Coffra : l’histoire des chaussures de sécurité
Vérifié le par
Théo Desrousseaux, électricien
(diplômes et certifications)
Photo : Cofra Srl — fiche produit Electrical Bis En bref
- Cofra est une marque italienne de chaussures de sécurité, fondée en 1938 à Barletta sous le nom de Cortelgomma et rebaptisée COFRA en 1983.
- La gamme Electrical, conçue pour les électriciens, associe une chaussure sans métal et une semelle à haute résistance électrique.
- La division sécurité de Cofra existe depuis 1989 ; l’entreprise revendique la première certification UNI EN ISO 9001 d’une fabrique italienne de chaussures en 1997.
- En France, la gamme se trouve chez des revendeurs comme Vetementpro, avec un prix public de l’ordre de 93 € TTC pour le modèle New Electrical.
Coffra, sous cette orthographe, ou Cofra, comme l’écrit le fabricant, est une marque de chaussures de sécurité née en 1938 à Barletta, dans le sud de l’Italie. Son histoire commence dans un atelier familial et aboutit aujourd’hui à une gamme dédiée aux électriciens, la gamme Electrical, que je porte en intervention et dont j’analyse la fiche technique dans mon avis sur les chaussures isolées 1000 V.
La réponse courte à la question du titre : Cofra est un fabricant italien dont la marque actuelle date de 1983, avec une division sécurité lancée en 1989. Le point qui intéresse un électricien, c’est que cette histoire industrielle a produit une famille de chaussures sans métal, à semelle à haute résistance électrique, vendue en France autour de 93 € TTC.
Je déroule ici l’histoire documentée de l’entreprise, puis je m’arrête sur ce que la gamme Electrical prouve et sur ce qu’elle ne prouve pas. Comme toujours, une trajectoire de marque ne remplace pas la lecture de la fiche du modèle posé au sol.
1938
fondation de la société Cortelgomma à Barletta par Ruggiero Cortellino
1983
année où Cortelgomma prend le nom de COFRA
1989
création de la division sécurité, à l’origine de la gamme Electrical
1997
première certification UNI EN ISO 9001 revendiquée par une fabrique italienne de chaussures
1938 : Cortelgomma, un atelier dans les pneus militaires
La page institutionnelle de Cofra date la fondation de 1938. Ruggiero Cortellino crée alors, à Barletta dans les Pouilles, une petite société nommée Cortelgomma. Juste après la guerre, l’atelier fabrique des chaussures avec des semelles découpées dans les pneus de camions militaires et des tiges cousues dans les uniformes de l’armée, selon le récit publié par l’entreprise.
Une origine artisanale qui explique le catalogue
Cette origine artisanale explique trois choses que l’on retrouve encore dans le catalogue actuel : une fabrication de chaussures de travail, une implantation dans un district de la chaussure et un savoir-faire de semelage. Barletta reste aujourd’hui le siège de l’entreprise, à l’adresse indiquée sur le site : Via dell’Euro, 76121 Barletta.
Le chiffre de la fondation
Le chiffre de la fondation, 1938, vient du fabricant lui-même et je le présente comme tel, pas comme une vérification indépendante. Ce qui est solide, c’est la continuité familiale : Ruggiero Cortellino fonde, son fils Giuseppe Cortellino dirige la transformation des années 1980. Les sources publiques ne donnent pas d’effectifs fiables pour l’atelier d’origine, je n’en invente donc pas.
Le fabricant écrit COFRA en majuscules
Un point de vocabulaire utile avant d’aller plus loin : le fabricant écrit COFRA en majuscules, et les fiches françaises notent parfois Coffra avec deux f. Il s’agit bien de la même marque, celle que l’on retrouve aussi sous le nom de Cofra chez la plupart des revendeurs d’EPI en France.
1983 : Cortelgomma devient COFRA, puis la sécurité en 1989
L’année 1983 marque le changement de nom : Cortelgomma devient COFRA, contraction du nom du fondateur Cortellino. L’entreprise est alors dirigée par Giuseppe Cortellino, et le récit officiel associe ce tournant à l’internationalisation progressive du fabricant.
Les jalons du programme industriel
La suite du programme industriel, toujours selon la chronologie publiée par Cofra, est la suivante : 1989, création de la division sécurité, celle qui fabrique les chaussures normées que je porte ; 1997, première certification UNI EN ISO 9001 revendiquée par une fabrique italienne de chaussures ; 2003, début de l’expansion hors Union européenne, vers le Moyen-Orient, l’Europe de l’Est et l’Australie.
Une chronologie publiée par l’entreprise
Ces jalons sont publiés par l’entreprise, ce qui leur donne un statut précis : une chronologie officielle, pas une étude indépendante. Je les utilise comme repères de lecture du catalogue : la division sécurité existe depuis 1989, donc les gammes normées actuelles s’inscrivent dans une politique de plus de trente ans, pas dans un effet de mode.
La suite des dates
La suite des dates confirme l’élargissement : 2004, lancement de la division vêtements de travail et création de COFRA USA ; 2011, gants de travail ; 2012, masques ; 2013, lunettes de protection ; 2016, dispositifs antichute ; 2020, ouverture d’une usine en Albanie ; 2025, lancement des casques de sécurité.
Cofra couvre donc aujourd’hui le pied, la main, les yeux, les voies respiratoires et la tête, ce qui en fait un fournisseur complet d’EPI et pas seulement un fabricant de chaussures.
La certification et les laboratoires d’essais
Le point 1997 mérite qu’on s’y arrête, car il porte sur la méthode de contrôle. Cofra indique avoir été la première fabrique italienne de chaussures certifiée UNI EN ISO 9001, un système de management de la qualité, et non une norme de produit. Elle précise aussi disposer de deux laboratoires internes, un chimique et un physique, qui testent matières premières et produits finis avant certification par des organismes habilités.
Une organisation du contrôle cohérente
Cette organisation du contrôle est cohérente avec la façon dont je vérifie une chaussure avant de la garder : la norme affichée sur la fiche, le marquage sur la tige et l’état réel de la semelle. Un laboratoire interne ne remplace pas la certification d’un organisme tiers, mais il explique pourquoi les fiches Cofra détaillent des valeurs d’essai comme la résistance au choc ou à la perforation.
Le cadre normatif du pied au travail
C’est aussi le moment de rappeler le cadre normatif dans lequel ces chaussures s’inscrivent. La protection du pied au travail relève de la norme EN ISO 20345 pour les chaussures de sécurité, et l’INRS détaille dans sa brochure sur les EPI du pied les protections associées : choc, perforation, glissance, chaleur.
Une autre norme pour les travaux sous tension
Les chaussures destinées aux travaux sous tension relèvent d’une autre norme, la NF EN 50321-1, qui définit six classes d’isolation électrique, dont les classes supérieures concernent la haute tension.
La gamme Electrical, le point d’ancrage de l’électricien
La gamme qui m’intéresse ici s’appelle Electrical. Le site de Cofra référence plusieurs modèles de cette famille : Electrical Bis et Electric côté fabricant, New Electrical côté revendeurs français. Le point commun, c’est une chaussure sans aucune partie métallique, un embout composite, une semelle anti-perforation textile et une semelle extérieure à haute résistance électrique.
La fiche du modèle Electrical Bis
La fiche du modèle Electrical Bis, consultée sur cofra.it, donne : norme EN ISO 20345:2022, embout non métallique résistant à 200 joules, semelle anti-perforation non métallique APT Plus à haute résistance électrique, semelle polyuréthane et TPU, pointures 40 à 47. Le modèle Electric propose la même logique en pointures 39 à 48, avec une tige textile et cuir.
Les chiffres de la fiche Lyreco
La fiche française du modèle New Electrical chez Lyreco ajoute les chiffres qui comptent : résistance électrique de la chaussure complète supérieure à 2 000 mégaohms pour une exigence de 1 000, test d’épreuve de 18 000 volts selon la norme canadienne CSA Z195, embout résistant à 200 joules et à 1 500 kg de compression, et une semelle de propreté antistatique, un point lié au risque d’électricité statique. Le fabricant précise dans la même fiche que la chaussure est une protection secondaire, et non un dispositif primaire d’isolation électrique.
Protéger contre un contact accidentel
Cette distinction est le cœur du sujet pour un électricien. La gamme Electrical protège contre un contact accidentel, elle ne permet pas de travailler au contact d’une pièce sous tension comme le ferait un équipement certifié selon les règles de l’habilitation électrique.
Les limites de tension des équipements isolants certifiés sont définies ailleurs, dans la norme EN 50321 pour les chaussures, et dans la norme EN 60900 pour les trousses d’outils VDE.
| Modèle | Fiche fabricant | Usage réel |
|---|---|---|
| Modèle Electrical Bis | Fiche fabricant EN ISO 20345:2022, embout composite 200 J, semelle à haute résistance électrique | Usage réel Protection pied sur chantier, réduction du risque de contact accidentel |
| Modèle Electric | Fiche fabricant EN ISO 20345:2022, tige textile et cuir, pointures 39 à 48 | Usage réel Même logique, gabarit plus léger |
| Modèle New Electrical | Fiche fabricant SB E P CI HI HRO FO WRU SRC, résistance supérieure à 2 000 MΩ | Usage réel Chaussure électricien vendue en France, protection secondaire |
| Modèle Chaussure isolante certifiée | Fiche fabricant NF EN 50321-1, six classes de 00 à 4 | Usage réel Travaux sous tension, dans un cadre d’habilitation précis |
La gamme Electrical de Cofra se lit modèle par modèle, et toujours en séparant protection secondaire et isolation certifiée.
Ce que je retiens de cette lecture : la gamme Electrical est une vraie réponse au quotidien du chantier électrique, mais elle ne remplace pas la logique des six classes de la norme EN 50321. Une chaussure « pour électricien » n’est pas, par nature, une chaussure isolante certifiée.
La fabrication : injection directe, Albanie et volumes
Cofra produit dans deux pays. Le site de Barletta couvre 60 000 mètres carrés, dont 38 600 couverts, avec neuf machines rotatives d’injection directe assistées par des robots anthropomorphes, selon les chiffres publiés par l’entreprise. Trois de ces machines sont dédiées au semelage en caoutchouc et en polyuréthane thermoplastique jusqu’à quatre couleurs.
L’usine d’Albanie et les volumes
L’usine d’Albanie, ouverte en 2020, emploie directement 1 800 personnes et produit 10 000 paires de chaussures par jour, d’après les données du fabricant. Au total, Cofra annonce 26 000 unités vendues par jour toutes familles confondues, chaussures, vêtements, gants, lunettes et masques, avec environ 400 salariés en Italie et 7 000 personnes dans les sociétés associées.
Des chiffres publiés par l’entreprise
Ces volumes sont des données publiées par l’entreprise, pas des chiffres vérifiés par un tiers. Je les cite pour situer l’échelle industrielle : on n’est pas devant un petit atelier de cordonnerie, mais devant un fabricant de plusieurs millions de paires par an, ce qui explique la présence de la marque dans les catalogues des grossistes et des revendeurs français.
Toute la gamme n’est pas fabriquée à Barletta
La production en Albanie mérite d’être connue d’un acheteur qui cherche du made in Italy : toute la gamme n’est pas fabriquée à Barletta. Comme pour l’outillage, l’origine d’un modèle précis se vérifie sur la fiche du produit, pas sur le récit de marque. C’est la même méthode que celle que j’utilise quand je compare les marques d’outillage sur d’autres sujets.
Cofra en France : où trouver la gamme Electrical
En France, la distribution passe par des revendeurs spécialisés en vêtements de travail et EPI. Le modèle New Electrical est ainsi présent chez Vetementpro au prix public de 93,24 € TTC (77,70 € HT), en pointures de 39 à 48, avec les certifications SB E P CI HI HRO FO WRU SRC. La fiche Lyreco référence le même modèle sous la référence 82500-000, en catégorie SB E P WRU HRO SRC, avec un poids de 600 grammes en pointure 42.
Le prix affiché est celui constaté sur une fiche produit à la date de ma vérification ; il évolue selon les pointures et les revendeurs, je ne le présente pas comme un tarif officiel du fabricant. Il donne simplement un ordre de grandeur : la gamme Electrical se situe dans le milieu des chaussures de sécurité techniques, sans métal, avec embout composite et semelle anti-perforation.
Pour un électricien qui veut comprendre ce que protège réellement ce type de chaussure, je renvoie aux deux notions clés déjà citées : la protection secondaire en cas de contact accidentel et la nécessité de conserver les gestes de base, couper avant d’intervenir et vérifier l’absence de tension, dont je reparle dans mon guide sur la conduite à tenir en cas de choc électrique.
Ce que l’histoire de Cofra aide réellement à choisir
L’histoire de Cofra se lit en trois temps : un atelier familial fondé en 1938, un nom moderne en 1983 et une division sécurité en 1989 qui a produit les gammes actuelles, dont la gamme Electrical pour les électriciens. Cette trajectoire donne du contexte à une marque présente dans les catalogues français depuis des années.
Elle ne tranche aucune décision
Elle ne tranche aucune décision d’achat à elle seule. Pour choisir une paire, je vérifie sur la fiche du modèle : la norme (EN ISO 20345), les options (S1P, S3, E, P…), l’absence de métal, la résistance électrique annoncée et le prix public. L’ancienneté de la marque n’est ni une garantie de confort, ni une certification d’isolation.
La distinction entre les deux familles normatives
Le point le plus utile à retenir de cette histoire, pour un électricien, c’est la distinction entre les deux familles normatives : la EN ISO 20345 qui qualifie la chaussure de sécurité classique et la NF EN 50321-1 qui classe les chaussures isolantes pour travaux sous tension, de la classe 00 à la classe 4.
La gamme Electrical relève de la première
La gamme Electrical relève de la première, avec une semelle à haute résistance électrique ; elle ne prétend pas, dans ses fiches, être une chaussure isolante certifiée de la seconde. Le contact direct avec une pièce sous tension reste, lui, réservé à des situations encadrées par une habilitation électrique. C’est cette lecture-là qui protège, pas le nom de la marque.
Quiz : les repères de l’histoire de Cofra
3 questions
InteractifQuiz : Cofra, de Cortelgomma à la gamme Electrical
3 questions pour vérifier les repères essentiels
Choisissez une réponse
Cofra est-elle une marque française ou italienne ?
Cofra est une marque italienne : la société est née en 1938 à Barletta, dans les Pouilles, sous le nom de Cortelgomma. Le fabricant écrit le nom COFRA, et certaines fiches françaises le notent Coffra avec deux f. Le site officiel est cofra.it, celui du fabricant.
Quand la marque COFRA a-t-elle été créée ?
La société Cortelgomma a pris le nom de COFRA en 1983, sous la direction de Giuseppe Cortellino, fils du fondateur Ruggiero Cortellino. La division sécurité a été créée en 1989.
Que fabrique Cofra aujourd’hui ?
Cofra produit des chaussures de sécurité, mais aussi des vêtements de travail, des gants, des lunettes, des masques, des dispositifs antichute et des casques depuis 2025. Le fabricant annonce 26 000 unités vendues par jour toutes familles confondues.
Où sont fabriquées les chaussures Cofra ?
Le site historique de Barletta, en Italie, et une usine ouverte en 2020 en Albanie qui produit 10 000 paires par jour selon les chiffres du fabricant. L’origine d’un modèle précis se vérifie sur sa fiche, comme pour l’outillage.
La gamme Electrical est-elle une chaussure isolante certifiée ?
Non. Les modèles Electrical sont des chaussures de sécurité EN ISO 20345 à semelle à haute résistance électrique (supérieure à 2 000 mégaohms sur la fiche du New Electrical). Le fabricant les présente comme une protection secondaire en cas de contact accidentel. Les chaussures isolantes certifiées pour travaux sous tension relèvent de la norme NF EN 50321-1, six classes de 00 à 4. La distinction est détaillée dans mon guide sur l'outillage isolé 1000 V.
Que coûte la gamme Electrical en France ?
Le modèle New Electrical était affiché 93,24 € TTC chez le revendeur Vetementpro lors de ma vérification, en pointures de 39 à 48. Ce prix constaté varie selon les pointures et les enseignes, il ne constitue pas un tarif officiel du fabricant.
Théo Desrousseaux
Artisan électricien — Yvelines (78), Hauts-de-Seine (92) et Paris Ouest
Électricien de terrain : installations, mises aux normes et dépannages au quotidien. Chaque contenu du site est rédigé et relu par ses soins.
Mon parcours → Diplômes et certifications → Charte éditoriale →
Sources officielles et références
Recevez les nouveaux guides
Une notification par semaine dans votre navigateur, sur les nouveaux guides et les changements de norme. Aucune adresse email demandée.
Calculez, comparez ou vérifiez.
Chaussures de sécurité : lesquelles durent
Chaussures de sécurité pour artisan : Base, Diadora, Caterpillar, Uvex et Coffra comparées — normes S1P à S3, confort, semelles et prix de l’usure.
Lire le guide
Guide Chaussures isolées 1000 V Coffra : mon avis Les chaussures de sécurité Cofra à semelle isolante : la norme EN 50321, l’usage réel d’un électricien, le confort au quotidien et les limites de l’EPI. Lire le guide
Guide Chaussures de sécurité : que valent Dr. Worker Les chaussures de sécurité Dr. Worker : normes annoncées, confort réel, durabilité et le rapport qualité-prix face aux marques établies du rayon. Lire le guide
Guide Chaussures de sécurité Heckel : l’avis Les chaussures de sécurité Heckel passées en détail : gammes, normes S1P et S3, confort au quotidien, durabilité et rapport qualité-prix pour un artisan. Lire le guide