Couper l’alimentation
Fermer la vanne ou le robinet d’arrêt et vidanger la ligne concernée.
Vérifié le par
Théo Desrousseaux, électricien
(diplômes et certifications)
Photo : GEBO France En bref
Le raccord GEBO est un raccord à compression mécanique en fonte malléable, que l’on appelle couramment raccord à griffes. Il sert à raccorder du tube acier, du tube acier noir et du tube PE sans filetage ni soudure. Il ne s’installe pas sur le cuivre ni sur le multicouche, et ses limites de pression et de température dépendent du fluide transporté.
Je réponds donc directement à la question de l’usage : sur l’eau potable et le chauffage, dans les limites annoncées par le fabricant, le GEBO est un raccord pratique pour les réparations et les extensions sur tube acier. Sur le gaz, l’usage est encadré par des validations spécifiques du fabricant, jamais par un montage de fortune. La pose exige une insertion complète du tube et un contrôle d’étanchéité, comme je le détaille plus bas.
PN 10
pression de service annoncée pour l’eau sur la série 150
80 °C
température maximale annoncée en eau de chauffage
25 °C
température maximale annoncée pour l’eau potable
12,5 bar
pression annoncée pour l’air comprimé
Le raccord GEBO fonctionne sans filetage : un écrou comprime une bague fendue et un joint conique contre le tube, et la bague s’enfonce dans la matière pour maintenir le tube. L’étanchéité vient du joint, la tenue mécanique des griffes de la bague. Cette conception permet de raccorder un tube lisse sans le tarauder, ce qui explique son usage sur les réparations de lignes existantes.
Le fabricant définit précisément les tubes compatibles. La gamme gebooriginal couvre le tube acier selon la norme DIN EN 10255 (série 1), le tube acier noir selon DIN EN 10220 (séries 2 et 3), et le tube PE de type PE 80, PE 100 et PE-Xa, référencé selon les règles DVGW GW 355 et les normes DIN 8074/75, DIN EN 12201-2 et DIN 16893. Chaque gamme a ses propres séries de raccords : les séries 150 et 220 pour l’acier, les séries 153, 155 et 220 pour le PE.
La gamme inclut aussi les colliers de réparation et de dérivation, qui permettent de traiter une section de tube endommagée sans démonter la ligne entière. Sur un collier, le principe est le même : une bague et un joint comprimés autour du tube, avec des limites propres à chaque référence. Ces colliers se posent par-dessus le tube existant et se referment autour de la zone à réparer, une solution utile sur les canalisations encastrées ou difficilement accessibles.
Sur le tube PE, la tenue du raccord repose sur les mêmes principes que sur l’acier, mais les séries diffèrent : la gamme gebooriginal référence les séries 153, 155 et 220 pour le polyéthylène, contre les séries 150 et 220 pour l’acier. Le choix de la référence se fait donc selon le matériau du tube présent sur la ligne.
Chaque fluide a ses propres limites, annoncées par le fabricant sur les fiches techniques. La série 150 pour tube acier indique une pression de service de PN 10 pour l’eau, de PN 12,5 pour l’air comprimé et de PN 6 pour l’huile. Les températures suivent le même tableau : 25 °C maximum en eau potable, 80 °C maximum en eau de chauffage, 40 °C maximum en huile.
| Fluide | Pression de service | Température maximale |
|---|---|---|
| Fluide Eau potable | Pression de service PN 10 | Température maximale 25 °C |
| Fluide Eau de chauffage | Pression de service PN 10 (6 bar selon les références) | Température maximale 80 °C |
| Fluide Air comprimé | Pression de service PN 12,5 | Température maximale selon fiche |
| Fluide Huile / mazout | Pression de service PN 6 | Température maximale 40 °C |
Limites de service annoncées pour les raccords à compression GEBO sur tube acier
Ces chiffres ne sont pas interchangeables : un raccord posé sur une ligne d’eau chaude sanitaire dépasse le plus souvent les 25 °C annoncés pour l’eau potable, et la question doit être tranchée en lisant la fiche de la référence exacte. Un ballon d’eau chaude réglé à 65 °C alimente des canalisations où l’eau dépasse largement la limite de 25 °C ; sur ce type de réseau, je privilégie des raccords dont la fiche couvre explicitement la température de service.
Sur une chaudière ou un réseau de chauffage, la température de départ peut atteindre 80 °C ; le fabricant l’autorise, mais la marge se réduit. Je rappelle les bases de ce raisonnement dans mon guide des bases de la plomberie maison.
Sur le gaz, le raccord GEBO ne s’utilise que dans les configurations validées par le fabricant. Les références pour tube PE sont établies selon la feuille DVGW GW 355, qui couvre notamment les réseaux de gaz enterrés en polyéthylène. Cette validation technique conditionne l’usage, et je ne pose jamais un raccord à compression sur une conduite de gaz intérieure sans connaître l’agrément de la référence.
Le tube PE enterré suit des règles de pose précises : profondeur d’enfouissement, lit de sable et signalisation, autant de points que le fabricant ne couvre pas dans sa fiche produit.
La prudence s’impose pour une raison simple : une fuite de gaz peut former une atmosphère explosive. L’INRS rappelle que la prévention du risque d’explosion passe par l’empêchement de la formation d’une atmosphère explosive et l’élimination des sources d’inflammation. Sur un réseau gaz, cela signifie un raccord agréé pour le gaz, posé par un professionnel habilité, et un contrôle d’étanchéité après intervention.
Je ne considère donc pas le GEBO comme un raccord gaz universel. La validation DVGW sur le PE enterré ne s’étend pas automatiquement aux tubes acier du réseau intérieur, où les raccordements suivent d’autres règles.
Sur une installation existante, je vérifie aussi l’état du tube avant pose : un tube acier corrodé ne reprend pas la tenue mécanique, même avec un raccord neuf. En cas de doute sur une conduite de gaz, je fais intervenir un professionnel ; c’est le seul traitement sûr d’un fluide qui ne pardonne pas l’improvisation.
Avant de toucher un raccord sous pression
Coupez l’alimentation en eau et vidangez la ligne avant de démonter un raccord. Sur un réseau de gaz, ne procédez jamais vous-même : faites intervenir un professionnel habilité.
Couper l’alimentation
Fermer la vanne ou le robinet d’arrêt et vidanger la ligne concernée.
Préparer le tube
Couper droit, ébavurer l’extrémité et vérifier le diamètre annoncé sur le raccord.
Démonter le raccord
Glisser l’écrou, la bague fendue et le joint conique sur le tube dans le bon ordre.
Insérer et serrer
Enfoncer le tube à fond dans le corps du raccord, puis serrer l’écrou progressivement.
Tester l’étanchéité
Remettre l’eau sous pression, contrôler chaque raccord et resserrer si nécessaire.
L’insertion complète du tube est le point critique : si le tube ne touche pas le fond du corps, la bague serre sur une longueur insuffisante et le raccord tient mal. Je marque la profondeur d’insertion au crayon avant le serrage, ce qui permet de vérifier d’un coup d’œil que le tube n’a pas reculé pendant le serrage de l’écrou.
La vidéo ci-dessous montre la mise en place complète d’un raccord GEBO, de la préparation du tube au serrage de l’écrou : le geste se comprend mieux en image qu’en théorie.
La première erreur consiste à poser le raccord sur un tube mal ébavuré. Les griffes de la bague doivent s’enfoncer dans une surface propre ; une bavure ou une coupe penchée empêche la bague de porter correctement et le joint de s’appuyer sur toute sa circonférence. La deuxième erreur est le serrage irrégulier de l’écrou, qui comprime la bague d’un seul côté et fait fuir le raccord sous pression.
La troisième erreur, la plus fréquente, est de confondre les diamètres. Un raccord de 26,9 mm ne s’installe pas sur un tube de 21,3 mm, même avec une clé plus longue : la bague doit correspondre exactement au tube, et le marquage du raccord fait foi. Le diamètre extérieur du tube se mesure au pied à coulisse, jamais à l’œil, car les appellations commerciales du tube acier (12x17, 15x21, 20x27) se lisent en pouces et en millimètres.
La quatrième erreur consiste à réutiliser une bague fendue déjà serrée : une bague comprimée ne reprend pas sa forme, et un deuxième serrage au même endroit ne garantit plus la tenue. Je remplace systématiquement la bague et le joint lors d’un démontage, un coût minime au regard du risque de fuite.
Je traite les fuites sur les raccords comme une urgence à résoudre rapidement : une fuite lente sous un évier ou derrière un meuble endommage la structure avant d’être visible. Mes guides sur les fuites sous l’évier et sur le remplacement d’un joint de robinet reprennent les gestes de diagnostic et de réparation pour les cas courants.
Le raccord GEBO a des limites réelles. La première est matérielle : il ne convient pas au cuivre ni au multicouche, qui demandent des raccords spécifiques (sertissage, emboîtement). La deuxième est thermique : les 25 °C de l’eau potable et les 80 °C du chauffage doivent se lire sur la fiche de la référence exacte, pas sur une généralité.
La troisième limite concerne la pression de service. Une ligne qui subit des coups de bélier ou une surpression ponctuelle reste dans la limite PN 10 pour l’eau, mais je vérifie la pression réelle du réseau avant de choisir un raccord à compression. Un réseau mal réglé peut dépasser les valeurs de service, et le raccord est alors le premier point à surveiller, comme le détaille le guide sur les causes d’une pression d’eau trop faible.
Je rappelle enfin deux réflexes de vérification. Le premier : une fuite se détecte souvent au compteur d’eau, qui tourne même tous robinets fermés, comme le montre le guide sur un compteur qui tourne alors que tout est fermé.
Le second : sur une ligne enterrée ou encastrée, un détecteur de fuite d’eau permet de localiser une perte avant qu’elle ne devienne visible, ce qui évite les dégâts sur les plafonds et les cloisons.
3 questions
InteractifRaccord GEBO : pose et limites
Tube, pression et montage
Choisissez une réponse
Non. Le raccord à griffes GEBO est conçu pour le tube acier (DIN EN 10255, DIN EN 10220) et le tube PE (PE 80, PE 100, PE-Xa). Le cuivre et le multicouche demandent des raccords dédiés, par sertissage ou emboîtement.
Uniquement dans les configurations validées par le fabricant, par exemple les références tube PE établies selon la feuille DVGW GW 355 pour les réseaux enterrés. Sur un réseau de gaz intérieur, je fais intervenir un professionnel habilité, avec contrôle d’étanchéité après intervention.
Sur la série 150 pour tube acier, le fabricant annonce PN 10 pour l’eau, PN 12,5 pour l’air comprimé et PN 6 pour l’huile ou le mazout. Les températures maximales sont de 25 °C en eau potable et 80 °C en eau de chauffage.
Je coupe l’alimentation, je vide la ligne, puis je démonte le raccord pour contrôler la bague fendue, le joint et l’état du tube. Une bague déjà serrée se remplace ; un tube ébavuré de travers se recoupe. Les bons réflexes en cas de fuite sont détaillés dans le guide sur une fuite d’eau dans un appartement.
Le collier de réparation se pose par-dessus un tube existant pour étancher une section endommagée, là où le raccord à compression relie deux tubes. Certaines références de colliers annoncent des valeurs différentes, comme 16 bar et 90 °C : je lis toujours la fiche de la référence exacte avant de l’employer.
Théo Desrousseaux
Artisan électricien — Yvelines (78), Hauts-de-Seine (92) et Paris Ouest
Électricien de terrain : installations, mises aux normes et dépannages au quotidien. Chaque contenu du site est rédigé et relu par ses soins.
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