Valider la compétence
Savoir diagnostiquer, chiffrer et livrer sans reprise permanente.
Vérifié le par
Théo Desrousseaux, électricien
(diplômes et certifications)
En bref
Le salaire d’un électricien ne se compare pas avec une seule ligne. Salarié, intérimaire, chef d’équipe, artisan en micro-entreprise, gérant de société : ce ne sont pas les mêmes risques, pas les mêmes charges, pas le même quotidien. Pour le revenu mensuel seul, voir aussi électricien salaire par mois.
La version courte : un électricien salarié gagne souvent entre 1 500 et 2 300 € net par mois dans le bâtiment résidentiel courant. Un indépendant bien installé peut sortir 2 300 à 4 800 € net, parfois plus avec les bons chantiers. Mais l’indépendant ne touche pas son chiffre d’affaires. Il paie le véhicule, l’assurance, l’outillage, les cotisations, la compta, les trajets, les devis non signés et les erreurs.
Donc la vraie question n’est pas “qui gagne le plus ?”. La vraie question est : combien reste-t-il après le risque et le temps non facturé ?
1 500 à 2 300 €
net mensuel courant pour un salarié selon expérience
2 300 à 4 800 €
net possible pour un indépendant installé
83 600 €
plafond 2026 en prestations de services micro-entreprise
21,2 %
cotisations sociales micro en prestations artisanales selon Urssaf
France Travail classe le métier dans la fiche ROME F1602 électricité bâtiment. L’accès se fait généralement avec un CAP électricien, un BEP en électricité ou un titre professionnel électricien d’équipement du bâtiment. Un bac pro ou un BTS peut être demandé pour l’encadrement, l’automatisme, la domotique ou le tertiaire. L’habilitation électrique est exigée. Pour la vue mensuelle pure, gardez le guide électricien salaire par mois sous la main.
Dans les offres actuelles, on retrouve souvent des taux horaires autour de 12 à 16 € brut pour des profils bâtiment, avec panier, trajet et transport selon les entreprises. Le Code du travail numérique rappelle que le salaire doit respecter soit le SMIC, soit le minimum conventionnel du bâtiment si celui-ci est plus favorable.
En pratique :
Le salarié a un avantage massif : la protection. Congés payés, mutuelle, arrêt maladie, chômage, matériel fourni, véhicule parfois fourni, assurance portée par l’entreprise, devis faits par le patron ou le chargé d’affaires.
On l’oublie souvent quand on fantasme l’indépendance.
Un salarié ne gagne pas seulement par ancienneté. Il gagne plus quand il devient utile sans surveillance. Les profils qui savent traiter une urgence électrique ou une panne intermittente justifient plus facilement une hausse.
Un bon salarié peut aussi mieux négocier. Pas avec des phrases vagues. Avec des preuves : chantiers livrés, autonomie, photos, absence de SAV, capacité à former un apprenti, retours clients, polyvalence.
Conseil
Si vous êtes salarié, gardez une trace propre de ce que vous savez faire : tableaux, dépannages, rénovation, IRVE, mise en sécurité. Une négociation de salaire sans preuves finit souvent en discussion floue.
Un indépendant ne gagne pas “50 € de l’heure”. Il facture 50 € de l’heure quand il est chez le client. Mais il ne facture pas tout.
Il ne facture pas toujours :
Cerfrance donne des repères intéressants pour les entreprises d’électricité : chiffre d’affaires moyen proche de 375 000 € HT en 2023, résultat courant autour de 50 000 €, avec plusieurs unités de main-d’oeuvre. Ce ne sont pas des chiffres d’un solo débutant. Ce sont des entreprises structurées.
Pour un indépendant seul, il faut raisonner plus simplement.
| Cas solo | Chiffre d’affaires mensuel | Revenu net probable |
|---|---|---|
| Cas solo Début d’activité faible | Chiffre d’affaires mensuel 2 500 à 4 000 € | Revenu net probable 0 à 1 800 € selon charges |
| Cas solo Activité correcte | Chiffre d’affaires mensuel 5 000 à 7 000 € | Revenu net probable 2 000 à 3 200 € |
| Cas solo Bon rythme | Chiffre d’affaires mensuel 8 000 à 11 000 € | Revenu net probable 3 000 à 4 800 € |
| Cas solo Très bon mois | Chiffre d’affaires mensuel 12 000 € et plus | Revenu net probable possible, mais pas tous les mois |
Repères terrain : le net dépend fortement du véhicule, de l’assurance, du matériel, du statut et de la régularité.
La marge se gagne dans les détails : déplacement optimisé, stock de base, fournisseurs fiables, devis bien cadré, acompte, photos avant travaux, clauses propres, pas de chantiers flous.
La micro-entreprise attire beaucoup d’électriciens parce qu’elle est simple. On déclare le chiffre d’affaires, les cotisations sont calculées dessus, la comptabilité reste légère.
En 2026, l’Urssaf indique un plafond de 83 600 € pour les prestations de services. Pour une activité artisanale en prestations, le taux de cotisations sociales passe à 21,2 % selon l’Urssaf. L’abattement fiscal évolue aussi. Il faut donc refaire ses calculs avec les règles 2026, pas avec des chiffres trouvés sur un vieux forum.
Le piège : en micro, les charges professionnelles ne sont pas déduites réellement. Vous payez vos cotisations sur le chiffre d’affaires encaissé, puis vous payez votre essence, votre outillage, votre assurance, votre téléphone et votre véhicule.
| Chiffre d’affaires annuel | Cotisations à 21,2 % | Avant frais réels |
|---|---|---|
| Chiffre d’affaires annuel 30 000 € | Cotisations à 21,2 % 6 360 € | Avant frais réels 23 640 € avant assurance, véhicule, matériel, impôt |
| Chiffre d’affaires annuel 50 000 € | Cotisations à 21,2 % 10 600 € | Avant frais réels 39 400 € avant frais réels |
| Chiffre d’affaires annuel 70 000 € | Cotisations à 21,2 % 14 840 € | Avant frais réels 55 160 € avant frais réels |
| Chiffre d’affaires annuel 83 600 € | Cotisations à 21,2 % 17 723 € | Avant frais réels 65 877 € avant frais réels et proche du plafond |
Calcul simplifié hors impôt, CFE, assurance, véhicule, achats et frais bancaires.
La micro est bonne pour tester, démarrer, garder une gestion légère. Elle devient moins adaptée quand vous faites beaucoup d’achat matériel, quand vous approchez le plafond, ou quand vous voulez embaucher.
L’indépendant a plus de potentiel, mais il paie ce potentiel.
Les charges qui reviennent tout le temps :
Et surtout : l’indépendant doit vendre.
Un artisan excellent techniquement mais incapable de répondre au téléphone, de faire un devis clair, de relancer, d’expliquer et de demander un acompte peut gagner moins qu’un salarié moyen.
Le passage devient intéressant quand votre chiffre d’affaires régulier couvre trois choses :
Si vous voulez sortir 2 800 € net tous les mois, il ne suffit pas de facturer 2 800 €. Il faut souvent encaisser deux à trois fois plus selon statut, achats matériel et rythme.
Exemple simplifié :
| Objectif | Montant |
|---|---|
| Objectif Revenu net voulu | Montant 2 800 € |
| Objectif Cotisations et impôts à provisionner | Montant 900 à 1 400 € selon statut |
| Objectif Frais mensuels moyens | Montant 800 à 1 500 € |
| Objectif Marge de sécurité | Montant 500 à 1 000 € |
| Objectif Chiffre d’affaires à viser | Montant 5 500 à 7 700 € minimum |
Ordre de grandeur pour un solo. Le détail dépend du statut et de la structure de frais.
Le salarié à 2 200 € net peut parfois être mieux loti que l’indépendant qui facture 5 000 € par mois mais court partout, paie son véhicule, fait ses devis le soir et subit deux impayés.
Tous les travaux électriques ne se valent pas.
Installer trois prises dans une chambre n’a pas la même rentabilité qu’un tableau complet bien chiffré, une borne de recharge, une rénovation électrique maîtrisée ou un dépannage urgent. Les chantiers comme borne de recharge IRVE ou rénovation électrique maison demandent plus de méthode, mais se valorisent mieux.
Les chantiers qui mangent la marge :
Le problème n’est pas toujours le tarif horaire. C’est souvent l’organisation.
Un indépendant peut perdre de l’argent avec un agenda plein si ses chantiers sont mal choisis. Trop de déplacements, trop de petits travaux, trop de devis gratuits, trop d’achats au détail, trop d’urgences mal facturées.
Attention
Un agenda rempli ne veut pas dire une entreprise rentable. Si chaque journée contient deux heures de trajet, une heure fournisseur et un devis gratuit le soir, le chiffre d’affaires visible ne raconte pas le revenu réel.
Les erreurs classiques :
Rester salarié n’est pas un échec. C’est parfois le meilleur choix.
Si vous avez moins de trois ans d’expérience, le salariat permet de faire des erreurs avec un cadre. Vous voyez des chantiers variés, vous apprenez la vitesse, vous touchez aux pannes, vous observez les chefs et vous comprenez ce que les clients demandent réellement.
Le salarié voit aussi les erreurs de l’entreprise : devis trop bas, mauvais planning, manque de matériel, SAV évitable. C’est une école.
Le passage devient logique quand trois signaux sont là.
Premier signal : vous savez travailler seul sans appeler quelqu’un à chaque surprise.
Deuxième signal : des clients, collègues, amis ou pros vous demandent déjà des travaux.
Troisième signal : vous savez dire non à un chantier mal cadré.
Valider la compétence
Savoir diagnostiquer, chiffrer et livrer sans reprise permanente.
Tester l’acquisition client
Obtenir des demandes sans dépendre d’une seule plateforme ou d’un seul apporteur.
Calculer le minimum viable
Connaître le chiffre d’affaires mensuel nécessaire pour payer charges et revenu.
Sécuriser le statut
Choisir micro, entreprise individuelle ou société selon achats, plafond, TVA et risque.
Standardiser les offres
Tableau, dépannage, prise, diagnostic, mise en sécurité : plus c’est clair, moins la marge fuit.
Si je devais conseiller un jeune électricien, je dirais : commence salarié, apprends vite, photographie tes réalisations, comprends les prix, observe les clients, puis seulement ensuite pense indépendant. Les pages prix électricien Yvelines et prix rénovation électrique appartement donnent aussi des repères de facturation côté client.
L’indépendance attire parce qu’elle promet plus de liberté et plus de revenu. C’est vrai quand l’activité est maîtrisée. Mais au début, l’indépendant fait tout : technicien, commercial, livreur, comptable, standard téléphonique, SAV.
Le bon indépendant n’est pas seulement un bon électricien. C’est quelqu’un qui sait transformer une demande floue en chantier cadré, payé et fini proprement.
Le salarié gagne moins sur le papier, mais il dort mieux. L’indépendant peut gagner plus, mais seulement s’il sait vendre, choisir ses chantiers et protéger sa marge.
| Critère | Salarié | Indépendant |
|---|---|---|
| Revenus | 2/5 | 4/5 |
| Stabilité | 5/5 | 1/5 |
| Charges | 4/5 | 1/5 |
| Liberté | 2/5 | 4/5 |
3 questions
InteractifQuiz : Salaire électricien indépendant vs salarié
3 questions pour vérifier les points essentiels
Choisissez une réponse
Électricien indépendant contre électricien salarié
Avantages
Inconvénients
Bénéfices cachés
Coûts cachés
Le salarié est payé pour exécuter avec compétence dans un cadre. L’indépendant est payé pour porter tout le cadre.
Si vous comparez seulement 2 000 € net salarié à 7 000 € de chiffre d’affaires indépendant, vous vous trompez de calcul. Il faut comparer le revenu réel, le risque, les congés, la maladie, les charges, le temps commercial, l’administratif et la fatigue.
Mon résumé :
Un électricien salarié gagne souvent entre 1 500 et 2 300 € net par mois selon expérience, région, primes, trajets, panier, astreintes et niveau d’autonomie.
Un électricien indépendant installé peut viser 2 300 à 4 800 € net par mois, mais ce chiffre dépend du carnet de commandes, des charges, du véhicule, de l’assurance et des impayés.
Oui pour démarrer ou tester une activité, mais la micro-entreprise limite la croissance avec le plafond de 83 600 € en prestations de services et ne permet pas de déduire les frais réels.
Oui dans la majorité des cas. Le salariat permet d’apprendre les gestes, la sécurité, le chiffrage et les erreurs de chantier sans porter seul tout le risque.
Les profils les mieux payés sont souvent les indépendants spécialisés, les chefs d’équipe solides, les techniciens tertiaires ou industriels, et les électriciens formés à l’IRVE, au solaire ou à la domotique simple.
Pour sortir environ 2 800 € net, un solo doit souvent viser 5 500 à 7 700 € de chiffre d’affaires mensuel minimum, selon charges, statut, véhicule et achats de matériel.
Théo Desrousseaux
Artisan électricien — Yvelines (78), Hauts-de-Seine (92) et Paris Ouest
Électricien de terrain : installations, mises aux normes et dépannages au quotidien. Chaque contenu du site est rédigé et relu par ses soins.
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