5/5 7 avis Google Voir tous les avis → Mis à jour le 28 juillet 2026

Ridgid : l'américain du plombier, de la clé à chaîne à la presse

Théo Desrousseaux 18 min de lecture

Vérifié le par Théo Desrousseaux, électricien (diplômes & certifications)

Ridgid : l'américain du plombier, de la clé à chaîne à la presse Photo : RIDGID
La clé à tube Heavy-Duty rouge, l'outil fondateur de Ridgid depuis 1923.

En bref

  • Ridgid naît en 1923 à Elyria, Ohio, fondée par Carl Ingwer autour d'une clé à tube devenue un standard mondial.
  • La marque devient filiale d'Emerson Electric en 1966, ce qui finance sa diversification vers le sertissage et l'inspection caméra.
  • La gamme de presses RP (RP 351, RP 219...) entre sur le marché du sertissage en 1999 ; Ridgid revendique la première place mondiale sur ce segment.
  • En France, Ridgid se trouve surtout via le négoce professionnel spécialisé plomberie-chauffage, pas dans les enseignes de bricolage généralistes.

Sur un chantier américain, la clé à tube rouge et noir posée sur l’établi porte presque toujours le même nom : Ridgid. La marque a inventé un standard qu’on retrouve encore aujourd’hui dans toutes les caisses à outils de plombiers, du modèle manuel des années 1920 aux presses à sertir électroportatives les plus récentes.

Je croise cette marque sur des chantiers mixtes plomberie-électricité, mais moins souvent que Virax ou Rothenberger dans le négoce français classique. Cet article retrace l’histoire de Ridgid depuis l’atelier de l’Ohio jusqu’à sa place réelle, aujourd’hui, dans le paysage de l’outillage professionnel en France, et lève une confusion fréquente avec les outils électroportatifs orange vendus sous le même nom aux États-Unis.

1923

Fondation à Elyria, dans l'Ohio

1966

Rachat par Emerson Electric

1999

Entrée sur le marché du sertissage (CT-400)

140+

pays où la marque est distribuée

1923 : une clé à tube qui détrône la Stillson

L’histoire commence dans l’Ohio, au début des années 1920. Un habitant de North Ridgeville, William Thewes, bricole dans l’atelier de son voisin Martin Schwartz et cherche à améliorer la clé Stillson, l’outil de référence inventé en 1869 pour serrer les tuyaux sans avoir à transporter un assortiment de clés à taille fixe.

Ses brevets débouchent sur une nouvelle clé à mâchoires, plus robuste. En 1922, un groupe d’investisseurs rachète les actifs d’une entreprise locale pour lancer la production. Selon la frise chronologique officielle de la marque, c’est Carl Ingwer qui prend la présidence de la nouvelle société, incorporée l’année suivante sous le nom Ridge Tool Company, à Elyria, dans l’Ohio.

Planche d'archives Ridgid montrant les fondateurs tenant la première clé à tube, l'usine d'Elyria et une publicité pour le Model 400
Archives Ridgid : les fondateurs et leur première clé à tube, l'usine d'Elyria et la publicité pour le Model 400 des années 1940. RIDGID — Célébration des 100 ans

Le nom de marque, Ridgid, est déposé dès 1923. Il évoque la rigidité de l’outil, mais deux sources indépendantes, la société d’histoire locale de North Ridgeville et le média américain Family Handyman, avancent la même explication géographique : l’atelier d’origine se trouvait sur Center Ridge Road, dans la ville de North Ridgeville, et le nom en serait directement dérivé. La communication officielle de la marque ne détaille pas cette étymologie, mais rien ne la contredit non plus.

Info

Un détail de géographie mérite d’être précisé : la page « 100 ans » de Ridgid situe la fondation directement à Elyria. Wikipedia et la société d’histoire locale racontent une chronologie légèrement différente, avec une incorporation en 1923 à North Ridgeville, puis un déménagement vers Elyria en 1943. Les deux versions s’accordent sur l’essentiel, l’année de fondation et la région, mais je retiens la version la plus détaillée et la plus recoupée pour la localisation exacte du tout premier atelier.

Ce premier outil, la clé à tube Heavy-Duty, reste en vente aujourd’hui, quasiment inchangée dans sa conception. Elle a donné naissance à plus de 90 variantes de clés au fil des décennies : clés à chaîne, clés à extrémité, clés compensées, chacune pensée pour un accès ou un diamètre de tube différent.

De l’atelier local au groupe industriel

La croissance est rapide mais reste américaine pendant deux décennies. En 1943, la Ridge Tool Company déménage vers son siège actuel à Elyria, un site qui regroupe encore aujourd’hui les bureaux, la production et le centre de formation technique. L’après-guerre marque le début de l’export vers l’Europe : dès 1946, l’entreprise commence à expédier ses outils pour aider à reconstruire les réseaux d’eau et de gaz du continent, puis ouvre en 1962 sa première usine hors des États-Unis, en Belgique.

Cette implantation européenne précède de peu le tournant capitalistique de la marque. En 1966, la famille Ingwer cède l’entreprise à Emerson Electric, un groupe industriel américain qui en fait depuis une filiale à part entière. Ce rachat change l’échelle de la marque : Emerson finance la recherche et développement et permet à Ridgid de sortir de son unique métier historique, la clé à tube, pour investir de nouveaux segments, à commencer par le curage de canalisation dès 1967, avec le rachat de la société Kollman.

Info

Depuis ce rachat, Ridgid appartient au pôle « outils professionnels » d’Emerson, aux côtés d’autres marques d’outillage comme Greenlee et Klauke, cette dernière déjà connue des électriciens pour son outillage de sertissage.

Le filetage motorisé, un savoir-faire toujours vivant

Avant l’arrivée du raccord serti, un réseau de plomberie ou de chauffage en acier s’assemblait presque exclusivement par filetage : on taille un pas de vis à l’extrémité du tube, puis on visse un raccord fileté en face. Le geste, à la filière manuelle, est lent et physiquement exigeant sur un chantier avec beaucoup de longueurs à préparer.

La fin des années 1940 change la donne. Ridgid lance en 1948 le Model 400, un moteur portable qui entraîne le tube pendant que les outils à main coupent, alèsent et filettent. Suivent le Model 500 en 1950 puis le Model 535 en 1957, des machines à fileter qui restent, avec des évolutions successives, au catalogue de la marque aujourd’hui encore. C’est une trajectoire comparable à celle vécue par Virax en France sur la même période, où la mécanisation du filetage et du cintrage transforme profondément le métier de plombier.

Le filetage motorisé reste un marché où Ridgid conserve une réputation solide, y compris chez des concurrents qui ont eux-mêmes développé leurs propres machines. C’est un segment moins visible pour le grand public que le sertissage, mais toujours central pour les réseaux gaz et les grosses installations industrielles, où le raccord fileté reste la norme.

1999 : Ridgid entre dans le sertissage

Le virage le plus important pour le plombier d’aujourd’hui date de la fin des années 1990. En 1999, Ridgid lance le CT-400, son premier outil de sertissage électroportatif, et entre ainsi sur un marché jusque-là dominé par des spécialistes allemands du travail du tube, à l’image de REMS.

Vingt-cinq ans plus tard, la marque revendique la première place mondiale sur ce marché du sertissage en volume, un chiffre qui vient de sa communication officielle et qu’aucune source indépendante ne vient contredire ni confirmer précisément. Ce que l’on peut vérifier, en revanche, c’est l’ampleur du catalogue actuel : la gamme RP compte aujourd’hui plusieurs machines, de la RP 219 compacte à la RP 351 en ligne, capables de sertir aussi bien le cuivre que l’acier inoxydable ou le multicouche selon les mâchoires montées.

Ridgid a suivi ce virage du sertissage d’une diversification vers le contrôle et le diagnostic. En 2007, la marque lance sa première caméra d’inspection compacte, la SeeSnake microReel, qui permet de vérifier l’intérieur d’une canalisation sans la démonter. Les générations suivantes ajoutent la connexion sans fil : les moniteurs SeeSnake compatibles Wi-Fi arrivent en 2017, capables de diffuser ou d’enregistrer une inspection directement sur un smartphone.

Presse à sertir Ridgid RP 351 avec sa mâchoire et sa batterie, sur fond blanc
La presse à sertir Ridgid RP 351 : moteur sans balais, plus de 100 000 cycles annoncés, sans maintenance programmée. RIDGID Europe — RP 351

La fiche produit officielle française décrit la RP 351 comme un outil de sertissage en ligne, équilibré pour un usage à une main, équipé d’un moteur sans balais capable de dépasser 100 000 cycles de sertissage sans intervalle de maintenance programmé. C’est un argument technique proche de ce que revendiquent Milwaukee ou Klauke sur leurs propres presses : moins d’entretien, plus de disponibilité machine sur le chantier.

Période Jalon Ce que cela change pour l'artisan
Période 1923 Jalon Fondation, clé à tube Heavy-Duty Ce que cela change pour l'artisan Naissance du standard encore vendu aujourd'hui
Période 1948-1959 Jalon Filetage motorisé (Model 300, 400, 500) Ce que cela change pour l'artisan Fin du filetage manuel systématique sur gros chantier
Période 1962 Jalon Première usine hors USA, en Belgique Ce que cela change pour l'artisan Début de la présence industrielle en Europe
Période 1966 Jalon Rachat par Emerson Electric Ce que cela change pour l'artisan Financement de la diversification produit
Période 1967 Jalon Rachat de Kollman, entrée en curage Ce que cela change pour l'artisan Machines de nettoyage de canalisation
Période 1999 Jalon Lancement du CT-400, entrée en sertissage Ce que cela change pour l'artisan Concurrence directe avec REMS et Virax
Période 2007 Jalon Caméra SeeSnake microReel Ce que cela change pour l'artisan Inspection de canalisation sans destruction
Période 2021 Jalon Presses RP 350 et RP 351, moteur sans balais Ce que cela change pour l'artisan Plus de 100 000 cycles sans maintenance programmée

Les jalons qui structurent l'offre Ridgid actuelle.

Un catalogue devenu large, presque un généraliste du réseau

Contrairement à REMS, restée volontairement concentrée sur le seul travail du tube, Ridgid a suivi une trajectoire d’élargissement continu depuis son rachat par Emerson. Le catalogue actuel dépasse largement la clé à tube d’origine.

  • Serrage manuel : clés à tube, clés à chaîne, clés compensées, héritières directes de l'outil de 1923.
  • Sertissage électroportatif : gamme RP, entrée en 1999, aujourd'hui premier segment de croissance de la marque.
  • Filetage : machines portables et d'établi, un savoir-faire continu depuis les années 1950.
  • Inspection et diagnostic : caméras SeeSnake, localisateurs SeekTech, pour vérifier un réseau enterré sans tranchée.
  • Nettoyage de canalisations : machines à tambour FlexShaft, héritées du rachat de la société Kollman en 1967.

Cette diversification rapproche Ridgid, dans sa logique commerciale, davantage de Rothenberger que de REMS : un catalogue large qui couvre l’ensemble du cycle de vie d’un réseau, du premier serrage jusqu’au diagnostic caméra d’une canalisation posée depuis des décennies. La question de savoir laquelle de ces deux logiques sert mieux un artisan français dépend surtout de ce qu’il trouve réellement en rayon, un point détaillé plus loin dans cet article.

Les machines de nettoyage FlexShaft illustrent bien cette logique d’élargissement progressif. Héritées du rachat de Kollman en 1967, elles ont évolué vers des tourets à câble motorisés, capables de traiter aussi bien un évier bouché qu’une colonne d’immeuble entière selon le diamètre du câble monté. C’est un segment que Ridgid partage aujourd’hui avec des spécialistes du curage, mais où la marque conserve un catalogue complet, du tourniquet manuel jusqu’à l’hydrocureuse professionnelle.

Sur mes chantiers, je croise plus souvent une clé à chaîne Ridgid qu’une presse RP. C’est un outil qui a une vraie réputation de robustesse, mais qui reste moins répandu chez nous que Virax ou Rothenberger, simplement parce qu’il faut aller le chercher chez un négociant qui le référence.

Théo Desrousseaux Électricien à La Celle-Saint-Cloud

Ne pas confondre avec le Ridgid orange des rayons américains

Un piège attend quiconque cherche des avis Ridgid sur YouTube ou sur des sites américains : une partie des vidéos et des tests ne parlent pas des mêmes outils que ceux décrits dans cet article. Aux États-Unis et au Canada, une perceuse ou une scie orange et noir vendue chez Home Depot porte aussi le nom Ridgid, mais elle ne sort pas des usines d’Emerson.

Selon plusieurs sources concordantes, dont le média américain Family Handyman, ces outils électroportatifs grand public sont fabriqués sous licence par Techtronic Industries (TTI), le groupe qui possède aussi Ryobi et Milwaukee. Emerson a autorisé cet usage de la marque sur un segment qu’il ne couvre pas lui-même, celui du bricolage et du semi-professionnel généraliste, réservé au marché nord-américain.

Attention

Les outils rouges et noirs décrits dans cet article, clés à tube, presses RP, machines à fileter et caméras SeeSnake, appartiennent à la branche professionnelle d’Emerson. Les perceuses, scies et aspirateurs orange vendus chez Home Depot relèvent d’une licence distincte accordée à TTI. Les deux gammes ne sont ni fabriquées par la même entité, ni distribuées sur les mêmes marchés : la gamme orange n’est, à ma connaissance, pas commercialisée en France.

La clé à chaîne, l’autre outil signature

À côté de la clé à tube droite, la clé à chaîne reste l’un des outils les plus identifiables de la marque. Elle sert à serrer un tube dans un espace où une clé rigide classique ne peut pas s’ouvrir suffisamment, par exemple contre un mur ou dans un angle de gaine technique.

Clé à chaîne Ridgid rouge avec sa mâchoire dentée et sa chaîne métallique
La clé à chaîne Ridgid : une double mâchoire et une chaîne qui s'adaptent à des diamètres de tube variés, dans des espaces restreints. RIDGID — Clés à chaîne

Le principe mécanique n’a pas changé depuis des décennies : la chaîne s’enroule autour du tube, se bloque dans la mâchoire dentée, et permet un mouvement à cliquet dans les deux sens. C’est un outil manuel simple, sans électronique ni batterie, ce qui explique sa longévité sur des chantiers où l’accès à une prise n’est de toute façon pas garanti, et une des raisons pour lesquelles ce type d’outil finit rarement à la benne après quelques années d’usage intensif.

Contrairement à une clé à sangle, qui protège la surface du tube au prix d’un couple de serrage plus faible, la clé à chaîne accepte de marquer légèrement le métal pour transmettre davantage de force. Elle vise donc les tubes qui n’ont pas besoin de rester intacts en surface : de la tuyauterie industrielle à un tube destiné à être remplacé, plutôt qu’un tube chromé apparent où l’esthétique compte.

Où trouver Ridgid en France

C’est le point qui distingue le plus Ridgid de ses concurrents européens sur le marché français. La marque dispose d’un site officiel France, ridgid.eu, qui revendique plus de 300 types d’outils vendus dans plus de 140 pays. Mais contrairement à un fabricant français comme Virax, largement référencé dans tout le négoce généraliste, Ridgid reste positionnée sur un canal spécialisé.

Le localisateur officiel de distributeurs français ne renvoie ni vers les grandes surfaces de bricolage, ni vers un réseau propriétaire de magasins, mais vers un négoce professionnel de plomberie, chauffage et génie climatique. Dans mes recherches, la marque apparaît chez des revendeurs spécialisés en outillage pro, comme IFD Outillage, qui référence les clés, cintreuses et caméras d’inspection Ridgid dans son rayon plomberie, plutôt que dans les rayons des enseignes de bricolage généralistes fréquentées par les particuliers.

Attention

Je n’ai trouvé aucune source officielle qui chiffre la part de marché de Ridgid en France, ni de comparaison directe avec Virax ou Rothenberger sur ce marché précis. Ce paragraphe décrit un canal de distribution observé chez plusieurs revendeurs professionnels, pas un classement de parts de marché.

Cette position a une conséquence concrète pour un artisan français : trouver une clé Ridgid ou une presse RP demande une démarche volontaire vers un négociant qui la référence, alors qu’un outil Virax ou Rothenberger se trouve dans la plupart des agences de négoce plomberie généralistes sans recherche particulière. Ce n’est pas un problème de qualité, mais un problème de disponibilité immédiate un jour de panne, quand une pièce ou une mâchoire de rechange doit arriver vite.

L’entretien courant illustre bien cet écart pratique. Une mâchoire de presse RP, un jeu de galets pour une machine à fileter ou une chaîne de rechange pour une clé Ridgid se commandent sans problème auprès d’un distributeur agréé, mais rarement en stock immédiat dans une agence de dépannage généraliste. Sur un chantier où le remplacement d’un joint de robinet ne souffre aucun délai, ce détail logistique pèse davantage que la fiche technique de l’outil.

Critère Ridgid en France Virax ou Rothenberger
Critère Réseau Ridgid en France Négoce professionnel spécialisé Virax ou Rothenberger Négoce généraliste plomberie-chauffage
Critère Origine Ridgid en France Fabricant américain, groupe Emerson Virax ou Rothenberger Fabricant français ou allemand, ancré localement
Critère SAV pièces détachées Ridgid en France Via le distributeur agréé Virax ou Rothenberger Souvent disponible en agence
Critère Image de marque Ridgid en France Outil emblématique, connu de nom Virax ou Rothenberger Référence quotidienne du plombier français

Position comparée sur la disponibilité pratique en France, à réputation produit égale.

Ce que vaut Ridgid pour un artisan aujourd’hui

Pour un plombier ou un chauffagiste qui travaille aux États-Unis, Ridgid est un choix par défaut, presque un standard de métier au même titre que Milwaukee pour l’électroportatif généraliste. En France, la question se pose différemment : la marque a une vraie réputation de robustesse mécanique, en particulier sur ses clés et ses machines de filetage, mais son réseau de distribution local est plus étroit que celui de ses concurrents européens, ce qui influence directement le choix d’un artisan qui débute sa caisse à outils.

Sur le sertissage, la gamme RP tient la comparaison technique avec les presses REMS ou Virax, avec un argument propre au moteur sans balais et à l’absence de maintenance programmée. La question qui doit primer avant l’achat n’est donc pas la qualité de l’outil, rarement en cause, mais la proximité d’un distributeur capable de fournir des mâchoires et des pièces détachées rapidement.

Pour un jeune professionnel qui construit sa caisse à outils, ce point pèse autant que la fiche technique. Un outil excellent mais dont le SAV impose des délais d’importation perd une partie de son intérêt sur un chantier où une fuite sous évier ou un raccord qui lâche n’attend pas.

La clé à tube et la clé à chaîne restent, à l’inverse, les produits les plus simples à recommander sans réserve. Ce sont des outils manuels, sans pièce d’usure complexe ni électronique embarquée, dont la durée de vie se compte en décennies plutôt qu’en cycles de charge. Un artisan qui en trouve une d’occasion, sur un vide-grenier professionnel ou chez un confrère qui revend son stock, achète en général un outil qui tiendra sans entretien particulier au-delà d’une carrière entière.

Pour la gamme RP et les machines de filetage, la logique d’achat ressemble davantage à celle d’un investissement lourd : mieux vaut avoir identifié à l’avance un négociant capable de fournir les mâchoires, les têtes de coupe et les pièces d’usure correspondantes, plutôt que de découvrir cette contrainte après l’achat. C’est un arbitrage proche de celui que je détaille pour d’autres presses électroportatives de plomberie, où le coût des consommables et la disponibilité du réseau pèsent souvent plus lourd, sur la durée, que le prix d’achat de la machine elle-même.

Ridgid en résumé
4/5

Un fabricant américain historique, né en 1923 autour d’une clé à tube devenue un standard mondial, aujourd’hui filiale d’Emerson Electric avec un catalogue élargi au sertissage et à l’inspection caméra. Techniquement solide, y compris sur la gamme RP, mais moins immédiatement disponible en France que Virax ou Rothenberger, faute d’un réseau de négoce généraliste aussi dense.

Qui a fondé Ridgid et en quelle année ?

La Ridge Tool Company est incorporée en 1923 à Elyria, dans l'Ohio, avec Carl Ingwer comme premier président, selon la frise chronologique officielle de la marque. L'outil fondateur, la clé à tube Heavy-Duty, se vend encore aujourd'hui dans une conception proche de l'originale.

D'où vient le nom Ridgid ?

Le nom évoque la rigidité de la clé à mâchoires lancée en 1923. Une société d'histoire locale de North Ridgeville avance aussi un lien avec l'adresse d'origine de l'atelier, sur Center Ridge Road : les deux explications ne s'excluent pas, et la marque n'en privilégie officiellement aucune.

Ridgid appartient-elle encore à ses fondateurs ?

Non. La famille Ingwer a cédé l'entreprise à Emerson Electric en 1966. Depuis, Ridgid est une filiale du pôle outils professionnels d'Emerson, aux côtés de marques comme Greenlee et Klauke.

La gamme de presses RP est-elle récente ?

Ridgid entre sur le marché du sertissage en 1999 avec le CT-400, plus tard que des spécialistes comme REMS, fondée dès 1909. La gamme RP actuelle, dont la RP 351, revendique plus de 100 000 cycles de sertissage sans maintenance programmée, un argument comparable à celui de la sertisseuse électroportative de plusieurs concurrents.

Pourquoi Ridgid est-elle moins visible qu'ailleurs dans le négoce français ?

La marque n'a pas construit, en France, le même maillage de négoce généraliste qu'un fabricant français ou qu'un habitué du marché européen. Le localisateur officiel oriente vers des distributeurs professionnels spécialisés en plomberie-chauffage, comme IFD Outillage, pas vers les enseignes de bricolage ni un réseau propriétaire dense.

Les perceuses Ridgid orange vues aux États-Unis sont-elles les mêmes outils ?

Non. Les outils rouges et noirs décrits dans cet article, clés, presses et machines à fileter, sont fabriqués par la branche professionnelle d'Emerson. Les perceuses, scies et aspirateurs orange et noir vendus chez Home Depot en Amérique du Nord relèvent d'une licence distincte accordée à Techtronic Industries (TTI), et ne sont pas commercialisés en France sous ce nom.

Théo Desrousseaux, électricien

Théo Desrousseaux

Artisan électricien — Yvelines (78) & Hauts-de-Seine (92)

Électricien de terrain : installations, mises aux normes et dépannages au quotidien. Chaque contenu du site est rédigé et relu par ses soins.

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