Pinces C.K Tools avis : RedLine VDE

Théo Desrousseaux 9 min de lecture

Publié le 5 septembre 2026

Pinces C.K Tools avis : RedLine VDE
Gros plan sur les manches rouge et jaune d'une pince avec les inscriptions RedLine VDE et C.K.

En bref

  • La T3973-160 coupe par cisaillement : deux lames en croissant qui tranchent le cuivre sans écraser les brins, dans un format de 160 mm.
  • La T3910-210 réunit préhension, dénudage, coupe et œillet LOOP sur 210 mm : la pince que je sors le plus souvent pour préparer un raccordement.
  • Les deux pinces sont annoncées VDE : test individuel à 10 000 V, usage sous tension jusqu’à 1 000 V, conformité EN 60900.
  • La coupe-câbles est annoncée pour le cuivre et l’aluminium uniquement : elle n’est pas prévue pour les autres métaux.

La T3973-160 et la T3910-210 sont les deux pinces RedLine VDE de C.K Tools. La première coupe les conducteurs par cisaillement dans un format de 160 mm ; la seconde, en 210 mm, réunit préhension, dénudage, coupe et œillet LOOP.

Je les ai glissées dans ma sacoche pendant plusieurs semaines de chantiers, avec un passage en atelier pour deux essais précis : un faisceau de conducteurs de 2,5 mm² à la coupe-câbles et un test de frappe continu sur la multifonction.

Ce que je voulais savoir : la coupe par cisaillement préserve-t-elle les brins, le dénudage reste-t-il net sur du cuivre, et que garantit exactement le marquage VDE de ces deux références.

1 000 V

usage sous tension annoncé pour les deux pinces

10 000 V

test diélectrique individuel avant sortie d’usine

160 mm

longueur de la coupe-câbles T3973-160

210 mm

longueur de la multifonction T3910-210

Deux pinces C.K Tools RedLine VDE, deux gestes de chantier

Les deux références appartiennent à la gamme RedLine VDE, la ligne d’outillage isolé que C.K Tools destine au travail sous tension. J’ai déjà raconté l’histoire et les gammes de la marque dans mon avis sur C.K Tools ; ici, je m’en tiens aux deux pinces.

Tête métallique d’une pince à manche rouge et jaune portant le logo C.K et la mention GERMANY.

Tête de pince

Vérifier l’identité et l’origine de l’outil sur la tête, avant un achat ou à réception.

Source : ck-tools.com

La T3973-160 est une pince coupe-câbles : elle tranche le conducteur pour le raccourcir avant raccordement. La T3910-210 est une multifonction d’installation : elle attrape, dénude, coupe et forme des œillets.

Le choix entre les deux se joue donc sur le geste dominant, pas sur la longueur affichée. Un électricien qui prépare surtout des tableaux et des boîtes ne fait pas le même métier de pince qu’un électricien qui recoupe beaucoup de conducteurs en fin de tirage.

Pince Geste principal Quand je la sors
Pince T3973-160 Geste principal Coupe par cisaillement Quand je la sors Raccourcir un câble ou un faisceau avant de le raccorder
Pince T3910-210 Geste principal Dénudage, préhension, coupe, œillet LOOP Quand je la sors Préparer les conducteurs d’un tableau ou d’une boîte

Deux pinces RedLine VDE, deux postes de préparation

Le fabricant référence la gamme T3973A 160 pour la coupe-câbles ; c’est la graphie T3973-160 que l’on retrouve sur les fiches commerciales. La multifonction est référencée T3910 210 dans le catalogue de la marque.

Pince coupe-câbles T3973-160 : la coupe par cisaillement

La coupe-câbles mesure 160 mm au total. C’est le format compact de la gamme : elle se glisse là où une pince de 200 mm n’ouvre pas ses branches, au fond d’une boîte d’encastrement ou dans un pavillon de luminaire encombré.

Sa mécanique repose sur le cisaillement : deux lames courbées en croissant glissent l’une contre l’autre et tranchent le conducteur au creux de la mâchoire. Le fabricant revendique une coupe nette et un profil de lame qui sert aussi à dénuder.

Pince coupe-câbles C.K Tools T3973 160 tenue à deux mains, lames courbées visibles au creux de la mâchoire.

Coupe-câbles T3973-160

Le profil de la mâchoire explique la coupe nette annoncée sur les conducteurs de raccordement.

En atelier, j’ai sectionné un faisceau de 5 à 6 conducteurs cuivre de 2,5 mm². Sans forcer sur les poignées, les gaines sont restées intactes et la coupe plane, prête à être enfilée dans un bornier.

La section droite change tout à l’insertion : un conducteur écrasé se glisse mal dans une borne, notamment dans les connecteurs Wago prévus pour le souple et le rigide.

Placer le conducteur au creux des lames

Le profil courbé maintient le câble dans l’axe de coupe avant l’effort.

Serrer d’un geste franc

Les deux lames se croisent et cisaillent le cuivre sans l’aplatir.

Contrôler la section obtenue

Une coupe nette se vérifie à l’œil : pas de bavure, pas de brin écrasé.

Ces trois gestes suffisent sur un conducteur de raccordement. La coupe n’a pas besoin de préparation particulière, ce qui compte quand on recoupe une série de fils au fond d’une boîte.

Ce que le cisaillement change pour la préparation

Une pince diagonale classique procède autrement : elle écrase le métal de part et d’autre de la coupe. Les brins s’aplatissent, la gaine marque, et le bout du conducteur devient difficile à engager dans une borne.

Le cisaillement en croissant maintient le câble au creux des lames avant de le séparer. Le fabricant annonce une coupe nette, sans effilochage : c’est ce que montre l’essai sur le faisceau de 2,5 mm².

Les branches portent des poignées bi-matière avec des gardes anti-glissement. La main ne ripe pas quand il faut serrer fort sur un conducteur récalcitrant.

Ce que la pince coupe, et ce qu’elle ne coupe pas

La page de gamme le précise : cette coupe-câbles est prévue pour le cuivre et l’aluminium. Un conducteur d’un autre métal ne relève pas de cet outil ; il faut alors une pince adaptée à la matière.

Le fabricant ne publie pas de capacité de coupe chiffrée pour cette référence. Sur le terrain, la pince a coupé des faisceaux de conducteurs de 2,5 mm², dans le cadre matière annoncé : cuivre et aluminium.

Un câble armé ou une structure métallique ne se coupent pas avec un outil de raccordement, quel que soit son format. Ces coupes-là demandent une pince dédiée au métal concerné.

Pince multifonction T3910-210 : dénudage, préhension et œillet LOOP

La T3910-210 est la pince que je sors le plus souvent. Avec ses 210 mm et sa tête forgée massive, elle réunit sur un seul outil les opérations qui précèdent le raccordement.

Elle pèse son poids en main : c’est le prix du tout-en-un. En échange, elle évite de monter trois pinces différentes à la ceinture pour une intervention sur échelle.

La tête regroupe trois zones de travail : un bec de préhension effilé et strié, une série d’encoches de dénudage, et une zone de coupe par cisaillement.

Le bec strié attrape un conducteur au fond d’une boîte et redresse une âme tordue. La zone de coupe tranche le fil multibrin comme le rigide. Le dénudage dispose de ses propres encoches, séparées par famille de conducteur.

Dénuder le souple et le rigide sans entailler le cuivre

Le poste de dénudage porte un double marquage gravé : une série d’encoches pour les conducteurs souples, une autre pour les rigides. Les alésages sont distincts, et le repère se lit avant de fermer la pince.

Macro des gravures de calibres de dénudage et du repère LOOP sur la mâchoire de la pince C.K Tools T3910-210.

Mâchoire de la T3910-210

Lire ces repères avant de choisir l’encoche, pour dénuder sans mordre le cuivre.

Chaque encoche correspond à un diamètre d’isolant et d’âme : le dénudage s’opère d’un geste franc, sans mordre le métal. Le geste reste le même à chaque fois : choisir le calibre, serrer sans arracher, puis contrôler le cuivre.

Sur un conducteur cuivre de 1,5 mm², le dénudage est resté net : aucune trace d’encoche sur le métal, aucun brin coupé. C’est le point de vigilance de toute pince à dénuder, car une âme entaillée fragilise le conducteur sans que ça se voie au premier regard.

Pour situer ce poste face aux pinces dédiées, mon classement des meilleures pinces à dénuder détaille les autres approches.

L’œillet LOOP pour les bornes à vis et les aiguilles de tirage

Un détail que j’utilise tout le temps sur cette pince : l’orifice traversant usiné dans la mâchoire, identifié par la mention LOOP.

Il sert à former l’œillet d’un conducteur rigide de 1,5 ou 2,5 mm² : on engage l’âme dans le trou, on pivote la pince, et le fil prend une courbure circulaire régulière, sans pli brutal.

Cette boucle se visse sur les bornes à vis des appareillages anciens. Sur les chantiers plus récents, elle sert surtout à fabriquer l’anneau d’accroche d’une aiguille tire-fils.

C’est le cas typique du repassage de conducteurs dans une gaine ICTA déjà coulée : un œillet compact et solide tient mieux qu’une torsade improvisée quand le faisceau accroche dans le conduit.

La tenue aux chocs après un test de frappe

Pour éprouver la structure, j’ai soumis la T3910-210 à un test de frappe mécanique continu. Pendant plus de cinq minutes, le dos de la tête forgée a servi à enfoncer des couvercles de goulottes PVC et des pattes d’ancrage métalliques récalcitrantes.

Résultat : aucun jeu axial au rivet d’articulation, des tranchants restés affleurants, sans frottement anormal à l’ouverture.

L’acier forgé encaisse l’onde de choc. La réserve tient au montage lui-même : une articulation rivetée n’est pas conçue pour cet usage.

Retour de chantier

Je ne remplace pas un marteau avec cette pince. Même si elle encaisse ponctuellement un coup de dépannage, sur une cheville ou du béton, le rivet perdrait la concentricité qui fait la netteté du dénudage.

Isolation VDE des deux pinces : ce que le marquage garantit

Les deux pinces sont annoncées VDE : chaque outil est testé individuellement à 10 000 V en usine, pour un usage sous tension jusqu’à 1 000 V. C’est le principe de la norme EN 60900, qui encadre les outils à main isolés.

Alignement de manches de pinces rouge et jaune avec les mentions RedLine VDE 1000V et C.K.

Manches RedLine VDE

Ce qui se vérifie à réception, avant toute intervention sous tension.

Source : ck-tools.com

La fiche de la coupe-câbles liste aussi les conformités VDE 0682/201 et ISO 5749. Pour le détail de ce que la norme impose à un outil isolé, je renvoie à mon dossier sur l’outillage isolé 1 000 V.

Le marquage garantit la tenue du manche et de l’isolation au test diélectrique, pas l’absence de risque pendant l’intervention.

Un outil isolé limite le contact avec une pièce nue sous tension ; il ne dispense ni des EPI adaptés, comme des gants isolants pour le travail sous tension, ni de la préparation de l’intervention.

Un contrôle avant chaque usage fait partie du geste : poignées et isolant intacts, gardes anti-glissement en place, aucun marquage profond sur le manche. Une isolation entamée ne se compense pas — l’outil quitte la sacoche.

  • Test individuel 10 000 V avant sortie d’usine, pour un usage annoncé sous 1 000 V
  • Conformité EN 60900 revendiquée sur les deux références
  • Poignées bi-matière et gardes anti-glissement sur la coupe-câbles
  • Contrôle visuel simple avant chaque intervention

Les trois repères à retenir sur l’outil lui-même : le marquage VDE, la référence de la pince, et l’état de l’isolant sous les poignées. C’est ce qui se vérifie en deux secondes au moment de sortir la pince de la sacoche.

T3973-160 ou T3910-210 : comment choisir

Le partage se décide à partir des interventions, pas des fiches produit. Quatre questions suffisent à trancher.

Lister vos gestes dominants

Couper beaucoup de conducteurs ou préparer des raccordements ? Le geste le plus fréquent désigne la pince.

Vérifier la matière des conducteurs

La coupe-câbles est annoncée pour le cuivre et l’aluminium ; hors de ce cadre, elle n’est pas l’outil adapté.

Contrôler le marquage isolant

Isolation VDE, test individuel à 10 000 V, usage annoncé sous 1 000 V, conformité EN 60900 : ces mentions se vérifient à réception.

Combiner les deux formats si les deux gestes reviennent

La multifonction prépare, la coupe-câbles compacte recoupe au plus près : aucune ne double l’autre.

Sur le prix, le fabricant ne publie pas de prix public conseillé pour ces deux références : le tarif se demande en négoce.

Les deux pinces ne se remplacent pas non plus selon le format. La T3910-210 couvre la préparation sur 210 mm, la T3973-160 se faufile partout sur 160 mm : les deux cohabitent sans doublon à la ceinture.

Pince à sertir noire et orange avec le logo C.K sur la partie métallique.
Sertir des embouts relève d’un autre poste, avec des mâchoires dédiées. Source : m.media-amazon.com

Pour sertir des embouts sur des conducteurs souples, c’est un autre poste : les pinces à sertir ont leurs propres mâchoires et ne s’improvisent pas avec une pince multifonction.

Ce que je retiens après plusieurs semaines de chantiers

Après plusieurs semaines de chantiers, deux constats tiennent : la coupe par cisaillement fait bien ce qu’elle annonce, et la multifonction rassemble des gestes qui autrement demandent trois outils.

  • Coupe nette sans écrasement : un faisceau de 5 à 6 conducteurs cuivre de 2,5 mm² sectionné sans déformer les gaines
  • Dénudage propre avec les encoches séparées souple et rigide, cuivre intact après passage
  • Œillet LOOP régulier pour les bornes à vis et les anneaux d’aiguille tire-fils
  • Tenue mécanique au choc : aucun jeu axial au rivet après plus de cinq minutes de frappe
  • Isolation VDE 1 000 V testée individuellement à 10 000 V, sur les deux références
  • Deux formats complémentaires : 160 mm compact pour recouper, 210 mm pour préparer
  • La T3973-160 est annoncée pour le cuivre et l’aluminium uniquement : c’est une pince de conducteurs de raccordement
  • La T3910-210 est un format de 210 mm : la tête massive se paie en poids et en encombrement dans les espaces très étroits

La tenue de l’affûtage et du pivot sur la durée se jugera à l’usage ; rien n’a bougé pendant l’essai. Le reste tient à la régularité du contrôle avant usage : une pince isolée reste un outil de sécurité, pas un consommable.

Quelle différence entre la T3973-160 et la T3910-210 ?

La T3973-160 est une coupe-câbles de 160 mm : elle coupe par cisaillement et sert à raccourcir un conducteur. La T3910-210 est une multifonction de 210 mm : elle attrape, dénude, coupe et forme des œillets LOOP. Le choix dépend du geste dominant.

Ces pinces conviennent-elles au travail sous tension ?

Le fabricant annonce une isolation VDE, chaque outil testé individuellement à 10 000 V, pour un usage sous tension jusqu’à 1 000 V et une conformité EN 60900. L’outil isolé reste un élément du dispositif : les EPI et la préparation de l’intervention ne s’improvisent pas.

Que coupe la T3973-160 ?

La pince est prévue pour le cuivre et l’aluminium. Un conducteur d’un autre métal ou un câble armé demande un autre outil, adapté à la matière.

À quoi sert le trou LOOP de la T3910-210 ?

L’orifice traversant LOOP forme un œillet régulier sur un conducteur rigide de 1,5 ou 2,5 mm². Il se visse sur les bornes à vis et sert d’anneau d’accroche pour une aiguille tire-fils lors du repassage de conducteurs.

Faut-il acheter les deux pinces ?

Si les deux gestes reviennent souvent, oui : l’une prépare les conducteurs, l’autre recoupe avant raccordement. Pour un premier achat, commencez par celle qui correspond à votre geste dominant. Mon comparatif des trousses VDE détaille ce qui complète une sacoche d’électricien.

Quel est le prix de ces deux pinces ?

Ces deux pinces n’ont pas de prix public conseillé publié par le fabricant : le tarif se demande en négoce. À réception, le repère utile reste le marquage de l’outil, entre EN 60900 et test individuel à 10 000 V.

Théo Desrousseaux au travail

Théo Desrousseaux

Artisan électricien — Yvelines (78), Hauts-de-Seine (92) et Paris Ouest

Électricien de terrain : installations, mises aux normes et dépannages au quotidien. J'ai fondé Sparx Élec et je dirige son magazine, lu en France et à l'international : chaque article est relu et validé par mes soins avant publication.

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