Fluke 325 face avant
Les positions du sélecteur commandent la grandeur mesurée, dont le courant continu par mâchoire.
Vérifié le par
Théo Desrousseaux, électricien
(diplômes et certifications)
En bref
Je ne compare pas ici « Fluke », « Kyoritsu » et « Hioki » comme trois réputations ni comme trois gammes complètes. Je prends trois références actuelles et documentées de pinces multimètres pour courant alternatif : le Fluke 325, le Kyoritsu KEW 2007R et le Hioki CM3289. Elles permettent de mesurer un courant dans un conducteur sans ouvrir le circuit, mais leurs fonctions, plages et catégories ne se recouvrent pas entièrement.
Je ne compare pas ici « Fluke », « Kyoritsu » et « Hioki » comme trois réputations ni comme trois gammes complètes.
Le premier piège est de conclure à partir de la valeur maximale en ampères. Une pince à 1 000 A peut être moins adaptée qu’une 400 A si la mesure attendue est du courant continu, de la fréquence, une température de contact ou une valeur sur un conducteur peu accessible. À l’inverse, je ne déduis pas de la présence de cordons qu’une pince peut remplacer un contrôleur d’installation, un testeur d’isolement ou un vérificateur d’absence de tension.
Je retiens donc trois questions avant toute préférence de marque : quelle grandeur dois-je lire, dans quelle plage et à quel point de l’installation ? La comparaison des pinces Fluke 323, 324 et 376 FC complète cette logique avec des références de la même marque ; ici, le but est de séparer les capacités réelles de trois pinces précises.
400 A
courant AC et DC maximal annoncé pour le Fluke 325
1 000 A
courant AC maximal annoncé pour le KEW 2007R et le CM3289
33 mm
ouverture maximale de mâchoire documentée sur les Kyoritsu et Hioki comparés
True RMS
méthode AC documentée sur les trois références
Les trois fabricants annoncent une catégorie de mesure, mais je ne la lis jamais comme un badge absolu. Une catégorie CAT III 600 V ou CAT IV 300 V décrit une association de catégorie et de tension. Elle ne signifie pas que tout point de l’installation peut être abordé avec n’importe quelle fonction, n’importe quel cordon et n’importe quel accessoire qui tient physiquement dans les bornes.
Le Fluke 325 est annoncé CAT III 600 V et CAT IV 300 V. Le KEW 2007R porte les mêmes valeurs dans la fiche produit. Hioki distingue explicitement la mâchoire, annoncée CAT IV 300 V ou CAT III 600 V, des bornes de tension, annoncées CAT III 300 V ou CAT II 600 V. Cette différence est décisive : je vérifie la limite attachée à la fonction qui sert réellement au point de mesure, pas celle qui est la plus favorable dans la brochure.
Une tension de 230 V ne dispense pas de cette lecture. Le point d’une installation, son énergie disponible, sa proximité avec l’origine et la chaîne complète de mesure comptent avec le chiffre affiché. Les cordons, pointes et pinces crocodile doivent rester adaptés à la catégorie et à la tension du montage ; le boîtier seul ne rehausse pas un accessoire de catégorie moindre.
Attention
Une pince multimètre ne fait pas une VAT. L’INRS rappelle que la consignation Recommandation INRS ED 6187
comporte notamment la séparation, la condamnation, l’identification et la vérification d’absence de tension. Lire une intensité ou une tension sur une pince ne remplace aucune de ces opérations avant de toucher l’installation.
Pour une intervention, je dissocie donc l’outil de diagnostic de la procédure de sécurité. Le guide du Fluke T6-1000 explique aussi pourquoi un testeur à fourchette n’est pas un raccourci vers une consignation. Pour la procédure, je m’appuie sur un VAT adapté et sur les prescriptions de l’habilitation, notamment celles abordées pour l’habilitation BR.
La différence la plus nette est le courant DC par mâchoire. Fluke publie deux gammes de 40,00 A et 400,0 A en AC, avec une précision de ±(2 % + 5 chiffres) à 45-65 Hz puis ±(2,5 % + 5 chiffres) jusqu’à 400 Hz. Pour le continu, le 325 conserve 40,00 A et 400,0 A, avec une précision de ±(2 % + 5 chiffres).
Cette fonction prend son sens seulement devant un conducteur où le courant continu est la grandeur recherchée. Je ne l’utilise pas pour déduire l’état global d’une batterie, d’un convertisseur ou d’une installation photovoltaïque à partir d’un relevé isolé. La plage, le sens du courant, le conducteur entouré et le régime de fonctionnement sont nécessaires pour donner une interprétation à la valeur.
Fluke publie également 600 V AC et DC, résistance jusqu’à 40 kΩ, continuité à 30 Ω ou moins, capacité jusqu’à 1 000 µF, fréquence de 5 à 500 Hz, température de contact de -10 à 400 °C, Minimum/Maximum et rétroéclairage.
Ce sont des fonctions utiles lorsqu’elles répondent à une hypothèse précise, pas une raison de remplacer un instrument dédié. Pour une mesure d’isolement, par exemple, le contrôleur Fluke ou Megger appartient à une famille d’essais différente.
La mention True RMS sur le courant et la tension AC a aussi une portée bornée. Elle indique une méthode de calcul adaptée aux formes d’onde non sinusoïdales dans les fréquences et limites précisées. Elle ne garantit pas que toute valeur lue sur un variateur, une alimentation à découpage ou une LED suffit à diagnostiquer l’équipement. Je rapproche toujours la bande de fréquence de la fiche et l’incertitude annoncée de la situation à examiner.
Le KEW 2007R est une pince True RMS pour 600,0 A ou 1 000 A AC en autorange. Kyoritsu donne ±(1,5 % de lecture + 4 digits) de 45 à 65 Hz, puis ±(2,0 % + 4 digits) de 40 à 400 Hz. À 50 Hz, ce sont donc les valeurs de la première ligne qui s’appliquent, à condition que la mesure respecte les conditions de la notice.
Il offre aussi 600,0 V AC, 600,0 V DC, résistance sur 600,0 Ω et 6,000 kΩ, et une continuité qui sonne sous 90 Ω. La mâchoire accepte un conducteur de 33 mm de diamètre maximum. Kyoritsu indique deux piles AAA, une autonomie approximative de 170 heures avec piles R03 et l’arrêt automatique après environ dix minutes ; je les lis comme caractéristiques de produit, pas comme une durée constatée sur chantier.
Le tableau de fonctions de Kyoritsu est plus court que celui du Fluke 325, mais il ne faut pas appeler cela une perte sans préciser le besoin. Si la décision porte sur un courant alternatif de charge élevé, l’absence de capacité ou de température ne rend pas la lecture de courant moins valable. Si la décision dépend d’un courant continu, elle exclut en revanche le KEW 2007R puisqu’aucune mesure DC par mâchoire n’est annoncée.
Je vérifie enfin le sens de la comparaison de précision. Les trois fiches utilisent une expression de type pourcentage de lecture plus digits. Une précision de ±(1,5 % + 4 digits) ne se compare pas comme un seul pourcentage à ±(2 % + 5 digits) si l’on ignore la plage, la résolution et la fréquence.
Une valeur basse sur une gamme haute peut donner un poids plus important à la partie « digits ». Je ne proclame donc aucun gagnant métrologique général sans une valeur, une fonction et une gamme définies.
Le CM3289 annonce trois gammes de courant alternatif de 42,00 A, 420,0 A et 1 000 A, de 40 Hz à 1 kHz, avec une précision de base de ±(1,5 % + 5 digits). Sa mâchoire de 33 mm est annoncée avec une épaisseur de 8,3 mm. Hioki met en avant ce profil mince pour atteindre des conducteurs où une pince plus épaisse est moins facile à positionner ; c’est un avantage de géométrie, pas un argument sur la sécurité du point de mesure.
La fiche précise aussi 4,200 à 600 V AC de 45 à 500 Hz, 420,0 mV à 600 V DC, et une résistance de 420,0 Ω à 42,00 MΩ. Le courant mesuré par mâchoire reste AC. Le CM3289 est donc pertinent quand la tension DC aux cordons est utile mais qu’il n’est pas nécessaire de mesurer du courant DC par induction.
Hioki annonce une utilisation de -25 à 65 °C, une chute de 1 mètre sur béton et un boîtier de 57 × 181 × 16 mm pour 100 g. Ces données peuvent changer une décision de portage ou d’environnement, mais elles ne prouvent ni une durée de vie ni une aptitude à un usage non documenté. Je ne transforme pas une fiche d’essai en promesse de fiabilité.
Le CM3289 est bien True RMS pour le courant AC jusqu’à 1 kHz et pour la tension AC jusqu’à 500 Hz, mais Hioki borne aussi le facteur de crête à 2,5 ou moins à 2 500 counts, avec une réduction linéaire à 1,5 ou moins à 4 200 counts. Cette note évite de lire « True RMS » comme une permission générale sur tout signal déformé. Je contrôle la fiche du modèle au lieu d’importer des capacités d’une pince industrielle Hioki plus grande.
Une pince ampèremétrique mesure le champ lié au courant dans la boucle qui l’entoure. Pour un courant de charge, j’entoure un seul conducteur actif identifié. Entourer phase et neutre du même circuit conduit à une compensation importante de leurs champs, et l’affichage ne représente plus le courant consommé comme attendu.
Le CM3289 peut recevoir le CT6280, un capteur flexible optionnel de 800 mm annoncé pour 419,9 A ou 4 199 A AC, avec une précision de ±(3,0 % + 5 digits). Il répond à une difficulté d’accès autour de gros conducteurs ou de chemins complexes. Il ne rend pas une mesure ambiguë correcte : plusieurs conducteurs actifs de circuits différents dans la boucle restent une mauvaise base pour attribuer une valeur à un départ.
Je ne me sers pas de cette photo de capteur autour de plusieurs câbles comme d’une preuve qu’il faut toujours les entourer ensemble. Pour rechercher un courant de fuite, la méthode et la pince sont spécifiques ; elle se distingue de la lecture d’un courant de charge.
Je prends le Fluke 325 quand le courant continu par mâchoire, la fréquence, la capacité ou la température de contact font partie du diagnostic. Je garde en tête sa limite de 400 A et CAT III 600 V/CAT IV 300 V. Sa polyvalence évite de porter plusieurs appareils sur certaines recherches, mais elle ne remplace ni un mégohmmètre, ni un contrôleur d’installation, ni une caméra thermique.
Les positions du sélecteur commandent la grandeur mesurée, dont le courant continu par mâchoire.
Je prends le Kyoritsu KEW 2007R pour une mesure de courant alternatif jusqu’à 1 000 A, avec les fonctions tension et continuité explicitement publiées, lorsque l’absence de courant DC et de fonctions additionnelles est compatible avec le besoin. Je vérifie la précision dans la bande 45-65 Hz ou 40-400 Hz selon le signal, le diamètre de 33 mm et CAT IV 300 V/CAT III 600 V.
Je prends le Hioki CM3289 si son profil fin est la contrainte qui décide, ou si la possibilité de capteur flexible AC CT6280 répond à un conducteur difficile à entourer. Je lis les limites distinctes de la mâchoire et des bornes, et je ne lui demande pas un courant continu par pince. Son format n’est pas une dispense de sélectionner le bon conducteur ni de sécuriser l’intervention.
Je ne tire pas d’un comparatif de fiches produit pas une conclusion sur le prix, le SAV, la disponibilité locale, la durée de vie ou la qualité perçue. Ces éléments demanderaient des sources séparées et datées. Je ne classe pas non plus les marques par « fiabilité » sur des retours isolés, parce que cela masquerait la question mesurable : quel appareil peut produire la valeur nécessaire dans des conditions maîtrisées ?
Je n’assimile pas davantage une précision catalogue à la précision de chaque mesure réelle. Les batteries, le positionnement du conducteur, la plage sélectionnée, les cordons, la température, la fréquence et les perturbations possibles peuvent rendre une lecture inutilisable pour la décision recherchée. Lorsqu’une valeur a une conséquence de sécurité ou de conformité, je choisis l’appareil et la procédure prévus pour l’essai, avec une traçabilité adaptée si elle est requise.
Pour le suivi des instruments eux-mêmes, le comparatif de multimètres rappelle qu’une fonction de mesure doit correspondre au besoin réel. Vérification, étalonnage et périodicité restent des sujets distincts : aucun calendrier universel ne peut être déduit de la marque inscrite sur la pince. Ici, je retiens surtout une règle : les trois appareils deviennent utiles quand leur référence, leur fonction et leur limite CAT correspondent à la mesure, pas avant.
Fluke 325
Avantages
Inconvénients
Bénéfices cachés
Coûts cachés
3 questions
InteractifQuiz : Fluke, Kyoritsu ou Hioki : quelle pince ampèremétrique ?
3 questions pour vérifier les points essentiels
Choisissez une réponse
Oui. La fiche du Fluke 325 annonce deux gammes de courant par mâchoire, 40,00 A et 400,0 A, en alternatif comme en continu. Cette fonction n’est pas annoncée pour le KEW 2007R ni le CM3289 retenus ici.
Oui. Kyoritsu indique une mesure True RMS pour le courant alternatif 600/1 000 A et publie une précision distincte pour les bandes 45-65 Hz puis 40-400 Hz.
Pas avec sa mâchoire seule, limitée au courant AC 1 000 A. Hioki annonce jusqu’à 4 199 A AC avec le capteur flexible optionnel CT6280, selon les conditions propres à cet accessoire.
Non. Une pince lit une grandeur électrique ; elle ne remplace pas la VAT dans la consignation. L’INRS décrit notamment séparation, condamnation, identification et vérification d’absence de tension comme étapes de cette procédure.
Hioki publie une limite pour la mâchoire de courant et une autre pour les bornes de tension. Je lis donc la catégorie avec la fonction employée et les cordons utilisés, jamais comme une seule valeur applicable à tout le boîtier.
Pour le courant de charge d’un circuit, non : j’entoure un seul conducteur actif identifié. Phase et neutre ensemble compensent largement leurs champs. Les mesures de fuite suivent une méthode différente avec une pince adaptée.
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Théo Desrousseaux
Artisan électricien — Yvelines (78), Hauts-de-Seine (92) et Paris Ouest
Électricien de terrain : installations, mises aux normes et dépannages au quotidien. J'ai fondé Sparx Élec et je dirige son magazine, lu en France et à l'international : chaque article est relu et validé par mes soins avant publication.
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