Compteur Linky et disjoncteur d’abonné
La coupure par dépassement de puissance se joue à l’entrée de l’installation, avant les protections du tableau.
Vérifié le par
Théo Desrousseaux, électricien
(diplômes et certifications)
En bref
Choisir la puissance de compteur d’une maison revient à répondre à une question simple : quels appareils vont demander de l’électricité au même moment ? Ce n’est pas la surface du logement, ni le montant de la facture annuelle qui décide seule entre 6, 9 ou 12 kVA.
C’est la pointe de puissance du soir, du matin ou d’une journée froide.
Un logement peut consommer beaucoup de kilowattheures sur un mois sans jamais dépasser 6 kVA s’il répartit ses usages. À l’inverse, un foyer sobre peut couper régulièrement si la plaque, le four, le chauffe-eau et le chauffage démarrent ensemble.
Linky rend cette limite plus visible, mais il ne résout pas une mauvaise répartition des usages.
La puissance souscrite est affichée en kVA sur le contrat. C’est la capacité maximale que le réseau met à disposition à un instant donné. La puissance réelle d’un appareil est souvent exprimée en kW.
Dans une maison courante, les deux ordres de grandeur sont proches, mais ils ne doivent pas être traités comme strictement identiques pour tous les équipements.
Le kWh mesure l’énergie consommée dans le temps. Un radiateur de 1 000 W qui fonctionne une heure utilise environ 1 kWh. Cette donnée détermine la plus grande partie de la facture d’énergie. Elle ne dit pas si le compteur va couper lorsque plusieurs appareils chauffent simultanément.
6 kVA
repère fréquent pour un logement sans gros cumul électrique
9 kVA
palier courant pour une maison avec usages électriques simultanés
12 kVA
à étudier pour gros chauffage, PAC ou recharge peu pilotée
Un abonnement n’est donc pas une réserve de consommation mensuelle. Il constitue une limite de puissance instantanée. Avant de demander une hausse, regardez quelle combinaison déclenche réellement la coupure et à quelle fréquence elle se produit.
3 kVA correspond à de très petits besoins : studio, chauffage non électrique, peu d’appareils puissants et peu de simultanéité. Ce n’est pas une puissance confortable pour une cuisine électrique. Une bouilloire ou un micro-ondes peut déjà consommer une part importante de la disponibilité.
6 kVA est le repère courant pour un appartement, une petite maison au gaz ou un logement qui ne cumule pas beaucoup de gros usages. Il peut convenir avec une plaque, un four et un ballon, à condition que les usages soient organisés.
La marge devient faible quand le chauffage électrique ou une recharge de véhicule s’ajoute au même créneau.
9 kVA donne une marge intéressante à une maison familiale avec cuisine électrique, lave-linge, sèche-linge, ballon et chauffage partiel. Ce n’est pas une assurance tous risques : une borne 7,4 kW laissée à pleine puissance peut presque absorber à elle seule la marge d’un contrat 9 kVA.
12 kVA et au-delà se justifient lorsque les pics sont réellement durables : chauffage électrique important, pompe à chaleur avec appoint, atelier, grande cuisine, piscine ou recharge de véhicule difficile à décaler. Le passage à 12 kVA doit venir après l’étude du pilotage.
Augmenter le contrat pour un pic de vingt minutes tous les soirs peut coûter plus cher qu’un délestage propre.
| Profil | Puissance à étudier | Ce qui décide |
|---|---|---|
| Profil Petit logement peu électrifié | Puissance à étudier 3 ou 6 kVA | Ce qui décide Cuisson, chauffage et ballon peu ou pas électriques |
| Profil Appartement ou maison standard | Puissance à étudier 6 kVA | Ce qui décide Peu de gros appareils utilisés en même temps |
| Profil Maison familiale électrique | Puissance à étudier 9 kVA | Ce qui décide Cuisine, ballon, chauffage partiel et usages du soir |
| Profil PAC, chauffage important ou borne | Puissance à étudier 9 à 12 kVA | Ce qui décide Durée des pointes, délestage et intensité de recharge |
| Profil Maison triphasée | Puissance à étudier Selon contrat et phases | Ce qui décide Équilibre entre les trois phases |
Repères de départ : seul le relevé des usages simultanés permet de retenir une puissance.
Commencez par votre facture et le compteur. Notez la puissance souscrite et les coupures récentes. Si Linky affiche un message de dépassement de puissance, l’abonnement est une piste crédible.
Si un interrupteur différentiel ou un petit disjoncteur est abaissé au tableau, le problème est différent : une hausse de kVA ne répare pas un défaut électrique.
Ensuite, listez les appareils qui fonctionnent pendant la pointe : plaques, four, lave-vaisselle, sèche-linge, chauffe-eau, radiateurs, PAC, ballon, machine à laver et borne. La puissance maximale inscrite sur une étiquette n’est pas toujours appelée en continu, mais elle donne l’ordre de grandeur à surveiller.
Un exemple simple : la cuisson du soir peut réunir une plaque à induction, un four, une hotte, un chauffe-eau qui démarre en heures creuses et deux radiateurs. Si une voiture se met aussi à charger, le dépassement devient logique.
Déplacer le ballon, moduler la borne ou programmer le sèche-linge peut être plus efficace qu’une hausse permanente.
Le simulateur de puissance électrique aide à dresser une première liste. Il ne remplace pas les valeurs mesurées ni la puissance réellement appelée par une PAC ou une borne. Utilisez-le pour identifier les scénarios à vérifier, pas comme une autorisation automatique de modifier le contrat.
Un compteur Linky peut couper quand la puissance demandée dépasse durablement la puissance souscrite. Dans ce cas, le tableau peut rester visuellement intact et le compteur affiche un message lié à la puissance. Réduire les usages simultanés puis remettre en service permet de confirmer le scénario.
Compteur Linky et disjoncteur d’abonné
La coupure par dépassement de puissance se joue à l’entrée de l’installation, avant les protections du tableau.
Quand un dispositif du tableau est abaissé, il faut raisonner autrement. Un disjoncteur divisionnaire protège un circuit contre surcharge et court-circuit. Un interrupteur différentiel détecte une fuite de courant. Aucune de ces coupures ne se corrige en passant de 6 à 9 kVA.
Le guide Linky qui disjoncte par puissance insuffisante détaille le diagnostic sans ouvrir le tableau.

Attention
Une borne est le cas le plus visible. Une recharge monophasée à 7,4 kW tire un courant important et peut durer des heures. Sur 9 kVA, la marge restante pour le logement est faible.
Un pilotage dynamique qui réduit la borne lorsque la maison consomme permet souvent de garder le même contrat, avec une charge plus lente mais sans coupure.
Une pompe à chaleur demande une lecture plus fine. Sa puissance varie avec la température extérieure, les cycles et l’appoint éventuel. Le courant de démarrage, l’appoint électrique et les autres usages de la maison peuvent faire la différence entre un 9 et un 12 kVA.
La plaque constructeur et le mode de raccordement doivent être vérifiés avant toute conclusion.
Le chauffage électrique direct peut être délesté zone par zone. Couper temporairement les radiateurs les moins prioritaires pendant une pointe de cuisson est parfois invisible en confort et évite une hausse d’abonnement.
Un délesteur mal réglé, en revanche, peut créer des coupures de chauffage pénibles sans faire gagner de puissance utile.
Le délestage d’une borne de recharge est souvent le premier levier à examiner. Une voiture reste branchée plusieurs heures : elle peut accepter une baisse de puissance sans conséquence, alors que le four ou la plaque doivent rester disponibles pendant le repas.
En monophasé, la puissance est disponible sur une seule phase. En triphasé, elle est répartie entre trois phases. Un contrat de 12 kVA triphasé ne permet donc pas de tirer 12 kVA sur un seul appareil monophasé. La phase concernée peut atteindre sa limite alors que les deux autres sont peu chargées.
Différentiel triphasé
Reconnaître une alimentation triphasée évite de comparer la marge comme si elle était monophasée.
Ce point est fréquent dans les maisons anciennes avec compteur triphasé et appareils récents en 230 V. Un four, une borne monophasée ou une PAC peuvent avoir été raccordés sur la même phase.
La solution peut être un équilibrage du tableau, un réglage de la borne ou une étude du passage au monophasé, pas automatiquement une hausse de puissance.
Le guide monophasé ou triphasé explique comment identifier l’alimentation sans toucher aux parties réservées au gestionnaire de réseau. Pour une installation triphasée, regardez aussi l’équilibrage des phases avant tout changement de contrat.
Une puissance souscrite supérieure augmente la part fixe de l’abonnement. Les tarifs évoluent, donc il faut toujours vérifier la grille actuelle du fournisseur ou la publication de la CRE. Le principe reste stable : plus de kVA apporte davantage de disponibilité instantanée, mais ne réduit pas à lui seul les kWh consommés.
Monter de 6 à 9 kVA est rationnel si les coupures arrivent souvent malgré une bonne organisation. Monter de 9 à 12 kVA l’est lorsque la pointe est structurelle : chauffage, PAC, atelier ou recharge qui doit rester rapide.
Si la hausse sert seulement à absorber une mauvaise programmation, le coût fixe s’ajoute chaque mois sans améliorer durablement l’installation.
Ne choisissez pas la puissance à partir d’un ancien tableau de prix trouvé en ligne. Les options tarifaires et grilles peuvent changer. Le guide Tarif Bleu EDF distingue le choix de puissance du prix du kWh et des options heures creuses.
Demandez un contrôle quand les coupures ne correspondent pas à un cumul évident, quand le tableau est ancien, lorsqu’une borne ou une PAC est ajoutée, ou quand la maison triphasée se déséquilibre.
Une mesure des courants et un examen des départs montrent souvent si le problème vient de l’abonnement, d’un réglage ou d’un circuit.
Ne modifiez pas le tableau pour gagner des kVA
La puissance de contrat se règle avec le fournisseur et le gestionnaire de réseau. Ne changez ni le réglage du disjoncteur d’abonné, ni les conducteurs, ni les protections du tableau pour éviter une coupure. Toute intervention sur l’installation doit être hors tension et réalisée avec une méthode adaptée.
Choisir sa puissance de compteur
Le bon contrat est celui qui couvre vos pics réels, pas celui qui paraît le plus confortable sur le papier. Relevez les usages simultanés, pilotez ce qui peut l’être, puis passez à 9 ou 12 kVA seulement si la pointe reste durablement trop haute.
3 questions
InteractifQuiz : Puissance compteur maison : 6, 9 ou 12 kVA ?
3 questions pour vérifier les points essentiels
Choisissez une réponse
Cela dépend des usages. 6 kVA peuvent suffire à une petite maison ou un logement sans chauffage électrique important. Avec plaques, four, ballon, radiateurs, PAC ou borne utilisés ensemble, la marge devient souvent trop faible.
Relevez les coupures et les appareils actifs. Si le compteur indique un dépassement de puissance malgré une bonne programmation des appareils déplaçables, 9 kVA peut être cohérent. Si un différentiel tombe, cherchez un défaut électrique à la place. Un compteur Linky qui disjoncte aide à distinguer les situations.
Pas forcément. Avec un délestage dynamique, la borne peut réduire sa puissance lorsque la maison utilise la cuisson ou le chauffage. Sans pilotage, une borne à pleine puissance laisse peu de marge sur un contrat 9 kVA.
Non. 12 kVA peut exister en monophasé ou en triphasé. Le type d’alimentation se vérifie sur le compteur, les protections et l’installation, pas à partir du seul chiffre de la facture.
Non. Une hausse de puissance augmente la capacité disponible en même temps, pas l’efficacité des appareils. Les kWh consommés dépendent de leurs usages, de leur rendement et de la durée de fonctionnement.
Théo Desrousseaux
Artisan électricien — Yvelines (78), Hauts-de-Seine (92) et Paris Ouest
Électricien de terrain : installations, mises aux normes et dépannages au quotidien. J'ai fondé Sparx Élec et je dirige son magazine, lu en France et à l'international : chaque article est relu et validé par mes soins avant publication.
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