Étape 1
Relever la marque exacte du raccord
Le nom commercial et la référence précise, pas seulement le diamètre visible sur l'emballage.
Vérifié le par Théo Desrousseaux, électricien (diplômes & certifications)
Photo : ROTHENBERGER France En bref
Une sertisseuse électroportative se choisit sur son poids, sa force et son écosystème de batterie. La mâchoire, elle, se choisit sur un seul critère : son profil. TH, U, V, M, H, B ou RF-P selon les gammes, ce sigle gravé sur l’outil est le vrai verrou du système, bien avant la marque de la machine qui l’entraîne.
Cet article part de ce point précis, déjà signalé sans être creusé dans mon comparatif des sertisseuses électroportatives. L’objectif ici est de répondre à une seule question : qu’est-ce qui est réellement interchangeable entre marques, qu’est-ce qui ne l’est jamais, et où trouver l’information qui tranche, plutôt qu’une estimation à l’œil.
Le duel Virax contre Rothenberger évoquait déjà ce verrou des mâchoires sans le détailler système par système, une lacune que ce guide comble directement.
6+
profils courants en plomberie : TH, U, V, M, H, B, selon systèmes
1
document fiable pour vérifier une compatibilité : le tableau du fabricant du raccord
NF EN 806-2
norme qui encadre la conception des installations d'eau potable
Le malentendu le plus fréquent sur un chantier est de croire qu’une mâchoire marquée « 20 mm » convient à tout raccord de ce diamètre. C’est faux : le diamètre n’est que la moitié de l’information gravée sur l’outil. L’autre moitié, la lettre du profil, désigne la forme exacte de l’empreinte que la mâchoire va imprimer dans le raccord : largeur du sillon, profondeur, angle des faces de compression.
Cette empreinte n’est pas un choix de la sertisseuse. Elle est définie par le fabricant du système de raccords, celui qui a conçu la bague à sertir et validé, lors de ses propres essais, la déformation qui garantit l’étanchéité. La machine, quelle que soit sa marque, n’est qu’un entraînement mécanique ou hydraulique qui pousse la mâchoire. Le vrai contrat de compatibilité se joue entre le raccord et la mâchoire, jamais entre le raccord et la presse.
Info
Deux mâchoires portant la même lettre de profil ne sont pas automatiquement interchangeables entre marques si leur diamètre, leur épaisseur de paroi visée ou leur génération de fabrication diffèrent. La lettre oriente la recherche, elle ne remplace jamais la vérification du diamètre exact et de la référence système.
Les fabricants de raccords n’ont jamais harmonisé une nomenclature commune des profils. Chaque lettre a émergé d’un système particulier, puis a parfois été reprise par d’autres marques de raccords compatibles, sans qu’il existe une norme qui impose une seule lettre par usage.
| Profil | Matériau ou système associé | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|---|
| Profil V | Matériau ou système associé Cuivre, inox (systèmes Viega) | Ce qu'il faut savoir Le catalogue officiel Viega revendique l'invention du profil, le nom V renvoyant directement à la marque |
| Profil M | Matériau ou système associé Cuivre, inox (systèmes type Mapress) | Ce qu'il faut savoir Associé historiquement au système Geberit Mapress, aujourd'hui repris par d'autres fabricants de raccords cuivre |
| Profil TH | Matériau ou système associé Multicouche, PER | Ce qu'il faut savoir Le profil le plus répandu en rénovation, adopté par une multitude de marques de raccords, pas propre à un seul fabricant |
| Profil U | Matériau ou système associé Multicouche, PE-RT | Ce qu'il faut savoir Empreinte plus arrondie que TH, utilisée par certains systèmes multicouche et par Uponor sur une partie de sa gamme |
| Profil H | Matériau ou système associé PER, multicouche | Ce qu'il faut savoir Coexiste souvent avec TH sur les raccords multi-profils, pour élargir la compatibilité d'un même raccord |
| Profil B | Matériau ou système associé Cuivre, chauffage et climatisation | Ce qu'il faut savoir Profil spécifique REMS pour certains systèmes de climatisation, distinct des profils plomberie courants |
Correspondance indicative entre profil et système : toujours confirmer avec le tableau du fabricant du raccord posé, pas avec cette seule liste.
Le profil V illustre bien ce mécanisme. La brochure officielle de Viega revendique explicitement l’origine du nom : « le terme renvoie à son inventeur, Viega ». Ce profil, combiné au dispositif SC-Contur qui rend un raccord non serti visiblement non étanche, reste la signature technique de cette marque de raccords sur le cuivre et l’inox.
Le profil M suit une logique proche du côté de Geberit, dont la documentation officielle associe cette lettre à sa gamme de raccords cuivre Mapress. Ce n’est pas pour autant une exclusivité totale : d’autres fabricants de raccords ont depuis proposé des références compatibles avec ce même profil M, à condition que la mâchoire employée corresponde au diamètre et à la génération exacts du système.
Le profil TH raconte une autre histoire, celle d’une lettre devenue quasi générique. Le catalogue Virax recense des dizaines de marques de raccords multicouche compatibles avec ce seul profil, de Comap à Wavin en passant par Frankische ou Zewotherm. C’est précisément cette généralisation qui rend le profil TH pratique en rénovation courante, et qui explique pourquoi il figure sur la quasi-totalité des kits d’entrée de gamme, du Virax Viper au Milwaukee M12 HPT.
Je vérifie systématiquement le profil gravé sur la mâchoire avant de sertir un raccord que je ne connais pas, même si le diamètre semble correspondre à l’œil. C’est une vérification de trente secondes qui évite une reprise de plusieurs heures.
Aucune mâchoire ne se choisit à l’estimation. Le catalogue Virax publie, sur plusieurs dizaines de pages, un tableau exhaustif qui croise chaque marque de raccords du marché avec le profil et le diamètre exacts requis. REMS publie le même type de document pour ses propres pinces, avec un principe similaire : rechercher la marque du raccord et son diamètre pour déterminer la pince adaptée, plutôt que de partir de la machine.
Attention
Le catalogue REMS précise que certains systèmes réservés au gaz ne peuvent être sertis qu’avec des pinces spécifiquement identifiées à cet effet dans le tableau constructeur. Confondre un profil gaz avec un profil eau n’est jamais une question d’à-peu-près.
Uponor formalise cette exigence de façon encore plus directe dans sa documentation technique multicouche. Le fabricant y écrit noir sur blanc que ses propres mâchoires sont conçues pour ses propres sertisseuses, et qu’en cas d’utilisation d’une autre marque de presse, l’installateur doit faire confirmer l’adéquation, la garantie et la sécurité au travail par le fabricant concerné. Ce n’est pas une clause de prudence générale : c’est une condition explicite posée par le fabricant du système, qui engage directement la responsabilité de qui l’ignore.
| Où chercher l'info | Ce que le document contient | Piège fréquent |
|---|---|---|
| Où chercher l'info Catalogue du fabricant du raccord | Ce que le document contient Tableau croisé marque, diamètre, profil exact requis | Piège fréquent Se fier au catalogue de la sertisseuse plutôt qu'à celui du raccord |
| Où chercher l'info Notice de la mâchoire | Ce que le document contient Diamètre, force en kN, référence système compatible | Piège fréquent Ignorer la mention de génération ou de version du système |
| Où chercher l'info Service technique du fabricant | Ce que le document contient Confirmation écrite en cas de doute réel | Piège fréquent Se contenter d'un avis de revendeur non engagé |
| Où chercher l'info Marquage gravé sur la mâchoire | Ce que le document contient Lettre de profil et diamètre, directement sur l'acier | Piège fréquent Confondre deux lettres visuellement proches sans loupe ni bonne lumière |
Quatre sources à croiser avant un sertissage sur un système inhabituel.
Milwaukee applique la même logique côté outillage, avec une matrice de compatibilité publiée officiellement pour ses presses M12 et M18 : elle liste, système par système, quelles mâchoires et quels jeux de bagues sont approuvés pour quelle famille de raccords. C’est ce type de document, et lui seul, qui doit trancher une compatibilité, jamais un forum ou une déduction visuelle entre deux photos de mâchoires qui se ressemblent.
Trois niveaux de compatibilité coexistent, et les confondre est la source la plus fréquente d’erreur sur chantier.
Attention
Une mâchoire qui se monte physiquement sur l’entraînement d’une autre marque n’est jamais automatiquement homologuée pour le raccord posé. Le profil de sertissage doit rester celui prescrit par le fabricant du système, sous peine de compromettre la conformité de l’assemblage.
Ce principe reste identique côté sertissage électrique, un métier voisin traité dans mon guide sur le sertissage d’une cosse de câble : là aussi, le profil de la matrice doit correspondre au fabricant de la cosse, pas à la marque de la pince.
Cette logique de profil dédié dépasse le seul marché de la plomberie : le comparatif Klauke ou Cembre applique le même raisonnement sur les matrices électriques, un métier voisin mais distinct.
Un raccord serti avec le mauvais profil peut sembler correctement assemblé au premier regard. La déformation existe, le raccord tient mécaniquement, et rien ne fuit dans l’heure qui suit l’intervention. C’est précisément ce délai qui rend l’erreur dangereuse : une étanchéité incomplète se manifeste parfois plusieurs semaines plus tard, par une tache d’humidité derrière un doublage ou un compteur qui tourne sans raison apparente.
Sur les chantiers mixtes plomberie-électricité, l’erreur de profil que je vois le plus souvent vient d’un dépannage express : le bon jeu de mâchoires n’est pas dans le fourgon, et la tentation est de sertir avec le profil disponible en se disant que ça tiendra. C’est justement ce raisonnement qui coûte le plus cher ensuite.
Les installations d’eau potable à l’intérieur des bâtiments relèvent en France de la norme Obligation NF EN 806-2 , qui encadre la conception des installations neuves, des modifications et des réparations. Un raccord serti avec un profil non conforme au système peut tenir visuellement tout en sortant du cadre attendu par cette norme et par le fabricant, ce qui expose l’installateur en cas de sinistre ultérieur, bien au-delà du simple coût de reprise du raccord.
L’INRS rappelle, dans son dossier consacré aux machines portatives, que la réduction du risque commence dès la conception de l’outil et se poursuit par une utilisation strictement conforme à sa notice. Une sertisseuse électroportative entre pleinement dans ce périmètre : la notice du fabricant de la machine, comme celle du fabricant du raccord, fait partie intégrante de l’usage correct de l’outil, pas une lecture facultative réservée aux débutants.
Conseil
Un contrôle visuel après sertissage, position du raccord, absence de bavures, respect du nombre de compressions prescrit, ne remplace jamais la vérification du profil en amont. Il confirme seulement que la machine a terminé son cycle, pas que le profil monté était le bon.
Pour limiter ce risque, une partie du marché a développé des raccords multi-profils. Un même raccord multicouche peut ainsi accepter indifféremment une mâchoire TH, H ou U, ce qui réduit fortement la probabilité d’un mauvais montage si l’artisan dispose d’un jeu de mâchoires courant plutôt que d’un profil rare.
Cette flexibilité reste toutefois limitée à la conception du raccord lui-même. Elle ne s’étend jamais aux profils V, M ou B, propres à des systèmes cuivre ou inox distincts, qui n’acceptent pas de substitution multi-profils. Le choix d’un fournisseur de raccords multicouche multi-profils simplifie la vie d’un artisan qui intervient sur des chantiers variés, mais ne dispense jamais de vérifier le tableau du fabricant sur une intervention en cuivre ou en inox.
| Situation | Marge de manœuvre réelle | Vérification à faire |
|---|---|---|
| Situation Raccord multicouche multi-profils | Marge de manœuvre réelle TH, H ou U interchangeables sur cette bague précise | Vérification à faire Confirmer la mention multi-profils sur la notice du raccord, pas la supposer |
| Situation Raccord cuivre ou inox profil V ou M | Marge de manœuvre réelle Aucune | Vérification à faire Utiliser exclusivement le profil prescrit par le fabricant du système |
| Situation Raccord gaz | Marge de manœuvre réelle Aucune, même en apparence proche | Vérification à faire Utiliser uniquement les mâchoires identifiées pour le gaz par le fabricant |
La marge de manœuvre dépend du raccord posé, jamais d'une préférence de chantier.
Étape 1
Relever la marque exacte du raccord
Le nom commercial et la référence précise, pas seulement le diamètre visible sur l'emballage.
Étape 2
Ouvrir le tableau du fabricant du raccord
Catalogue, notice ou fiche technique du système posé, jamais celui de la sertisseuse seule.
Étape 3
Comparer avec le marquage de la mâchoire
Lettre de profil et diamètre gravés sur l'outil, à lire à la lumière plutôt qu'à la hâte.
Étape 4
Confirmer la matière et la génération du système
Un même profil peut évoluer d'une génération de raccord à l'autre chez un même fabricant.
Étape 5
Contacter le service technique en cas de doute
Une confirmation écrite du fabricant reste préférable à un montage improvisé, surtout sur un réseau d'eau potable.
Ce protocole vaut aussi bien pour un artisan expérimenté que pour un apprenti qui construit sa première caisse à outils, comme je le détaille dans mon guide sur le CAP monteur en installations sanitaires. La rigueur sur le profil de mâchoire ne s’acquiert pas avec l’ancienneté seule : elle se vérifie à chaque système inhabituel, quel que soit le nombre d’années d’expérience.
Vérifier le bon profil ne dispense d’aucune autre étape du sertissage : ébavurage, calibrage du tube, insertion complète jusqu’à la butée, respect du nombre de cycles prescrit par le fabricant de la machine. Un profil parfaitement choisi mais un tube mal calibré produit le même résultat qu’un mauvais profil, une étanchéité qui ne tient pas dans la durée.
Ce niveau de rigueur s’applique en priorité aux réseaux qui alimentent une cuisine ou une salle de bain, là où une fuite sous évier reste souvent invisible plusieurs jours avant de se signaler par une odeur d’humidité ou une facture d’eau anormale.
Sur un chantier mixte qui croise un point électrique, par exemple un raccordement de chauffe-eau sous évier, la sertisseuse de tube n’a aucune compétence sur la partie électrique de l’appareil : ce sont deux vérifications distinctes, à ne jamais mélanger.
Pour qui découvre encore la logique de circulation de l’eau dans un logement avant d’investir dans ce type d’outillage, mon guide sur les bases de la plomberie domestique pose le décor nécessaire avant d’aller plus loin sur le sertissage lui-même. Ce comparatif entre Virax, Rothenberger et REMS descend ensuite dans le détail gamme par gamme, mâchoires comprises, pour qui doit encore choisir sa machine avant de se poser la question du profil.
Il n’existe pas de mâchoire universelle entre marques. Le profil gravé sur l’outil doit correspondre exactement à celui exigé par le fabricant du raccord posé, jamais à une estimation visuelle ou à la marque de la presse. Le seul document qui tranche une compatibilité reste le tableau officiel du fabricant du système, à consulter systématiquement avant un sertissage inhabituel, avec une confirmation écrite en cas de doute réel.
Pas par défaut. La compatibilité dépend du profil exact exigé par le fabricant du raccord posé, pas de la marque de la mâchoire. Le même principe départage déjà les machines dans mon comparatif REMS Mini-Press ou Milwaukee M12 HPT, où le profil décide avant l'entraînement.
Non. Le profil TH est devenu quasi générique et adopté par de nombreux fabricants de raccords multicouche, mais deux mâchoires TH de marques différentes peuvent viser des générations ou des diamètres légèrement différents. Le diamètre exact et la référence système restent à confirmer avant chaque utilisation inhabituelle.
Un sertissage non conforme au système, avec un risque de fuite qui peut apparaître plusieurs semaines après l'intervention plutôt qu'immédiatement. Sur un réseau d'eau potable, cela sort aussi du cadre attendu par la norme NF EN 806-2, ce qui expose l'installateur en cas de sinistre au-delà du simple coût de reprise.
Dans le catalogue technique du fabricant du raccord, pas dans celui de la sertisseuse. Virax et REMS publient chacun un tableau croisé marque, diamètre et profil ; Milwaukee publie de son côté une matrice de compatibilité officielle pour ses presses M12 et M18. En cas de doute, le service technique du fabricant reste la source la plus fiable.
Ils le réduisent, sans le supprimer. Un raccord multicouche compatible TH, H ou U accepte plusieurs profils sur une même bague, mais cette flexibilité ne s'étend jamais aux profils V, M ou B utilisés sur les systèmes cuivre ou inox, qui exigent le profil exact prescrit par leur fabricant.
Quand couper le courant et appeler un professionnel
Coupez le courant au disjoncteur général avant toute manipulation, et n'intervenez pas vous-même en cas d'odeur de brûlé, de prise ou de câble chaud, d'étincelles, de disjoncteur qui saute en boucle, de fils dénudés ou d'eau à proximité d'un circuit. Dans ces situations, faites appel à un électricien qualifié.
Théo Desrousseaux
Artisan électricien — Yvelines (78) & Hauts-de-Seine (92)
Électricien de terrain : installations, mises aux normes et dépannages au quotidien. Chaque contenu du site est rédigé et relu par ses soins.
Recevez les nouveaux guides
Une notification par semaine dans votre navigateur, sur les nouveaux guides et les changements de norme. Aucune adresse email demandée.
Sources officielles et références
Réservation 60 €, intégralement déduits de la facture si intervention. Conseils gratuits au téléphone.
Convertissez V, A, W, kW et kVA en monophasé ou triphasé.