Disjoncteur différentiel type A ou AC : différence

Théo Desrousseaux 18 min de lecture

Publié le 20 août 2026

Disjoncteur différentiel type A ou AC : différence Photo : Bibliothèque Sparx Elec
Interrupteur différentiel Hager type A en gros plan, marquage du type visible sur la façade.

En bref

  • Le type AC ne détecte que les courants résiduels alternatifs sinusoïdaux, tandis que le type A détecte en plus le courant résiduel continu pulsé des charges électroniques.
  • Depuis le 1er juin 2023, le RGIE interdit les différentiels type AC dans toute installation neuve ou modifiée : le type A est le minimum légal, sans exception résidentielle.
  • Sensibilité et type sont deux paramètres indépendants : un 30 mA type AC ne protège pas plus qu’un 300 mA type A, ils ne détectent pas les mêmes formes de courant.
  • Dans une installation antérieure à juin 2023 non modifiée, les types AC restent en service mais sont à remplacer dès la première intervention sur le tableau.

La question revient à chaque projet, et elle est légitime : faut-il poser un interrupteur différentiel de type A ou de type AC ? Les deux modules se ressemblent, se montent sur le même rail, portent des marquages voisins, et pourtant ils ne détectent pas les mêmes courants de fuite. La différence tient à la forme de courant que chacun est capable de voir : le type AC détecte uniquement les courants résiduels alternatifs sinusoïdaux, tandis que le type A détecte en plus le courant résiduel continu pulsé, celui que produisent les circuits de diode ou de redresseur à thyristor des charges électroniques.

Cette distinction technique a pris en Belgique une dimension réglementaire : depuis le 1er juin 2023, le RGIE interdit les différentiels type AC pour toute installation neuve et pour toute modification d’une installation existante. Dans cet article, je détaille ce que chaque type détecte, les appareils qui justifient le type A, la place des sensibilités 30 mA et 300 mA, et la manière dont je raisonne pour trancher quand je lis un module.

Type A

minimum légal en Belgique depuis le 1er juin 2023 selon le RGIE

300 mA

sensibilité maximale du différentiel de tête, protection incendie

30 mA

protection des personnes, réaction en moins de 30 ms

8 circuits

maximum de circuits terminaux par dispositif différentiel

La question de départ : type A ou type AC, quelle différence ?

La réponse courte tient en une phrase : le type AC détecte uniquement les courants résiduels alternatifs sinusoïdaux, et le type A détecte en plus le courant résiduel continu pulsé, désigné aussi sous le sigle CC pulsé, provoqué notamment par des circuits de diode ou de redresseur à thyristor dans les charges électroniques. Toute la suite de l’article découle de cette phrase, parce qu’elle explique à la fois la différence technique entre les deux appareils et la raison pour laquelle la réglementation belge les traite différemment.

Pourquoi cette différence est-elle importante ? Parce qu’un différentiel ne protège que s’il voit la fuite de courant. Un appareil qui émet une fuite sous une forme que le module ne sait pas reconnaître ne déclenche pas, et la protection devient théorique. Le choix du type détermine donc les formes de courant de fuite que l’installation sait détecter, avant même que la question de la sensibilité ne se pose.

En Belgique, cette question technique est aujourd’hui tranchée par le RGIE pour les travaux neufs et pour les modifications : le type AC n’y a plus sa place depuis le 1er juin 2023, et le type A est le minimum légal. Le raisonnement de choix reste néanmoins utile, d’une part pour les installations antérieures qui contiennent encore des types AC, d’autre part pour comprendre ce que le type A apporte réellement par rapport à ce qu’il remplace. C’est ce raisonnement que je déroule dans les sections qui suivent.

Ce que détecte un différentiel de type AC

Le type AC détecte uniquement les courants résiduels alternatifs sinusoïdaux. Concrètement, il voit les fuites de courant alternatives dont la forme est sinusoïdale, celles que l’on rencontre dans une installation classique, et il coupe dès que la fuite atteint son seuil de déclenchement. Le sigle AC renvoie au courant alternatif, et c’est bien la seule famille de courant de fuite que ce type sait reconnaître.

Ce type convient à une utilisation courante et couvre la plupart des besoins. Pendant des décennies, il a été le différentiel standard des installations domestiques, parce que la grande majorité des circuits était constituée de charges simples. Les guides pratiques le confirment : le type AC suffit aux circuits classiques, c’est-à-dire les lampes, les radiateurs et les prises de courant. Pour ces circuits, la détection des courants résiduels alternatifs sinusoïdaux est suffisante.

Sa limite est nette : le type AC ne détecte pas le courant résiduel continu pulsé. Si un appareil électronique laisse fuir du courant sous forme pulsée, un différentiel type AC peut ne pas le voir, ou ne pas réagir comme il le devrait. C’est exactement le scénario que le type A vient couvrir, et c’est ce scénario qui s’est multiplié avec la généralisation des charges électroniques dans les logements.

La conséquence pour le choix est directe : le type AC reste un bon différentiel pour une installation ancienne dont les circuits sont purement classiques, mais il devient insuffisant dès qu’un circuit alimente de l’électronique de puissance. Et en Belgique, cette insuffisance technique est devenue une interdiction réglementaire pour les travaux neufs et les modifications, comme je le détaille plus loin.

Ce que le type A détecte en plus : le courant continu pulsé

Le type A détecte, en plus des courants résiduels alternatifs sinusoïdaux, le courant résiduel continu pulsé, le CC pulsé. Ce courant pulsé est provoqué notamment par des circuits de diode ou de redresseur à thyristor, que l’on trouve dans les charges électroniques : une alimentation à découpage, un variateur, tout circuit qui redresse le courant alternatif en créneaux génère ce type de fuite.

Le type A est spécifiquement destiné aux charges électroniques monophasées de classe 1. Autrement dit, dès qu’un appareil branché contient de l’électronique de puissance et présente une masse accessible, le type A est le bon candidat, parce qu’il est capable de voir à la fois la composante alternative sinusoïdale et la composante continue pulsée de la fuite.

La différence entre les deux types se résume donc à une capacité supplémentaire : le type A fait tout ce que fait le type AC, et il détecte en plus les fuites de courant continu pulsé. C’est ce supplément qui le rend indispensable face aux charges électroniques modernes, et c’est ce supplément que le RGIE a rendu obligatoire en Belgique pour les installations neuves et modifiées depuis juin 2023.

Je formule souvent la règle de la manière suivante : quand je ne sais pas ce que le circuit alimentera demain, je pars du type A, parce qu’il couvre un spectre plus large de formes de courant de fuite. Le type A n’est pas un luxe, c’est une assurance contre les fuites que le type AC ne voit pas.

Les appareils qui génèrent des fuites de courant continu

Tous les appareils ne produisent pas le même type de courant de fuite. Les appareils qui génèrent des fuites de courant continu justifient le type A : les plaques de cuisson, les lave-linge, les fours à micro-ondes, les prises de recharge pour voiture électrique, ainsi que les systèmes sensibles comme les alarmes ou la vidéosurveillance. À l’inverse, le type AC, qui ne détecte que l’alternatif, suffit aux circuits classiques : lampes, radiateurs, prises de courant.

Type Formes de courant de fuite détectées Appareils concernés
Type AC Formes de courant de fuite détectées Courant résiduel alternatif sinusoïdal Appareils concernés Circuits classiques : lampes, radiateurs, prises de courant
Type A Formes de courant de fuite détectées Alternatif sinusoïdal et courant continu pulsé Appareils concernés Plaques de cuisson, lave-linge, fours à micro-ondes, recharge de voiture électrique, alarmes, vidéosurveillance
Type F Formes de courant de fuite détectées Type A et composantes multifréquences Appareils concernés Équipements inverter puissants : pompes à chaleur de 6 kW et plus
Type B Formes de courant de fuite détectées Type A et courant continu lisse Appareils concernés Charges à redresseur triphasé : variateurs, photovoltaïque, bornes de recharge

Le type indique la forme de courant de fuite détectée, indépendamment de la sensibilité (Schneider Wiki, Ab-Elec).

La logique est simple à retenir : tout circuit qui alimente de l’électronique de puissance mérite un différentiel capable de voir le continu pulsé, donc un type A. Un circuit purement classique, fait de lampes et de radiateurs, se contente théoriquement d’un type AC. Mais en Belgique, la règle réglementaire prime et impose le type A pour toute installation neuve ou modifiée, comme je le détaille dans la section suivante.

Il faut aussi penser à l’évolution de l’usage : un circuit prévu pour des prises de courant classiques peut accueillir demain un chargeur, une borne de recharge ou un appareil électronique. Le choix du type A d’emblée évite de devoir remplacer le différentiel à la première évolution du circuit. C’est une des raisons pour lesquelles la règle belge a été fixée au niveau du type A, sans exception résidentielle en dessous.

Le RGIE : le type A est le minimum depuis le 1er juin 2023

En Belgique, le RGIE interdit les différentiels type AC pour toute installation neuve et pour toute modification d’installation existante depuis le 1er juin 2023. La date est importante : elle ne s’applique pas seulement aux constructions neuves, mais aussi à chaque fois qu’une installation existante est modifiée. Dès qu’un circuit est ajouté ou transformé, les protections mises en place dans le cadre de cette modification doivent respecter la nouvelle règle.

Depuis juin 2023, le type A est le minimum légal pour toute nouvelle installation résidentielle en Belgique, à la fois pour le différentiel de tête 300 mA, dont le rôle est la protection incendie, et pour les différentiels 30 mA additionnels, dont le rôle est la protection des personnes. Il n’existe aucune exception résidentielle en dessous du type A : dans le résidentiel, le type A est le plancher réglementaire, pas une option parmi d’autres.

La conséquence pratique est nette : pour un tableau neuf ou un tableau modifié, la question « type A ou type AC » ne se pose plus. La réponse est type A, partout : en tête comme en aval, pour la protection incendie comme pour la protection des personnes. Le type AC n’a de place que dans les installations antérieures à juin 2023 qui n’ont pas été modifiées, et encore, jusqu’à la première intervention sur le tableau.

Cette règle s’explique par l’évolution des charges : les logements contiennent de plus en plus d’électronique de puissance, qui produit des fuites de courant continu pulsé que les types AC ne savent pas détecter. Plutôt que de laisser le choix du type à l’appréciation de chacun, le RGIE a fixé un minimum commun, cohérent avec la réalité des appareils installés aujourd’hui.

Attention

Depuis le 1er juin 2023, un différentiel type AC posé dans une installation neuve ou modifiée constitue une infraction au contrôle RGIE, mentionnée C2 ou C3 selon le contexte. Ce n’est pas une tolérance : c’est un écart relevé par le contrôleur, qui devra être corrigé lors de la mise en conformité.

Sensibilité et type : deux paramètres indépendants

Une confusion fréquente consiste à comparer un différentiel 30 mA type AC avec un différentiel 300 mA type A, comme s’il s’agissait de deux niveaux de protection comparables. Ce n’est pas le cas : la sensibilité et le type sont deux paramètres indépendants, et confondre les deux mène à des choix erronés.

La sensibilité, 30 mA ou 300 mA, indique le seuil de déclenchement : la valeur de courant de fuite à partir de laquelle l’appareil coupe. Le type, AC, A, F ou B, indique la forme de courant de fuite que l’appareil sait détecter. Un différentiel 30 mA type AC n’est pas plus protecteur qu’un 300 mA type A : ils ne détectent pas les mêmes formes de courant. Le premier voit uniquement l’alternatif sinusoïdal, le second voit aussi le continu pulsé, et aucun des deux ne remplace l’autre.

La sensibilité 30 mA a un rôle précis : protéger les personnes. Un courant supérieur à 30 mA traversant le corps peut provoquer une fibrillation ventriculaire, et le dispositif réagit en moins de 30 millisecondes. C’est la raison pour laquelle le RGIE organise la protection des personnes autour de différentiels 30 mA, sans que cela dispense du choix du type, qui reste le type A minimum depuis juin 2023.

Quand je lis les caractéristiques d’un module, je vérifie donc toujours les deux informations séparément : d’abord le type, qui me dit ce que l’appareil sait détecter, puis la sensibilité, qui me dit à partir de quel seuil il coupe. Un module peut être 30 mA et type AC, ou 300 mA et type A : les deux combinaisons existent, et chacune répond à une logique différente.

L’architecture du tableau selon le RGIE

Le RGIE fixe une architecture de protection en cascade. Le différentiel de tête de l’installation a une sensibilité maximale de 300 mA : c’est la protection incendie, celle qui coupe en cas de défaut d’isolement important sur l’ensemble de l’installation. Depuis juin 2023, ce différentiel de tête doit lui aussi être au minimum de type A.

En aval, au moins un dispositif haute ou très haute sensibilité, c’est-à-dire 30 mA, protège au minimum les socles de prise de courant, hors appareils fixes, l’éclairage, les lieux contenant une baignoire ou une douche, et les lave-linges, sèche-linges et lave-vaisselles. Ce sont les circuits les plus exposés au contact humain, et ce sont eux que la protection 30 mA doit couvrir en priorité.

Deux règles complètent ce schéma. D’une part, il est admis au maximum 8 circuits terminaux par dispositif différentiel : au-delà, il faut un différentiel supplémentaire. D’autre part, le dispositif différentiel ne protège pas contre les surcharges ni les courts-circuits : chaque circuit terminal a donc besoin, en plus, d’un disjoncteur divisionnaire dimensionné pour sa propre protection.

Cette séparation des rôles est essentielle à comprendre : le différentiel protège les personnes contre les fuites de courant, le disjoncteur protège le circuit contre les surintensités. Un tableau conforme combine les deux, avec des différentiels en tête de rangée et des disjoncteurs sur chaque départ, dans la limite de 8 circuits terminaux par différentiel.

Tableau pré-câblé Schneider Resi9 avec interrupteur différentiel type AC 30 mA et départ four 20 A

Marquage 30 mA

Repérer la sensibilité du différentiel et le calibre du départ four avant de choisir la rangée

Lire le type et la sensibilité sur le module

Quand je lis un module, je commence par le type, imprimé sur la façade, puis je vérifie la sensibilité, 30 mA ou 300 mA, également imprimée. Ces deux informations sont indépendantes et les deux sont nécessaires pour savoir ce que l’appareil protège et contre quoi. Le type se reconnaît à son symbole, la sensibilité à sa valeur en milliampères.

La lecture se fait sans retirer le capot, à condition de pouvoir voir la façade des modules. Les repères sont faits pour être lisibles : le type, la sensibilité, la norme de référence et le calibre éventuel sont inscrits sur la face avant de l’appareil. C’est la première chose que je cherche quand je dois évaluer une protection existante.

Disjoncteurs magnétothermiques Schneider type C avec marquage C16 visible en gros plan

Marquage C16

Vérifier le calibre inscrit sur le module étroit avant tout remplacement

Le calibre du disjoncteur divisionnaire répond à une autre logique que le type du différentiel : le C16 ou le C20 indique le courant nominal du circuit, celui au-delà duquel le disjoncteur coupe pour protéger le câble et l’appareillage. Le différentiel protège les personnes contre les fuites, le disjoncteur protège le circuit contre les surcharges et les courts-circuits : ce sont deux protections complémentaires, et la présence de l’une ne dispense pas de l’autre.

Le type F : quand les équipements inverter imposent plus que le type A

Le type F va plus loin que le type A. Conforme aux normes CEI 62423 et CEI 60755, il détecte en plus du type A les composantes multifréquences des circuits à variateurs de vitesse monophasés, et il déclenche même si un courant continu pur de 10 mA est superposé à la fuite. C’est la réponse aux équipements inverter, dont l’électronique de puissance produit des fréquences qui échappent aux détecteurs plus simples.

Le RGIE ne l’impose pas en résidentiel. Il est recommandé pour les circuits dédiés aux équipements inverter puissants, notamment les pompes à chaleur air/eau ou air/air de 6 kW et plus. Concrètement, pour une pompe à chaleur puissante, le type A reste le minimum réglementaire, mais le type F est le choix cohérent d’un point de vue technique, parce qu’il est conçu pour les formes de courant que ces appareils produisent.

Gros plan d’un interrupteur différentiel Schneider Resi9 de type F avec son marquage de sensibilité 30 mA

DDR type F Resi9

C’est l’appareil qu’on installe à la place d’un type B en pensant couvrir le continu : il ne dispense pas du détecteur 6 mA DC.

Une remarque importante à ce stade : le type F ne dispense pas des protections spécifiques au courant continu. Comme le rappelle le marquage de l’appareil, un type F ne remplace pas un détecteur dédié au courant continu lisse, et il ne couvre pas le cas des fuites continues pures qui relèvent du type B. Le choix du type F répond à un besoin précis, les équipements inverter puissants, et ne doit pas être détourné de cet usage.

Le type B : quand le courant continu lisse entre en jeu

Le type B détecte, en plus de tout ce que voit le type A, le courant résiduel continu lisse, c’est-à-dire le courant continu non pulsé. Il est destiné aux charges à redresseur triphasé : variateurs de vitesse, photovoltaïque, borne de recharge de véhicule électrique. Ces équipements produisent des fuites dont la forme ne ressemble ni à l’alternatif sinusoïdal, ni au continu pulsé, mais à un courant continu régulier.

Il est exigé dès qu’il y a des risques de courant de fuite avec composantes continues supérieures à 6 mA dc. C’est la règle qui s’applique aux installations qui contiennent du photovoltaïque ou des bornes de recharge : ces équipements peuvent produire des fuites continues lisses que ni le type AC, ni le type A, ni le type F ne savent détecter, et seul le type B les couvre.

La hiérarchie entre les types se lit donc comme une échelle : AC pour l’alternatif sinusoïdal, A pour le continu pulsé des charges électroniques monophasées, F pour les composantes multifréquences des équipements inverter, B pour le continu lisse des charges triphasées. Chaque échelon couvre les formes de courant du précédent et en ajoute de nouvelles, et c’est la nature des appareils alimentés qui détermine l’échelon nécessaire.

Les installations existantes : les types AC restent en service, jusqu’à quand ?

Les type AC restent légalement en service dans les installations non modifiées antérieures à juin 2023. Autrement dit, une installation qui n’a pas été touchée depuis cette date peut continuer de fonctionner avec ses différentiels type AC : la règle n’a pas d’effet rétroactif sur ce qui n’est pas modifié. La réglementation distingue clairement l’existant non modifié du neuf et du modifié.

En revanche, ces appareils sont à remplacer dès la première intervention sur le tableau. Dès qu’un électricien intervient sur l’installation, le remplacement des types AC fait partie du travail à prévoir. Et leur présence dans une installation modifiée constitue une infraction au contrôle RGIE, mentionnée C2 ou C3 selon le contexte : le contrôleur le relèvera, et le rapport le notera.

Info

Un différentiel type AC dans une installation antérieure à juin 2023 et non modifiée n’impose pas une intervention d’urgence : il reste légalement en service. Mais il est à remplacer dès la première intervention sur le tableau, et il devient une infraction, relevée en C2 ou C3, dès que l’installation est modifiée sans que le remplacement ait été fait.

La lecture est donc simple : pour une installation ancienne non modifiée, le type AC n’est pas une urgence immédiate, mais c’est une dette à solder à la première occasion. Pour une installation neuve ou modifiée, le type AC est interdit, et le type A est le minimum. Cette règle couvre à la fois le différentiel de tête 300 mA et les différentiels 30 mA en aval, sans exception résidentielle.

Le contrôle périodique et l’évolution du RGIE

Le RGIE est composé de trois livres. Le Livre 1, consacré aux installations à basse tension et à très basse tension, a intégré via l’arrêté royal du 6 octobre 2025, applicable depuis le 1er avril 2026, les schémas mis à la terre en courant continu, notamment les batteries d’accumulateurs et les panneaux photovoltaïques. C’est une évolution logique : le courant continu entre dans les installations domestiques, et le cadre réglementaire suit cette réalité.

Les installations à basse tension font en outre l’objet d’un contrôle périodique tous les cinq ans après le premier contrôle. Ce contrôle est l’occasion de vérifier que les protections correspondent à l’usage réel des circuits, et notamment que le type des différentiels est adapté aux appareils alimentés. C’est aussi le moment où un type AC résiduel dans une installation modifiée sera relevé en C2 ou C3.

La réglementation belge évolue donc dans un sens cohérent : elle suit les formes de courant que produisent les appareils modernes, elle intègre le courant continu dans les schémas de mise à la terre, et elle fixe des contrôles périodiques réguliers pour vérifier la conformité des installations. Le choix du type A en fait partie, et il s’inscrit dans cette évolution générale.

Comment trancher en pratique

Pour résumer le raisonnement que je tiens face à un tableau, neuf ou existant : je commence par lire le type imprimé sur le module et sa sensibilité, 30 mA ou 300 mA. Ensuite, j’identifie les appareils du circuit : plaques de cuisson, lave-linge, fours à micro-ondes, recharge de voiture électrique, alarmes et vidéosurveillance justifient le type A, tandis que lampes, radiateurs et prises de courant classiques se contenteraient d’un type AC.

Puis vient la règle belge, qui simplifie la décision : depuis le 1er juin 2023, toute installation neuve et toute modification passent en type A minimum, en tête comme en aval, sans exception résidentielle. Le type AC ne survit que dans les installations antérieures non modifiées, jusqu’à la première intervention sur le tableau. Le guide en haut de l’article reprend ces étapes dans l’ordre, avec la consigne de sécurité qui s’impose avant toute manipulation au tableau : couper le circuit et vérifier l’absence de tension.

Le choix entre type A et type AC n’est donc plus vraiment un choix en Belgique : c’est une règle, fixée par le RGIE depuis le 1er juin 2023. La différence technique entre les deux types explique pourquoi la règle existe, et c’est cette différence qu’il faut retenir : le type AC voit l’alternatif sinusoïdal, le type A voit en plus le continu pulsé des charges électroniques. Pour les équipements inverter puissants, le type F complète l’échelle, et pour les fuites continues lisses, le type B.

FAQ

Quelle est la différence entre un différentiel type A et un type AC ?

Le type AC détecte uniquement les courants résiduels alternatifs sinusoïdaux. Le type A détecte en plus le courant résiduel continu pulsé, provoqué par les circuits de diode ou de redresseur à thyristor des charges électroniques : il fait tout ce que fait le type AC, et couvre un spectre de fuites plus large.

Le type AC est-il encore autorisé en Belgique ?

Depuis le 1er juin 2023, le RGIE interdit les différentiels type AC pour toute installation neuve ou modifiée. Ils restent légalement en service dans les installations antérieures non modifiées, mais sont à remplacer dès la première intervention sur le tableau, et leur présence dans une installation modifiée constitue une infraction relevée en C2 ou C3.

Un différentiel 30 mA type AC protège-t-il mieux qu’un 300 mA type A ?

Non : la sensibilité et le type sont deux paramètres indépendants. La sensibilité, 30 mA ou 300 mA, indique le seuil de déclenchement ; le type indique la forme de courant de fuite détectée. Un 30 mA type AC ne détecte que l’alternatif sinusoïdal, un 300 mA type A détecte aussi le continu pulsé : ils ne sont pas comparables.

Quels appareils imposent le choix d’un différentiel type A ?

Les appareils qui génèrent des fuites de courant continu : plaques de cuisson, lave-linge, fours à micro-ondes, prises de recharge pour voiture électrique, ainsi que les systèmes sensibles comme les alarmes ou la vidéosurveillance. Les circuits classiques, lampes, radiateurs et prises de courant, se contentent d’un type AC, mais le RGIE impose le type A minimum pour toute installation neuve ou modifiée en Belgique.

Le type F ou le type B sont-ils obligatoires en résidentiel en Belgique ?

Le type F n’est pas imposé par le RGIE en résidentiel : il est recommandé pour les circuits dédiés aux équipements inverter puissants, notamment les pompes à chaleur de 6 kW et plus. Le type B est exigé dès qu’il y a des risques de fuite avec composantes continues supérieures à 6 mA dc, par exemple avec du photovoltaïque ou des bornes de recharge.

Théo Desrousseaux au travail

Théo Desrousseaux

Électricien et éditeur

Je travaille sur le terrain et je dirige ce magazine. Chaque guide est vérifié pour son pays cible avant publication.

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