Disjoncteur différentiel type A ou AC : différence

Théo Desrousseaux 15 min de lecture

Publié le 21 août 2026

Disjoncteur différentiel type A ou AC : différence
Interrupteur différentiel Hager type A en gros plan, marquage du type visible sur la façade.

En bref

  • Le type AC ne détecte que le courant résiduel alternatif sinusoïdal, le type A détecte en plus le courant continu pulsé des charges électroniques.
  • Le type A est prévu pour les charges électroniques monophasées de classe 1 comme les plaques de cuisson, les lave-linge ou les micro-ondes.
  • Les interrupteurs différentiels 30 mA protègent les circuits des logements contre les chocs électriques en coupant l'alimentation.
  • La sensibilité (30 mA ou 300 mA) et le type (A, AC, F ou B) sont deux paramètres indépendants à ne pas confondre.
  • En Tunisie, la STEG publie des référentiels techniques et l'INNORPI assure la normalisation des installations.

La différence entre un interrupteur différentiel type AC et type A tient au type de courant résiduel que chacun détecte : le type AC ne voit que le courant résiduel alternatif sinusoïdal, tandis que le type A détecte en plus le courant continu pulsé. Le type AC convient à une utilisation courante et couvre la plupart des besoins. Le type A s’impose dès qu’un circuit alimente une charge électronique monophasée de classe 1.

30 mA

sensibilité qui protège les circuits des logements

4

types de différentiels : AC, A, F et B

Ce que fait un interrupteur différentiel

Un interrupteur différentiel protège les personnes contre les chocs électriques. Il détecte les fuites de courant vers la terre et coupe automatiquement l’alimentation dès qu’une fuite apparaît. Les différentiels 30 mA protègent les circuits des logements, c’est la sensibilité qui limite le risque pour une personne qui touche une masse mise accidentellement sous tension.

La coupure doit être rapide pour être efficace. Quand le courant de fuite dépasse le seuil de sensibilité, le mécanisme interne bascule et interrompt le circuit en un temps très court. C’est ce geste que l’on connaît dans un logement quand le différentiel déclenche ; il a joué son rôle de protection.

Le rôle du différentiel ne se confond pas avec celui du disjoncteur divisionnaire. Le disjoncteur protège un circuit contre la surcharge et le court-circuit, tandis que l’interrupteur différentiel protège les personnes contre les chocs électriques en détectant les fuites de courant vers la terre. Dans un tableau, les deux travaillent ensemble : le premier coupe les courants anormaux du circuit, le second coupe avant qu’une fuite ne mette une personne en danger.

C’est pour cette raison que la sensibilité 30 mA est celle que je place en priorité sur les circuits accessibles d’un logement. Une fuite d’intensité faible mais durable peut passer inaperçue sur un différentiel de seuil trop élevé. Le 30 mA ferme la fenêtre entre le moment où le défaut apparaît et le moment où la coupure intervient.

Info

La sensibilité du module est indépendante de son type. Un interrupteur différentiel peut être type A 30 mA aussi bien que type A 300 mA ; le type dit ce qu’il détecte, la sensibilité dit à quel seuil il coupe.

Type AC et type A : la différence de détection

Le type AC détecte uniquement les courants résiduels alternatifs sinusoïdaux. C’est une protection qui convient à une utilisation courante et qui couvre la plupart des besoins d’une installation. Un circuit de lampes ou de radiateurs, par exemple, ne génère pas de courant continu, et un différentiel type AC y répond parfaitement.

Le type A détecte, en plus des caractéristiques du type AC, le courant résiduel continu CC pulsé. Ce courant continu pulsé provient de circuits de diode ou de redresseur à thyristor présents dans les charges électroniques. Il est spécifiquement destiné aux charges électroniques monophasées de classe 1.

Cette nuance du courant continu pulsé est ce qui sépare concrètement les deux types sur le terrain. Quand un appareil électronique fonctionne, son alimentation interne redresse une partie du courant alternatif en courant continu. Si un défaut survient, la fuite qui en résulte peut être une succession de pulsations que le courant alternatif seul ne suffit pas à décrire. Le type A, lui, mesure cette composante et peut déclencher.

C’est pourquoi je ne lis pas la façade du module sans me demander ce que le circuit produira. Un regard sur les appareils branchés, et non sur le seul marquage, change souvent la réponse. Un circuit de prises qui accueillera une machine à laver ne se traite pas comme un simple circuit d’éclairage, même si le marquage du module en place est resté le même depuis l’installation.

Paramètre Type AC Type A
Paramètre Courant résiduel alternatif sinusoïdal Type AC Détecté Type A Détecté
Paramètre Courant résiduel continu pulsé Type AC Non détecté Type A Détecté
Paramètre Usage courant Type AC Oui Type A Oui
Paramètre Charges électroniques monophasées Type AC Non couvert Type A Prévu

Comparaison de détection entre type AC et type A

Repérer le type sur l’appareil est le premier geste avant de trancher. Le symbole est imprimé sur la façade, à côté de la sensibilité. Quand on distingue un interrupteur différentiel d’un simple disjoncteur divisionnaire, le marquage donne aussi le calibre de départ.

Regardez d’abord la sensibilité et le type inscrits sur le module, puis le calibre du départ concerné.

Tableau pré-câblé Schneider Resi9 avec interrupteur différentiel type AC 30 mA et départ four 20 A

Marquage 30 mA

Repérer la sensibilité du différentiel et le calibre du départ four avant de choisir la rangée

Ce premier repérage sur le module distingue bien le type et la sensibilité. La suite de la lecture porte sur les calibres, que je détaille dans la section suivante.

Le type A vaut-il le surcoût ?

La question du surcoût revient souvent quand je conseille un type A à la place d’un type AC. La vue d’ensemble est simple : le type A apporte une protection que le type AC ne peut pas offrir sur un circuit de charge électronique, et cette garantie se retrouve dans des usages réels du logement. Retrouver un lave-linge ou une plaque de cuisson derrière un simple type AC laisse une partie du défaut invisible au différentiel.

Ce que je mets en avant, ce n’est pas une différence de qualité de fabrication, mais une différence de capacité de détection. Les deux modules déclenchent correctement sur le courant alternatif sinusoïdal. Le type A ajoute la détection du courant continu pulsé, celle qui manque exactement là où vivent les appareils électroniques modernes. Ce n’est donc pas un hasard si la réflexion sur le type se pose en même temps que la question des appareils branchés.

D’un autre côté, je ne transforme pas cette logique en règle aveugle. Sur un circuit d’éclairage ou de radiateurs, le type AC reste un choix correct et un appareil parfaitement adapté. Forcer un type A là où il n’y a aucune charge électronique n’apporte rien à la protection, seulement un détail de nomenclature à l’achat.

Repérer le type sur un module existant

Avant toute décision, il faut savoir lire le module qui est en place ou que l’on s’apprête à poser. Le type est imprimé sur la façade de l’interrupteur différentiel, sous la forme d’un symbole AC ou A. Ce marquage ne se confond pas avec le calibre du disjoncteur divisionnaire, qui est lui indiqué en lettres et en chiffres.

La lecture se fait de manière séquentielle et toujours en sécurité. On coupe le circuit, on vérifie l’absence de tension, et seulement ensuite on lit les marquages. Cette précaution vaut pour tout geste au tableau, y compris un simple contrôle visuel quand on ouvre la porte du coffret.

Une fois le symbole identifié, on croise cette information avec la sensibilité. Un type A 30 mA couvre les circuits des logements, un type A 300 mA répond à une autre logique. Le marquage donne les deux renseignements, et c’est leur combinaison qui me permet de dire si un remplacement est nécessaire.

Le calibre d’un module étroit se lit de la même façon. Le marquage C16 indique la courbe et l’intensité nominale du disjoncteur, une information distincte de la sensibilité du différentiel de tête. Il ne change pas le choix du type A ou AC, mais il intervient quand on vérifie qu’un circuit n’est pas surchargé.

Voici un exemple de lecture de calibre sur un disjoncteur mural.

Disjoncteurs magnétothermiques Schneider type C avec marquage C16 visible en gros plan

Marquage C16

Vérifier le calibre inscrit sur le module étroit avant tout remplacement

Ce calibre se contrôle avant de remplacer une protection, sans jamais confondre l’intensité et le type du module.

Type F et type B : au-delà du type A

Le type F détecte, outre les caractéristiques du type A, les courants résiduels composés et multifréquences des circuits à variateurs de vitesse monophasés, comme une machine à laver ou un climatiseur. Il déclenche même si un courant continu pur de 10 mA est superposé. Il est défini dans les normes CEI 62423 et CEI 60755.

Le type B détecte en plus le courant résiduel continu CC lisse, ainsi que les courants alternatifs sinusoïdaux, continus pulsés et multifréquences. Il est destiné aux charges à redresseur triphasé et aux installations qui présentent un risque de courant continu lissé.

Attention

Un type F ne dispense pas d’une protection spécifique contre le courant continu. Même s’il couvre une partie des cas des variateurs, il ne remplace pas le détecteur 6 mA CC exigé dans certains circuits de recharge.

Le type F se reconnaît à son marquage distinct et à sa sensibilité de 30 mA. Quand on l’installe en pensant couvrir tout le courant continu d’un circuit, il faut garder en tête qu’il ne détecte pas le continu lissé ni ne dispense des protections dédiées.

Voici le marquage typique d’un différentiel de type F, à ne pas confondre avec un type B au moment de l’achat.

Gros plan d'un interrupteur différentiel Schneider Resi9 de type F avec son marquage de sensibilité 30 mA

DDR type F Resi9

C'est l'appareil qu'on installe à la place d'un type B en pensant couvrir le continu : il ne dispense pas du détecteur 6 mA DC.

Ce marquage de type F se lit comme une suite logique du type A. Je le rapproche du tableau de synthèse pour montrer que chaque type couvre une gamme de défauts. C’est cette comparaison qui permet de trancher le bon appareil pour un circuit donné.

Quels appareils justifient le type A

La règle pratique pour moi est simple : dès qu’un circuit alimente un appareil qui génère des fuites de courant continu, je choisis un type A. Les plaques de cuisson, les lave-linge, les fours à micro-ondes et les prises de recharge pour véhicule électrique produisent un courant continu pulsé que le type AC ne voit pas.

Je range aussi dans cette liste les systèmes sensibles comme les alarmes ou la vidéosurveillance. Ce sont des charges électroniques dont le redresseur interne peut créer le type de défaut que seul un type A détecte.

Les circuits classiques de lampes et de radiateurs relèvent en revanche du type AC. Une lampe ne génère pas de courant continu pulsé, et un différentiel type AC y suffit pour une protection correcte du circuit.

  • Plaques de cuisson et fours à micro-ondes : à protéger en type A
  • Lave-linge : courant continu pulsé, type A conseillé
  • Prises de recharge pour véhicule électrique : type A, voire davantage
  • Alarmes et vidéosurveillance : systèmes sensibles au type A
  • Lampes et radiateurs : circuits classiques au type AC

Ce repérage des appareils guide le choix du type. L’objectif n’est pas de remplacer toute la protection d’un logement en type A, mais de réserver le type A aux circuits qui en ont réellement besoin.

Conseil

Quand un doute persiste sur un circuit mixte, je choisis le type A : il couvre le courant alternatif et le courant continu pulsé, donc il reste sûr même si un appareil électronique est branché plus tard sur le même circuit.

Le contexte tunisien : STEG et INNORPI

Ce raisonnement répond aux exigences concrètes du terrain. La STEG publie des référentiels techniques pour les installations raccordées à son réseau, fixant le cadre des protections de tête et des installations intérieures, complétés par les normes d’application tunisiennes.

L’INNORPI est l’organisme tunisien de normalisation, sous tutelle du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie. C’est l’institution qui élabore et publie les normes tunisiennes. Quand une norme s’applique à une installation, c’est par ce canal qu’elle est diffusée.

L’alimentation du réseau tunisien est en 230 V et 50 Hz, une donnée commune aux installations de la région. Les types AC, A, F et B suivent des normes internationales CEI 60755 et CEI 62423, transposables au contexte local, ce qui permet de raisonner avec les mêmes références que partout ailleurs.

Je présente donc le choix du type comme une décision de bon sens d’électricien, pas comme une obligation tunisienne. Le réflexe correct reste de consulter le référentiel technique de la STEG en vigueur et les normes de l’INNORPI avant de dimensionner une installation.

Cette prudence tient à deux faits que je vérifie chaque fois que le sujet revient. D’un côté, la STEG fixe les exigences des installations raccordées à son réseau et publie des référentiels qui évoluent. De l’autre, l’INNORPI, sous tutelle du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, est l’organisme qui diffuse les normes tunisiennes. Aucune de ces deux sources n’introduit, d’après mes recherches, une distinction obligatoire entre les types de différentiels.

En pratique, je traite donc le type A comme une recommandation technique motivée par les appareils, pas comme une contrainte réglementaire. Le référentiel STEG guide le dimensionnement d’ensemble, et le choix AC ou A demeure une affaire de circuit par circuit, tranchée par la nature des charges.

Une erreur fréquente : confondre sensibilité et type

Beaucoup d’installations que je regarde échouent sur une confusion : on remplace un différentiel déclencheur en changeant la sensibilité au lieu de s’interroger sur le type. La sensibilité (30 mA ou 300 mA) et le type (A, AC, F ou B) sont deux paramètres indépendants.

La sensibilité 30 mA protège les circuits des logements contre le choc électrique, elle est adaptée aux circuits qui alimentent des prises et des appareils accessibles. Une sensibilité 300 mA protège plutôt contre les incendies d’origine électrique, en détectant les fuites importantes sans déclencher pour les petits courants de fuite naturels.

Le type répond à une autre question : quelle nature de défaut le module est-il capable de mesurer. Un type AC 300 mA ne détecte pas mieux qu’un type AC 30 mA le courant continu pulsé ; il coupe simplement à un seuil plus élevé. Changer la sensibilité ne corrige pas un type mal choisi.

  • Tous les différentiels ne détectent pas les mêmes types de défauts
  • Le type AC ne voit que le courant alternatif sinusoïdal
  • Le type A ajoute le courant continu pulsé
  • Le type F couvre les composantes multifréquences
  • Le type B voit aussi le continu lissé

Je fais donc ce test simple dans mon raisonnement : si le circuit alimente un appareil électronique récent, je vérifie d’abord le type, ensuite seulement la sensibilité. C’est l’ordre qui évite de remplacer un module par un modèle identique qui recommencera à déclencher.

Comment lire un tableau et trancher

Lire un tableau ne demande pas d’outillage particulier, seulement de repérer les marquages. Le type et la sensibilité sont imprimés en façade. Le calibre du disjoncteur divisionnaire se lit de la même façon, en lettres et en chiffres sur le module étroit.

Quand j’interviens, je commence toujours par couper le circuit. Toute manipulation au tableau impose de couper le circuit et de vérifier l’absence de tension avant de toucher quoi que ce soit. La lecture des marquages se fait ensuite sans risque.

Ensuite, j’identifie les appareils alimentés par chaque rangée. Une rangée qui alimente une cuisine avec une plaque de cuisson relève du type A. Une rangée qui n’alimente que des lampes relève du type AC. C’est ce croisement qui tranche.

Couper le circuit

Toujours couper avant toute manipulation au tableau.

Vérifier l'absence de tension

S'assurer qu'aucune tension n'est présente avant de toucher les modules.

Lire le type et la sensibilité

Relever le symbole AC ou A et la sensibilité 30 mA ou 300 mA.

Identifier les appareils du circuit

Lister les charges électroniques qui justifient un type A.

Trancher

Choisir le type A pour les charges électroniques, le type AC pour les classiques.

Je réserve cette démarche au remplacement d’une protection défectueuse ou à une vérification. Sur une installation neuve, le dimensionnement des types relève de la conception d’ensemble, et je traite chaque rangée selon les appareils prévus.

Mes recommandations pour le choix

Je récapitule ce que je fais concrètement en tant qu’électricien quand on me demande de trancher entre type A et type AC. Le type A est mon choix pour tout circuit de prise qui peut recevoir un appareil électronique, une plaque de cuisson, un lave-linge ou une borne de recharge. Le coût légèrement supérieur est justifié par la détection du courant continu pulsé.

Le type AC reste parfaitement adapté aux circuits d’éclairage et de radiateurs, où aucune charge électronique de classe 1 n’est attendue. Dans ce cas, un type AC bien dimensionné offre une protection correcte sans surcoût.

Je ne monte un type F que sur des circuits à variateurs de vitesse monophasés, comme une machine à laver ou un climatiseur, et je garde le type B pour les situations à risque de courant continu lissé. Ces cas sont plus rares dans une maison, mais ils existent.

Retour de chantier

Sur les circuits mixtes d’une cuisine ou d’un séjour, je monte du type A par principe : la présence future d’une plaque ou d’un lave-linge y rend le type AC insuffisant. Je préfère anticiper que revenir changer un module sous tension.

La sensibilité reste 30 mA sur les circuits du logement, et je passe à 300 mA pour la protection incendie en tête d’installation quand la conception le demande. Je n’associe jamais un type à un usage sans vérifier la sensibilité, car ce sont deux décisions distinctes.

Ce que dit le tableau de synthèse

Le tableau qui suit résume la logique de mon choix. Il compare la nature du courant détecté et l’usage recommandé de chaque type, à sensibilité identique.

Type Courant continu détecté Usage recommandé
Type AC Courant continu détecté Aucun Usage recommandé Circuits classiques de lampes et radiateurs
Type A Courant continu détecté Continu pulsé Usage recommandé Charges électroniques monophasées de classe 1
Type F Courant continu détecté Composantes multifréquences Usage recommandé Variateurs de vitesse (machine à laver, climatiseur)
Type B Courant continu détecté Continu lissé Usage recommandé Redresseur triphasé, risque de continu lissé

Synthèse des types de différentiels selon la détection et l'usage

Ce tableau dit aussi que les normes CEI 62423 et CEI 60755 définissent ces types, et que la sensibilité reste un paramètre à part. Pour trancher, je me pose deux questions : quelle nature de courant le circuit peut produire, et quel seuil de déclenchement convient à la protection attendue.

La STEG et l’INNORPI encadrent la conformité des installations, et le choix entre type AC et type A découle directement des exigences de la CEI 60364 appliquée aux matériels modernes à composante continue.

Faut-il passer toute l’installation en type A ?

Il n’est pas nécessaire de remplacer tous les différentiels d’une installation par des types A. La plupart des circuits classiques, éclairage compris, fonctionnent très bien avec un type AC. Le type A se justifie circuit par circuit, là où une charge électronique est réellement présente ou probable.

C’est une question d’équilibre entre protection et coût. Quand on dimensionne une installation, on ne met pas du type A partout par principe, pas plus qu’on ne laisse un lave-linge derrière un simple type AC. On croise les deux logiques.

La décision de trancher entre type A et type AC se résume en une phrase que je répète souvent : regarder l’appareil, pas seulement le module. Le marquage du différentiel dit ce qu’il sait détecter, la liste des appareils du circuit dit ce qu’il faudrait détecter. Quand les deux coïncident, le bon type est choisi.

Cette méthode a aussi l’avantage d’être pédagogique avec le client. Je montre le module en place, je fais lire le marquage, puis je demande ce qui est branché sur la rangée. La démonstration règle elle-même la plupart des hésitations, sans langage technique superflu.

Dans un logement neuf, je réserve le même raisonnement à chaque rangée dès la conception. Une cuisine moderne ne se traite pas comme un circuit d’éclairage, justement parce que les plaques de cuisson et le four à micro-ondes s’y retrouvent. Repartir du besoin réel évite de refaire le tableau quelques années plus tard.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un disjoncteur différentiel type AC et type A ?

Le type AC détecte uniquement les courants résiduels alternatifs sinusoïdaux, tandis que le type A détecte en plus le courant résiduel continu pulsé produit par les charges électroniques. Le type A est prévu pour les charges électroniques monophasées de classe 1, comme les plaques de cuisson, les lave-linge ou les micro-ondes.

Quand dois-je choisir un différentiel type A ?

Je choisis le type A dès qu'un circuit alimente une plaque de cuisson, un lave-linge, un four à micro-ondes, une prise de recharge pour véhicule électrique, ou des systèmes sensibles comme les alarmes et la vidéosurveillance. Ces appareils génèrent un courant continu pulsé que le type AC ne détecte pas.

Le type AC suffit-il pour toute une installation ?

Le type AC convient à une utilisation courante et couvre la plupart des besoins, notamment les circuits classiques de lampes et de radiateurs. Il ne suffit plus quand un circuit alimente une charge électronique qui produit du courant continu pulsé. Pour ces circuits, la sensibilité 30 mA reste celle qui protège les logements.

Sensibilité 30 mA ou 300 mA : lequel convient pour les circuits du logement ?

Les différentiels 30 mA protègent les circuits des logements contre les chocs électriques, car ils coupent dès qu'une fuite de courant vers la terre dépasse ce seuil. La sensibilité 300 mA répond davantage à une logique de protection d'installation. La sensibilité et le type sont deux paramètres indépendants à ne pas confondre.

Le type A est-il obligatoire en Tunisie ?

La STEG et l'INNORPI imposent la protection différentielle 30 mA pour la sécurité des personnes. L'adoption du type A pour les circuits lave-linge ou plaques à induction relève des bonnes pratiques de la norme CEI 60364, indispensable pour éviter l'aveuglement d'un différentiel classique face aux courants résiduels continus.

Théo Desrousseaux au travail

Théo Desrousseaux

Électricien et éditeur

Je travaille sur le terrain et je dirige ce magazine. Chaque guide est vérifié pour son pays cible avant publication.

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