Raccord fileté
L’aspect ne dit pas l’appariement : seules ses deux connexions se repèrent ici, le reste se lit dans la liste du système.
Publié le 4 septembre 2026
Photo : llaberiagroup.com En bref
Aucune des trois marques ne se départage sur le tube seul. En multicouche, ce qui tient dans le temps, c’est un ensemble apparié : le tube, ses raccords à sertir et l’outillage qui les serre.
Les trois gammes partagent la même famille technique, avec une âme aluminium prise entre deux couches de plastique, mais leurs raccords et leurs certificats ne s’échangent pas.
Chez Comap, la gamme multicouche s’appelle MultiSkin 4. Chez REHAU, c’est RAUTITAN stabil. Chez Uponor, le tube Uni Pipe PLUS s’associe aux raccords S-Press PLUS. Comparer trois couronnes entre elles revient à comparer des châssis sans moteur.
Ces systèmes s’installent sur des réseaux d’eau intérieurs dont les bases restent les mêmes : une arrivée sous pression, des raccords, et des règles de pose qui ne s’improvisent pas.
16 x 2,0
Marquage d’une référence de tube Comap MultiSkin 4 : 70 °C / 10 bar, pointe 95 °C
14 à 63 mm
Diamètres annoncés pour le tube Comap MultiSkin 4
4 à 8 µm
Épaisseur d’étain annoncée sur les raccords métalliques à sertir Comap
100 % BAO
Barrière anti-oxygène annoncée par Uponor sur son tube Uni Pipe PLUS
Côté Comap, le manuel technique décrit le tube MultiSkin 4 comme un multicouche PEX-c/Al/PEX, du 14 au 63 mm. Le marquage d’une référence 16 x 2,0 affiche 70 °C à 10 bar, avec une température maximale de 95 °C, et renvoie aux classes d’application de l’EN ISO 21003.
Sur un tube déjà posé, ce marquage est souvent le seul repère lisible.
Côté REHAU, RAUTITAN stabil est un tube PE-X/Al/PE destiné à l’alimentation en eau et au chauffage.
Pour la référence 25 x 3,7 mm, les caractéristiques annoncées citent la DIN 16892, la DIN EN 573-3 et la DVGW W542, avec une livraison en couronnes de 25 m.
Côté Uponor, Uni Pipe PLUS couvre une plage plus large, du 16 au 110 mm, avec un PE intérieur et extérieur conforme à la DIN 16833 et une barrière anti-oxygène annoncée sur 100 % de la longueur.
Le fabricant annonce aussi un rayon de courbure jusqu’à 40 % plus serré, une force de flexion réduite de 30 % et un poids environ trois fois inférieur à celui du cuivre.
Ces valeurs sont des données constructeur : elles décrivent le produit, pas un résultat d’essai indépendant. Pour choisir, elles pèsent moins que l’appariement tube-raccords.
| Critère | Comap | REHAU | Uponor |
|---|---|---|---|
| Critère Gamme multicouche | Comap MultiSkin 4 | REHAU RAUTITAN stabil | Uponor Uni Pipe PLUS |
| Critère Structure du tube | Comap PEX-c/Al/PEX | REHAU PE-X/Al/PE | Uponor PE intérieur et extérieur selon DIN 16833 |
| Critère Diamètres annoncés | Comap 14 à 63 mm | REHAU référence 25 x 3,7 mm | Uponor 16 à 110 mm |
| Critère Raccords du système | Comap à sertir, profils TH, H, U | REHAU douilles et raccords REHAU | Uponor S-Press PLUS, laiton ou PPSU |
| Critère Repère technique | Comap marquage 70 °C / 10 bar | REHAU conforme DIN 16892, DVGW W542 | Uponor barrière anti-oxygène 100 % |
Les trois gammes relèvent du même cadre de systèmes multicouches ; ce sont les raccords et l’outillage qui changent d’une marque à l’autre.
La série ISO 21003 couvre les systèmes de canalisations multicouches — tubes, raccords et assemblages — pour l’eau chaude et froide à l’intérieur des bâtiments, aux pressions et températures de la classe d’application déclarée.
Elle s’applique uniquement aux tubes multicouches comportant une couche interne en plastique, et se lit avec toutes ses parties.
La version française, NF EN ISO 21003-1, est publiée depuis 2008. C’est ce cadre qui explique pourquoi un tube multicouche et un tube PER ne se comparent pas sur la même base : le PER relevant d’une autre norme, la règle d’appariement des raccords n’y est pas la même.
Trois gammes concurrentes peuvent donc se réclamer du même texte de référence : la différence ne se joue pas sur la norme, mais sur le système que chaque fabricant fait certifier.
Ce qu’un tube peut revendiquer dépend ensuite de sa classe d’application, et le classement retenu dépend de l’usage — sanitaire ou chauffage. Le certificat NF 545 énumère ces classes système par système ; l’application eau glacée, elle, est réputée satisfaite dès que les classes 2, 4 et 5 sont couvertes.
Le tube et les raccords d’un même système sont évalués ensemble, sur ces mêmes classes. C’est ce qui explique qu’un raccord isolé, même très proche d’aspect, ne peut pas hériter de la conformité d’un autre ensemble.
Sur un tube déjà posé, le marquage est souvent la seule information disponible. Celui du Comap MultiSkin 4 donne un bon exemple de lecture : PEX-c/AL/PEX pour la structure, 16 x 2,0 pour le diamètre extérieur et l’épaisseur de paroi, 70 °C à 10 bar pour les conditions de service, Tmax 95 °C pour la pointe admissible.
Ces informations suffisent à identifier une référence et à la confronter à ce qui existe en négoce. Elles ne disent rien de l’appariement : deux tubes marqués 16 x 2,0 peuvent appartenir à deux systèmes différents, qui appellent deux douilles différentes.
Le principe vaut pour les trois marques : identifier la gamme, la structure du tube et le diamètre avant de comparer les options. C’est ce triplet qui alimente une demande en négoce, et c’est lui qui évite de repartir du mauvais produit.
En rénovation, la bonne pratique tient en une phrase : relever le marquage complet avant de commander la moindre pièce, et ne jamais choisir un raccord sur la seule foi d’un diamètre mesuré au mètre ruban.
Deux familles coexistent dans ces systèmes : le métal, majoritaire sur les diamètres courants, et le synthétique technique, utilisé notamment en PPSU chez Uponor. Le choix entre les deux relève du point de pose, pas d’un classement de qualité.
Raccord fileté
L’aspect ne dit pas l’appariement : seules ses deux connexions se repèrent ici, le reste se lit dans la liste du système.
Ce qui compte pour l’acheteur est ailleurs : la référence doit figurer dans le système du tube, et pas seulement lui ressembler. Un raccord d’aspect identique mais absent de la liste certifiée n’est pas couvert par le même document.
Le repère utile est donc documentaire : le manuel technique chez Comap, le certificat NF 545 chez Uponor. Dans les deux cas, c’est la liste des composants qui tranche, jamais l’aspect du raccord ni sa finition.
Le cadre est le même pour les trois marques : des tubes multicouches à âme aluminium, des raccords à sertir, une ACS pour tout composant au contact de l’eau destinée à la consommation, et des tarifs qui se traitent en négoce plutôt que sur une fiche fabricant.
Ce qui change tient en quatre lignes : le nom et les dimensions des gammes, la liste des raccords, le profil d’outillage et le certificat du système. C’est peu sur le papier, et c’est beaucoup au moment de commander une pièce de rechange.
Un raccord à sertir se pose en déformant le tube contre une douille : le couple tube-raccord est conçu comme un ensemble, pas comme deux pièces interchangeables. C’est ce qui rend le choix d’une gamme plus engageant qu’il n’y paraît.
Chez Comap, le manuel décrit des raccords à sertir, métalliques et synthétiques, développés et certifiés pour les profils TH, H et U, avec une préconisation du profil TH : bon positionnement de la mâchoire et rendu plus net de la douille sertie.
Sur les raccords métalliques, la surface reçoit une couche de 4 à 8 microns d’étain à 99,9 %, selon la DVGW W534 et l’ISO 2093.
Chez Uponor, le tube s’associe aux raccords S-Press PLUS, proposés en laiton anticorrosion ou en PPSU. Le fabricant annonce plus de 500 millions de raccords à sertir produits. Chez REHAU, RAUTITAN stabil se raccorde avec les douilles et raccords REHAU.
Attention
En multicouche, un tube d’une gamme et des raccords d’une autre ne forment pas un système. C’est l’appariement tube-raccords, et lui seul, qui est qualifié.
Sur un réseau d’eau destinée à la consommation, le tube comme les raccords doivent disposer d’une Attestation de Conformité Sanitaire (ACS), délivrée par un laboratoire habilité par le ministère chargé de la Santé.
Le cadre est l’arrêté du 29 mai 1997 modifié et les articles R. 1321-48 et suivants du code de la santé publique. C’est la première pièce à demander, avant même de comparer les gammes.
La NF 545 vient ensuite. Cette certification volontaire d’AFNOR Certification couvre les réseaux de chauffage et de distribution sanitaire et atteste la conformité des systèmes aux EN ISO 21003 (multicouche), EN ISO 15875 (PE-X) et EN ISO 15876 (PB).
Sa règle la plus contraignante vise justement le multicouche : le tube et les raccords doivent être utilisés exclusivement ensemble, listés sur un même certificat. Une association avec un composant d’une autre marque ou gamme, même certifié NF 545, n’est pas autorisée.
La règle ne se transpose pas au PER : pour les systèmes PE-X et PB, les raccords métalliques certifiés NF 545 peuvent être associés à tout tube PE-X ou PB également certifié, sous réserve des conditions du certificat — outillage de pose et domaine d’emploi compris.
Comparer multicouche et PER sans retenir cette asymétrie mène à une erreur d’achat.
Le certificat publié par Uponor pour son système MLC montre le niveau de détail attendu : il liste les tubes MLC et les raccords S-Press metal, S-Press PPSU, Riser, S-Press Plus metal et S-Press Plus PPSU, avec des classes d’application couvrant notamment la classe 1, à 10 bar.
Elle ne dit pas quel système choisir, ni qu’un système certifié serait meilleur qu’un autre. La certification est une démarche volontaire : un système peut être conforme aux normes applicables et disposer de l’ACS sans porter la marque NF 545.
En revanche, dès qu’un fabricant l’invoque, la contrainte d’appariement s’applique. C’est le point à vérifier en premier dans un devis qui cite la certification comme argument.
Le sertissage n’est pas un geste universel. Chaque système se pose avec ses mâchoires et son outillage, et le profil gravé sur la mâchoire est la référence qui décide.
Sertisseuse électroportative
L’outil ne se choisit pas sur sa seule marque : sa partie active et son alimentation font partie du système.
Chez Comap, le manuel technique tranche pour les profils qu’il certifie. Pour les autres gammes, c’est la documentation du fabricant de raccords qui fait foi, jamais la marque de la sertisseuse.
Quand un système est certifié NF 545, les conditions d’emploi — dont l’outillage de pose — font partie du certificat. Traduit en décision d’achat : l’outillage se prend avec le système, jamais après. Le tube et les raccords se consomment sur un chantier, la sertisseuse et ses mâchoires restent.
Le détail des profils et des compatibilités entre marques de machines est traité dans le guide sur les mâchoires de sertissage.
Pour le choix d’une machine, voir le comparatif des sertisseuses électroportatives et la sélection d’outillage pour débuter en plomberie.
Dans un catalogue de négoce, les tubes et les raccords à sertir sont classés par profil et par diamètre. Le multicouche Comap y figure en profil TH, aux côtés d’autres marques et d’autres profils : deux références ne se comparent qu’à profil constant, jamais entre deux montages qui n’appellent pas la même mâchoire.
Le prix n’est pas publié par les fabricants : le tarif se demande en négoce ou sur devis, et une proposition qui engage un système se lit pièce par pièce.
Pour raccorder un appareil existant, la préparation côté appareil compte autant que le tube : les repères sont dans le raccordement d’un chauffe-eau électrique sous évier.
Sur un raccord à visser, l’étanchéité se traite séparément, comme le détaille le comparatif filasse, téflon et pâte d’étanchéité.
Pour situer la marque et ses gammes, l’histoire de Comap complète utilement la fiche technique du tube. Cela ne remplace pas le certificat du système, seule pièce qui engage l’appariement.
Un devis qui mentionne « tube multicouche » sans nommer la gamme ne dit rien de comparable. Pour juger une offre, je regarde d’abord si le système est identifié — MultiSkin 4, RAUTITAN stabil ou Uni Pipe PLUS — puis si les raccords prévus sont listés.
Quatre éléments doivent y figurer : la référence du tube et son diamètre x épaisseur, la liste des raccords avec leurs références, l’outillage de pose nécessaire, et le document qui atteste la conformité sanitaire pour un usage d’eau destinée à la consommation.
Un prix au mètre, seul, oblige à compléter soi-même la liste des pièces — et c’est là que deux propositions cessent d’être comparables. Le nombre de raccords dépend du tracé : chaque dérivation, chaque appareil raccordé et chaque passage de cloison en consomme.
Enfin, si le devis cite la NF 545, il doit pouvoir indiquer le certificat du système concerné. Une certification invoquée sans référence précise n’engage rien : c’est la liste des composants, tube et raccords ensemble, qui fait foi.
Sur une installation existante, la première question n’est pas la marque du tube, mais l’identification du système. Un multicouche se repère à son marquage, parfois effacé par le temps ou par le passage en gaine. Une photo nette de la ligne complète aide le négociant à retrouver la référence.
Si le système n’est pas identifiable, l’appariement d’origine n’est plus démontrable : des raccords d’une autre gamme ne sont pas couverts par le certificat du tube en place. C’est une raison suffisante pour ne pas improviser un montage sur une partie cachée du réseau.
Sur un point accessible, l’intervention reste locale : identifier la référence, remplacer par une pièce du bon système, contrôler l’étanchéité. Le sertissage, lui, ne s’improvise pas — un outillage dédié et la mâchoire du bon profil restent nécessaires, même pour une réparation unique.
Sertisseuse en action
Même pour une réparation isolée, l’outillage dédié reste la condition du geste.
C’est souvent ce dernier point qui décide : sans outillage adapté, la pièce la plus simple reste une pièce à faire poser. Mieux vaut le savoir avant d’ouvrir le meuble que devant un raccord démonté.
Le tube multicouche se trouve facilement ; les raccords du bon système, en quantité suffisante, beaucoup moins. Commander la couronne en premier, c’est risquer un chantier à l’arrêt pour une pièce manquante.
Un profil de mâchoire ne dit pas tout : la lettre gravée décrit la forme du sertissage, pas l’appartenance à un système. Chez Comap, la compatibilité certifiée vaut pour les raccords Comap, et pour eux seuls.
Deux tubes de mêmes dimensions peuvent appartenir à deux systèmes dont les raccords et l’outillage ne se recoupent pas. Comparer leurs prix au mètre revient à comparer deux projets différents, pas deux variantes du même achat.
L’ACS porte sur le tube comme sur les raccords, et elle se demande avant la pose, pas après. C’est la pièce qui atteste la conformité sanitaire du matériau au contact de l’eau.
Le PER autorise, sous conditions du certificat, l’association entre raccords métalliques et tubes certifiés de marques différentes. Le multicouche ne le permet pas, et cette différence de règle se découvre souvent trop tard.
Quand deux systèmes se valent sur le papier, je repars des quatre points vérifiables : ACS, certificat NF 545 nommant tube et raccords, profil d’outillage disponible, raccords en stock chez le négociant. Le reste — rayon de courbure, poids, force de flexion — relève du confort de pose, pas de la sécurité.
Un particulier qui répare un point de puisage n’a pas besoin de trancher entre trois marques : il a besoin d’un raccord compatible avec le tube en place.
Avant de commander quoi que ce soit, une fuite qui apparaît sous un évier se diagnostique sans serrer au hasard, avec la méthode décrite dans fuite sous évier : causes et réparations.
Enfin, un tube et des raccords qui répondent aux quatre points ci-dessus restent un assemblage : la pose compte autant que la référence. Un sertissage incomplet ou une mâchoire usée annulent le bénéfice du meilleur système.
Aucune ne domine sur le seul tube. En multicouche, on choisit un système : le tube, ses raccords à sertir et l’outillage qui les serre. Vérifiez l’ACS pour l’eau destinée à la consommation et, si la NF 545 est invoquée, qu’un même certificat nomme le tube et les raccords.
Non. En multicouche, la règle d’appariement de la NF 545 rend tube et raccords indissociables, listés sur un même certificat. Deux composants certifiés NF 545 de gammes différentes ne se mélangent pas, même si les deux références sont conformes de leur côté.
Non, elle est volontaire. Elle conditionne en revanche l’appariement tube-raccords dès qu’elle est invoquée. Pour l’eau destinée à la consommation, l’ACS reste exigée pour le tube comme pour les raccords, certification NF 545 ou non.
Le sertissage se fait avec la mâchoire du profil prévu par le fabricant du raccord. Chez Comap, les raccords sont certifiés profils TH, H et U, avec une préconisation TH. Pour les autres gammes, c’est la documentation du système qui fait foi.
Le prix n’est pas publié par les fabricants : le tarif se demande en négoce ou sur devis. Le devis doit engager le système complet — tube, raccords et outillage — et pas seulement un métrage de tube, sinon la comparaison reste incomplète.
Théo Desrousseaux
Artisan électricien — Yvelines (78), Hauts-de-Seine (92) et Paris Ouest
Électricien de terrain : installations, mises aux normes et dépannages au quotidien. J'ai fondé Sparx Élec et je dirige son magazine, lu en France et à l'international : chaque article est relu et validé par mes soins avant publication.
Mon parcours → Diplômes et certifications → Charte éditoriale →
Sources officielles et références
Recevez les nouveaux guides
Une notification par semaine dans votre navigateur, sur les nouveaux guides et les changements de norme. Aucune adresse email demandée.
PER, multicouche ou cuivre : pose, raccordement, outillage, températures et prix d’un réseau d’eau. Les critères pour choisir sans se tromper.
Lire le guide
Guide Virax pour débuter en plomberie : quels outils Les outils Virax pour démarrer en plomberie : pince à griffes, cintreuse, sertisseuse — la sélection utile, les prix et ce qu’on peut acheter en premier. Lire le guide
Guide Comap : histoire de la marque Comap, fabricant français de robinetterie et raccords : l’histoire de la marque, le groupe Aalberts et les gammes utilisées en plomberie et chauffage. Lire le guide
Guide Caméra d’inspection de canalisation : le comparatif Ridgid SeeSnake, Rothenberger ROCAM et modèles grand public : câble, diamètre inspectable, résolution, localisateur et budget d’entrée comparés. Lire le guide