Le moteur du groupe
C’est de cette combustion que vient le monoxyde de carbone qui impose de faire tourner le groupe dehors, jamais dans un local fermé.
Source : KOHLER-SDMO FrancePublié le 2 septembre 2026
Photo : commons.wikimedia.org En bref
Un groupe électrogène se raccorde à une maison de deux façons : par une prise de courant, ou par un inverseur de source. Le branchement par prise alimente les circuits du logement depuis le tableau ; l’inverseur bascule l’installation entière entre le réseau et le groupe, sans que les deux sources puissent se croiser.
Ce qui ne change pas, c’est la contrainte du monoxyde de carbone : le groupe tourne dehors, jamais dans un local fermé. Dans les deux cas, la séparation du réseau et la mise à la terre se vérifient avant le premier branchement, pas après la première coupure.
3 000
personnes intoxiquées au CO chaque année en France
100
décès par an environ, toutes causes d’intoxication confondues
2
familles de branchement : la prise de courant ou l’inverseur de source
Aucun
masque à cartouche ne retient le monoxyde de carbone
Les gaz d’échappement des petits moteurs à essence, dont les petits groupes électrogènes, contiennent de fortes concentrations de monoxyde de carbone. L’INRS rappelle que leur usage en espace confiné ou mal ventilé provoque chaque année des accidents graves, parfois mortels.
Le moteur du groupe
C’est de cette combustion que vient le monoxyde de carbone qui impose de faire tourner le groupe dehors, jamais dans un local fermé.
Source : KOHLER-SDMO FranceUne cave, un garage ou un sous-sol ne sont pas des compromis acceptables. L’ARS Bretagne écrit noir sur blanc qu’un groupe électrogène ne doit jamais être utilisé dans un espace clos et qu’il doit impérativement être placé à l’extérieur.
Le CO ne se voit pas et ne se sent pas. L’Union européenne le classe toxique pour la reproduction de catégorie 1A, et les intoxications professionnelles au CO relèvent du tableau 64 des maladies professionnelles.
Les chiffres donnent la mesure du risque : 3 000 personnes intoxiquées en France chaque année, dont une centaine décèdent. En Bretagne, l’année 2024 a compté 103 intoxiqués et 3 décès, et 2025 65 épisodes, 190 personnes touchées et 3 décès.
Les premiers signes ressemblent à une grippe qui tombe mal : maux de tête, fatigue, nausées. Une intoxication sévère peut entraîner un coma ou le décès en quelques minutes.
La conduite à tenir est toujours la même : aérer, arrêter les appareils à combustion, évacuer, puis appeler le 15, le 18 ou le 112. Le 114 est le numéro adapté aux personnes malentendantes.
Une idée fausse à retirer tout de suite : aucun appareil de protection respiratoire filtrant ne protège du CO. L’INRS est catégorique Recommandation INRS , un masque à cartouche ne retient pas ce gaz. Travailler « juste un moment » dans un local mal ventilé ne réduit pas le danger.
L’ARS ajoute une consigne qui concerne directement la nuit : les groupes électrogènes s’éteignent en cas d’absence prolongée et pendant le sommeil. Un groupe qui tourne pendant qu’on dort, c’est exactement le scénario que les secours cherchent à éviter.
Attention
Un groupe ne se surveille pas comme un outil de chantier. Dès qu’il tourne, il est à l’air libre ; dès qu’on s’absente longtemps ou qu’on dort, il s’arrête. C’est la première décision du montage, avant même de parler de prise ou d’inverseur.
Le montage le plus simple ne touche pas à l’installation : une rallonge part du groupe et alimente les appareils un par un. Le logement reste sur le réseau, et les deux sources ne se rencontrent jamais.
Le branchement par prise de courant est plus ambitieux : la sortie du groupe alimente une prise, et le tableau distribue ensuite le courant dans la maison. Ce montage n’est acceptable qu’à une condition, l’installation doit être séparée du réseau Obligation UTE C 15401 .
Cette séparation est celle que rappelait ERDF dans un communiqué de décembre 2014 relayé par la commune d’Authezat, en citant la norme UTE C 15401 : il est impératif que l’installation soit séparée du réseau, a minima en ouvrant le disjoncteur.
Sans cette coupure, rien n’empêche le courant produit par le groupe de remonter vers le réseau. C’est précisément ce que la séparation doit empêcher, et c’est la raison pour laquelle elle ne s’improvise pas.
Le troisième montage est l’inverseur de source. L’appareil se pose sur l’arrivée de l’installation et ne laisse qu’une position possible à la fois : réseau ou groupe. La séparation devient mécanique, elle ne dépend plus d’un geste oublié.
L’inverseur ne se pose pas comme une prise supplémentaire. Le schéma dépend des circuits à secourir, de la place dans le tableau, du régime de terre et de la façon dont le neutre est traité. C’est un travail d’électricien, pas un accessoire qu’on ajoute après coup.
| Branchement | Ce qui est alimenté | Ce qu’il faut régler avant |
|---|---|---|
| Branchement Rallonge | Ce qui est alimenté Un ou deux appareils branchés dessus, le logement reste sur le réseau. | Ce qu’il faut régler avant La puissance totale, une rallonge adaptée et déroulée, aucun empilage de raccords. |
| Branchement Prise de courant | Ce qui est alimenté Les circuits du logement, distribués par le tableau. | Ce qu’il faut régler avant La séparation du réseau, l’état de la prise, la protection du circuit, la terre. |
| Branchement Inverseur de source | Ce qui est alimenté Les circuits choisis, ou l’installation entière selon le montage. | Ce qu’il faut régler avant Le schéma complet, le neutre, la terre et le matériel, validés par un électricien. |
Les trois montages ne se valent pas : le premier ne touche pas au réseau, les deux autres engagent toute l’installation.
Avant de raccorder un groupe à une installation
Le groupe reste à l’extérieur, jamais dans un local fermé, même pour quelques minutes. La séparation du réseau se fait au disjoncteur général ou à l’inverseur, et elle se vérifie avant tout branchement. Si le tableau est ancien, humide ou abîmé, ou si vous ne savez pas ce qu’alimente la prise, arrêtez et faites contrôler l’installation : un groupe ne compense pas une installation en défaut.
Ma liste est courte, et elle est toujours dans le même ordre. Ce qui concerne le réseau, la terre et les personnes passe avant ce qui concerne le groupe.
Sortir le groupe et le laisser dehors
Aucun local fermé, même quelques minutes : les gaz d’échappement chargés en CO ne se voient pas.
Séparer l’installation du réseau
Disjoncteur général ouvert, ou inverseur en position groupe. C’est cette position qui empêche le renvoi de courant.
Repérer ce qui sera alimenté
Circuits, appareils et puissances : la liste décide de ce que le groupe peut tenir.
Contrôler câbles et prises
Une rallonge adaptée, déroulée, une prise en bon état : aucun raccord de fortune.
Démarrer à vide, puis charger
Le groupe tourne avant la mise en charge, puis les appareils sont ajoutés un par un.
Surveiller la marche
Maux de tête, fatigue, nausées : aérer, arrêter, évacuer et appeler le 15, le 18 ou le 112.
Éteindre avant de dormir ou de partir
L’ARS demande d’éteindre le groupe pendant le sommeil et en cas d’absence prolongée.
Faire valider le schéma fixe
Inverseur, neutre et terre se contrôlent avant la première coupure, sur l’installation réelle.
Aucune de ces étapes ne demande d’ouvrir le tableau ni de toucher un conducteur. Si le raccordement réclame de déposer un capot, de repérer un neutre ou de tirer une ligne, c’est un travail d’électricien.
Retour de chantier
Le branchement par prise, je le croise dans les dépannages bien plus souvent que l’inverseur. Dans presque tous les cas, personne ne sait si le disjoncteur général a été laissé fermé. Avant de toucher au moindre câble, je regarde donc le tableau, pas la prise.
La puissance affichée sur un groupe ne dit pas quelle section de câble utiliser. Ce qui échauffe un conducteur, c’est l’intensité qui le traverse, sa longueur et la façon dont il dissipe sa chaleur.
La section se calcule à partir du courant à transporter, de la distance et de la chute de tension que les appareils tolèrent. Le calculateur de section de câble donne un ordre de grandeur pour préparer le raccordement ; la section définitive se vérifie sur le matériel réel.
Une rallonge de chantier adaptée au courant, entièrement déroulée, tient mieux qu’un câble laissé enroulé sur son touret, où la chaleur part mal. Et je n’empile pas les rallonges et les multiprises pour atteindre la pièce du fond : chaque raccord est une connexion de plus. Les dangers des multiprises commencent exactement là.
Deux appareils sur une même prise
Chaque raccord est une connexion de plus : ce type d’empilage sur une prise unique est ce qu’il faut éviter.
Une prise qui chauffe, qui noircit ou qui craque se remplace avant toute nouvelle charge. C’est le premier signe d’une prise qui grésille ou qui grille, et un groupe n’ajoute pas de la marge à une prise fatiguée.
Enfin, le groupe d’un chantier et celui d’une maison ne répondent pas aux mêmes contraintes : alimenter un chantier sans électricité se joue sur la puissance, la durée et le bruit, là où l’alimentation d’un logement se joue sur la séparation du réseau et la terre.
Il reste un point que je ne tranche jamais sans voir l’installation : la façon dont le groupe est relié à la terre et la manière dont le neutre est traité. Selon le montage, la protection différentielle ne voit pas le même défaut.
Une installation qui « fonctionne » au premier essai peut donc ne pas protéger. Ce contrôle se fait sur la maison : le guide sur la mise à la terre montre comment la terre est constituée, du point de livraison jusqu’aux circuits.
Le point de raccordement de la terre
Avant de brancher un secours, la continuité et le serrage des conducteurs de protection se vérifient sur ce type de point, pas sur un schéma générique.
Pour un secours, la question se pose en plus sur la masse du groupe et sur la liaison entre le neutre et la terre. Ces deux points dépendent du schéma exact du logement et du matériel employé : je les fais valider avant la première coupure, jamais pendant.
Le groupe démarre à vide, puis la charge arrive appareil par appareil. Un moteur qui démarre appelle un courant très supérieur à sa puissance nominale : c’est dans ces instants que les protections réagissent.
Le ravitaillement se fait moteur arrêté et froid. Je ne verse pas d’essence sur un moteur qui tourne ou qui vient de tourner, et je n’ouvre pas le bouchon juste après l’arrêt.
Quand le réseau revient, l’ordre dépend du montage, mais il commence toujours par la même manœuvre : couper le groupe, débrancher, puis rebasculer sur le réseau. Dans l’autre sens, les deux sources se retrouvent en présence.
Si un disjoncteur ne se réarme pas après le retour du courant, je ne force pas. Un disjoncteur qui refuse de se réarmer se diagnostique en un essai contrôlé, pas en maintenant la manette.
Le disjoncteur du circuit concerné
Après le retour du courant, s’il retombe aussitôt, il se diagnostique : la manette ne se maintient pas de force.
En location, la prudence change de nature : une modification de l’installation concerne le propriétaire, et la question de qui doit payer la réparation en cas de panne arrive vite quand le montage est mis en cause.
Une maison n’a pas besoin d’un groupe pour tenir une box, une alarme ou quelques appareils légers. Une batterie de secours ou un onduleur adapté couvre ce besoin sans combustion, donc sans monoxyde de carbone et sans bruit.
Le dimensionnement se fait sur les watts réels et sur une autonomie testée, pas sur la puissance commerciale inscrite sur l’emballage. J’explique ce calcul pour une alarme qui doit rester active pendant une coupure.
Pour un besoin plus large, les stations électriques portables comparées donnent des ordres de grandeur de puissance et de capacité. Cela ne remplace pas un groupe pour un gros appareil, mais ça évite souvent de faire tourner un moteur toute la soirée.
Un groupe d’occasion mérite une vérification de rappel avant la mise en route. Le cas le plus documenté en France concerne le groupe portatif Honda EU22iT : la fiche RappelConso n° 2021-06-0535, publiée le 8 juillet 2021, porte sur les lots EAMT-1000001 à EAMT-1265586, vendus en France entière depuis le 1er mars 2018.
Sur ces appareils, le robinet de carburant peut fuir, avec un risque d’incendie ou d’explosion. La conduite à tenir publiée est simple : ne plus utiliser le produit et le rapporter au point de vente ; la compensation prévue est la réparation.
La fiche officielle est consultable sur la page RappelConso du rappel. Avant d’acheter, je demande le numéro de série et je le compare aux lots concernés : l’état apparent d’un groupe ne dit rien de ce type de défaut.
Oui, à condition de séparer l’installation du réseau avant tout branchement : c’est la règle rappelée avec la norme UTE C 15401. Sans cette coupure, le courant du groupe peut remonter vers le réseau. Le circuit utilisé, sa protection et la terre se valident avec un électricien.
Non. L’ARS Bretagne rappelle qu’un groupe ne doit jamais être utilisé dans un espace clos : ses gaz d’échappement contiennent de fortes concentrations de monoxyde de carbone, et aucun masque à cartouche ne filtre ce gaz. Il tourne dehors, et il s’éteint pendant le sommeil ou une absence prolongée.
Maux de tête, fatigue, nausées : ces signes doivent faire aérer, arrêter les appareils à combustion et évacuer. Une intoxication sévère peut provoquer un coma ou le décès en quelques minutes ; les secours s’appellent au 15, au 18 ou au 112, et le 114 est réservé aux personnes malentendantes.
La section dépend du courant, de la longueur et de la chute de tension acceptée, pas de la seule puissance du groupe. Un calcul donne un ordre de grandeur, puis la vérification se fait sur l’installation réelle avec le matériel prévu.
Non. L’ARS demande d’éteindre les groupes électrogènes pendant le sommeil et en cas d’absence prolongée. Une intoxication sévère peut survenir en quelques minutes, et le CO ne prévient pas.
Pas toujours : une batterie de secours ou un onduleur adapté suffit souvent pour la box, l’alarme et quelques appareils légers, sans combustion donc sans CO. Le choix se fait sur les watts réels et l’autonomie, pas sur la puissance affichée.
Théo Desrousseaux
Artisan électricien — Yvelines (78), Hauts-de-Seine (92) et Paris Ouest
Électricien de terrain : installations, mises aux normes et dépannages au quotidien. J'ai fondé Sparx Élec et je dirige son magazine, lu en France et à l'international : chaque article est relu et validé par mes soins avant publication.
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