Bornier de terre au tableau
Le conducteur de terre se raccorde sur un bornier dédié dans le tableau : son absence ou des couleurs non réglementaires signalent une terre non fiable.
Vérifié le par
Théo Desrousseaux, électricien
(diplômes et certifications)
En bref
60 %
Installations pré-1980 sans terre correcte
A1
Danger immédiat — intervention avant mise sous tension
1 500 €
Mise aux normes minimum (studio)
Un diagnostic électrique obligatoire lors d’une vente révèle immanquablement les mêmes défauts.
Pas parce que les diagnostiqueurs cherchent les mêmes choses — mais parce que les installations françaises ont été construites par vagues, avec les mêmes matériaux et les mêmes lacunes selon les décennies.
Voici les 10 anomalies les plus fréquentes, avec ce que chacune coûte à corriger.
C’est le défaut le plus courant dans les logements construits avant 1990. La norme impose un ou plusieurs disjoncteurs différentiels 30 mA en tête de tableau pour détecter les fuites de courant vers la terre — et couper avant l’électrocution. Obligation NF C 15-100
Sans différentiel, un contact accidentel avec un câble sous tension peut être mortel. Il ne se passe rien au tableau : pas de déclenchement, pas d’alerte.
Classement typique : A1 — Coût de correction : 300 à 800 € TTC selon la configuration du tableau et le nombre de différentiels à installer. Pour comprendre la différence entre protection de circuit et protection des personnes, lisez aussi le guide interrupteur différentiel ou disjoncteur différentiel.
Dans les installations antérieures à 1980, la prise de terre n’existe souvent pas — ou le conducteur de terre a été sectionné, corrodé, ou n’a jamais été raccordé jusqu’aux prises.
En cas de défaut d’isolement sur un appareil, le courant cherche un chemin de retour à travers la personne qui tient l’appareil. C’est le même mécanisme qui fait tomber un différentiel lors d’une panne électrique.
Le conducteur de terre se raccorde sur un bornier dédié dans le tableau : son absence ou des couleurs non réglementaires signalent une terre non fiable.
Classement typique : A1 — Coût de correction : variable. La pose d’une prise de terre seule coûte 300 à 600 €. Si l’ensemble du câblage doit être repris pour y ajouter le conducteur de terre, on approche la mise aux normes complète.
Même si le tableau dispose d’un différentiel général, la norme exige une protection différentielle 30 mA dédiée Obligation NF C 15-100
pour le circuit salle de bain. C’est une pièce à haut risque : eau, électricité, sol mouillé.
Cette protection peut être un disjoncteur différentiel au tableau ou un dispositif différentiel au niveau de la prise de salle de bain.
Le calibre imprimé et le bouton de test permettent de vérifier qu’un circuit bénéficie d’une protection des personnes.
Classement typique : A1 — Coût de correction : 100 à 200 € TTC.
Les tableaux à fusibles en porcelaine ou à cartouches cylindriques ont équipé les logements jusqu’aux années 1970-1980. Ils ne se déclenchent pas : en cas de court-circuit, le fusible fond.
S’il a été remplacé par un calibre trop élevé (pratique courante), aucune protection ne joue. Ces tableaux sont également incompatibles avec les différentiels modernes.
Classement typique : A2 — Coût de correction : 800 à 2 000 € TTC pour un remplacement complet du tableau avec disjoncteurs modulaires. Avant d’accepter un remplacement, vérifiez ce qu’implique vraiment un tableau électrique remis à niveau.
Pour reconnaître un tableau à fusibles, regardez la forme des modules : des porte-fusibles à cartouche au lieu de disjoncteurs.
Attention
Dans de nombreux logements anciens, des câbles courent en apparent sans conduit de protection (pas de goulotte, pas de tube IRL).
Cela expose les fils aux chocs mécaniques, aux rongeurs et au vieillissement accéléré de l’isolation. Certains câbles anciens ont une gaine en caoutchouc qui se désintègre avec le temps.
Classement typique : A2 — Coût de correction : variable selon le linéaire concerné et la possibilité de les masquer dans des goulottes PVC ou s’il faut re-câbler sous gaine encastrée.
Derrière une plinthe, le câblage est souvent nu et les connexions sont faites sans boîte de jonction : c’est une anomalie à signaler dans le rapport.
La liaison équipotentielle relie entre eux tous les éléments conducteurs d’une pièce d’eau (baignoire, receveur, tuyauterie métallique, radiateur sèche-serviettes) pour les mettre au même potentiel électrique.
Dans une pièce d’eau, les éléments métalliques doivent être reliés au même potentiel pour éviter tout choc électrique.
Sans elle, une différence de potentiel peut s’établir entre deux éléments touchés simultanément — même si aucun n’est en défaut apparent.
Classement typique : A2 — Coût de correction : 150 à 400 € TTC selon le nombre d’éléments à relier et l’accessibilité des tuyauteries.
Les prises deux fiches sans broche de terre sont encore présentes dans de nombreux logements anciens. Elles sont incompatibles avec les appareils modernes qui nécessitent une mise à la terre. En cas de défaut d’isolement, aucun chemin de retour sûr n’existe.
Une prise ancienne ne présente que deux alvéoles : aucune broche de terre n’est prévue, aucun chemin de retour sûr en cas de défaut.
Classement typique : A2 — Coût de correction : 50 à 100 € par prise si le câblage existant comporte déjà un conducteur de terre. Si le câble n’a que deux fils, il faut re-câbler.
Certains logements construits dans les années 1960 ont été câblés avec du fil d’aluminium, moins cher que le cuivre à l’époque.
L’aluminium se dilate différemment aux connexions, les bornes se desserrent avec les cycles thermiques, et la résistance augmente. Résultat : points chauds, risques d’incendie.
Classement typique : A1 — Coût de correction : remplacement complet du câblage. Il n’existe pas de solution de réparation partielle fiable.
Un différentiel qui protège trop de circuits déclenche fréquemment — et prive l’ensemble du logement de courant pour un défaut sur un seul appareil. Le simulateur de surcharge tableau aide à comprendre pourquoi certains usages font tomber la même rangée.
Au-delà du confort, c’est aussi un problème de sélectivité : en cas de défaut sérieux, si le différentiel est trop lent à déclencher, c’est le coupe-circuit ENEDIS qui saute.
Classement typique : A2 — Coût de correction : 200 à 500 € TTC pour ajouter un deuxième différentiel et répartir les circuits.
Le disjoncteur de branchement est la coupure générale du logement. Il doit être accessible et fonctionnel pour permettre une coupure rapide en cas d’urgence.
Un disjoncteur encastré dans une trappe condamnée, mal fixé ou décroché de sa platine constitue un danger réel : les bornes sous tension sont potentiellement accessibles.
Classement typique : A1 — Coût de correction : 100 à 300 € TTC pour une remise en état ou un déplacement.
Un diagnostic avec des anomalies A1 ou A2 n’empêche pas une vente. Il doit être remis à l’acheteur, qui est informé de l’état de l’installation. En pratique, il devient un outil de négociation.
Info
La mise aux normes électrique d’un appartement standard prend 1 à 3 jours selon l’état de l’installation.
Indépendamment du diagnostic réglementaire, je propose aussi un diagnostic électrique par sondage avec rapport photo — un exemple de rapport illustré est téléchargeable sur cette page, avec les anomalies classées par ordre de priorité.
Si le rapport révèle des anomalies liées à l’ancienneté de l’installation, consultez mon guide sur les risques des maisons anciennes.
3 questions
InteractifQuiz : les points essentiels du diagnostic électrique
3 questions pour vérifier les points essentiels
Choisissez une réponse
| Anomalie | Classement typique | Coût de correction TTC |
|---|---|---|
| Anomalie Absence de différentiel 30 mA | Classement typique A1 | Coût de correction TTC 300 – 800 € |
| Anomalie Absence de mise à la terre | Classement typique A1 | Coût de correction TTC 300 € – mise aux normes complète |
| Anomalie Pas de différentiel salle de bain | Classement typique A1 | Coût de correction TTC 100 – 200 € |
| Anomalie Tableau à fusibles cartouche | Classement typique A2 | Coût de correction TTC 800 – 2 000 € |
| Anomalie Fils sans gaine de protection | Classement typique A2 | Coût de correction TTC Variable |
| Anomalie Absence de liaison équipotentielle | Classement typique A2 | Coût de correction TTC 150 – 400 € |
| Anomalie Prises sans terre | Classement typique A2 | Coût de correction TTC 50 – 100 € / prise |
| Anomalie Câblage aluminium | Classement typique A1 | Coût de correction TTC Remplacement complet |
| Anomalie Tableau surchargé | Classement typique A2 | Coût de correction TTC 200 – 500 € |
| Anomalie Disjoncteur de branchement inaccessible | Classement typique A1 | Coût de correction TTC 100 – 300 € |
Oui, pour tout logement dont l’installation électrique a plus de 15 ans. Il fait partie du Dossier de Diagnostic Technique (DDT) remis à l’acheteur (article L.134-7 du Code de la construction et de l’habitation). Sa durée de validité est de 3 ans pour une vente, 6 ans pour une location. Avant l’achat, la checklist électrique achat immobilier aide à repérer les points à vérifier.
A1 désigne un danger immédiat pour les personnes — l’installation ne doit pas être mise sous tension. A2 est une anomalie majeure à corriger dans les meilleurs délais, sans danger immédiat avéré. A3 est une recommandation sans urgence. Lors d’une vente, l’acheteur reçoit le rapport et peut négocier sur les A1 et A2.
Pour un appartement standard (T2-T3), comptez 1 à 3 jours de travaux. Pour une maison avec reprise complète du câblage, 3 à 7 jours. Le délai dépend surtout de l’ampleur des saignées nécessaires pour encastrer les nouveaux circuits. Le coût réel d’une mise aux normes varie dans les mêmes proportions selon le logement.
Oui pour les anomalies A2 et A3 — il n’y a pas de coupure automatique. Pour les anomalies A1 (danger immédiat), une intervention est à prévoir rapidement. Aucun organisme ne force la coupure, mais en cas d’accident, la responsabilité du propriétaire est engagée s’il connaissait les anomalies.
Oui, depuis 2017 pour les locations. Le bailleur doit le remettre au locataire à la signature du bail. Un logement loué avec des anomalies A1 non corrigées expose le propriétaire à une mise en cause en responsabilité en cas d’accident.
Théo Desrousseaux
Artisan électricien — Yvelines (78), Hauts-de-Seine (92) et Paris Ouest
Électricien de terrain : installations, mises aux normes et dépannages au quotidien. J'ai fondé Sparx Élec et je dirige son magazine, lu en France et à l'international : chaque article est relu et validé par mes soins avant publication.
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