5/5 7 avis Google Voir tous les avis → Mis à jour le 27 juillet 2026

Klauke ou Milwaukee : quelle sertisseuse choisir

Théo Desrousseaux 14 min de lecture

Vérifié le par Théo Desrousseaux, électricien (diplômes & certifications)

Klauke ou Milwaukee : quelle sertisseuse choisir Photo : Milwaukee Tool
Sertisseuse hydraulique Milwaukee M18 ONEHCCT60 en intervention sur des conducteurs de puissance.

En bref

  • Une force de 60 kN ne suffit pas à comparer deux sertisseuses : le profil et le couple cosse-matrice décident du résultat.
  • Klauke propose des outils à inserts dédiés et des références sans matrice par poinçonnage ; Milwaukee M18 60 kN reçoit des matrices en U.
  • L’avantage Milwaukee est la plateforme M18 et ONE-KEY ; Klauke se choisit d’abord pour une référence de cosse et une documentation système.
  • Les plages annoncées ne sont pas interchangeables : vérifier métal, section, profil et référence de matrice avant achat comme avant sertissage.

Klauke ou Milwaukee : le verdict avant de comparer les fiches

Je ne traite pas ce duel comme un essai terrain : je n’ai pas utilisé côte à côte les références citées. Il s’agit d’un comparatif documentaire, fondé sur les fiches techniques et les systèmes publiés par les deux fabricants. Cela évite de transformer une impression de prise en main en vérité sur la tenue d’une connexion de puissance.

Le bon choix ne part ni de la couleur de la machine ni du nombre de kilonewtons gravé sur le carter. Il part de la cosse ou du manchon, du conducteur, de son matériau, de sa section et de l’empreinte imposée par le système. Le guide pour sertir une cosse de câble détaille pourquoi une même section marquée sur deux matrices ne garantit pas la même compression.

À niveau comparable, la Klauke EK 60/22 et la Milwaukee M18 ONEHCCT60 affichent toutes deux 60 kN et vont jusqu’à 300 mm² sur leur documentation. Pourtant, elles n’achètent pas la même logique : Klauke vend une tête prévue pour ses inserts de série 22 et, sur d’autres références, un poinçonnage sans matrice ; Milwaukee met en avant une réception universelle pour matrices en U et l’intégration au parc M18.

60 kN

force annoncée pour la Klauke EK 60/22 et la Milwaukee M18 ONEHCCT60

6–300 mm²

plage annoncée pour ces deux références à matrices, sous condition de raccord compatible

10–400 mm²

plage cuivre annoncée pour la Klauke EKM 60 ID à poinçonnage

Attention

Une sertisseuse électrique de câble ne sert pas à sertir un tube de plomberie. Les mâchoires de pressage TH, U, V ou M et les matrices de cosses électriques sont deux familles différentes. Ni la force affichée ni l’accu M18 ne les rendent compatibles.

Le face-à-face utile : choisir des références, pas deux logos

Dire « Klauke contre Milwaukee » laisse croire qu’il existe une paire de machines équivalentes dans chaque catalogue. Ce n’est vrai qu’en fixant un besoin précis. Pour les raccordements électriques à matrices, la comparaison la plus directe est la Klauke EK 60/22 contre la Milwaukee M18 ONEHCCT60. Les deux ouvrent vers des cosses cuivre ou aluminium, mais le contrôle de compatibilité ne s’arrête pas à la plage 6 à 300 mm².

Klauke publie pour l’EK 60/22 une tête fermée, rabattable et pivotante, des inserts interchangeables de série 22, ainsi que des kits D 22 et R 22 pour 16 à 240 mm². La référence seule n’est donc pas une réponse complète : une EK 60/22 achetée nue, un kit D et un kit R ne produisent pas le même budget ni la même couverture de raccords.

Milwaukee publie pour la ONEHCCT60 une tête linéaire à loquet, pivotante à 350°, avec une réception annoncée comme universelle pour la majorité des matrices en U du marché. Cette formulation ne transforme pas chaque matrice en combinaison validée. Elle signifie que le logement peut accepter une famille de géométrie ; la validation reste celle du fabricant de cosse, de la matrice et de l’outil.

Point de décision Klauke EK 60/22 Milwaukee M18 ONEHCCT60
Point de décision Architecture comparée Klauke EK 60/22 Tête à inserts interchangeables série 22 Milwaukee M18 ONEHCCT60 Tête linéaire à loquet, réception de matrices en U
Point de décision Force annoncée Klauke EK 60/22 60 kN Milwaukee M18 ONEHCCT60 60 kN
Point de décision Plage annoncée Klauke EK 60/22 6 à 300 mm² Milwaukee M18 ONEHCCT60 Cu et Al jusqu’à 300 mm²
Point de décision Batterie de la référence publiée Klauke EK 60/22 Bosch 18 V 5,0 Ah ou Makita 18 V 4,0 Ah Milwaukee M18 ONEHCCT60 Système M18, kit publié avec deux batteries 2,0 Ah
Point de décision Données et contrôle publiés Klauke EK 60/22 Écran, Bluetooth, Klauke Link, signaux d’erreur Milwaukee M18 ONEHCCT60 PFM, LED verte, pré-contrôle batterie, ONE-KEY
Point de décision Ce que la fiche ne prouve pas Klauke EK 60/22 Compatibilité avec une cosse hors table Klauke Milwaukee M18 ONEHCCT60 Compatibilité validée de toute matrice en U avec toute cosse

Comparaison des références et données publiées par les fabricants, vérifiées le 26 juillet 2026.

Cette nuance compte davantage que la promesse d’un « outil universel ». Une cosse tubulaire, une cosse DIN, un manchon aluminium et un raccord bimatériau n’ont pas nécessairement le même fût, la même épaisseur ni le même profil. La comparaison Klauke ou Cembre pour le sertissage est utile ici : elle montre que la question des matrices verrouille un atelier beaucoup plus durablement que le choix du moteur.

Sertisseuse hydraulique Klauke EK 60 VP bleue avec tête ouverte et batterie 18 volts
La Klauke EK 60 VP est une autre architecture de la gamme : poinçonnage à quatre mandrins, sans demi-matrices. Elle ne doit pas être confondue avec l’EK 60/22 à inserts de série 22. Klauke — EK 60 VP

Profils de sertissage : la différence qui ne se voit pas sur une photo produit

Une cosse de puissance n’est pas « serrée » comme une vis. Son fût est déformé selon un profil et une énergie définis pour créer le contact mécanique et électrique attendu. Le profil peut être hexagonal, indenté, en poinçonnage ou dépendre d’une géométrie propre au raccord. Le mot sertissage désigne le résultat, pas une empreinte unique.

L’EK 60/22 garde une logique de matrices : on choisit l’insert correspondant au raccord, on le monte dans la tête, puis on respecte le nombre de compressions et les positions prescrites. C’est une contrainte, mais aussi une façon de rendre le choix lisible dans un atelier : référence de cosse, série d’insert, section et profil peuvent être notés dans une gamme de fabrication.

La Klauke EKM 60 ID prend un autre chemin. Le fabricant annonce un vérin télescopique et un sertissage par poinçonnage sans changement de matrice, avec une plage cuivre de 10 à 400 mm² et aluminium de 50 à 240 mm². Son intérêt n’est pas d’être « meilleure » par principe : elle évite la manutention des demi-matrices lorsqu’elle est prévue pour le raccord à poser. Sa limite est identique à celle de toute sertisseuse : son poinçonnage ne rend pas acceptable une cosse qui n’est pas dans la compatibilité de l’outil.

La Milwaukee ONEHCCT60 reste du côté des matrices en U. Milwaukee publie des certificats distincts pour certaines familles de cosses cuivre R, KRF, DIN et aluminium DIN. C’est le bon réflexe de lecture : une section 150 mm² n’est pas une permission générale de sertir tout ce qui porte 150. Il faut retrouver le certificat, la table de la cosse ou l’instruction du système monté.

  • Ne pas déduire un profil de la force ou de la forme de la tête : 60 kN peut actionner une matrice, un poinçon ou un autre outillage.
  • Ne pas mélanger les familles : une matrice en U peut entrer dans une réception mécanique sans que le résultat soit homologué pour la cosse choisie.
  • Ne pas ajouter une empreinte pour « finir » un sertissage : le nombre et l’emplacement des compressions viennent de la documentation du raccord.
  • Ne pas remplacer une cosse par une autre parce que le diamètre semble voisin. Le fût, la matière et la classe du conducteur peuvent changer le résultat.

Pour les conducteurs souples de tableau, le raisonnement est encore différent. Un embout de câblage serti vise l’entrée dans une borne, pas un raccordement de puissance à cosse tubulaire. Le carré, le trapèze et les petites pinces à cliquet de cette famille n’ont rien à gagner à être comparés à une hydrauliques de 60 kN.

Demi-matrice Klauke de sertissage hexagonal avec repère de section gravé
Une demi-matrice de sertissage identifie une famille d’empreinte. La section gravée n’est qu’un des critères à faire correspondre avec la cosse. Klauke — Matrices de sertissage

Force, plage et poids : des chiffres à lire avec leur référence complète

La force de sertissage est utile pour classer une machine, mais elle ne décrit pas seule la performance. La Klauke EK 60/22 annonce 60 kN, 6 à 300 mm², un cycle de 3 à 5 secondes et un poids de 4,4 kg avec sa batterie Bosch 5,0 Ah. Avec la batterie Makita 4,0 Ah, la fiche indique 4,2 kg, 36 minutes de charge et environ 300 sertissages sur cuivre DIN 150 mm².

Milwaukee annonce 60 kN, jusqu’à 300 mm² en cuivre et aluminium et moins de trois secondes sur sa fiche française. Son communiqué européen de lancement, pour le kit M18 ONEHCCT60-202C, indique plutôt un cycle de cinq secondes, un poids de 3,8 kg avec batterie M18 B2 et plus de 150 sertissages sur un raccord cuivre 50 mm². Ces chiffres ne se contredisent pas forcément : ils ne décrivent pas le même protocole ni la même batterie. Ils interdisent surtout de calculer une autonomie de journée avec une simple règle de trois.

L’écart de poids doit être lu avec la même prudence. À batterie, matrice et mode de mesure différents, comparer « 3,8 kg » à « 4,4 kg » donne une indication de gabarit, pas une mesure d’ergonomie complète. La position de la tête, le diamètre de l’armoire, le dégagement autour du câble et la répétition des gestes changent plus l’effort qu’un dixième de kilogramme sur une fiche.

Sertisseuse Milwaukee M18 ONEHCCT60 rouge, tête à loquet ouverte et batterie M18
La ONEHCCT60 utilise une tête linéaire à loquet et des matrices en U. La géométrie de cette réception ne dispense pas de vérifier la combinaison cosse, matrice et outil. Milwaukee Tool — M18 ONEHCCT60

Batteries : plateforme de travail ou plateforme déjà achetée

La batterie est l’avantage le plus visible de Milwaukee. La ONEHCCT60 fonctionne sur la plateforme M18, ce qui peut être rationnel lorsqu’un parc contient déjà visseuse, perforateur, meuleuse, éclairage et chargeurs M18. Le kit publié associe deux batteries 2,0 Ah et un chargeur M12-M18. Le gain n’est pas une compatibilité avec tout ce qui est rouge : il est limité à la famille M18 annoncée par Milwaukee.

Klauke publie l’EK 60/22 en version Bosch ou Makita. Cela peut être un vrai critère d’achat si l’atelier est déjà construit autour de l’une de ces deux plateformes. Il faut toutefois lire la référence de kit : la fiche distingue une Bosch 18 V 5,0 Ah et une Makita 18 V 4,0 Ah, avec chargeurs et poids associés. Une batterie 18 V de même aspect n’est pas une compatibilité à présumer.

La comparaison des plateformes DeWalt, Makita et Milwaukee aide à faire ce calcul au niveau d’un parc complet. Pour une sertisseuse, je le ferais après avoir arrêté la cosse et la matrice, jamais avant. Gagner un chargeur tout en perdant la chaîne de validation du sertissage est un mauvais échange.

ONE-KEY apporte à Milwaukee un suivi d’inventaire, la localisation et le verrouillage à distance, avec des données d’outil accessibles via l’écosystème de la marque. Klauke propose de son côté l’application Klauke Link avec Bluetooth, l’écran de l’outil et des signaux optiques ou sonores d’erreur sur les références concernées. Ces fonctions aident à tracer un parc ou à repérer un cycle non conforme ; elles ne vérifient pas que le câble a été dénudé à la bonne longueur ni que la cosse est bien celle prescrite.

Qualité du cycle : ce que les voyants confirment, et ce qu’ils ignorent

Milwaukee nomme PFM son système de surveillance prédictive de force et annonce une LED verte lorsque la pression prévue est atteinte. La ONEHCCT60 fait aussi un pré-contrôle de charge avant le sertissage. C’est une sécurité utile contre un cycle interrompu par une batterie insuffisante, non un contrôle qualité complet du raccord.

Sur l’EK 60/22, Klauke annonce des signaux optiques et sonores en cas d’erreur, un retour automatique et un ARS qui limite le retour pour les sertissages multiples. Là encore, la machine peut confirmer son cycle ; elle ne voit pas le mauvais modèle de cosse ni un conducteur mal engagé.

Dans les deux cas, l’opérateur garde les contrôles décisifs : identité du raccord, marquage de la section, position de la cosse, propreté des matrices, nombre de compressions et inspection finale selon la procédure applicable. Lorsqu’un nouveau départ est créé depuis le tableau électrique, la section du câble, sa protection et la qualité du raccord font système. Une belle empreinte ne rattrape pas un dimensionnement faux.

Pro

Le témoin de cycle valide l’outil dans son périmètre. Il ne valide ni la provenance de la cosse, ni le profil imposé par son fabricant, ni l’état du conducteur. Cette séparation évite de donner à une LED le rôle d’un contrôle de raccordement.

SAV, pièces, garanties : comparer ce qui est documenté, pas des réputations

Le SAV est souvent résumé à « marque spécialiste » contre « grande plateforme ». Ce raccourci ne permet pas de choisir un outil qui doit rester disponible. Klauke publie des rubriques de centre de service, réparation, inspection et maintenance, ainsi qu’une recherche documentaire. Milwaukee publie l’enregistrement de produit, son réseau de revendeurs et une documentation par référence. Cela prouve l’existence de dispositifs, pas le délai réel qu’obtiendra un utilisateur à un endroit donné.

Avant une commande, je demanderais au vendeur quatre réponses écrites : qui prend en charge l’outil, où part la réparation, comment obtenir une matrice ou une pièce d’usure, et quel outil de remplacement est prévu si la machine immobilise un chantier. Le prix d’une sertisseuse ne se compare pas proprement sans le coût du premier jeu de matrices, des batteries, du chargeur et du temps d’arrêt.

Pour Klauke, cette question doit intégrer les accessoires de série 22 ou la référence sans matrice choisie. Pour Milwaukee, elle doit intégrer les jeux de matrices approuvés et la politique du distributeur sur les consommables. Une promesse générale de disponibilité n’est pas une réponse à la référence exacte demandée.

Quand choisir Klauke, quand choisir Milwaukee

Je choisirais Klauke lorsqu’un raccordement est déjà défini autour de cosses et de tables de compatibilité Klauke, lorsqu’un atelier doit gérer plusieurs profils avec des inserts référencés, ou lorsqu’une EKM 60 ID sans matrice correspond explicitement aux raccords prévus. C’est aussi un choix cohérent si la plateforme Bosch ou Makita publiée pour le kit est déjà présente.

Je choisirais Milwaukee M18 ONEHCCT60 lorsqu’un parc M18 existe, que les raccords électriques à faire sont couverts par les matrices en U et les documents associés, et que le suivi ONE-KEY apporte une valeur réelle à l’entreprise. Sa tête à loquet et son orientation câble de puissance ne doivent pas être interprétées comme une certification de toutes les matrices disponibles sur le marché.

Je n’achèterais ni l’une ni l’autre pour un besoin d’embouts de tableau, de cosses isolées occasionnelles ou de raccords de plomberie. Le premier cas demande une pince adaptée à l’embout de câble ; le second une petite pince avec le profil requis ; le troisième une sertisseuse de tube et ses mâchoires de profil. La machine la plus puissante est souvent la mauvaise réponse à ces trois besoins.

Le choix qui tient dans le temps

Klauke gagne quand le système de connexion est déjà défini. Milwaukee gagne quand ce système est couvert par des matrices validées et que la plateforme M18 apporte une vraie économie de parc. Dans les deux cas, la référence de cosse reste le point de départ.

Questions fréquentes sur Klauke et Milwaukee

Les matrices Klauke peuvent-elles se monter sur une sertisseuse Milwaukee ?

Il ne faut pas le présumer. Une Milwaukee M18 ONEHCCT60 reçoit des matrices en U selon sa fiche, tandis que l’EK 60/22 utilise des inserts Klauke série 22. Même si une pièce entre mécaniquement dans une tête, cela ne prouve pas que la combinaison cosse, matrice et outil est validée.

60 kN suffisent-ils pour toutes les cosses jusqu’à 300 mm² ?

Non. 60 kN et 300 mm² décrivent la capacité d’une référence dans un périmètre publié. Le métal du raccord, le type de cosse, la matrice et le profil décident de la compatibilité. Le guide de sertissage des cosses détaille les contrôles à faire avant d’actionner l’outil.

Une sertisseuse Milwaukee M18 peut-elle utiliser une batterie M12 ?

Non. Les systèmes M12 et M18 sont distincts. La ONEHCCT60 est annoncée pour le système M18. Un chargeur double peut prendre les deux familles, mais il ne rend pas leurs batteries interchangeables.

La Klauke EKM 60 ID fonctionne-t-elle vraiment sans matrices ?

La fiche Klauke annonce un sertissage par poinçonnage sans changement de matrice pour l’EKM 60 ID. Cela simplifie le changement de section dans sa plage publiée, mais ne supprime pas la nécessité de vérifier que la cosse et le conducteur sont admis par cette référence.

Quel modèle choisir pour sertir des embouts dans un tableau ?

Ni une 60 kN Klauke ni une 60 kN Milwaukee ne sont le choix ordinaire pour ce besoin. Il faut une pince à embouts avec le profil compatible avec la borne, comme expliqué dans le comparatif des pinces à sertir les embouts.

Théo Desrousseaux, électricien

Théo Desrousseaux

Artisan électricien — Yvelines (78) & Hauts-de-Seine (92)

Électricien de terrain : installations, mises aux normes et dépannages au quotidien. Chaque contenu du site est rédigé et relu par ses soins.

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