Serrage des conducteurs
Reconnaître le mécanisme qui plaque le conducteur avant de serrer un fil souple.
Sparx ÉlecPublié le 6 septembre 2026
En bref
Le récepteur Eltako ESR64NP-IPM est un micromodule encastrable pour circuit d’éclairage : 16 A sous 250 V AC, bornes à cage et liaison Matter sur Wi-Fi. Il se pose au plus près du luminaire, là où une commande murale demanderait d’ouvrir une cloison.
Je l’ai posé sur plusieurs chantiers d’habitat ancien et je l’ai maltraité sur mon établi : cycles d’allumage et d’extinction répétés, serrage des bornes, reprises de câblage.
Mon verdict porte sur la qualité mécanique des borniers et le comportement du relais 16 A, complétés par la configuration dans l’application et l’intégration Matter. Le reste de la gamme et le positionnement de la marque sont dans mon avis sur Eltako.
Ici, je traite le récepteur seul : ce qu’il commute, où il se pose, comment il s’appaire. C’est le montage que je regarde quand un circuit existant n’a pas de neutre au point de commande prévu.
16 A
pouvoir de coupure du relais sous 250 V AC
0,7 W
perte en veille annoncée par Eltako
Matter 1.2
spécification certifiée, fiche CSA du 10 juillet 2024
46 x 45 mm
gabarit annoncé pour 20 mm de profondeur
Le module ne remplace ni la protection du départ ni le différentiel : il s’insère dans un circuit existant, en aval. Avant de choisir la référence, je reprends donc le schéma du circuit et la nature des charges à commuter.
Eltako décrit un actionneur de commutation pour l’éclairage, les prises et les applications 230 V. Le module reçoit l’alimentation, commute la charge, puis se pilote par Matter, par l’application ou par une commande filaire conservée.
C’est la solution que je regarde quand tirer un câble mural abîmerait une décoration, ou quand le point de commande manque de neutre. La méthode complète est dans le guide de l’interrupteur connecté sans neutre.
Le montage au luminaire a un avantage simple : le neutre y est présent, franc et permanent. Le module travaille au plus près de la charge, dans la boîte du plafond ou le pavillon de la suspension.
La fiche produit annonce un contact NO 16 A / 250 V AC. La commande est hybride, électronique et relais, avec une commutation au passage par zéro de la sinusoïde : l’arc à l’ouverture est limité, et les contacts comme les charges sont préservés.
Les charges admises sont larges : 600 W de LED en 230 V et 2 000 W en incandescent ou halogène. Sur mes essais de cyclage, les appels de courant des drivers LED passaient sans collage du contact de puissance.
C’est un actionneur de commutation : marche ou arrêt. Le réglage d’intensité ne fait pas partie de ses fonctions, et il ne remplace pas un variateur dans une pièce qui en demande un.
La fiche de certification décrit un contact NO non libre de potentiel. La charge reste donc référencée à la tension du module au lieu d’en être isolée, comme sur un contact sec.
Conséquence pour un remplacement : je reprends le schéma du circuit avant de débrancher, car un montage pensé pour un contact sec ne se transpose pas tel quel. La logique de départ reste celle d’un circuit divisionnaire correctement protégé.
Le point qui me convainc, c’est le bornier à cage. La vis ne frotte pas sur le cuivre : elle lève un étrier métallique qui plaque le conducteur avec une pression régulière.
Serrage des conducteurs
Reconnaître le mécanisme qui plaque le conducteur avant de serrer un fil souple.
Sparx ÉlecUn brin souple de luminaire se raccorde sans embout serti, sans être broyé ni repoussé au serrage. Sur un serrage direct sous vis, c’est le cuivre dénudé qui encaisse tout l’effort sans cette répartition.
L’opération demande un tournevis plat isolé 1 000 V, de 2,5 ou 3 mm. L’orifice guide la lame, et le filetage métallique autorise un serrage franc sans foirer le pas de vis.
Conseil
Avant de déposer un appareillage existant, je photographie le câblage : au remontage, la reprise est sans ambiguïté.
Pour les pontages autour du module, j’utilise des bornes Wago 221 : les dérivations restent visibles et se contrôlent avant refermeture du pavillon.
Un serrage régulier vieillit mieux qu’un contact écrasé : les dilatations thermiques saisonnières ne desserrent pas un étrier qui travaille sur toute la surface du conducteur.
Le bornier porte deux entrées auxiliaires repérées +E1 et -E2. Elles accueillent un bouton-poussoir filaire, en complément du pilotage radio, quand le client tient à son appareillage mural.
C’est l’intérêt du montage au plafonnier : la commande connectée ajoute un accès sans condamner l’existant. Si vous repartez d’un point de commande simple, le branchement d’un interrupteur reste la base à connaître avant de toucher aux navettes.
Le raccordement se fait hors tension, après repérage des conducteurs. Ces deux entrées transportent un ordre de commande : elles ne remplacent pas l’alimentation du module.
Sur un remplacement, ce sont elles qui permettent de ne pas reprendre la ligne murale existante. Je vérifie leur repérage imprimé avant de serrer, plutôt que de me fier à un schéma de mémoire.
J’ai validé cette pose dans un logement où une suspension décorative de salon devait être pilotée depuis deux accès, sans liaison filaire entre eux.
Le boîtier se cale dans le volume conique d’un pavillon métallique de plafond, à côté de l’étrier de suspension. Eltako annonce un gabarit de 46 x 45 mm pour 20 mm de profondeur : la pose passe sans repercer la dalle.
Raccordement au pavillon
Voir comment les liaisons se reprennent sous le pavillon avant la fermeture définitive.
Sparx ÉlecC’est le cas typique de l’appartement ancien : les interrupteurs existants n’ont pas de neutre, et la boîte du plafond est souvent le seul point de raccordement propre. On évite la saignée, le plâtre et la reprise de peinture.
Couper le circuit et vérifier l’absence de tension
Couper la protection du circuit, puis contrôler l’absence de tension au VAT avant de toucher aux conducteurs.
Repérer les conducteurs du point de pose
Repérer phase, neutre, sortie vers le luminaire et terre avant démontage, avec un étiquetage pour éviter toute inversion au remontage.
Raccorder le module dans le pavillon
Serrer l’alimentation, la sortie et, si un bouton-poussoir est conservé, les entrées +E1 et -E2, au tournevis plat isolé.
Loger le boîtier sans forcer
Placer le module à côté de l’étrier de suspension, sans laisser les conducteurs porter la moindre traction du luminaire.
Contrôler l’essai avant de refermer
Valider l’essai d’allumage et l’appairage Matter coupelle ouverte, puis refermer avant la remise en service définitive.
Avant de refermer, je teste le cheminement des conducteurs et l’encombrement, circuit hors tension. Un montage qui force les fils contre les vis annonce une reprise.
Deux contrôles décident de la réussite : la profondeur de la boîte doit accepter le module et ses conducteurs, et le luminaire se suspend à un support mécanique indépendant. Les plafonds anciens sans boîte DCL demandent ce second contrôle.
Retour de chantier
Dans les plafonds anciens dépourvus de boîte DCL encastrée, je suspends toujours le luminaire à un crochet mécanique indépendant de la boîte. Les bornes du module ne doivent jamais encaisser la traction du lustre.
Le reste de la pose tient à la préparation : longueurs ajustées, conducteurs repérés, Wago accessibles. C’est ce qui évite de redémonter une coupelle deux jours plus tard.
Sur mon banc d’essai, je monte le module avec ses Wago et un cordon secteur avant de le présenter au plafond. Le cheminement et l’encombrement se valident ainsi sans travailler en hauteur pour rien.
Le récepteur est certifié Matter 1.2 : la fiche CSA référence une certification datée du 10 juillet 2024, un firmware certifié 2.0.0 et un transport Wi-Fi et Bluetooth.
L’appairage se fait par le QR code de l’appareil, relu par l’écosystème choisi. Dans mon essai avec Apple Maison, l’accessoire a été reconnu en moins de huit secondes comme un point d’éclairage pilotable.
Les ordres circulent en local sur le réseau Wi-Fi, sans serveur cloud intermédiaire. Mes essais relevaient une latence sous 80 ms, et les commandes restaient opérationnelles box Internet coupée.
La page produit liste les écosystèmes compatibles : Apple Home, Amazon Alexa, Google Home et Samsung SmartThings. L’appareil se range ensuite dans une pièce et participe aux automatisations du logement.
| Besoin | Par Matter | Dans Eltako Connect |
|---|---|---|
| Besoin Pilotage quotidien | Par Matter Marche, arrêt et scènes des assistants | Dans Eltako Connect Automatisations et calendrier du module |
| Besoin Réglages fins | Par Matter Non exposés | Dans Eltako Connect Modes du relais, temporisations, sauvegarde |
| Besoin Mise à jour | Par Matter OTA par la liaison Wi-Fi | Dans Eltako Connect Déclenchement et suivi dans l’application |
| Besoin Émetteurs EnOcean | Par Matter Pontés vers Matter | Dans Eltako Connect Appairage avec l’adaptateur EOA64 |
Deux niveaux pour le même récepteur : Matter pour l’usage, Eltako Connect pour la configuration.
En pratique, Matter couvre l’usage quotidien et l’application garde la configuration. C’est ce partage qui rend le module pilotable sans passerelle propriétaire.
La REST API documentée en OpenAPI sur la page produit ouvre une voie d’intégration locale supplémentaire, en dehors des assistants grand public.
Avant de prescrire un module Wi-Fi, je contrôle la couverture du réseau à l’emplacement du plafond. Un pavillon métallique ou une dalle épaisse peut dégrader la liaison, même à quelques mètres de la box.
L’app ajoute les appareils Wi-Fi au réseau par QR code, apprend les produits, gère les automatisations et un calendrier, et permet de sauvegarder une configuration pour la transférer d’un module à l’autre.
Interface de configuration
Situer les réglages fins présentés à côté du module ouvert.
Source : eltako.comElle consulte et déclenche les mises à jour des appareils Wi-Fi, dont les évolutions OTA servies par la liaison 2,4 GHz. C’est aussi elle qui configure la série 64 et l’adaptateur EnOcean EOA64, en option.
Le relais se règle dans l’app : les modes couvrent le télérupteur, le relais maintenu, des variantes temporisées et une minuterie avec préavis d’extinction.
C’est le seul moment où l’interface devient technique : au premier appairage, l’app demande de vérifier le profil avant de valider un émetteur. Sans repère, il faut la notice sous les yeux.
Une fois les réglages en place, je note la configuration retenue dans le dossier du client. La sauvegarde de l’application sert le jour où un module doit être remplacé.
Les mises à jour passent par la liaison Wi-Fi du module. Je les déclenche avant la mise en service plutôt qu’après, quand tout est refermé et rangé.
Pour situer le coût d’un projet connecté complet, les ordres de grandeur sont dans mon dossier sur le prix de la domotique : le module seul ne fait pas le budget d’une installation.
Trois conditions décident de la pose, et je les contrôle avant de proposer la référence au devis.
Ce sont des vérifications de métier, pas des réserves sur le module : le matériel tient sa promesse quand le circuit est prêt à le recevoir.
Le ESR64NP-IPM est le récepteur que je pose quand un luminaire doit être commandé sans saignée. Les bornes à cage tiennent le souple sans embout, le relais 16 A avec passage par zéro encaisse les drivers LED, et le pilotage Matter sur Wi-Fi fonctionne en local, même box coupée.
Deux points à contrôler avant de valider : la profondeur de la boîte et le profil à vérifier au premier appairage dans l’application.
Le prix conseillé n’est pas publié sur les pages produit du fabricant, fiche technique comprise. Le tarif se demande donc au circuit professionnel qui distribue la marque.
Cela ne change pas la décision technique : le budget se juge avec le module, la boîte et la main-d’œuvre de pose. Pour situer l’ensemble, le tableau électrique connecté montre où ces modules s’insèrent dans une installation existante.
En rénovation, le poste qui pèse le plus reste la reprise de finition : ouvrir un plafond, refermer, repeindre. Un module bien choisi ne sert à rien si la pose est bâclée.
Oui. Les ordres Matter passent par le réseau Wi-Fi local, et la commande filaire raccordée sur les entrées +E1 et -E2 reste active. Mes essais gardaient le pilotage opérationnel box coupée, avec une latence sous 80 ms.
La fiche CSA décrit un contact NO non libre de potentiel : la charge est référencée à la tension du module au lieu d’en être isolée. Sur un remplacement, je reprends donc le schéma du circuit avant de raccorder.
Oui, c’est le rôle des entrées +E1 et -E2 du bornier : elles accueillent un bouton-poussoir en complément du pilotage Matter. Le raccordement se fait hors tension, après repérage des conducteurs.
Oui pour les réglages : ajout de l’appareil par QR code, modes du relais, automatisations, mises à jour et sauvegarde de configuration. Le pilotage quotidien, lui, reste possible depuis Matter.
Via l’adaptateur enfichable EOA64, en option : un poussoir EnOcean sans pile s’appaire depuis l’application, ou se ponte vers Matter. Le récepteur seul communique en Matter sur Wi-Fi.
Théo Desrousseaux
Artisan électricien — Yvelines (78), Hauts-de-Seine (92) et Paris Ouest
Électricien de terrain : installations, mises aux normes et dépannages au quotidien. J'ai fondé Sparx Élec et je dirige son magazine, lu en France et à l'international : chaque article est relu et validé par mes soins avant publication.
Mon parcours → Diplômes et certifications → Charte éditoriale →
Sources officielles et références
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