Mâchoire REMS A2-22kN
Chaque mâchoire REMS porte sa force de sertissage et son profil, dédiée aux entraînements 22 kN comme la Mini-Press.
Vérifié le par
Théo Desrousseaux, électricien
(diplômes et certifications)
Photo : REMS En bref
Deux sertisseuses compactes, deux plateformes de batterie, un même geste : assembler un raccord sans flamme. La REMS Mini-Press et la Milwaukee M12 HPT visent toutes les deux la rénovation, les nourrices et les placards techniques, là où une presse d’atelier plus lourde n’a pas sa place.
Je ne compare pas deux logos. Je compare un poids, une plage de tube, un système de mâchoires et une plateforme de batterie, parce que ce sont ces quatre points qui décident un achat professionnel, pas la couleur du boîtier.
Ce comparatif prolonge sur un terrain plus étroit mon comparatif Virax ou Milwaukee, déjà consacré aux presses compactes de ces deux marques.
2,5 kg
REMS Mini-Press avec batterie
1,8 kg
Milwaukee M12 HPT avec batterie M12 B2
Ø 10-40 mm
plage annoncée par REMS, tous systèmes
35-40 mm
plage Milwaukee, métal puis composite
La REMS Mini-Press S 22V ACC est une sertisseuse radiale à batterie 22 V, une tension propre à la gamme de presses REMS.
Elle fonctionne aussi sur secteur via un adaptateur, mais sa batterie 22 V Li-Ion n’alimente aucun autre outil du marché : c’est une plateforme dédiée au sertissage et au façonnage du tube.
La Milwaukee M12 HPT utilise la batterie M12, une plateforme 12 V que Milwaukee décline sur plus d’une centaine d’outils, de la perceuse à la lampe. C’est la différence structurante entre les deux machines : REMS optimise une plateforme pour un métier, Milwaukee optimise un outil pour s’intégrer dans un parc déjà existant.
Info
Les deux fabricants annoncent un sertissage sous 4 secondes. REMS le formule pour sa technologie ACC (retour automatique après sertissage) ; Milwaukee met en avant sa communication batterie-outil qui bloque le départ du cycle si la charge restante est insuffisante pour le terminer.
Avant de comparer les chiffres, il faut cadrer l’usage. Une presse compacte sert les diamètres courants du quotidien, pas les colonnes de gros diamètre ni l’acier épais.
Si les bases de circulation de l’eau dans un logement ne sont pas encore claires, mon guide sur les fondamentaux de la plomberie domestique pose le décor avant d’investir dans l’outillage.
Sur la fiche technique officielle, la Mini-Press S 22V ACC pèse 2,5 kg avec sa batterie, pour une longueur de 31 cm avec une pince Mini V15 montée. REMS met en avant une répartition du poids pensée pour un travail à une main, y compris au-dessus de la tête ou dans un espace confiné.
La M12 HPT descend à 1,8 kg avec une batterie M12, selon la fiche technique du fabricant. Cet écart de 700 grammes compte sur un chantier où la presse reste tenue en hauteur ou dans un meuble sous évier pendant plusieurs minutes d’affilée, raccord après raccord.
Mâchoire REMS A2-22kN
Chaque mâchoire REMS porte sa force de sertissage et son profil, dédiée aux entraînements 22 kN comme la Mini-Press.
Ce n’est pas pour autant un verdict simple. Le poids affiché ne compte que la machine et sa batterie, jamais la mâchoire montée.
Une mâchoire REMS Mini ou un jeu de mâchoires M12 ajoute chacun quelques dizaines à quelques centaines de grammes selon le profil, ce qui réduit l’écart réel entre les deux presses en situation de travail.
REMS annonce une plage universelle de Ø 10 à 40 mm, valable pour l’ensemble des systèmes à sertir courants dès lors que la mâchoire correspondante est montée. C’est une formulation large, qui couvre cuivre, inox, acier et multicouche sous réserve du bon profil de pince.
Mâchoires à calibre gravé
Le diamètre que la mâchoire peut sertir est gravé sur le corps de l’outil : la plage annoncée ne vaut que si la mâchoire du bon calibre est montée.
Milwaukee distingue deux plages sur sa fiche technique officielle : jusqu’à 35 mm en métal, jusqu’à 40 mm sur tube composite. La distinction a un intérêt pratique : elle signale que le métal plafonne plus bas que le multicouche sur cette machine précise, une nuance que la seule mention « jusqu’à 40 mm » ne donnerait pas.
| Critère vérifiable | REMS Mini-Press S 22V ACC | Milwaukee M12 HPT |
|---|---|---|
| Critère vérifiable Force de sertissage | REMS Mini-Press S 22V ACC 22 kN | Milwaukee M12 HPT 19 kN |
| Critère vérifiable Poids avec batterie | REMS Mini-Press S 22V ACC 2,5 kg | Milwaukee M12 HPT 1,8 kg (M12 B2) |
| Critère vérifiable Longueur avec pince | REMS Mini-Press S 22V ACC 31 cm (pince V15) | Milwaukee M12 HPT Format sub-compact, une main |
| Critère vérifiable Plage métal (cuivre, inox, acier) | REMS Mini-Press S 22V ACC Ø 10-40 mm, selon système | Milwaukee M12 HPT Jusqu’à 35 mm |
| Critère vérifiable Plage multicouche / composite | REMS Mini-Press S 22V ACC Incluse dans la plage 10-40 mm | Milwaukee M12 HPT Jusqu’à 40 mm |
| Critère vérifiable Batterie | REMS Mini-Press S 22V ACC REMS Li-Ion 22 V (2,5 à 9 Ah) | Milwaukee M12 HPT Milwaukee M12 (toutes capacités) |
| Critère vérifiable Écosystème batterie | REMS Mini-Press S 22V ACC Presses et outils de sertissage REMS | Milwaukee M12 HPT Plus de 100 outils M12 Milwaukee |
| Critère vérifiable Maintenance | REMS Mini-Press S 22V ACC Inspection annuelle recommandée en station SAV agréée | Milwaukee M12 HPT 40 000 cycles, intervalle 3 ans |
| Critère vérifiable Garantie standard puis étendue | REMS Mini-Press S 22V ACC 12 mois, extensible à 5 ans | Milwaukee M12 HPT 12 mois, extensible à 3 ans |
Données constructeur ouvertes et vérifiées : les plages de sertissage restent subordonnées au profil de mâchoire validé par le fabricant du raccord.
Le tableau donne une direction, pas une autorisation de sertir n’importe quel raccord. La force en kilonewtons ne suffit jamais à elle seule : c’est le couple raccord et profil de mâchoire, validé par le fabricant du système, qui garantit un assemblage conforme.
J’ai détaillé ce piège dans mon comparatif Virax ou Rothenberger, et il vaut tout autant pour REMS et Milwaukee.
Chez REMS, la Mini-Press s’entraîne avec la gamme complète des pinces à sertir Mini et des boucles de sertissage, chacune calibrée sur un profil précis : TH, U, H, M, V selon le système de raccord posé. Une pince REMS ne s’improvise pas universelle : elle est pensée pour un entraînement REMS 22 kN et un profil donné.
Milwaukee organise sa M12 HPT autour de kits par profil, comme le M-SET livré avec trois mâchoires M15, M22 et M28. D’autres kits existent en profils V et TH. Le choix du kit à l’achat détermine ce que la machine sertit dès sa sortie de coffret, pas au-delà.
Attention
Une mâchoire qui se monte physiquement sur l’entraînement n’est pas automatiquement homologuée pour le raccord posé. Le profil de sertissage doit correspondre à celui prescrit par le fabricant du système, sous peine de compromettre l’étanchéité du raccord.
Sur un chantier où cohabitent plusieurs générations de raccords, l’inventaire des profils réellement posés doit précéder l’achat de la machine, pas le suivre.
C’est un point que je vérifie systématiquement avant d’intervenir sur un raccordement de chauffe-eau sous évier, où cuivre ancien et multicouche récent se croisent parfois sur la même arrivée.
C’est ici que REMS et Milwaukee divergent le plus nettement. La batterie 22 V REMS n’existe que pour alimenter les presses, cintreuses et autres machines d’entraînement de la marque.
Un professionnel qui achète une Mini-Press investit dans un parc de batteries qui ne servira qu’au travail du tube, un choix cohérent pour un plombier-chauffagiste qui ne fait que ça.
La plateforme M12 de Milwaukee couvre un tout autre périmètre : perceuses, meuleuses, lampes, outils de mesure et bien sûr la M12 HPT partagent les mêmes batteries et chargeurs. Pour un artisan déjà équipé en M12, la sertisseuse s’ajoute au parc sans nouvelle référence de batterie à gérer.
Cette logique de plateforme rejoint celle que je détaille dans mon comparatif DeWalt, Makita et Milwaukee : une batterie est un choix de parc avant d’être une caractéristique de puissance.
Ce raisonnement s’applique aussi au sertissage électrique, un métier voisin où la même logique de plateforme se pose, comme je l’ai montré dans mon avis sur la sertisseuse Klauke EK 50 ML pour les pinces à sertir des cosses électriques, des pinces manuelles Klauke K32 TWIST-it et K507 WF aux modèles hydrauliques.
Conseil
Avant d’acheter, je compte le nombre d’outils déjà présents sur une même plateforme de batterie. Un fourgon déjà équipé en M12 réduit fortement le coût réel de la M12 HPT, batteries et chargeurs compris. Un plombier qui n’a aucun outil M12 ne gagne pas cet avantage.
REMS documente, dans les notices de ses machines d’entraînement, une recommandation constante : faire réaliser inspection au moins une fois par an auprès d’une station SAV agréée REMS, avec l’ensemble des pinces et accessoires.
Ce n’est pas un compteur de cycles affiché sur l’outil, mais une échéance calendaire à intégrer dans un planning d’entretien.
Milwaukee formule sa politique différemment sur la fiche technique du M12 HPT-202C : 40 000 cycles de sertissage et un intervalle de maintenance de trois ans, sans limitation de cycles à l’intérieur de cette période. La formulation met en avant l’endurance de la machine plutôt qu’une échéance fixe.
Les deux approches ne se comparent pas terme à terme. Une inspection annuelle calendaire convient à un usage irrégulier ; un compteur de cycles élevé rassure sur un usage intensif quotidien. Le bon critère dépend du volume réel de sertissages, pas de la promesse la plus impressionnante sur le papier.
REMS applique une garantie constructeur standard de 12 mois, extensible à 5 ans si la machine d’entraînement est enregistrée dans les 30 jours suivant la remise au premier utilisateur, selon les conditions publiées par le service après-vente du fabricant. Le réseau de stations agréées couvre la France parmi une centaine de pays.
Milwaukee applique la même logique de principe, avec une 3 ans au lieu de 5 sous réserve d’un enregistrement dans les 30 jours suivant l’achat. Les batteries, chargeurs et accessoires fournis restent exclus de cette extension selon les conditions publiées par Milwaukee France.
REMS se trouve surtout chez les distributeurs spécialisés du sanitaire et du chauffage. L’achat relève d’une démarche volontaire auprès d’un négoce professionnel, cohérent avec un positionnement premium assumé par la marque, déjà détaillé dans mon histoire de la marque REMS.
Milwaukee bénéficie d’un réseau de distribution plus large, entre négoce professionnel et grandes surfaces de bricolage professionnelles. La M12 HPT profite aussi de la notoriété générale de la plateforme M12 auprès des artisans multi-métiers, électriciens compris.
Aucune des deux machines n’est un choix d’appoint bon marché : ce sont des outils professionnels dont le coût réel s’évalue avec les mâchoires, les batteries supplémentaires et la maintenance sur plusieurs années, pas seulement le prix affiché de la machine nue.
REMS Mini-Press S 22V ACC contre Milwaukee M12 HPT
Avantages
Inconvénients
Coûts cachés
REMS Mini-Press ou Milwaukee M12 HPT
Je retiens la REMS Mini-Press quand la plage de sertissage annoncée jusqu’à 40 mm et l’inspection annuelle en station spécialisée conviennent à un métier centré sur le tube. Je retiens la Milwaukee M12 HPT quand le poids de 1,8 kg et un parc M12 déjà en place pèsent plus que la plage de sertissage. Dans les deux cas, le profil de mâchoire validé par le fabricant du raccord décide avant la marque de la machine.
Ce choix relève de l’outillage professionnel, pas du bricolage occasionnel. La frontière entre ce qu’un particulier peut entreprendre lui-même et ce qui exige un artisan équipé reste réelle, un sujet que je développe dans mon comparatif entre les métiers de plombier et d’électricien.
Un raccord mal serti avec un outil mal choisi coûte toujours plus cher que la presse elle-même.
Le cintrage propre d’un réseau limite aussi certains désagréments une fois l’installation posée, un point que je traite côté acoustique dans mon article sur le bruit de canalisations et le coup de bélier.
Une sertisseuse bien choisie n’empêche pas un défaut de conception du réseau en amont.
Pour un simple bouchon domestique ou un joint de robinet à changer, aucune de ces deux machines n’est nécessaire : les méthodes de débouchage sans produit chimique et un jeu de joints suffisent dans l’immense majorité des cas rencontrés chez un particulier.
3 questions
InteractifQuelle sertisseuse compacte choisir entre la REMS Mini-Press et la Milwaukee M12 HPT ?
Trois situations de chantier pour obtenir un verdict entre la REMS Mini-Press S 22V ACC et la Milwaukee M12 HPT
Sélectionnez la situation la plus proche
Sur le papier, oui : REMS annonce une plage universelle Ø 10-40 mm contre une distinction 35 mm en métal, 40 mm en composite chez Milwaukee. Mais cette polyvalence dépend entièrement des mâchoires achetées avec la machine, pas de l’entraînement seul. Sans le bon profil, aucune des deux presses ne sertit le raccord posé.
Oui, Milwaukee indique que la M12 HPT fonctionne avec toutes les batteries M12 de la plateforme. C’est l’argument central de cette machine face à la REMS Mini-Press : elle s’intègre directement dans un parc d’outillage électroportatif déjà constitué, sans batterie dédiée supplémentaire.
C’est la politique de maintenance documentée dans les notices des machines d’entraînement REMS : une inspection au moins une fois par an, en station SAV agréée, avec tous les accessoires. Milwaukee affiche à l’inverse un repère chiffré de 40 000 cycles sur trois ans. Aucune des deux méthodes ne remplace un contrôle visuel du raccord après sertissage.
Non. Elle suppose un enregistrement de la machine dans les 30 jours suivant sa remise au premier utilisateur, plaque signalétique intacte et lisible. Sans cette démarche, la garantie standard reste de 12 mois, comme chez Milwaukee avant enregistrement pour l’extension à 3 ans.
Toujours après. Le profil de mâchoire validé par le fabricant du raccord doit guider l’achat de la machine, jamais l’inverse. C’est aussi vrai pour une fuite sous évier réparée avec un nouveau raccord serti : la presse reste un entraînement, le raccord et sa mâchoire forment l’autre moitié du système.
Théo Desrousseaux
Artisan électricien — Yvelines (78), Hauts-de-Seine (92) et Paris Ouest
Électricien de terrain : installations, mises aux normes et dépannages au quotidien. J'ai fondé Sparx Élec et je dirige son magazine, lu en France et à l'international : chaque article est relu et validé par mes soins avant publication.
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