5/5 7 avis Google Voir tous les avis → Mis à jour le 28 juillet 2026

Cintreuse tube : Virax, REMS ou Rothenberger

Théo Desrousseaux 18 min de lecture

Vérifié le par Théo Desrousseaux, électricien (diplômes & certifications)

Cintreuse tube : Virax, REMS ou Rothenberger Photo : ROTHENBERGER
La Rothenberger Robend 4000, cintreuse électrique à présélection d'angle, sur des tubes cuivre.

En bref

  • Le choix se joue d'abord sur le tube : un cuivre recuit se cintre à froid, un cuivre écroui exige plus de force ou un cintrage à chaud.
  • Trois familles d'outils existent : la cintreuse arbalète manuelle, la cintreuse hydraulique et la cintreuse électrique, pas interchangeables au même diamètre.
  • Virax couvre le cuivre recuit jusqu'à 22 mm à l'arbalète, REMS Curvo monte à 35 mm en électrique, Rothenberger Robend ajoute la présélection d'angle.
  • Le rayon de cintrage minimal dépend du diamètre et de l'état du tube : le forcer expose à un plissement ou une fissure du métal.

Une cintreuse ne se choisit pas comme une sertisseuse. Le critère de départ n’est pas la marque, mais l’état du tube : un cuivre recuit en couronne se plie à la main sans forcer, un cuivre écroui en barre résiste et casse si on s’y prend mal. Le choix de la machine découle de cette différence, avant même de comparer Virax, REMS et Rothenberger.

Sur mes chantiers mixtes plomberie-électricité, je vois passer les trois familles d’outils : la petite arbalète glissée dans une caisse à outils, la cintreuse électrique posée sur l’établi, et plus rarement la version hydraulique pour un diamètre inhabituel. Cet article compare les trois marques spécifiquement sur le cintrage, sans revenir sur le sertissage déjà détaillé dans mon comparatif Virax, Rothenberger et REMS.

22 mm

diamètre max de cuivre recuit sur une arbalète Virax 2503

10-35 mm

plage de tubes cintrés par une REMS Curvo électrique

12-35 mm

plage de la Rothenberger Robend 4000 électrique en 230 V

3 à 4 x D

rayon de cintrage courant à l'arbalète, contre 7 x D à la main

Arbalète, hydraulique, électrique : trois familles, pas un seul geste

Le mot « cintreuse » recouvre des outils très différents. Une pince à cintrer (ou cintrette) plie à la main un petit diamètre de cuivre recuit, sans mécanisme intermédiaire. Une cintreuse arbalète ajoute un bras de levier articulé : le tube est calé dans une forme, et l’utilisateur actionne une poignée mobile pour former le coude. C’est l’outil le plus répandu sur un chantier de rénovation, léger et sans électricité.

La cintreuse hydraulique change d’échelle. Un vérin remplace la force du bras pour pousser le rouleau contre le tube, ce qui permet de cintrer des diamètres qu’aucune arbalète ne peut déformer proprement, notamment l’acier de série moyenne ou forte utilisé sur les colonnes montantes. Elle existe en version manuelle, avec une pompe à main, ou motorisée.

La cintreuse électrique, enfin, entraîne mécaniquement la forme de cintrage autour du tube. Elle vise la production répétée : un artisan qui doit façonner vingt coudes identiques dans une journée gagne du temps et de la régularité par rapport à un geste manuel répété vingt fois.

Type Source de force Diamètre typique Usage principal
Type Pince à cintrer Source de force Main seule Diamètre typique 6 à 18 mm Usage principal Petit diamètre, dépannage rapide
Type Cintreuse arbalète Source de force Levier manuel Diamètre typique 12 à 32 mm Usage principal Chantier courant, cuivre et multicouche
Type Cintreuse hydraulique Source de force Vérin, manuel ou électrique Diamètre typique Jusqu'à 114 mm et plus Usage principal Acier de forte section, gros diamètre
Type Cintreuse électrique Source de force Moteur électrique Diamètre typique 10 à 40 mm Usage principal Série, précision, angle répété

Les quatre familles d'outils de cintrage et leur domaine d'usage réel.

Aucune de ces familles ne remplace complètement les autres. Un plombier qui pose surtout du multicouche en rénovation d’appartement occupé n’a pas besoin d’une hydraulique de gros diamètre, tout comme un chauffagiste qui reprend une colonne acier ancienne ne cintrera pas proprement avec une simple arbalète. Avant d’investir, mieux vaut avoir clarifié les bases de la circulation de l’eau dans un logement, car le tracé du réseau conditionne directement le nombre et le rayon des coudes à réaliser.

Tube recuit ou écroui : ce qui change avant même la machine

C’est le point le plus mal connu des non-spécialistes, et pourtant le plus déterminant. Le cuivre utilisé en plomberie existe sous deux états métallurgiques distincts, qui ne se travaillent pas de la même façon.

Le tube recuit est chauffé puis refroidi lentement en sortie de fabrication, ce qui le rend souple et malléable. Il se vend en couronne, s’enroule sans casser, et se cintre à froid à la main ou à l’arbalète sans effort particulier. Le tube écroui (ou demi-dur) a subi un travail mécanique à froid qui durcit le métal : il se vend en barre droite, garde sa forme sans soutien, mais résiste bien davantage au cintrage. Forcer un tube écroui sur un outil sous-dimensionné produit un plissement interne, une réduction de section et un point de faiblesse durable.

Couronne de tube cuivre recuit enroulée, souple et sans plissement
Un tube cuivre recuit se vend en couronne : c'est cette souplesse qui autorise un cintrage à froid sans outil puissant. Brico Dépôt

Le cahier technique du tube cuivre SANCO, publié par le Centre Technique du Cuivre pour les Canalisations, détaille les paramètres de cintrage selon l’état du métal. Un tube recuit en couronne se plie à la main jusqu’à un rayon de 7 fois le diamètre extérieur, ou descend à 3 à 4 fois le diamètre avec une cintreuse arbalète ou d’établi. Un tube écroui, lui, demande une cintreuse d’établi ou électrique dès le départ, avec un effort physique plus important, et une lubrification de l’outillage recommandée sous 16 mm pour éviter les casses.

État du tube Diamètre courant Outil adapté Rayon de cintrage
État du tube Recuit en couronne Diamètre courant ≤ 22 mm Outil adapté À la main, pince, cintreuse arbalète Rayon de cintrage 3,5 à 7 x diamètre
État du tube Demi-dur Diamètre courant 12 à 22 mm Outil adapté Pince à cintrer, cintreuse d'établi Rayon de cintrage 3 à 4 x diamètre
État du tube Écroui Diamètre courant ≤ 22 mm Outil adapté Cintreuse d'établi, lubrification sous 16 mm Rayon de cintrage 3,5 à 4 x diamètre
État du tube Écroui Diamètre courant > 28 mm Outil adapté Machine électrique, recuit localisé Rayon de cintrage Grands rayons uniquement

Paramètres de cintrage du tube cuivre nu selon son état métallurgique, d'après le cahier technique SANCO.

Au-delà d’un certain diamètre sur un tube écroui, un recuit localisé à la flamme, sur la zone exacte du futur coude, redonne temporairement de la malléabilité au métal avant cintrage à froid. C’est une opération technique, réservée à l’atelier, à ne pas confondre avec le cintrage à chaud généralisé qui fragilise le tube s’il est mal maîtrisé. Sur ce point précis, la limite entre le geste du bricoleur et celui du professionnel équipé rejoint une question plus large que je détaille dans mon comparatif entre les métiers de plombier et d’électricien.

Virax : l’arbalète accessible, pas la plus large en diamètre

Virax reste la référence la plus répandue en négoce français sur le cintrage manuel. Sa cintreuse arbalète 2503 cintre le cuivre recuit jusqu’à Ø 22 mm, en conformité avec les préconisations de la norme EN 1057, le multicouche jusqu’à Ø 32 mm et l’inox (304, 304L, 316, 316L, épaisseur 1 mm) ou l’acier électro-zingué jusqu’à Ø 15 mm. L’outil pèse environ 6,1 kg et se règle par un jeu de formes interchangeables allant de 12 à 32 mm.

Cintreuse à levier Virax rouge et noire en action sur un tube cuivre, forme de cintrage visible
Le principe de l'arbalète : un levier manuel pousse le tube contre une forme calibrée, sans électricité ni vérin. Virax

La marque complète cette gamme avec une cintreuse manuelle d’établi (réf. 2502), plus spécifiquement dédiée au tube écroui, avec un angle de cintrage de 0 à 180° et des formes standards ou universelles de 8 à 22 mm. Pour les diamètres qui dépassent les capacités d’une arbalète, Virax propose une cintreuse hydraulique manuelle ou électrique : sur les tubes de 3“1/2 et 4” (soit 89 à 114 mm), le cintrage s’effectue par points successifs, et la notice officielle impose un rayon de cintrage minimal égal à 20 fois le diamètre nominal du tube, soit 1,8 à 2 mètres sur ces sections. C’est un rappel utile : au-delà d’un certain diamètre, le rayon de cintrage n’est plus un choix esthétique mais une contrainte mécanique du métal.

Ce qui distingue surtout Virax n’est pas la performance brute de la machine, mais sa disponibilité. Une forme de cintrage cassée ou un modèle à remplacer se trouve en général sous 24 heures chez un négociant généraliste, ce qui pèse lourd un jour de chantier bloqué.

REMS Curvo et Sinus : le spécialiste électrique du petit et moyen diamètre

REMS aborde le cintrage sous l’angle de la production en série. La Curvo est une cintreuse électrique alimentée en 230 V, capable de traiter le cuivre écroui, mi-dur et recuit de Ø 10 à 35 mm, le cuivre à paroi épaisse pour la réfrigération (norme EN 12735-1), l’inox et l’acier électro-zingué des systèmes à sertir jusqu’à Ø 28 mm, l’acier de précision recuit jusqu’à Ø 28 mm et le multicouche jusqu’à Ø 40 mm. Deux vitesses, rapide ou lente, avec un arrêt immédiat, permettent d’ajuster la précision selon le diamètre travaillé.

Cintreuse électrique REMS Curvo jaune et noire avec mallette de transport et jeu de formes de cintrage
La REMS Curvo entraîne mécaniquement la forme de cintrage : l'effort physique disparaît, l'angle se répète à l'identique. REMS

Concrètement, le rayon de cintrage augmente avec le diamètre : un tube de Ø 10 mm se plie sur un rayon de 40 mm à 90°, contre 75 mm pour un Ø 20 mm, selon le catalogue de formes REMS. Ces valeurs ne sont pas ajustables librement, elles dépendent de la forme montée sur la machine, ce qui garantit un cintrage régulier d’une pièce à l’autre. Pour les diamètres plus importants, la gamme monte avec la Sinus, une cintreuse d’établi qui accepte des formes calibrées jusqu’à des rayons de plus de 100 mm sur de l’acier ou de l’inox.

Conseil

Le choix des formes de cintrage suit la même logique que celle des mâchoires de sertissage : chaque diamètre exige la forme correspondante, propre à la machine et au fabricant. Je détaille cette mécanique de compatibilité, transposable ici, dans mon article sur les mâchoires de sertissage.

Rothenberger Robend : l’angle programmé, sans réglage manuel

Rothenberger structure son offre de cintrage électrique autour de la Robend 4000, disponible en version 230 V ou en version batterie 18 V compatible avec l’alliance de batterie partagée AMPShare, déjà rencontrée côté sertissage sur les presses Romax de la même marque. La version secteur cintre le cuivre, l’acier inoxydable, l’acier carbone et le multicouche de Ø 12 à 35 mm, jusqu’à un angle de 180°, avec un rayon de cintrage compris entre 52,5 et 140 mm selon la forme montée.

L’argument technique de la marque tient en deux fonctions : la présélection de l’angle de cintrage sans outil auxiliaire, avec un arrêt automatique une fois l’angle atteint, et une technologie brevetée nommée ROLUB qui améliore le glissement de la forme contre le tube pour limiter les ondulations. Sur une série de coudes identiques, cette présélection évite de mesurer l’angle à l’œil après chaque pli, ce que ni Virax ni REMS ne proposent avec la même automatisation sur leurs cintreuses électriques d’entrée de gamme.

Info

Ces trois cintreuses électriques ne couvrent pas exactement la même plage : Virax reste centrée sur l’arbalète manuelle pour le petit diamètre, REMS Curvo monte le plus haut en multicouche (40 mm), Rothenberger Robend mise sur la précision d’angle plutôt que sur l’étendue de gamme.

Rayon de cintrage : la vraie contrainte mécanique

Le rayon de cintrage n’est pas une variable de confort, c’est une limite physique du métal. En dessous d’un certain rayon pour un diamètre donné, la paroi extérieure du tube s’étire jusqu’à fissurer, tandis que la paroi intérieure se plisse faute de place. Cette règle vaut pour toutes les marques, seule la forme de cintrage change.

Diamètre du tube Rayon mini à la main (7xD) Rayon mini à l'arbalète (3-4xD) Rayon typique en électrique
Diamètre du tube 10 mm Rayon mini à la main (7xD) 70 mm Rayon mini à l'arbalète (3-4xD) 30-40 mm Rayon typique en électrique 40 mm
Diamètre du tube 14 mm Rayon mini à la main (7xD) 98 mm Rayon mini à l'arbalète (3-4xD) 42-56 mm Rayon typique en électrique 50 mm
Diamètre du tube 18 mm Rayon mini à la main (7xD) 126 mm Rayon mini à l'arbalète (3-4xD) 54-72 mm Rayon typique en électrique 70 mm
Diamètre du tube 22 mm Rayon mini à la main (7xD) 154 mm Rayon mini à l'arbalète (3-4xD) 66-88 mm Rayon typique en électrique 75-88 mm

Rayons de cintrage indicatifs du cuivre selon la méthode, à titre de repère avant de choisir une forme.

Un cintrage trop serré ne se rattrape pas : le tube abîmé se coupe et se remplace, il ne se redresse pas sans fragiliser davantage le métal. C’est une des raisons pour lesquelles un réseau mal cintré, avec des plis accumulés plutôt que des coudes propres, génère davantage de turbulences et parfois des bruits une fois l’eau sous pression, un sujet que je traite dans mon article sur le coup de bélier et les bruits de canalisation.

Cuivre, acier inoxydable, multicouche : qui couvre quoi

Les trois marques ne se recoupent pas parfaitement selon le matériau travaillé. Sur le cuivre recuit, Virax et REMS couvrent l’essentiel des besoins courants d’un artisan, jusqu’à 22 et 35 mm respectivement. Sur le cuivre écroui, l’avantage va aux cintreuses électriques REMS et Rothenberger, capables d’absorber l’effort supplémentaire sans fatigue répétée sur une journée de chantier.

Sur l’acier inoxydable, utilisé notamment en sanitaire apparent ou en agroalimentaire, REMS Curvo monte jusqu’à Ø 28 mm sur les systèmes à sertir, une plage proche de celle couverte par Rothenberger sur sa version électrique. Virax reste plus limité sur ce matériau avec son arbalète, plafonnée à Ø 15 mm en inox.

Sur le multicouche, matériau devenu courant en rénovation grâce à sa facilité de pose, REMS Curvo affiche la plage la plus large avec Ø 40 mm, contre Ø 32 mm pour l’arbalète Virax. Ce écart compte surtout sur les gros diamètres de distribution générale, moins sur les piquages individuels où les trois marques se valent.

Formes de cintrage : l’entretien qu’on oublie

Une cintreuse, quelle que soit la marque, ne vaut que par le jeu de formes monté dessus. Ces pièces calibrées, une par diamètre, encaissent l’essentiel de la friction et de la contrainte à chaque cintrage. Sur un tube écroui, en particulier sous 16 mm, l’usure s’accélère si l’outillage n’est pas lubrifié, un point que rappelle explicitement le cahier technique du tube cuivre SANCO. Une forme rayée ou déformée marque le tube à son tour, ce qui abîme la surface sur du cuivre apparent.

Ce détail d’entretien pèse davantage sur une cintreuse électrique que sur une arbalète manuelle, parce que la machine répète le même geste sans que l’artisan ressente l’effort supplémentaire d’une forme usée. Un contrôle visuel régulier des formes, avant une série de cintrages, évite un défaut qui ne se voit qu’une fois le tube posé et le réseau sous pression. Les trois marques vendent leurs formes séparément, à l’unité ou en jeu complet, mais elles ne sont pas interchangeables d’un fabricant à l’autre : une forme REMS ne se monte pas sur une Rothenberger, ni l’inverse.

  • Cuivre recuit courant, chantier de rénovation : Virax arbalète 2503, léger, sans électricité, disponible partout.
  • Cuivre écroui, série de coudes identiques : REMS Curvo ou Rothenberger Robend, l'effort disparaît et l'angle se répète.
  • Inox ou acier de série sur gros diamètre : cintreuse hydraulique, quelle que soit la marque, au-delà des capacités d'une arbalète.
  • Multicouche en grand diamètre de distribution : REMS Curvo, la plage la plus étendue des trois à ce jour.
  • Précision d'angle sur production répétée : Rothenberger Robend, seule à présélectionner l'angle sans réglage manuel.

Quelle cintreuse pour quel profil d’artisan

Le bon choix dépend du volume de cintrages réalisés et du matériau dominant sur les chantiers habituels. Un plombier qui débute et qui pose surtout du multicouche et du cuivre recuit en rénovation d’appartement n’a pas besoin d’investir dans une machine électrique dès le premier outillage. Une arbalète Virax, associée à un jeu de formes courant, couvre l’essentiel des besoins pour un budget d’entrée maîtrisé, une logique d’investissement progressif que je retrouve dans les parcours de ceux qui préparent un CAP monteur en installations sanitaires.

À l’inverse, un artisan qui répète des dizaines de coudes identiques sur des chantiers neufs ou qui travaille fréquemment de l’acier écroui rentabilise plus vite une cintreuse électrique. La différence se joue alors sur la régularité de l’angle et l’absence de fatigue en fin de journée, un critère qui pèse autant que le prix d’achat de la machine.

Ce choix d’outillage lourd reste distinct des interventions courantes d’un particulier. Pour une petite réparation sous évier, aucune de ces cintreuses n’est nécessaire : un tube préformé du commerce ou un raccord adapté suffit largement, sans investir dans un outillage professionnel.

Entre les deux profils, un cas intermédiaire mérite d’être signalé : l’artisan qui alterne entre plusieurs matériaux dans la même semaine, cuivre un jour, multicouche le lendemain, acier plus rarement. Dans cette situation, la polyvalence d’une seule cintreuse électrique couvrant plusieurs matériaux, comme la REMS Curvo, évite de multiplier les outils spécialisés et les jeux de formes à transporter d’un chantier à l’autre.

Prix et disponibilité, le critère qui décide souvent

Aucune de ces trois marques n’est franchement bon marché sur ses machines électriques, mais l’écart se creuse surtout sur les consommables. Une forme de cintrage cassée ou un diamètre supplémentaire à ajouter coûte peu à l’unité, mais son délai de livraison change tout un planning de chantier. Virax, produisant en France et distribué largement en négoce généraliste, garde ici un avantage structurel sur les deux marques allemandes, davantage présentes chez les distributeurs professionnels spécialisés.

Sur l’achat initial, une arbalète manuelle reste nettement moins chère qu’une cintreuse électrique, ce qui explique pourquoi la plupart des artisans démarrent avec ce type d’outil avant d’investir dans une machine motorisée, une fois le volume de travail justifiant l’amortissement. La question du budget rejoint alors celle du choix entre une sertisseuse électroportative et un outillage manuel, un arbitrage similaire sur l’ensemble de l’outillage de tube.

Le coût réel d’une cintreuse électrique ne s’arrête pas au prix affiché de la machine nue. Il faut ajouter le jeu de formes complet, souvent vendu séparément et représentant une part significative du budget total, ainsi qu’un éventuel coffret de transport adapté au chantier. Deux artisans qui comparent une REMS Curvo et une Rothenberger Robend sur le seul prix de la machine risquent une mauvaise surprise une fois le jeu de formes nécessaire ajouté à la facture finale.

Sur mes chantiers, l’arbalète reste l’outil que je vois le plus dans les caisses, simplement parce qu’elle suffit à la grande majorité des cintrages de cuivre recuit. La cintreuse électrique devient utile dès qu’il faut répéter le même angle plusieurs fois dans la journée.

Théo Desrousseaux Électricien à La Celle-Saint-Cloud
Cintreuse : mon verdict
4/5

Il n’y a pas de meilleure marque dans l’absolu. Virax gagne sur l’accessibilité et la disponibilité en négoce français pour du cuivre recuit courant. REMS Curvo couvre la plage de diamètres et de matériaux la plus large en électrique. Rothenberger Robend se distingue par la présélection d’angle sans réglage manuel. Le choix dépend d’abord du tube, recuit ou écroui, avant même de comparer les logos.

Quelle est la différence entre une cintreuse arbalète et une cintreuse hydraulique ?

L'arbalète actionne un levier manuel pour pousser le tube contre une forme calibrée, sans électricité, jusqu'à un diamètre courant de 32 mm en multicouche chez Virax. La cintreuse hydraulique utilise un vérin, manuel ou motorisé, pour cintrer des diamètres bien plus importants, jusqu'à 114 mm et plus sur certains modèles, avec un rayon de cintrage minimal imposé par la notice du fabricant.

Peut-on cintrer un tube cuivre écroui à froid sans problème ?

Sous 16 mm, oui, avec une cintreuse d'établi et une lubrification recommandée de l'outillage. Entre 18 et 22 mm, un recuit localisé préalable à la flamme facilite l'opération. Au-delà de 28 mm, le cahier technique du tube cuivre SANCO recommande une machine électrique avec recuit localisé, pas un cintrage à froid forcé.

Quel diamètre maximal une cintreuse électrique peut-elle cintrer ?

Cela dépend de la marque et du matériau. La REMS Curvo monte jusqu'à 35 mm en cuivre et 40 mm en multicouche. La Rothenberger Robend 4000 en version secteur couvre le cuivre, l'inox, l'acier carbone et le multicouche de 12 à 35 mm. Au-delà, il faut passer à une cintreuse hydraulique ou d'établi de plus grande capacité.

Pourquoi le rayon de cintrage est-il important ?

Un rayon trop serré par rapport au diamètre du tube provoque un plissement de la paroi intérieure et un étirement, voire une fissure, de la paroi extérieure. La règle courante est un rayon minimal de 3 à 4 fois le diamètre à l'arbalète, contre 7 fois à la main sans outil, selon le cahier technique du tube cuivre SANCO.

Une cintreuse suffit-elle pour un petit dépannage sans investir dans une machine professionnelle ?

Pour un remplacement de joint de robinet ou une petite réparation, non : une pince à cintrer manuelle, moins chère qu'une arbalète complète, suffit sur du cuivre recuit de petit diamètre. L'investissement dans une cintreuse Virax, REMS ou Rothenberger se justifie surtout à partir d'un usage régulier ou professionnel.

Théo Desrousseaux, électricien

Théo Desrousseaux

Artisan électricien — Yvelines (78) & Hauts-de-Seine (92)

Électricien de terrain : installations, mises aux normes et dépannages au quotidien. Chaque contenu du site est rédigé et relu par ses soins.

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