Les deux bornes de puissance
La phase entre par L In et ressort par L Out : deux bornes de puissance, ni neutre ni terre sur ce bornier.
Publié le 4 septembre 2026
En bref
Une prise commandée, c’est une prise qui ne délivre du courant que lorsque l’interrupteur qui la commande est actionné. Legrand la présente comme l’alternative à l’interrupteur mural d’un plafonnier ou d’appliques : la lampe reste branchée sur la prise, et c’est le mur qui commande.
Le branchement repose sur trois conducteurs bien répartis. La phase alimente la commande en permanence, le retour alimente la prise dès que l’interrupteur est fermé, et le neutre comme la terre rejoignent la prise directement, sans passer par la commande.
Tout tient à cette répartition. Un interrupteur ne commande que ce qui passe par le retour, et cette particularité change le régime du point : circuit d’éclairage, limites de commande, calibre à respecter.
Je détaille le schéma conducteur par conducteur, le choix entre filaire et radio, puis les deux limites qui décident avant même de percer.
2 prises
maximum commandées par un même interrupteur, dans la même pièce
16 A
intensité à ne pas dépasser sur une prise vue comme un point lumineux
8 points
maximum par circuit d’éclairage, la prise commandée comptant pour un point
1,5 mm²
section minimale des conducteurs qui alimentent le point
Une prise commandée n’est pas une prise ordinaire. Du point de vue de la NF C 15-100, elle est considérée comme un point lumineux Obligation NF C 15-100 , et ce statut change tout son régime d’installation.
Deux conséquences directes : elle doit être alimentée par le circuit lumière, jamais par un circuit prises, et elle ne doit pas alimenter un équipement qui consomme plus de 16 A.
Autre conséquence, plus discrète : vue comme un point lumineux, elle ne compte pas dans le nombre de prises réglementaires de la pièce. Elle doit donc rester repérable, étiquetée au tableau, pour ne pas être confondue avec une prise libre.
La différence avec une prise classique ne se voit pas à la face avant : c’est le câblage derrière le mécanisme qui change. Deux prises se ressemblent, et une seule des deux répond à un interrupteur.
Son usage de référence reste l’éclairage d’appoint : une lampe, une applique, un luminaire que l’on allume depuis le mur. C’est là que le montage apporte quelque chose : la commande reste fixe, l’éclairage reste mobile.
Au-delà de 16 A, la question sort de ce montage : la limite appartient au statut du point, pas à une marge de confort.
La commande qui pilote la prise ne dispose que de 2 bornes : une pour la phase d’alimentation, une pour le retour vers la prise. Le neutre et la terre n’y arrivent pas.
Les deux bornes de puissance
La phase entre par L In et ressort par L Out : deux bornes de puissance, ni neutre ni terre sur ce bornier.
Le reste suit la logique d’un interrupteur simple : la commande coupe l’alimentation de ce qui est en aval, et tout dépend de sa position.
| Conducteur | Cheminement | À retenir |
|---|---|---|
| Conducteur Phase | Cheminement Du circuit vers l’interrupteur, en permanence. | À retenir Elle alimente la commande, pas la prise. |
| Conducteur Retour | Cheminement De l’interrupteur vers la prise. | À retenir Il n’existe que commande fermée. |
| Conducteur Neutre | Cheminement Du circuit directement à la prise. | À retenir Il ne passe jamais par l’interrupteur. |
| Conducteur Terre | Cheminement Du circuit directement à la prise. | À retenir Elle ne passe pas par l’interrupteur. |
Le rôle des quatre conducteurs : seul le retour dépend de la position de la commande.
Lecture de ce tableau : la phase qui alimente la prise n’est pas permanente. Elle arrive par le retour, quand la commande est fermée. Le neutre et la terre, eux, restent raccordés à la prise en direct.
En clair : seul le conducteur de phase dépend de la commande — commande ouverte, la prise ne reçoit rien sur la phase ; commande fermée, elle reçoit la phase par le retour.
Une fois la gaine tirée, le raccordement est celui d’une prise classique : phase à droite, neutre à gauche, terre au milieu. Le fait que la phase vienne d’un interrupteur ne change rien au raccordement.
Sur certains montages, le raccordement est réalisé « à l’envers » pour retrouver la phase à droite une fois l’appareillage en place. Je ne me fie donc pas à la position apparente des arrivées : je repère chaque conducteur avant de raccorder.
Pour le reste — dénudage, longueur de cuivre, serrage des bornes — la méthode de pose d’une prise s’applique telle quelle. Sous une commande comme ailleurs, un conducteur entamé ou une borne mal serrée reste un point chaud.
Avant de toucher aux conducteurs
Coupez le disjoncteur du circuit d’éclairage, empêchez sa remise sous tension et vérifiez l’absence de tension avec un VAT avant d’ouvrir une boîte. En cas de doute sur le repérage du circuit, arrêtez et faites contrôler l’installation.
Couper et vérifier
Couper le disjoncteur du circuit, empêcher la remise sous tension, puis contrôler l’absence de tension au VAT.
Repérer le circuit
Identifier la boîte de la commande, celle de la prise et le cheminement possible pour la gaine.
Tirer les conducteurs
Phase vers la commande, retour vers la prise, neutre et terre directement à la prise.
Raccorder la prise
Terre au milieu, neutre à gauche, phase à droite — puis serrage et contrôle de tenue.
Contrôler avant de refermer
Section, calibre de la commande, fixations, obturateurs, repérage du point.
Tester sous tension
Commande ouverte puis fermée : la prise doit s’alimenter et se couper, sans échauffement.
Le montage décrit jusqu’ici est filaire : il exige une gaine entre la commande et la prise. Le matériel de base tient en peu de choses — gaine ICTA Ø16 ou Ø20 mm, fil 1,5² (neutre bleu, phase rouge de préférence, terre vert-jaune), un interrupteur et une prise 16 A 2P+T.
L’alternative radio change la contrainte principale. Avec des prises radiocommandées, aucun fil n’est à poser entre la commande et la prise : l’interrupteur envoie un bref signal radio à la prise située dans la pièce, y compris à l’autre bout.
Le boîtier de commande
Fixé au mur, il envoie un signal radio : aucun fil de puissance vers l’appareil piloté.
Source : VELUXPour une rénovation finie, c’est tout l’intérêt du système : un kit prêt à poser, avec un minimum de travaux.
Le choix se joue donc sur un point : le passage d’une gaine est-il possible sans dégât ? Si oui, le filaire est la solution la plus simple à comprendre et à dépanner. Si non, le radio évite d’ouvrir le mur.
Pour la logique radio et l’appairage d’une commande sans fil, ajouter un interrupteur va-et-vient sans fil détaille le principe sur le circuit d’éclairage.
Le prix public conseillé de ce matériel n’est pas publié par le fabricant : le tarif se demande en négoce, et il dépend surtout du cheminement à réaliser entre la commande et la prise.
La première limite tient au nombre de prises par commande. Un interrupteur (ou un va-et-vient) ne commande que 2 prises au maximum, et toujours dans la même pièce : il ne doit jamais piloter des prises réparties dans des pièces différentes.
Des interrupteurs va-et-vient
Ces cinq appareils montrent ce qui peut tenir la commande de la prise.
Source : Castorama — 5 interrupteurs va-et-vient étanches OxxoÀ partir de 3 prises commandées, le montage change de matériel : il faut un télérupteur, un contacteur ou un équivalent Obligation NF C 15-100 .
La seconde limite concerne le circuit lui-même. Un circuit d’éclairage protégé par un disjoncteur comprend au maximum 8 points d’utilisation, et une prise commandée compte pour un point.
Vous pouvez donc aller jusqu’à 8 prises commandées sur un même circuit, dans la limite de 2 par interrupteur. Les deux plafonds se cumulent, ils ne se remplacent pas.
| Repère | Limite | Conséquence |
|---|---|---|
| Repère Prises par commande | Limite 2 maximum, dans la même pièce. | Conséquence À partir de 3 : télérupteur, contacteur ou équivalent. |
| Repère Points par circuit | Limite 8 maximum, prise commandée comprise. | Conséquence Au-delà, le circuit ne peut plus recevoir de point. |
| Repère Intensité sur le point | Limite 16 A maximum. | Conséquence Le point reste un usage d’éclairage, pas de puissance. |
| Repère Section des conducteurs | Limite 1,5 mm² minimum. | Conséquence C’est la section de base du circuit lumière. |
Les deux plafonds se cumulent : le nombre de prises par commande et le nombre de points par circuit.
Deux chiffres décident donc avant de percer : le nombre de prises qui dépendent d’une même commande, et le nombre de points déjà présents sur le circuit.
Au-delà, la sortie se prépare au tableau : nouveau départ pour un circuit chargé, commande adaptée pour trois prises ou plus.
Le repère du montage : 1,5 mm² minimum pour les conducteurs, un disjoncteur 10 A conseillé (16 A maximum), une commande de calibre 10 A minimum, et une prise avec terre et obturateurs.
Depuis l’amendement 5 de la NF C 15-100, la protection des circuits se fait par disjoncteurs, et non par fusibles Obligation NF C 15-100, amendement 5 . Le circuit éclairage est couvert par la protection différentielle 30 mA du tableau.
Ne transposez pas les repères des circuits prises : sur un circuit dédié en 1,5 mm² protégé en 16 A, le décompte des prises suit ses propres règles, décrites dans le nombre de prises par disjoncteur.
Deux repères s’ajoutent pour situer les boîtes. L’axe de l’interrupteur se place vers 1,20 m du sol fini, dans une plage de 0,90 à 1,30 m. L’axe de la prise commandée se situe à 5 cm minimum du sol fini, le plus souvent 25 cm.
Pour la protection de rangée et le choix du différentiel, interrupteur différentiel ou disjoncteur différentiel fait le tour de la question, et le schéma du tableau divisionnaire montre comment situer chaque départ.
Enfin, la fixation : le mécanisme se visse, les griffes ne se rencontrent que dans certains cas de rénovation où le support existant l’impose. Un point qui grésille, qui chauffe ou qui a bruni ne se remet pas en service sans contrôle : prise électrique qui grésille.
Une prise commandée obéit à un interrupteur : mural sur le circuit lumière, ou radio avec un kit dédié. Elle ne délivre du courant que commande fermée, et c’est toute sa fonction.
Si votre besoin est différent — piloter la prise autrement que par un bouton —, c’est un autre terrain. Le comparatif des prises USB-C et connectées couvre cette famille de produits, avec ses propres prérequis de pose.
Dans les deux cas, la même question se pose avant d’acheter : ce qui existe déjà dans la boîte décide de ce qui est possible. Une commande radio ne dispense pas de vérifier l’alimentation du point et la place disponible.
Deux erreurs reviennent sur ce montage : la prise branchée sur un circuit prises au lieu du circuit lumière, et la troisième prise accrochée au même interrupteur.
Dans les deux cas, la réponse se prépare au tableau — nouveau départ ou commande adaptée — pas par un fil de plus dans la boîte.
Un dernier réflexe : noter au tableau quel disjoncteur alimente le circuit et quelle prise il commande. Ce repérage évite de chercher la commande au prochain dépannage.
Le test final se fait avec un appareil simple : commande ouverte, rien ne doit s’allumer ; commande fermée, le point s’alimente. Ce contrôle évite de refermer sur une erreur de retour.
C’est une prise qui ne délivre du courant que si l’interrupteur est actionné. Legrand la présente comme l’alternative à l’interrupteur mural d’un plafonnier ou d’appliques : le circuit d’éclairage alimente une prise au lieu d’un point lumineux fixe.
2 au maximum, et toujours dans la même pièce. Un interrupteur ne doit jamais commander des prises situées dans des pièces différentes. À partir de 3 prises commandées, il faut un télérupteur, un contacteur ou un équivalent.
Une prise commandée obéit à un interrupteur : elle ne s’alimente que commande fermée. Pour un pilotage différent, c’est un autre terrain, couvert par le comparatif des prises USB-C et connectées.
Non : le point est limité à 16 A et reste prévu pour l’éclairage d’appoint. Un appareil de forte puissance n’a pas sa place sur ce montage, qui appartient au circuit d’éclairage.
Non. Le neutre et la terre rejoignent la prise directement, sans passer par la commande. Seuls la phase et le retour transitent par l’interrupteur.
Il répond à une contrainte précise : avec des prises radiocommandées, aucun fil n’est à poser entre la commande et la prise, pour un minimum de travaux. Le filaire reste la référence quand une gaine peut passer.
Théo Desrousseaux
Artisan électricien — Yvelines (78), Hauts-de-Seine (92) et Paris Ouest
Électricien de terrain : installations, mises aux normes et dépannages au quotidien. J'ai fondé Sparx Élec et je dirige son magazine, lu en France et à l'international : chaque article est relu et validé par mes soins avant publication.
Mon parcours → Diplômes et certifications → Charte éditoriale →
Sources officielles et références
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