Étape 1
Identifier les modèles exacts
Distinguer unité extérieure, unité intérieure, appoint et tous les auxiliaires. Télécharger la notice correspondant à leur révision.
Vérifié le par Théo Desrousseaux, électricien (diplômes & certifications)
En bref
Le raccordement électrique d’une pompe à chaleur se dimensionne à partir du modèle réellement posé et de sa documentation d’installation. La puissance thermique affichée dans une offre commerciale exprime ce que la machine peut fournir dans des conditions données. Elle ne donne ni le calibre du disjoncteur, ni la section des conducteurs, ni le type de différentiel.
Arrêtez toute modification si la notice manque, si les références ne correspondent pas au matériel ou si le départ existant n’est pas identifiable. Le raccordement et les mesures sous tension relèvent d’un professionnel compétent.
Avant d'ouvrir le tableau
Coupez le départ concerné, empêchez sa remise sous tension et vérifiez l’absence de tension avec un VAT adapté. Ne modifiez ni la section ni la protection d’une PAC pour supprimer un déclenchement sans avoir identifié sa cause.
1 modèle
à relever exactement avant de calculer un départ
2 données
au minimum : alimentation et courant constructeur
0 règle
universelle à déduire de la puissance thermique
Relevez d’abord la référence complète de l’unité extérieure. Sur une PAC air-eau, ajoutez l’unité intérieure ou le module hydraulique. L’appoint électrique, la résistance de bac à condensats, le circulateur, le ballon et les accessoires peuvent aussi avoir une alimentation ou une protection à part. Une même gamme peut regrouper des versions monophasées, triphasées et des puissances d’appoint différentes.
La plaque signalétique et la notice doivent être lues ensemble. La plaque identifie la machine effectivement livrée ; la notice donne les conditions de raccordement, les repères de bornes et les limites de protection. Conservez la révision du document dans le dossier de chantier, car une valeur reprise d’une notice voisine ne suffit pas.
Une PAC annoncée « 8 kW » peut désigner sa puissance de chauffage dans un point d’essai défini par le fabricant. Cette valeur varie avec la température extérieure, la température d’eau demandée, le dégivrage et le régime de fonctionnement. Elle ne représente pas directement ce que le circuit électrique absorbe.
La puissance électrique absorbée, le courant nominal, le courant maximal et l’alimentation sont les données utiles au raccordement. Pour une machine à vitesse variable, ils peuvent évoluer selon la demande. Une PAC de puissance thermique supérieure n’est donc pas automatiquement triphasée, et deux appareils de puissance thermique proche peuvent demander des protections différentes.
Le câble se calcule après l’inventaire des circuits et non à partir d’un tableau universel « PAC 6 kW » ou « PAC 9 kW ». Le conducteur doit supporter le courant de calcul dans ses conditions réelles de pose et être protégé par l’appareil associé. Une section correcte sur un cheminement court peut devenir insuffisante dans une gaine chargée, un comble chaud ou une longue liaison extérieure. Notre guide dédié à la section de câble pour une pompe à chaleur détaille cette méthode de calcul poste par poste.
Étape 1
Identifier les modèles exacts
Distinguer unité extérieure, unité intérieure, appoint et tous les auxiliaires. Télécharger la notice correspondant à leur révision.
Étape 2
Relever les limites fabricant
Noter alimentation, phases, courant maximal, MCA ou MOCP lorsqu'ils existent, section minimale ou maximale et protections demandées.
Étape 3
Définir chaque circuit
Ne supposez pas qu'un seul départ alimente l'ensemble. Vérifiez les schémas pour l'appoint, la résistance de bac, le circulateur et les commandes.
Étape 4
Calculer le courant de calcul
Partir des données constructeur puis retenir le cas demandé par la méthode de calcul applicable, sans extrapoler une puissance thermique.
Étape 5
Appliquer les corrections
Tenir compte du mode de pose, de la température ambiante, du groupement de circuits, de la nature des conducteurs et de leur cheminement.
Étape 6
Vérifier la chute de tension
Calculer la liaison avec sa longueur réelle et la tension minimale exigée par le fabricant, selon la version applicable de la NF C 15-100.
Étape 7
Coordonner la protection
Vérifier section, courant admissible, calibre, courbe, courant de court-circuit disponible et pouvoir de coupure.
Étape 8
Comparer à la notice
Le résultat ne doit jamais sortir des limites minimales ou maximales documentées par le constructeur.
Le calibre protège les conducteurs contre les surintensités durables. La courbe règle la réaction au courant bref, notamment au démarrage. Ces deux paramètres ne répondent pas au même problème. La courbe doit respecter la notice fabricant, tolérer le courant de démarrage réel et rester compatible avec le courant de court-circuit disponible ainsi qu’avec le temps de coupure requis.
Une courbe D n’est pas une solution universelle pour pompe à chaleur. Certaines notices prévoient une courbe C, d’autres une courbe D ou un tableau par modèle, comme le détaille notre article sur le choix entre courbe C ou D pour une pompe à chaleur. Une courbe plus lente peut éviter un déclenchement magnétique normal, mais elle ne corrige ni une section trop faible, ni un serrage défectueux, ni un défaut d’isolement, ni une carte électronique en panne.
Avant un remplacement, identifiez l’appareil qui ouvre. Un disjoncteur divisionnaire déclenché n’oriente pas vers le même diagnostic qu’un différentiel 30 mA ou qu’un disjoncteur de branchement. Relevez calibre, courbe, pouvoir de coupure, repérage du départ et moment du défaut. Comparez-les à la notice du modèle exact avant toute intervention.
Attention
Ne remplacez jamais un C20 par un appareil de calibre supérieur pour « laisser passer » la PAC. Un éventuel passage de C à D se justifie seulement par la notice, le courant de démarrage et la vérification complète de la ligne.
La révision de la NF C 15-100 présentée par Legrand intègre le type F pour des circuits alimentant certains équipements monophasés à variateur de vitesse, dont les pompes à chaleur. Schneider Electric présente également le type F comme adapté à des équipements monophasés à variateur. Ces indications décrivent un cas d’emploi, pas une obligation applicable à toute PAC.
Pour certains équipements triphasés susceptibles de produire une composante continue lisse, un type B peut être nécessaire. Le choix final dépend de la notice du modèle, du variateur, du nombre de phases et de l’étude de l’installation. Le type AC, le type A, le type F et le type B ne se remplacent pas par une préférence de marque.
Quand une PAC déclenche, je relève d’abord la référence, la protection qui ouvre et les mesures utiles. Changer une courbe sans ces trois éléments, c’est déplacer le problème.
Le différentiel protège contre les courants résiduels ; le disjoncteur divisionnaire traite les surintensités. Un déclenchement différentiel demande donc une recherche de fuite, d’isolement, d’humidité, de compatibilité ou de défaut d’équipement. Changer seulement la courbe du disjoncteur ne traite pas ce symptôme.
La chute de tension dépend du courant, de la longueur aller-retour, de la section, de la nature des conducteurs et du régime de fonctionnement. Elle doit être calculée avec le cheminement réel : tableau, traversée de bâtiment, gaine, passage enterré ou façade, puis unité extérieure. Une distance estimée à vol d’oiseau ne suffit pas.
La limite à retenir dépend de la version applicable de la NF C 15-100, de l’architecture de l’installation et de la tension minimale demandée par la notice. Il ne faut pas transformer une valeur de 3 % en règle universelle propre à tous les circuits de pompe à chaleur, ni adopter une tension seuil unique pour tous les appareils.
Le calcul doit aussi être confronté aux conditions de démarrage et aux auxiliaires. Une liaison longue peut être acceptable en fonctionnement stabilisé mais devenir défavorable au démarrage, avec un appoint ou par température basse. La solution peut être une section différente, un cheminement différent ou une architecture d’alimentation revue ; elle n’est pas automatiquement une courbe de disjoncteur plus lente.
Le départ de la PAC doit être identifié, dédié à l’équipement prévu par la notice et coordonné avec les autres protections. Cette organisation facilite les mesures et évite de confondre une surcharge d’un autre usage avec un défaut de la machine. Elle ne permet pas de déduire à elle seule une conséquence d’assurance : les obligations dépendent des textes applicables et du contrat.
La coordination se vérifie du tableau à l’appareil : section, pose, courant admissible, calibre, courbe, différentiel, bornes, coupure et repérage. En triphasé, vérifiez aussi l’équilibrage et les pôles nécessaires. Si un appoint électrique est séparé, repérez-le au tableau et dans le dossier de réception.
L’unité extérieure est exposée à l’humidité, aux vibrations, aux UV et aux chocs mécaniques. Les conducteurs, boîtiers, presse-étoupes, cheminements et raccordements doivent être adaptés à cet environnement et montés conformément à la notice. Ne laissez pas une liaison sans protection mécanique à un endroit de passage ou de jardinage.
Le sectionnement doit être prévu conformément aux instructions du constructeur, rester accessible à l’intervention et être repéré. Vérifiez le couple de serrage des bornes quand la notice le fournit, l’état des conducteurs, les embouts lorsque le bornier et le conducteur le demandent, puis le maintien du câble. Une cosse ou un serrage mal adapté peut produire un échauffement sans que le calibre soit en cause.
La mise à la terre participe à la protection des personnes et à la continuité de l’installation. Sa qualité ne permet pas d’affirmer qu’une valeur de résistance donnée provoquera directement un déclenchement différentiel. Un différentiel qui ouvre signale un courant résiduel, un défaut, une incompatibilité de dispositif ou un phénomène qui doit être diagnostiqué. Mesurez continuité, isolement et terre avec les méthodes et appareils appropriés plutôt que de déduire une cause d’une seule valeur.
La mise en service électrique ne consiste pas à vérifier que le compresseur démarre une fois. Elle permet de comparer le comportement réel à la documentation du fabricant et de constituer un point de départ pour le SAV. Elle doit être réalisée avec les précautions et instruments adaptés.
Commencez par demander quel organe a déclenché et à quel moment. Si le divisionnaire ouvre immédiatement au démarrage, examinez la protection, la courbe, la ligne, le courant d’appel et la notice. Si le différentiel 30 mA ouvre, contrôlez l’isolement, l’humidité, les câbles, les résistances et la compatibilité du dispositif. Si le disjoncteur de branchement ouvre, vérifiez aussi la puissance disponible et les autres charges du logement.
Un défaut après plusieurs minutes peut concerner l’intensité en régime, le dégivrage, un appoint, un ventilateur, un serrage ou un problème interne de machine. Un défaut récurrent par temps humide oriente vers l’isolement et l’environnement avant un changement de courbe. Toute intervention sur le circuit doit s’arrêter si les mesures ne correspondent pas à la notice.
| Symptôme observé | Contrôles à mener | Action à éviter |
|---|---|---|
| Symptôme observé Divisionnaire au démarrage | Contrôles à mener Identifier courbe, calibre, section, courant de démarrage et instruction constructeur. | Action à éviter Augmenter le calibre sans recalculer la ligne. |
| Symptôme observé Différentiel 30 mA | Contrôles à mener Contrôler isolement, humidité, câbles, appoint, compatibilité et défaut interne. | Action à éviter Passer en courbe D sans diagnostic. |
| Symptôme observé Disjoncteur de branchement | Contrôles à mener Vérifier puissance souscrite, simultanéité des usages et mesure de courant globale. | Action à éviter Attribuer le défaut à la PAC sans mesure. |
| Symptôme observé Défaut à chaud ou en dégivrage | Contrôles à mener Relever le mode actif, l'intensité, les auxiliaires et les codes machine. | Action à éviter Changer un différentiel ou un disjoncteur au hasard. |
Le symptôme dirige les contrôles ; il ne désigne pas automatiquement une protection à remplacer.
Les exemples suivants servent à montrer pourquoi les valeurs ne se transfèrent pas d’une machine à une autre. Ils ne constituent pas une prescription pour une PAC différente ni une étude de votre installation.
Le manuel d’installation Daikin 2MXM68A9, 3MXM-A9, 4MXM-A9 et 5MXM-A9, révision 3PFR600450-9V, regroupe plusieurs unités extérieures multi-split. La référence 2MXM68A9 est une unité extérieure monophasée de climatisation réversible : sa capacité thermique de catalogue ne remplace pas les rubriques d’alimentation, de câblage et de protection du manuel.
La notice distingue le câble d’alimentation de l’unité extérieure, les liaisons vers les unités intérieures et les conditions de raccordement. Elle donne des calibres de disjoncteur recommandés qui varient selon les références de la série et demande un dispositif différentiel conforme à la réglementation nationale. Cette architecture rappelle qu’une alimentation principale et des liaisons d’interconnexion ne sont pas des circuits interchangeables.
Pour cette référence à variateur, relevez dans la version de notice livrée avec l’appareil le courant, le disjoncteur recommandé, les conducteurs et la longueur admise avant de choisir le départ. Le type de différentiel se détermine avec la notice et les règles applicables au cas monophasé à variateur ; il ne se déduit pas de la seule capacité de chauffage annoncée.
Le Guide technique Ecodan 2024 de Mitsubishi Electric présente des tableaux par références d’unités extérieures et de modules hydrauliques. Il distingue les appareils, les alimentations, les protections et les options. Les tableaux rappellent notamment que certaines données de sections sont liées à une distance de référence et doivent être revérifiées pour le cheminement réel.
Sur une configuration Ecodan associant groupe extérieur et module hydraulique avec appoint, les circuits à relever peuvent donc comprendre l’unité extérieure et l’appoint électrique selon le schéma exact. La puissance thermique du groupe ne suffit pas à fusionner ces circuits. Le tableau du fabricant doit être lu ligne par ligne avec la référence du module, de l’appoint et de l’alimentation mono ou triphasée réellement installée.
Le guide ne permet pas de prescrire une courbe unique à toute la gamme. Avec un appoint séparé ou une alimentation différente, deux appareils de puissance thermique voisine peuvent demander des circuits et protections différents.
Un raccordement fiable commence par la notice de la machine exacte, puis par le calcul de la ligne dans ses conditions de pose. La puissance thermique de la PAC ne suffit jamais à choisir un câble ou un disjoncteur.
Cette transmission évite le découpage classique où le poseur suppose un départ prêt et l’électricien suppose que le matériel n’a qu’une seule alimentation. Le chantier est terminé lorsque les deux parties disposent des mêmes références et des mêmes mesures.
Non. Les kilowatts thermiques ne suffisent pas. Le calcul part de la puissance absorbée, du courant maximal ou MCA lorsqu'il est fourni, de l'alimentation, de la longueur, du mode de pose et de la notice du modèle exact.
Non. La courbe doit être celle demandée ou compatible avec la notice, le courant de démarrage et le courant de court-circuit disponible. Une courbe plus lente ne corrige ni un câble sous-dimensionné ni un défaut d'isolement.
Non. Le type F concerne notamment certains équipements monophasés à variateur. Une PAC triphasée ou une machine avec une autre électronique peut relever d'une autre prescription. La notice et l'étude de l'installation déterminent le choix final.
Un différentiel qui ouvre indique un courant résiduel ou une incompatibilité à diagnostiquer : isolement, humidité, câble, appoint, électronique ou dispositif différentiel. Notre article sur la différence entre interrupteur et disjoncteur différentiel explique ce que chaque appareil surveille. Changer la courbe du disjoncteur ne répond pas à ce symptôme.
La qualité de la prise de terre participe à la protection des personnes, mais une valeur de résistance seule ne permet pas d'expliquer directement un déclenchement. Il faut mesurer et rechercher le courant résiduel ou le défaut concerné.
Cela dépend du schéma de la PAC. Certains modules prévoient un appoint ou des auxiliaires distincts. Relevez toutes les alimentations et protections demandées dans la notice avant de dimensionner le tableau.
Théo Desrousseaux
Artisan électricien — Yvelines (78) & Hauts-de-Seine (92)
Électricien de terrain : installations, mises aux normes et dépannages au quotidien. Chaque contenu du site est rédigé et relu par ses soins.
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