5/5 7 avis Google Voir tous les avis → Mis à jour le 27 juillet 2026

Klauke ou Cembre : quelle sertisseuse

Théo Desrousseaux 14 min de lecture

Vérifié le par Théo Desrousseaux, électricien (diplômes & certifications)

Klauke ou Cembre : quelle sertisseuse Photo : Cembre
Sertisseuse électro-hydraulique à batterie Cembre B1300-C, l'un des outils de connexion de puissance visés par ce comparatif

En bref

  • Klauke et Cembre jouent dans la même cour : le sertissage de puissance, pas le petit embout de câblage courant.
  • Le vrai critère de choix n'est pas la marque de l'outil, mais la compatibilité des matrices avec vos cosses et votre parc existant.
  • Klauke tourne sur batteries Makita, Cembre sur le système CAS : le choix se joue souvent sur la plateforme que vous avez déjà.
  • Les deux respectent la protection 1000 V de la tête isolée, mais un outil hydraulique ne dispense jamais de la consignation.
  • Pour un électricien du bâtiment, une sertisseuse jusqu'à 300 mm² couvre l'immense majorité des besoins ; au-delà, on entre dans le monde du réseau et du ferroviaire.

Quand un chantier passe des petits circuits de prises aux grosses sections d’alimentation, la question du sertissage arrive vite. Et à ce moment-là, deux noms reviennent dans les négoces : Klauke et Cembre. Deux spécialistes, l’un allemand, l’autre italien, qui ne fabriquent pas des perceuses mais des outils de connexion sérieux.

Ce comparatif ne rejoue pas l’histoire de la marque Klauke ni celle de Cembre, traitées à part. Il répond à une seule question terrain : pour sertir des cosses à sertir de puissance, laquelle choisir, et pour quel profil.

300 mm²

section couverte par une sertisseuse de bâtiment courante

60 à 135 kN

force de sertissage des gammes à batterie

1000 V

protection de la tête isolée selon EN 60900

2

plateformes batterie : Makita chez Klauke, CAS chez Cembre

Deux spécialistes, deux terrains de jeu

Klauke et Cembre ne sont pas des marques d’outillage généraliste. Ce sont des fabricants de connectique qui ont développé les outils pour poser leurs propres cosses. Cette origine change tout : chez eux, l’outil sert la connexion, pas l’inverse.

Klauke, née à Remscheid, appartient au groupe Emerson et couvre plus de 10 000 références de la connexion à l’outil. La marque revendique d’avoir sorti les premiers outils de coupe et de sertissage hydrauliques sans fil avec protection 1000 V intégrée.

Cembre, fondée à Brescia sous le nom de Costruzioni elettro-meccaniche bresciane, s’est construite sur les mêmes bases : cosses, manchons, puis outils de pose. Son positionnement est plus marqué côté industrie, réseaux et ferroviaire, un secteur où la traçabilité de la connexion est reine.

Concrètement, un électricien du bâtiment croisera Klauke un peu plus souvent en négoce généraliste, et Cembre dès qu’il touche à l’infrastructure ou au tertiaire lourd. Les deux se valent sur le fond ; ce qui les sépare tient dans les détails que voici.

Sertisseuse électro-hydraulique à batterie Klauke EK 60 VP avec logo Klauke
La sertisseuse Klauke EK 60, tête ouverte sur une matrice : la marque allemande a démocratisé l'hydraulique sur batterie avec protection 1000 V. Klauke via Power and Cables

Le vrai critère : les matrices et la compatibilité

Sur le terrain, on ne choisit pas une sertisseuse, on choisit un écosystème de matrices. C’est là que se joue 90 % de la décision, et c’est le point que trop de comparatifs oublient.

Une matrice de sertissage est l’empreinte qui écrase la cosse sur le conducteur. Elle doit correspondre à trois choses en même temps : la section du câble, le type de cosse et son matériau, et le profil de sertissage attendu (hexagonal, indent, encoche). Un outil sans la bonne matrice ne sert à rien.

Klauke et Cembre ont chacun leur système d’empreintes. Les matrices d’une marque ne se montent pas sur la tête de l’autre sans adaptateur, et le profil obtenu n’est certifié que dans le couple outil-matrice-cosse d’origine. C’est la vraie raison qui verrouille un atelier sur une marque.

Matrice de sertissage hexagonale Klauke en deux demi-coquilles
Une matrice hexagonale Klauke : c'est cette empreinte, et sa correspondance exacte avec la cosse, qui garantit un sertissage conforme. Klauke

Le bon réflexe avant tout achat : regarder ce que vous posez déjà. Si votre stock de cosses et vos habitudes viennent d’une marque, rester dans le même monde évite de doubler le parc de matrices, qui coûte souvent plus cher que l’outil lui-même.

Klauke pousse aussi une logique différente avec sa gamme de sertissage par poinçonnage sans inserts, qui supprime le jeu de matrices à trimballer pour certaines plages. Cembre, de son côté, mise sur des jeux de matrices très complets rangés dans le coffret, pensés pour le monteur qui change souvent de section dans la journée.

Force de sertissage et plages de sections

C’est le chiffre que tout le monde regarde en premier, souvent à tort. La force de sertissage, exprimée en kilonewtons, ne se lit qu’en regard de la plage de sections que l’outil accepte.

Critère Klauke EK 60 Cembre B1300
Critère Force de sertissage Klauke EK 60 60 kN Cembre B1300 132 kN
Critère Plage de sections Klauke EK 60 6 à 300 mm² Cembre B1300 6 à 400 mm²
Critère Ouverture de tête Klauke EK 60 17 mm Cembre B1300 25 mm
Critère Plateforme batterie Klauke EK 60 Makita 18 V Cembre B1300 CAS 18 V
Critère Poids avec batterie Klauke EK 60 environ 4,2 kg Cembre B1300 environ 4,5 kg
Critère Cycle de sertissage Klauke EK 60 3 à 5 s Cembre B1300 quelques secondes

Deux références représentatives des gammes à batterie. Les valeurs viennent des fiches fabricants.

Pour un électricien du bâtiment, une machine 6 à 300 mm² couvre l’immense majorité des besoins : liaisons de tableau, arrivées de fortes puissances, câble de triphasé en 400 V et raccordements de moteurs. Le passage au-dessus de 300 mm² concerne surtout le réseau, les postes et les grosses infrastructures.

Klauke décline sa gamme jusqu’à des monstres comme l’EK 135, capable de 10 à 630 mm² avec 135 kN, mais l’engin pèse plus de 10 kg et ne sort qu’en contexte industriel. Cembre suit la même logique, avec des têtes déportées et des pompes séparées pour les très fortes sections.

Conseil

Ne surdimensionnez pas. Une sertisseuse 300 mm² à 4 kg passe partout dans une gaine technique ; une 630 mm² à 10 kg vous fatigue le bras pour rien si vous ne sertissez jamais au-delà de 240 mm².

La force ne fait pas la qualité du sertissage à elle seule. Un arrêt automatique en fin de course garantit que la pression cible est atteinte à chaque coup : Klauke l’appelle ARS, Cembre intègre le même principe. Sans lui, un sertissage bâclé passe inaperçu jusqu’à ce que la connexion chauffe.

Sertisseuse hydraulique à batterie Klauke EK 60/22 tête ouverte sur batterie Makita 18 V
La Klauke EK 60/22, 60 kN et 6 à 300 mm² sur batterie Makita : le format qui couvre l'essentiel des raccordements de puissance du bâtiment. Klauke

Hydraulique manuelle ou électro-hydraulique sur batterie

Historiquement, on sertissait à la pince mécanique pour les petites sections et à la pompe hydraulique manuelle pour les grosses. Les deux marques vendent toujours ces outils, increvables et sans électronique, parfaits en secours ou pour un usage occasionnel.

Mais le quotidien est passé à l’électro-hydraulique sur batterie. Un moteur entraîne une pompe interne, l’outil monte en pression seul et relâche en fin de cycle. Le gain de temps et d’effort sur une journée de raccordements est considérable.

C’est ici qu’apparaît une différence structurante : la plateforme batterie. Klauke a fait le choix de Makita 18 V, l’un des systèmes les plus répandus sur les chantiers français. Cembre a rejoint le système CAS, le Cordless Alliance System porté par Metabo et une vingtaine de marques.

  • Klauke sur Makita : intéressant si votre parc perceuse-visseuse est déjà Makita, batteries et chargeurs mutualisés.
  • Cembre sur CAS : cohérent si vous roulez en Metabo ou en marques affiliées au CAS.
  • Dans les deux cas, une deuxième batterie chargée dans la caisse évite l'arrêt en plein raccordement.
  • L'hydraulique manuelle reste le plan de secours quand la batterie lâche loin du camion.

Si vous partez de zéro sur l’outillage sans fil, ce point mérite le même soin que le choix d’une plateforme de perceuses entre Dewalt, Makita et Milwaukee : la marque de batterie vous suit dix ans. Klauke propose aussi un affichage et une application de suivi de l’outil, utile pour tracer les cycles sur un chantier à exigence qualité.

Sécurité 1000 V : ce que dit vraiment la norme

Les deux marques mettent en avant une protection 1000 V. Il faut comprendre ce que cela couvre, car un outil isolé ne transforme pas un chantier dangereux en chantier sûr.

La référence est la norme NF EN 60900, qui encadre les outils à main isolés utilisés sous tension ou à proximité de parties actives, jusqu’à 1 000 V en courant alternatif et 1 500 V en courant continu. Chaque outil isolé est soumis à un essai diélectrique individuel avant de porter le marquage.

Obligation NF EN 60900 définit ce qu’un outil isolé doit tenir. Sur une sertisseuse hydraulique, la protection concerne la tête isolée et les parties manipulées, pas l’intérieur du câble que vous serrez.

L'outil isolé ne remplace jamais la consignation

Une sertisseuse à protection 1000 V permet de travailler à proximité de parties actives dans un cadre précis. Elle ne dispense ni de la coupure, ni de la vérification d’absence de tension, ni de l’habilitation requise. Le travail sous tension reste une opération encadrée, jamais une facilité.

Urgence électrique dans les Yvelines et Hauts-de-Seine

En pratique, la quasi-totalité des sertissages de puissance se fait hors tension, après consignation. La protection 1000 V est une sécurité de second rideau, pas une invitation à travailler sur du vivant. L’INRS rappelle que la suppression du risque, donc la mise hors tension, prime toujours. Toute intervention à proximité de la tension suppose au minimum une habilitation électrique adaptée.

Sur ce chapitre, Klauke et Cembre sont à égalité : les deux respectent la norme et testent leurs outils isolés. Aucun avantage décisif d’un côté ou de l’autre.

Disponibilité en négoce, SAV et pièces

Un outil à 800 ou 2 000 euros se juge aussi sur ce qui se passe après l’achat. Rupture d’une matrice, joint de pompe, batterie en fin de vie : la disponibilité des pièces fait la différence sur dix ans.

Klauke bénéficie d’une présence dense en négoce généraliste en France et d’un site distributeur dédié. Les matrices courantes se trouvent vite, et l’appartenance au groupe Emerson garantit un réseau de service structuré.

Cembre dispose d’une filiale française et d’un réseau orienté vers ses marchés de prédilection, l’industrie et le rail. Les pièces suivent bien pour qui travaille dans ces secteurs ; en négoce résidentiel pur, la marque est un peu moins immédiate à sourcer que Klauke.

Coffret Cembre B1300-C ouvert avec sertisseuse, batteries, chargeur et jeux de matrices
Le coffret Cembre B1300-C : outil, deux batteries, chargeur et logements de matrices. La logique italienne privilégie le kit complet prêt à sertir. Cembre

Le conseil de bon sens : avant d’acheter, demandez à votre négoce habituel ce qu’il tient en stock. Une marque brillante sur le papier mais dont vous devez commander chaque matrice à trois jours vous coûtera plus cher en temps qu’un outil correct disponible au comptoir.

Prix relatifs : à quoi s’attendre

Les deux marques jouent dans le haut de gamme professionnel, loin des sertisseuses génériques de plateforme en ligne. On ne compare pas ces outils à un modèle premier prix : la fiabilité de la connexion n’a pas le même enjeu.

Type d'outil Ordre de prix indicatif Usage type
Type d'outil Pince mécanique / hydraulique manuelle Ordre de prix indicatif 100 à 500 € Usage type Occasionnel, secours, petites sections
Type d'outil Sertisseuse batterie 6-300 mm² Ordre de prix indicatif 1 500 à 2 500 € Usage type Quotidien bâtiment et industrie
Type d'outil Sertisseuse batterie grosses sections Ordre de prix indicatif 2 500 à 4 000 €+ Usage type Réseau, poste, ferroviaire
Type d'outil Jeu de matrices supplémentaire Ordre de prix indicatif 50 à 200 € par matrice Usage type À budgéter en plus de l'outil

Ordres de grandeur observés en négoce professionnel. Les prix varient selon la référence, la tête et le pack batterie.

À gamme équivalente, l’écart de prix entre Klauke et Cembre reste faible et variable selon les promotions et les packs. La ligne de coût qui compte vraiment, c’est le parc de matrices : c’est lui qui rend un changement de marque douloureux, bien plus que le prix de la machine.

Cette logique rejoint celle d’autres décisions de connexion. Choisir entre un sertissage certifié et un connecteur Wago pour mélanger fil souple et rigide dépend de la section et de l’exigence : le sertissage s’impose sur la puissance, le connecteur automatique règne sur le petit câblage rapide.

Klauke ou Cembre : le bon choix selon votre profil

Il n’y a pas de gagnant absolu. Il y a un outil qui colle à votre activité, votre parc batterie et vos habitudes de connexion.

Que vous sertissiez pour tirer une ligne depuis le tableau ou pour raccorder une grosse alimentation, la règle reste la même : la connexion propre prime sur la marque. Un sertissage bâclé finit toujours par une prise ou une connexion qui grésille, quel que soit le logo sur l’outil.

Mon verdict

Il n’y a pas de mauvais choix entre Klauke et Cembre : les deux sont des outils de spécialistes qui tiennent la route. Le tri se fait sur trois points concrets, pas sur la nationalité de la marque.

D’abord la plateforme batterie : Makita pour Klauke, CAS pour Cembre. Prenez celle qui mutualise avec votre parc existant. Ensuite les matrices : restez dans le monde de vos cosses habituelles pour ne pas doubler un stock coûteux. Enfin le terrain : Klauke est un peu plus immédiat en négoce bâtiment, Cembre excelle dès qu’on touche au réseau et au ferroviaire.

Pour un électricien du bâtiment en 2026, une sertisseuse 6-300 mm² à batterie de l’une ou l’autre marque est un investissement à vie. Choisissez selon vos batteries et vos cosses, pas selon un match de spécifications.

Peut-on utiliser des matrices Klauke sur une sertisseuse Cembre ?

Non, pas directement. Chaque marque a son système d'empreintes et le sertissage n'est certifié que dans le couple outil-matrice-cosse d'origine. C'est la principale raison qui verrouille un atelier sur une marque : le parc de matrices coûte souvent plus cher que l'outil, et le doubler pour changer de marque n'a aucun intérêt économique.

Quelle force de sertissage faut-il pour un électricien du bâtiment ?

Une sertisseuse 6 à 300 mm², soit environ 60 kN, couvre l'immense majorité des besoins : liaisons de tableau, fortes puissances, moteurs et raccordements de forte section comme le câble d'une pompe à chaleur. Au-delà de 300 mm², on entre dans le monde du réseau et des postes, avec des outils plus lourds et bien plus chers.

Une sertisseuse 1000 V permet-elle de travailler sous tension ?

Non, pas librement. La protection 1000 V selon NF EN 60900 concerne la tête isolée et sécurise le travail à proximité de parties actives dans un cadre encadré. Elle ne remplace ni la consignation, ni la vérification d'absence de tension, ni l'habilitation. La quasi-totalité des sertissages se fait hors tension, après coupure.

Klauke ou Cembre pour un premier achat sans matériel existant ?

Si vous partez de zéro, regardez d'abord la plateforme batterie que vous comptez adopter : Makita pousse vers Klauke, le système CAS vers Cembre. Pour un usage bâtiment généraliste, Klauke est souvent plus simple à sourcer en négoce. Pour du réseau ou du ferroviaire, Cembre est plus naturel. Dans les deux cas, une gamme 6-300 mm² est le bon point de départ.

Faut-il vraiment une sertisseuse à batterie ou une pince suffit-elle ?

Ça dépend du volume. Pour un usage occasionnel et de petites sections, une pince mécanique ou une pompe hydraulique manuelle à 100 à 500 € fait le travail sans électronique à entretenir. Pour des raccordements quotidiens de forte section, l'électro-hydraulique sur batterie fait gagner un temps et un effort qui justifient largement son prix dès le premier chantier.

Théo Desrousseaux, électricien

Théo Desrousseaux

Artisan électricien — Yvelines (78) & Hauts-de-Seine (92)

Électricien de terrain : installations, mises aux normes et dépannages au quotidien. Chaque contenu du site est rédigé et relu par ses soins.

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