence, mesurée en hertz. Le test de diode et la continuité complètent la panoplie : la continuité confirme qu’un conducteur n’est pas coupé, le test de diode vérifie qu’un composant semi-conducteur laisse passer le courant dans le bon sens.

Ces mesures ne sont pas des options techniques : elles correspondent aux vérifications que je fais régulièrement dans le métier. Avant d’ouvrir un circuit, je contrôle la présence ou l’absence de tension. Après une intervention, je vérifie la continuité des conducteurs que j’ai raccordés. Quand un équipement ne fonctionne pas, je mesure la tension à ses bornes pour savoir si l’alimentation arrive, puis je contrôle la résistance des éléments suspects. Le multimètre est l’instrument qui transforme une hypothèse en diagnostic.

Tous les multimètres ne se valent pas sur ces mesures de base. La différence se joue sur trois plans que je vais parcourir dans ce guide : la sécurité, représentée par les catégories de mesure CAT, la justesse, représentée par la technologie True RMS, et les fonctions disponibles. Ces trois plans doivent guider la décision, dans cet ordre, avant même de parler de prix.

Les catégories de mesure CAT : le premier critère

La première question que je me pose devant un multimètre n’est pas son prix ni sa marque, mais sa catégorie de mesure. Les catégories de mesure, de CAT I à CAT IV, indiquent pour quel environnement du réseau basse tension l’appareil est prévu. Une mention CAT III 600 V convient aux installations fixes jusqu’à 600 V. Cette mention figure sur le boîtier, mais elle doit aussi figurer sur les cordons de mesure : le multimètre et les cordons doivent porter des ratings adaptés, sinon la protection de l’ensemble n’est pas garantie.

Pour un électricien qui intervient sur une installation domestique, CAT III 600 V est le minimum de sécurité. CAT IV est recommandé pour les environnements industriels et pour les mesures à la source de l’installation, c’est-à-dire au niveau du compteur ou du raccordement. La différence entre les catégories ne concerne pas la précision de la mesure, mais la capacité de l’appareil à supporter les surtensions transitoires qui peuvent survenir sur le réseau. Un appareil conçu pour un environnement CAT II, par exemple pour des appareils branchés sur une prise, n’offre pas la même protection qu’un appareil CAT III quand on travaille sur une installation fixe.

Ces ratings reposent sur une norme de sécurité : la IEC 61010. Les instruments de mesure doivent être conformes à cette norme, qui définit les catégories de surtension et les exigences de construction associées. Quand un fabricant annonce CAT III 600 V, c’est la conformité à la IEC 61010 qui donne du sens à cette mention. Je vérifie donc systématiquement deux choses sur la fiche technique : la catégorie annoncée et la norme de référence qui la sous-tend.

Le point que j’oublie rarement de mentionner, c’est que la catégorie de mesure ne protège que si l’ensemble de la chaîne de mesure est cohérent. Un multimètre CAT III avec des cordons de mesure de catégorie inférieure, c’est une protection annoncée qui n’existe pas en pratique. Les cordons font partie du circuit de mesure, et les ratings doivent être identiques sur les deux éléments. C’est un détail que l’on retrouve dans les recommandations des fabricants et des formateurs, et il vaut la peine d’y penser au moment de l’achat, quand on choisit aussi les cordons de rechange.

True RMS : mesurer juste sur les charges modernes

Le deuxième critère, après la catégorie de mesure, est la technologie de mesure elle-même. True RMS est essentiel dès qu’on travaille sur des charges modernes : les variateurs, l’électronique de puissance, les alimentations à découpage. La mesure de tension et de courant reste juste sur des signaux non sinusoïdaux, ce que les anciennes méthodes de mesure ne permettaient pas.

Pour comprendre pourquoi c’est important, il faut voir ce qui se passe sur une installation actuelle. Une installation ne transporte plus seulement du courant sinusoïdal pur. Les variateurs de vitesse, les gradateurs, les alimentations électroniques déforment la forme du courant. Un multimètre sans True RMS calcule la valeur affichée à partir d’une hypothèse de forme sinusoïdale : dès que le signal s’écarte de cette forme, la valeur affichée s’écarte de la réalité. Avec True RMS, l’appareil calcule la valeur efficace réelle du signal, quelle que soit sa forme.

Concrètement, cela change la fiabilité du diagnostic. Quand je mesure la tension sur un circuit qui alimente un moteur piloté par variateur, une valeur fausse peut me faire conclure à un défaut qui n’existe pas, ou me faire passer à côté d’un défaut réel. La même logique vaut pour le courant. Le True RMS n’est pas une fonction gadget réservée aux laboratoires : c’est devenu une caractéristique attendue sur un multimètre d’électricien, y compris sur les appareils d’entrée de gamme récents.

Le True RMS ne remplace pas la catégorie de mesure : il s’y ajoute. Un appareil peut être True RMS et mal adapté à l’environnement de travail s’il n’a pas le bon rating CAT. Inversement, un appareil bien catégorisé mais sans True RMS donnera des mesures fausses sur les charges modernes. Les deux critères doivent être réunis sur le même appareil, et c’est la combinaison des deux qui justifie le prix.

Les fonctions utiles au quotidien

Une fois la sécurité et la justesse réglées, vient la question des fonctions. Un bon multimètre doit au minimum mesurer la tension continue et alternative, la résistance et le courant. Les fonctions utiles en plus sont la continuité, le test de diode, la capacité, la fréquence, la température et la mesure de tension sans contact. Toutes ne servent pas tous les jours, mais elles évitent de transporter plusieurs appareils.

Fonction Grandeur mesurée Usage courant
Fonction Tension alternative et continue Grandeur mesurée Volts Usage courant Vérifier la présence de tension sur un circuit
Fonction Résistance Grandeur mesurée Ohms Usage courant Contrôler un conducteur ou une charge
Fonction Courant Grandeur mesurée Ampères Usage courant Mesurer la consommation d’un circuit
Fonction Continuité Grandeur mesurée Signal sonore Usage courant Confirmer qu’un conducteur n’est pas coupé
Fonction Test de diode Grandeur mesurée Chute de tension Usage courant Identifier un composant défaillant
Fonction Capacité Grandeur mesurée Farads Usage courant Contrôler des condensateurs
Fonction Fréquence Grandeur mesurée Hertz Usage courant Vérifier la fréquence du réseau et des signaux
Fonction Température Grandeur mesurée Degrés Usage courant Repérer un échauffement anormal
Fonction Détection sans contact Grandeur mesurée Présence de tension Usage courant Contrôler un câble sans le toucher

Les fonctions utiles d’un multimètre d’électricien, du minimum indispensable aux fonctions de confort (ElektrikerWissen).

La continuité et le test de diode sont les deux fonctions que j’utilise le plus après la tension. La continuité sonne dès que le circuit est fermé : elle permet de vérifier un conducteur, un fusible, un contact sans même regarder l’écran. Le test de diode applique une petite tension et mesure la chute dans le sens passant : il permet de contrôler rapidement un composant sur une carte. La capacité et la fréquence sont moins sollicitées sur une installation classique, mais elles deviennent précieuses dès qu’on touche à l’électronique embarquée des équipements.

La mesure de tension sans contact mérite une mention particulière, car elle répond à un besoin de sécurité plus qu’à un besoin de mesure. Un testeur de tension sans contact vérifie en un geste si un câble est alimenté avant d’ouvrir un circuit. Ce n’est pas une mesure au sens strict, mais un contrôle de présence de tension qui complète la procédure de sécurité. Je reviens dessus dans la suite du guide, car c’est un outil que je recommande d’avoir à portée de main.

Les références du marché en Suisse

Passons aux modèles. Fluke est une référence chez les professionnels, et le Fluke 117 est le modèle d’électricien le plus courant de la gamme. Il est classé CAT III 600 V, il mesure en True RMS, et il est distribué en Suisse par digitec et galaxus autour de 150 à 250 CHF selon les revendeurs et les kits. Cette fourchette de prix couvre à la fois l’appareil nu et les versions avec accessoires, ce qui explique l’écart entre les deux bornes.

Le Fluke 117 coche les trois critères que j’ai détaillés : la catégorie CAT III 600 V pour les installations fixes domestiques, le True RMS pour les charges modernes, et un ensemble de fonctions adaptées au métier, dont la détection de tension sans contact. C’est pour ces raisons qu’il apparaît régulièrement dans les recommandations destinées aux électriciens, et c’est la référence que je cite en premier quand on me demande un point de départ.

Au-dessus, le Fluke 87V représente le haut de gamme pour les électriciens industriels et les techniciens de maintenance. Il offre une très haute précision, de l’ordre de 0,05 % en mesure continue, avec une catégorie CAT III 600 V et le True RMS. Son prix moyen se situe autour de 400 à 450 dollars. C’est un investissement qui se justifie quand la précision de la mesure a un impact direct sur le travail, par exemple en maintenance industrielle, et moins pour des interventions résidentielles courantes.

À l’autre extrémité du spectre, les appareils d’entrée de gamme fiables comme le Klein MM420, vendu autour de 70 à 85 dollars, ou le Voltcraft VC131 conviennent aux apprentis, aux travaux résidentiels et comme appareil de secours. Ces modèles sont True RMS à prix d’entrée : ils réunissent les deux critères essentiels sans le coût d’une gamme professionnelle haut de gamme. Pour quelqu’un qui commence le métier, ils représentent un point de départ raisonnable, à condition de vérifier leur catégorie de mesure avant de les utiliser sur une installation.

Info

La précision et la qualité de construction comptent plus que les fonctions gadgets. La plupart des apprentis commencent avec un appareil d’entrée de gamme et passent à un Fluke plus tard, quand leur pratique justifie l’investissement. Un multimètre solide, bien catégorisé et True RMS couvre l’essentiel, quelle que soit sa marque.

Le testeur de tension sans contact : un complément de sécurité

Testeur de tension sans contact Fluke VoltAlert de type stylo

Testeur de tension sans contact

Un testeur de tension sans contact vérifie en un geste si un câble est alimenté avant d’ouvrir un circuit.

Le testeur de tension sans contact a la forme d’un stylo et se glisse dans une poche. Il détecte la présence de tension à travers l’isolation du conducteur, sans contact direct : l’embout de détection s’approche du câble, et un voyant signale la présence de tension. C’est un contrôle rapide, utile avant d’ouvrir un circuit, et c’est le complément naturel du multimètre.

Je le présente comme un complément et non comme un remplacement. Le testeur sans contact donne une indication de présence de tension, mais il ne mesure pas. Le multimètre, lui, mesure la tension réelle avec ses valeurs. Dans une procédure de sécurité, les deux jouent des rôles différents : le testeur sans contact fait le premier contrôle en un geste, le multimètre confirme la mesure quand c’est nécessaire.

Certains multimètres intègrent d’ailleurs cette fonction de détection sans contact, comme le Fluke 117. Cela évite de transporter deux appareils, tout en gardant la possibilité du contrôle rapide. Que la fonction soit intégrée au multimètre ou portée par un testeur séparé, c’est un réflexe de sécurité qui s’installe dès le début du métier.

La pince ampèremétrique : mesurer le courant sans ouvrir le circuit

Un autre type d’appareil mérite d’être évoqué dans un guide d’achat pour électricien : le multimètre à pince, aussi appelé pince ampèremétrique. La pince mesure le courant sans ouvrir le circuit : elle s’ouvre autour du conducteur et mesure le champ magnétique qui l’entoure. C’est utile pour les lignes fixes, les moteurs et les charges branchées en permanence, qu’il serait compliqué ou risqué de déconnecter pour insérer un appareil de mesure en série.

La différence avec un multimètre classique est pratique avant tout. Pour mesurer le courant avec un multimètre standard, il faut ouvrir le circuit et brancher l’appareil en série. Avec une pince, on enserre simplement le conducteur, sans interrompre le fonctionnement de l’installation. C’est un gain de temps et de sécurité, particulièrement sur les tableaux en service et les circuits qui ne peuvent pas être coupés.

Pour choisir entre un multimètre classique et une pince ampèremétrique, je reprends le même raisonnement que pour le reste : l’usage. Un électricien qui travaille principalement sur des prises, des éclairages et des circuits terminaux se sert surtout de la tension, de la continuité et du test de diode : un multimètre classique suffit. Celui qui intervient sur des lignes fixes, des moteurs ou des armoires en service a besoin de mesurer le courant sans couper : la pince devient alors l’outil principal, ou le complément du multimètre.

La sécurité avant tout : cordons, IEC 61010, NIBT et OIBT

En Suisse, les interventions sur une installation basse tension doivent respecter les règles techniques reconnues, c’est-à-dire la NIBT et l’OIBT. L’OIBT, l’ordonnance sur les installations électriques à basse tension, fixe les exigences applicables aux installations. Son article 3 impose de vérifier l’absence de tension avec un testeur conforme avant toute intervention. C’est une obligation réglementaire, pas une simple recommandation de bonne pratique.

Cette obligation éclaire le choix de l’appareil sous un angle particulier. Le testeur utilisé pour la vérification d’absence de tension doit être conforme : sa catégorie de mesure doit être adaptée à l’installation, et il doit être en bon état. Un multimètre CAT III 600 V conforme à la IEC 61010 répond à cette exigence pour les installations domestiques. La vérification d’absence de tension est une étape que je ne saute jamais, et l’appareil qui la permet fait partie de l’équipement de base.

Les cordons de mesure sont le deuxième point de vigilance. Comme je l’ai écrit plus haut, ils doivent porter les mêmes ratings CAT que le multimètre. Des cordons abîmés, avec une isolation fissurée ou des embouts desserrés, annulent la protection de l’appareil. Au moment de l’achat, je regarde donc la qualité des cordons fournis, et je prévois leur remplacement périodique comme une pièce d’usure.

La norme IEC 61010 reste la référence commune à tous ces éléments. Les instruments de mesure doivent y être conformes, et c’est elle qui définit les catégories de surtension. Quand un doute existe sur un appareil, la première vérification porte sur cette conformité, puis sur la catégorie annoncée. Les sources officielles suisses, comme la réglementation fédérale publiée sur fedlex, permettent de retrouver le texte de l’OIBT, tandis que l’ESTI documente les règles applicables au matériel électrique en Suisse.

Mon raisonnement d’achat en tant qu’électricien

Je vais maintenant vous expliquer comment je construis une décision d’achat, étape par étape, sans prétendre avoir testé les appareils sur des chantiers suisses. Mon raisonnement s’appuie sur les caractéristiques publiées, les normes et les prix constatés chez les revendeurs.

La première étape consiste à définir l’usage. Un électricien qui intervient en résidentiel n’a pas les mêmes besoins qu’un technicien de maintenance industrielle. L’usage détermine la catégorie de mesure, les fonctions et le budget. Pour du résidentiel, CAT III 600 V suffit dans la majorité des cas. Pour de l’industriel et des mesures à la source de l’installation, CAT IV est recommandé. Pour de la maintenance électronique, la précision et le test de diode prennent de l’importance.

La deuxième étape est le choix du rating CAT. Je ne descends jamais sous CAT III 600 V pour travailler sur une installation fixe. C’est le minimum de sécurité documenté pour ce type d’environnement, et c’est aussi le niveau que l’on retrouve sur les modèles d’électricien courants comme le Fluke 117. Si une partie de l’activité se fait au compteur ou au raccordement, je considère CAT IV.

La troisième étape est la vérification du True RMS. Je ne considère pas un appareil sans True RMS pour un usage professionnel, même pour l’entrée de gamme : les charges modernes sont partout, et la mesure doit rester juste sur leurs signaux. Les appareils d’entrée de gamme récents, comme le Klein MM420 ou le Voltcraft VC131, intègrent cette fonction, ce qui rend le critère accessible à tous les budgets.

La quatrième étape est la comparaison des prix en CHF. Le prix doit être mis en regard des critères précédents, pas étudié seul. Le Fluke 117 se trouve chez digitec et galaxus autour de 150 à 250 CHF, le Fluke 87V se situe autour de 400 à 450 dollars, et l’entrée de gamme commence bien en dessous. Ces fourchettes permettent de calibrer le budget en fonction de l’usage, sans payer pour des fonctions inutiles.

Le test de carte électronique : quand la précision sert le diagnostic

Multimètre avec sondes branchées sur une carte électronique contrôleur

Test de carte électronique

Le test de diode sur une carte contrôleur identifie en quelques secondes un composant défaillant.

Les installations modernes contiennent de plus en plus d’électronique : cartes contrôleur, variateurs, automatismes, régulations. Quand un équipement tombe en panne, la première question est souvent de savoir si le défaut vient de la carte ou de son alimentation. C’est là que le test de diode prend tout son sens : il identifie en quelques secondes un composant défaillant, sans démonter l’ensemble.

Sur une carte contrôleur, les sondes de mesure se posent sur les bornes du composant suspect, et l’écran affiche la chute de tension dans le sens passant. Une valeur aberrante par rapport à un composant sain oriente le diagnostic. Cette utilisation demande un appareil avec une bonne résolution et un test de diode fiable, mais pas nécessairement le haut de gamme : un multimètre d’électricien correctement choisi fait le travail.

Le test de carte illustre aussi pourquoi la précision et la qualité de construction comptent plus que les fonctions gadgets. Un écran stable, des sondes qui tiennent bien en main et une commutation fiable font la différence dans un usage quotidien. Les fonctions spectaculaires sur le papier, rarement utilisées dans la pratique, n’ont pas la même valeur que la constance des mesures de base.

Le guide d’achat en résumé

Le guide d’achat complet figure en haut de l’article, sous la forme d’étapes à suivre dans l’ordre. Je le résume ici en quelques lignes, car la logique doit rester simple. Définissez d’abord l’usage : résidentiel, tertiaire ou industriel. Choisissez ensuite le rating CAT adapté à cet usage, avec CAT III 600 V comme minimum pour une installation domestique et CAT IV pour les mesures à la source. Vérifiez que l’appareil mesure en True RMS. Comparez enfin les prix en CHF chez les revendeurs, en mettant le prix en regard des critères précédents.

Cette séquence protège des deux erreurs les plus courantes. La première est d’acheter un appareil sous-catégorisé, attrayant par son prix mais inadapté à l’environnement de travail. La seconde est de payer pour des fonctions que l’on n’utilisera jamais, alors que la précision et la construction font la valeur réelle de l’appareil. En suivant les étapes dans l’ordre, la décision se construit sur des critères de sécurité et de justesse, puis sur le budget.

Pour une première acquisition, un appareil d’entrée de gamme True RMS et correctement catégorisé, comme le Klein MM420 ou le Voltcraft VC131, représente un point de départ cohérent pour un apprenti ou des travaux résidentiels. Pour un usage professionnel régulier, le Fluke 117 réunit la catégorie, le True RMS et les fonctions du métier dans une fourchette de 150 à 250 CHF chez les revendeurs suisses. Le Fluke 87V se justifie quand la précision est un critère central, comme en maintenance industrielle.

La pince et le multimètre : deux approches complémentaires

Multimètre Fluke 325 avec pince ampèremétrique posé sur une table

Multimètre avec pince

La pince ampèremétrique mesure le courant sans ouvrir le circuit – utile pour les lignes fixes et les moteurs.

La photo ci-dessus montre un multimètre à pince, avec la pince ouverte autour du conducteur et la molette de sélection des fonctions. C’est la configuration typique d’un appareil pensé pour mesurer le courant en charge : la pince s’ouvre, enserre le conducteur, et l’écran affiche la valeur sans interrompre le circuit. Les cordons restent disponibles pour les mesures classiques de tension et de résistance, ce qui fait de la pince un appareil polyvalent.

Mon conseil n’est pas de remplacer le multimètre classique par une pince, mais de choisir en fonction de l’activité dominante. Si le courant sur des lignes fixes fait partie du travail quotidien, la pince est l’outil principal. Si la majorité des interventions porte sur des circuits terminaux, la tension et la continuité dominent, et un multimètre classique suffit. Les deux peuvent d’ailleurs coexister dans la caisse à outils, chacun pour son usage.

Quel que soit le type choisi, les critères de sélection restent identiques : catégorie de mesure adaptée, True RMS, fonctions utiles et prix en CHF. La forme de l’appareil ne change pas la logique du choix. Un multimètre à pince doit lui aussi être CAT III 600 V au minimum pour une installation domestique, et conforme à la IEC 61010, avec des cordons aux ratings adaptés.

Ce qu’il faut retenir avant d’acheter

Si je devais condenser ce guide en quelques phrases, je dirais ceci. Le meilleur multimètre pour un électricien en Suisse n’est pas le plus cher, ni celui qui affiche le plus de fonctions : c’est celui dont la catégorie de mesure correspond à l’environnement de travail, qui mesure en True RMS, et dont les fonctions couvrent l’usage réel. CAT III 600 V est le minimum pour une installation domestique, CAT IV est recommandé pour la source de l’installation.

Le prix se raisonne en CHF avec les revendeurs suisses : le Fluke 117 se situe autour de 150 à 250 CHF chez digitec et galaxus, le Fluke 87V autour de 400 à 450 dollars pour les usages exigeants, et l’entrée de gamme commence avec des modèles True RMS comme le Klein MM420 ou le Voltcraft VC131. La précision et la qualité de construction comptent plus que les fonctions gadgets, et la plupart des apprentis commencent avec un appareil d’entrée de gamme avant de passer à un Fluke.

Enfin, la sécurité reste le cadre de tout le raisonnement. En Suisse, les interventions sur une installation basse tension doivent respecter les règles techniques reconnues, la NIBT et l’OIBT, et l’article 3 de l’OIBT impose de vérifier l’absence de tension avec un testeur conforme avant toute intervention. Le multimètre fait partie de cette chaîne de sécurité, à condition qu’il soit conforme à la IEC 61010, avec des cordons aux ratings adaptés, et en bon état.

FAQ

Quel est le meilleur multimètre pour un électricien en Suisse ?

Il n’existe pas de modèle unique : le meilleur choix dépend de l’usage. Pour la plupart des interventions, un appareil CAT III 600 V avec True RMS comme le Fluke 117, distribué en Suisse autour de 150 à 250 CHF chez digitec et galaxus, couvre l’essentiel du travail.

Que signifie CAT III 600 V sur un multimètre ?

Cela indique que l’appareil est prévu pour les installations fixes jusqu’à 600 V, ce qui en fait le minimum de sécurité pour un électricien intervenant sur une installation domestique. Pour les mesures à la source, au compteur ou au raccordement, CAT IV est recommandé.

Pourquoi choisir un multimètre True RMS ?

La mesure True RMS reste juste sur les signaux non sinusoïdaux produits par les charges modernes comme les variateurs et l’électronique de puissance. Sans True RMS, l’affichage de la tension et du courant devient faux dès qu’on travaille sur ces équipements.

Quel multimètre choisir pour un apprenti électricien ?

Les appareils d’entrée de gamme fiables comme le Klein MM420 ou le Voltcraft VC131 conviennent aux apprentis et aux travaux résidentiels : ils sont True RMS à prix d’entrée. La plupart des apprentis commencent avec ce type d’appareil avant de passer à un Fluke plus tard.

Quelles règles de sécurité pour utiliser un multimètre en Suisse ?

Les interventions sur une installation basse tension doivent respecter les règles techniques reconnues, la NIBT et l’OIBT. L’article 3 de l’OIBT impose de vérifier l’absence de tension avec un testeur conforme avant toute intervention, et les cordons de mesure doivent porter les mêmes ratings CAT que le multimètre.

Théo Desrousseaux au travail

Théo Desrousseaux

Électricien et éditeur

Je travaille sur le terrain et je dirige ce magazine. Chaque guide est vérifié pour son pays cible avant publication.

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