Hioki : histoire de la marque et instruments de mesure
Vérifié le par Théo Desrousseaux, électricien (diplômes & certifications)
Photo : Hioki — pince ampèremétrique CM3289 En bref
- Hioki fait commencer son histoire en 1935, avec la fabrication de compteurs électriques à Tokyo par Mizo Hioki.
- La société actuelle est incorporée en 1952 ; le déménagement à Nagano après-guerre, le premier testeur de 1946 et la pince CT-300 de 1971 sont des jalons distincts.
- Le catalogue rassemble des familles très différentes : pince portable, testeur d’isolement, enregistreur, analyseur de puissance et instrument de résistance de batterie.
- L’histoire ne permet ni de classer les marques ni de choisir un appareil : je vérifie la référence, la grandeur, les entrées et les limites de l’essai.
Hioki n’est pas né avec une pince multimètre jaune. La chronologie publiée par l’entreprise commence en 1935, lorsque Mizo Hioki fabrique des compteurs électriques à Minato, Tokyo. Elle passe ensuite par les testeurs portables, les pinces, la mesure d’isolement et l’enregistrement de formes d’onde. Le catalogue actuel couvre aussi l’analyse de puissance, la résistance de batteries et l’acquisition de données.
Cette largeur explique une confusion fréquente : voir le même logo sur une pince, un boîtier de paillasse et un enregistreur ne dit pas qu’ils mesurent la même chose ni qu’ils se remplacent. Une CM3289 lit un courant alternatif dans un conducteur. Un PW8001 analyse des grandeurs de puissance par des entrées et capteurs dédiés. Un BT3564 contrôle résistance interne et tension ouverte de batteries dans un contexte prévu par sa fiche. Je les sépare donc au lieu de construire une réputation unique de marque.
Je m’appuie ici sur la frise de Hioki, son profil institutionnel, son rapport intégré et les fiches de cinq références. L’objectif est de distinguer ce que les sources établissent sur l’histoire de l’entreprise, de ce qu’un électricien peut réellement déduire pour un besoin de mesure. La comparaison Fluke, Kyoritsu et Hioki répond, elle, à une question beaucoup plus étroite : trois pinces précises, avec leurs fonctions publiées.
1935
début de fabrication de compteurs électriques à Tokyo selon la frise Hioki
1952
incorporation de HIOKI E.E. CORPORATION avec un capital de 1,8 million de yens
1971
lancement du Clamp Tester CT-300 dans la chronologie officielle
8
canaux de puissance maximum annoncés pour un PW8001 actuel
1935, 1945 et 1952 : trois dates qui ne disent pas la même chose
La date de 1935 est celle de l’origine d’activité affichée par Hioki : Mizo Hioki commence alors à fabriquer des appareils indicateurs électriques dans l’arrondissement de Minato. En 1938, la frise indique la création de HIOKI Electrical Instrument Works à Meguro. Ces deux étapes décrivent le début de la fabrication et l’établissement d’un atelier, pas l’incorporation de la société actuelle.
La guerre crée une deuxième rupture documentée. En 1945, l’usine est déplacée vers Sakaki, dans la préfecture de Nagano, après les destructions de guerre. Hioki associe à cette période les panneaux indicateurs H-45 et H-65. L’année suivante, la même frise mentionne son premier testeur, le H Circuit Tester. Il faut garder ce vocabulaire : un compteur de tableau, un testeur et une pince ne sont pas trois noms pour un même instrument.
L’incorporation est ensuite placée en janvier 1952. Le profil de l’entreprise donne lui aussi 1935 comme année de fondation et 1952 comme année de constitution. Il attribue la première présidence à Mineji Hioki et mentionne un capital initial de 1,8 million de yens. Cette double date est cohérente : je peux parler d’une activité fondée en 1935 et d’une société incorporée en 1952, mais pas réduire les deux événements à une date interchangeable.
| Date | Jalon documenté | Ce que je peux en conclure |
|---|---|---|
| Date 1935 | Jalon documenté Mizo Hioki commence la fabrication de compteurs électriques à Tokyo. | Ce que je peux en conclure Origine d’activité revendiquée par l’entreprise. |
| Date 1945-1946 | Jalon documenté Déplacement à Sakaki puis lancement du premier testeur H Circuit Tester. | Ce que je peux en conclure Passage documenté vers les testeurs, pas spécification d’un appareil actuel. |
| Date 1952 | Jalon documenté Incorporation de HIOKI E.E. CORPORATION. | Ce que je peux en conclure Date de constitution de la société actuelle selon le profil officiel. |
| Date 1971-1978 | Jalon documenté CT-300, testeur d’isolement IR-305, puis appareils numériques et mesure de puissance par pince. | Ce que je peux en conclure Élargissement des familles de mesure dans la frise du fabricant. |
Les dates viennent de la chronologie et du profil de Hioki. Elles ne décrivent ni une disponibilité actuelle ni une équivalence entre familles.
Les années 1968 à 1983 : des jalons d’instruments, pas une seule gamme
La frise officielle marque d’abord 1968 avec l’autorisation d’apposer le marquage JIS sur des compteurs indicateurs électriques. Le JIS est un système japonais de normes industrielles. Cette indication établit un jalon de la production de compteurs de l’époque ; elle ne permet pas d’affirmer qu’un appareil actuel possède telle certification sans consulter sa déclaration ou sa fiche propre.
En 1971, Hioki indique le lancement du Clamp Tester CT-300. En 1974, il ajoute l’IR-305, un mesureur de résistance d’isolement, et l’ER-309, un appareil de terre. En 1975 apparaissent le Digital HiTester 3201 et un compteur à bande tendue. Puis la frise mentionne le Digital Clamp HiTester 3202 en 1977 et des appareils de puissance à pince 3131 et 3133 en 1978.
Cette succession est utile pour comprendre le vocabulaire récurrent des catalogues : HiTester peut désigner plusieurs familles historiques, tandis que la grandeur mesurée reste déterminante. Une pince de courant ne réalise pas un essai d’isolement. Un testeur d’isolement ne détermine pas une qualité de puissance. Une mesure de terre ne s’invente pas à partir d’une mesure de continuité. Je pars de l’essai à réaliser avant de chercher une référence.
Info
Un jalon de 1971 ou de 1974 date l’apparition d’une famille dans l’histoire publiée par Hioki. Il ne donne ni la plage, ni la catégorie de surtension, ni la méthode de raccordement d’un instrument vendu ou acheté d’occasion.
En 1983, la chronologie mentionne le Memory HiCorder 8801. L’appellation devient ensuite une branche identifiable de l’offre : enregistrer et analyser un signal est une autre tâche que faire une lecture instantanée sur un afficheur de pince. Le lancement de l’In-Circuit HiTester 1101 en 1986 relève encore d’une utilisation de circuit différente. L’histoire documente un élargissement, pas une promesse selon laquelle tous les appareils de la marque seraient adaptés à tous les diagnostics.
Les appareils de paillasse : analyser une puissance, pas « mesurer au tableau »
Le PW8001 donne une image nette de la séparation entre laboratoire, développement et terrain. La fiche constructeur le nomme Power Analyzer et annonce une configuration jusqu’à huit canaux de puissance. Selon l’unité d’entrée, elle donne une bande allant du continu à 1 MHz ou 5 MHz, et décrit des applications sur moteurs, onduleurs, composants SiC ou GaN, réactances et transformateurs.
La taille des chiffres n’autorise pas à lire la fiche comme une recette de chantier. Les précisions de base, le débit d’échantillonnage ou les limites de tension dépendent de l’unité d’entrée et du capteur de courant associés. La page indique elle-même des notes de configuration. Une précision de l’analyseur sans la référence du capteur, la gamme réglée et le montage de mesure ne suffit pas à qualifier un rendement.
La visualisation de puissance sert à relier tension, courant, déphasage, fréquence et canaux dans une configuration explicitement définie. L’image de l’instrument ne prouve donc pas qu’un câblage est sûr, que des sondes sont compatibles ou qu’un résultat est comparable à un autre relevé. Sur une installation, la première décision est la grandeur à vérifier. La seconde est l’instrument qui la mesure dans les conditions prévues. Cette logique évite de choisir un appareil « haut de gamme » qui ne possède pas les entrées ou accessoires nécessaires.
Cette branche est cohérente avec le rapport intégré 2024 : Hioki y distingue les analyseurs de puissance, les instruments de terrain, l’acquisition de données et les équipements de test de batteries. Je lis cette catégorisation comme une carte de spécialités internes, non comme une échelle de qualité. Un outil plus spécialisé peut être inadapté à un besoin plus simple, et l’inverse est tout aussi vrai.
Memory HiCorder : enregistrer une forme d’onde est une autre opération
Le MR6000 est un autre exemple d’instrument qui ne se confond pas avec une mesure portable. Hioki le présente comme un Memory HiCorder destiné à l’acquisition et à l’enregistrement. La fiche annonce jusqu’à huit modules d’entrée, 32 voies analogiques avec le module U8975 ou 128 voies logiques avec le 8973. Le boîtier ne fonctionne pas seul : au moins un module d’entrée est requis.
Le détail compte. Les plages, la tension admissible, la bande passante et la fréquence d’échantillonnage dépendent du module installé. La fiche donne par exemple jusqu’à 200 MS/s simultanés avec l’U8976, mais aussi des limites d’entrée différentes selon U8974, U8975 et U8976. Dire seulement « le MR6000 fait 200 MS/s » fait perdre l’information qui décide : quel ensemble instrument, module et signal est concerné.
La page décrit des modes d’enregistrement destinés à conserver des événements rapides et des tendances longues. C’est utile lorsqu’un défaut est intermittent ou lorsqu’il faut corréler plusieurs grandeurs dans le temps. Ce n’est pas un raccourci vers un diagnostic : il faut définir l’événement recherché, les voies, les capteurs, le déclenchement et la durée de capture avant de donner un sens au fichier.
Une intervention sur un tableau ne devient pas un essai de développement parce qu’un enregistreur peut mémoriser un signal. La prévention du risque électrique décrite par l’INRS reste indépendante du niveau de l’instrument. Les prescriptions de prévention et d’habilitation organisent le travail ; l’enregistreur fournit des données seulement après que le point de mesure et la méthode ont été rendus sûrs.
Batterie : résistance interne et tension ouverte, pas état de santé universel
La famille des testeurs de batteries est encore plus éloignée d’une pince de courant. Hioki décrit le BT3564 comme un Battery HiTester pour la mesure simultanée de résistance interne et de tension à vide. La fiche de la série donne une source d’essai à 1 kHz, une entrée jusqu’à 1 000 V DC, des plages de résistance de 0,1 μΩ à 3 000 Ω, ainsi que des usages de contrôle de cellules et packs, dont des packs de véhicules électriques et hybrides sur ligne de production.
Ces caractéristiques permettent de situer la fonction. Elles ne font pas d’un relevé de résistance interne un verdict universel sur une batterie. La chimie, la température, l’état de charge, les contacts, la méthode à quatre fils et le seuil de comparaison propre à l’objet contrôlé comptent. Hioki mentionne d’ailleurs des décisions comparateur et des plages très différentes : je ne transfère pas une valeur admise pour un busbar à une petite cellule ou à une batterie de service.
Le rapport intégré relie ce développement aux batteries rechargeables, à l’électrification et aux composants de puissance. C’est un contexte industriel, pas une déclaration de disponibilité en France, de prix, de support ou de compatibilité d’accessoires. Pour acheter, raccorder ou faire étalonner une référence, je vérifie le document de la référence et le canal choisi au moment de la décision, au lieu de m’appuyer sur cette histoire de gamme.
Du terrain à l’isolement : deux familles qui demandent des précautions propres
La CM3289 est une pince de courant alternatif de terrain. Hioki publie pour cette référence des gammes de 42,00 A, 420,0 A et 1 000 A AC, une mâchoire de 33 mm et des fonctions de tension AC/DC, résistance et continuité aux bornes. Sa fiche distingue également les limites CAT de la mâchoire et celles des bornes de tension. Cette séparation est importante : la catégorie la plus favorable lue sur une partie de l’appareil ne s’applique pas automatiquement à l’autre fonction.
Une pince lit une grandeur. Elle ne réalise pas une consignation. Avant de toucher une installation, je sépare le choix de l’outil de diagnostic des opérations de mise hors tension et de vérification d’absence de tension. Le guide sur la pince ampèremétrique Fluke détaille la même distinction entre une mesure de courant et la procédure de sécurité. Le Code du travail impose que les opérations sur les installations électriques soient réalisées selon des prescriptions de sécurité, notamment par des travailleurs habilités lorsque le cadre l’exige ; l’article R4544-5 ne transforme pas une pince en VAT.
Le IR4057 appartient à une autre famille : celle des testeurs de résistance d’isolement. La page Hioki le classe comme discontinué et annonce cinq tensions d’essai de 50 à 1 000 V DC, une mesure de continuité à 200 mA et une catégorie CAT III 600 V. Une fiche de produit discontinué reste utile pour identifier l’appareil rencontré, mais elle ne suffit pas à conclure sur le remplacement, les accessoires encore disponibles ou l’état de calibration d’un exemplaire.
L’essai d’isolement applique une tension continue sélectionnée. Il ne se pratique donc pas sur un circuit laissé sous tension, ni sur des appareils électroniques ou composants raccordés qui ne supportent pas l’essai. Je commence par identifier le circuit, isoler les éléments incompatibles, appliquer la procédure de sécurité et lire la notice de la référence. Le fonctionnement d’un mégohmmètre explique pourquoi la tension d’essai, les cordons et le circuit préparé font partie du résultat.
Ce que l’histoire de Hioki ne permet pas de conclure
Une entreprise présente depuis 1935 peut avoir une documentation de gamme très large sans que cela désigne le bon appareil pour une tâche. L’histoire aide à reconnaître que Hioki couvre le laboratoire, la production et le terrain. Elle ne donne pas le seuil de précision nécessaire, l’accessoire réellement inclus, le schéma de raccordement, la conformité à un cahier des charges ni la disponibilité d’une référence.
Je ne déduis donc pas d’une ancienneté une meilleure mesure, une robustesse générale, un meilleur service ou un prix plus pertinent. Ces quatre jugements demanderaient des sources et un périmètre différents. La périodicité d’étalonnage d’un multimètre dépend elle aussi du risque de mesure, des exigences de traçabilité et de l’usage, pas du seul nom inscrit sur le boîtier.
- Je définis la grandeur : courant, tension, isolement, terre, puissance, résistance interne ou forme d’onde ne désignent pas le même essai.
- Je nomme la référence complète : un préfixe de gamme et un modèle voisin peuvent avoir des entrées, limites ou accessoires différents.
- Je lis les conditions de fiche : plage, fréquence, capteur, cordons, catégorie et module d’entrée font partie de la mesure.
- Je sépare sécurité et mesure : un instrument de diagnostic ne remplace ni une VAT ni une consignation.
Cette méthode s’applique aussi lorsqu’un appareil est ancien. Une annonce portant « Hioki » ne donne pas l’état des piles, des fusibles, des cordons, de l’écran, des connecteurs ni des fonctions de sécurité. La frise explique d’où vient une famille d’instruments ; la notice et l’examen réel de l’appareil déterminent si je peux l’utiliser pour une mesure précise.
Questions fréquentes sur Hioki
Quand Hioki a-t-il été fondé ?
Hioki date son origine de juin 1935, lorsque Mizo Hioki commence la fabrication de compteurs électriques à Tokyo. Le profil de l’entreprise distingue cette fondation de l’incorporation de 1952 de HIOKI E.E. CORPORATION.
Hioki fabrique-t-il seulement des pinces ampèremétriques ?
Non. Les pages Hioki consultées couvrent notamment les pinces, testeurs d’isolement, analyseurs de puissance, enregistreurs de formes d’onde et testeurs de batteries. Chaque famille mesure une grandeur et utilise des raccordements différents.
Une pince Hioki peut-elle remplacer un vérificateur d’absence de tension ?
Non. Une pince multimètre sert à lire une grandeur documentée. Elle ne remplace pas la consignation ni la vérification d’absence de tension requise avant une intervention sur une installation.
Le Hioki CM3289 mesure-t-il le courant continu ?
La fiche du CM3289 annonce le courant alternatif par mâchoire. Elle publie aussi des mesures de tension AC/DC aux bornes, mais cela ne constitue pas une mesure de courant continu par pince.
Le IR4057 est-il encore actuel ?
La page fabricant consultée marque le IR4057 comme discontinué. Elle reste utile pour identifier ses tensions d’essai et ses limites publiées, mais ne prouve ni le remplacement disponible ni l’état d’un appareil d’occasion.
L’histoire de Hioki suffit-elle pour choisir un analyseur de puissance ?
Non. Pour un analyseur comme le PW8001, il faut vérifier les unités d’entrée, les capteurs, les canaux, la fréquence, les limites de tension et la configuration exacte. L’ancienneté de la marque ne renseigne pas ces paramètres.
À retenir
L’histoire de Hioki montre une spécialisation continue dans la mesure électrique depuis 1935, avec des étapes clairement attribuées aux compteurs, testeurs, pinces, enregistreurs et analyseurs. Elle est utile pour ne pas réduire la marque à une seule pince portable. Elle ne dispense jamais de choisir sur la référence exacte, la grandeur recherchée, les limites publiées et une procédure de sécurité adaptée.
Théo Desrousseaux
Artisan électricien — Yvelines (78) & Hauts-de-Seine (92)
Électricien de terrain : installations, mises aux normes et dépannages au quotidien. Chaque contenu du site est rédigé et relu par ses soins.
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Sources officielles et références
- 1. Hioki — History
- 2. Hioki — Company Profile
- 3. Hioki — Integrated Report 2024
- 4. Hioki — Power Analyzer PW8001
- 5. Hioki — Memory HiCorder MR6000
- 6. Hioki — Battery HiTester BT3564
- 7. Hioki — Insulation Tester IR4057
- 8. Hioki — AC Clamp Meter CM3289
- 9. INRS — La prévention du risque électrique, ED 6187 Officiel
- 10. Légifrance — Code du travail, article R4544-5 Officiel
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