Étape 1
Identifier l'organe qui tombe
Divisionnaire, différentiel ou disjoncteur de branchement. Le diagnostic change complètement.
Publié le 28 mai 2026
En bref
Le mauvais réflexe consiste à dire : “Pompe à chaleur égale courbe D.”
Le deuxième mauvais réflexe consiste à dire : “La courbe C suffit toujours, les PAC modernes ont un inverter.”
Le dimensionnement du disjoncteur et la protection d’une pompe à chaleur suivent la norme NF C 15-100. Obligation NF C 15-100 La courbe, le calibre, la section du câble et le type de différentiel doivent être choisis selon la notice technique du fabricant et vérifiés au démarrage réel de l’installation.
La bonne méthode est plus courte : on lit la notice, on regarde l’intensité maximale, on vérifie le câble, puis on choisit la courbe selon le démarrage réel de la machine. Une pompe à chaleur n’est pas une prise de cuisine. C’est un moteur, un compresseur, parfois une résistance d’appoint, une électronique de puissance et des cycles de dégivrage. Le disjoncteur doit protéger le câble sans déclencher à chaque appel normal.
Cet article parle uniquement de la courbe C ou D pour le départ PAC. Pour le raccordement complet, le sujet reste plus large : circuit dédié, différentiel, mono ou triphasé, section et mise en service.
5 à 10 In
seuil magnétique courant d'une courbe C selon repères fabricants
10 à 14 In
seuil magnétique courant d'une courbe D ou K selon Schneider Electric
30 mA
protection différentielle attendue sur le départ spécialisé
20 m
distance de référence citée dans des tableaux Mitsubishi, à recalculer si la liaison est plus longue
Le calibre d’un disjoncteur, par exemple 16 A ou 20 A, protège contre les surcharges durables. La courbe, elle, règle la tolérance au déclenchement magnétique sur les appels très courts.
Schneider Electric donne le repère utile : une courbe C déclenche au magnétique autour de 5 à 10 fois l’intensité nominale. Les courbes D et K montent autour de 10 à 14 fois. En clair, un C20 peut déclencher sur un appel bref que le D20 laissera passer, tout en protégeant le même câble contre une surcharge durable si le calibre est correct.
La courbe D n’est donc pas “plus forte”. Elle est moins sensible au démarrage. Si on l’installe pour masquer un défaut réel, on ne répare rien. Si on l’installe parce que le compresseur a un appel normal élevé, on évite un déclenchement inutile.
Une pompe à chaleur démarre rarement comme un simple radiateur. Elle peut avoir un compresseur, un ventilateur, une pompe de circulation, une carte inverter, parfois une résistance d’appoint. Selon la technologie, le courant d’appel peut être faible, moyen ou fort.
Les anciennes machines et certains compresseurs directs peuvent tirer fort au démarrage. La courbe D devient logique. Les machines inverter modernes démarrent plus progressivement. Certaines notices acceptent ou demandent une courbe C. Mitsubishi indique par exemple dans son guide Ecodan que l’aide au démarrage moteur peut permettre l’utilisation d’un disjoncteur en courbe C, à valider selon le cas. Le même fabricant donne aussi, dans d’autres tableaux, des protections en courbe D sur plusieurs références.
La conclusion est simple : le fabricant ne donne pas une règle universelle, il donne des valeurs par modèle. Une PAC air air murale, une PAC air eau de 14 kW et une unité extérieure triphasée ne se protègent pas de la même manière.
Retour de chantier
Le calibre se choisit sur l’intensité absorbée et la notice, pas sur la puissance thermique annoncée en façade commerciale.
Les notices PAC contiennent souvent plusieurs lignes électriques. Il faut prendre la bonne.
Vous pouvez trouver :
Daikin précise dans un manuel multi-split des calibres recommandés selon modèles : 16 A, 20 A, 25 A ou 32 A, avec disjoncteur différentiel conforme à la réglementation nationale. Mitsubishi donne dans ses documents des exemples de courbe D, mais aussi des cas où la courbe C est possible grâce à l’aide au démarrage.
Ce point évite beaucoup d’erreurs. Si la notice dit 20 A et que quelqu’un pose 32 A “pour être tranquille”, le câble peut ne plus être protégé correctement. Si la notice dit courbe D et que quelqu’un pose C par habitude, la PAC peut tomber au démarrage.
La courbe C est la courbe la plus courante dans l’habitat. Elle convient aux circuits usuels et à beaucoup d’équipements qui n’ont pas un appel de courant violent. Sur certaines PAC inverter, elle peut être cohérente si la notice la prévoit, si le calibre est adapté, si la tension est correcte, et si la liaison n’est pas trop longue.
Je garde une courbe C quand trois conditions sont réunies :
Une courbe C bien choisie a un avantage : elle déclenche plus tôt au magnétique. Sur une installation domestique avec utilisateur non professionnel, c’est souvent préférable quand l’appel de courant ne justifie pas une courbe D.
| Cas | Courbe souvent cohérente | Condition |
|---|---|---|
| Cas Petite PAC air air inverter | Courbe souvent cohérente C | Condition Notice compatible, appel limité |
| Cas PAC air eau avec aide au démarrage | Courbe souvent cohérente C ou D | Condition Tableau fabricant à lire modèle par modèle |
| Cas Compresseur à fort appel | Courbe souvent cohérente D | Condition Déclenchement instantané en C malgré ligne correcte |
| Cas Longue liaison extérieure | Courbe souvent cohérente Pas seulement une courbe | Condition Calcul section et chute de tension d'abord |
| Cas Résistance d'appoint | Courbe souvent cohérente C fréquent | Condition Départ séparé ou protection dédiée selon notice |
La courbe ne remplace pas le calcul de la ligne.
La courbe D est utile quand le déclenchement vient de un appel de courant normal au démarrage. Typiquement : le disjoncteur tombe instantanément quand le compresseur démarre, pas après dix minutes de fonctionnement. Le différentiel ne tombe pas, le général ne tombe pas, seul le départ PAC déclenche.
Dans ce cas, si la ligne est conforme et si la notice autorise la courbe D, le remplacement d’une courbe C par une courbe D peut être la bonne correction.
Mais je refuse de poser une courbe D sans contrôle quand :
Une courbe D mal utilisée peut laisser passer un défaut bref plus longtemps qu’une C. Elle doit rester une réponse à un appel moteur, pas un pansement sur une installation faible.
Le calibre dépend de l’intensité maximale de la PAC, de la section du câble, de la longueur et du mode de pose. ENGIE donne un exemple simple : une PAC de 4 000 W en monophasé peut demander un disjoncteur 20 A. Mais sur chantier, la puissance thermique affichée ne suffit pas. Une PAC “8 kW” peut consommer beaucoup moins en régime nominal, puis davantage avec appoint ou conditions défavorables.
La formule de base en monophasé reste connue : intensité approximative = puissance absorbée en watts divisée par 230 V. Mais elle ne remplace pas la notice, parce qu’une PAC n’est pas une résistance pure. Le facteur de puissance, l’inverter, les intensités maximales et les phases changent le résultat.
En triphasé, le raisonnement change encore. L’intensité se répartit sur trois phases. Le déséquilibre du tableau, le neutre, la protection tétrapolaire et la puissance souscrite deviennent plus importants que la lettre C ou D seule.
Attention
Ne montez jamais le calibre pour éviter un déclenchement. Si un C20 saute, passer en D20 peut être logique. Passer en 32 A sur le même câble ne l’est pas.
Beaucoup de diagnostics partent dans la mauvaise direction parce que le client dit “le disjoncteur saute”. Il faut voir ce qui saute vraiment.
Si le disjoncteur divisionnaire tombe, on pense surcharge, court-circuit ou appel de courant. Si l’interrupteur différentiel 30 mA tombe, on pense défaut d’isolement ou fuite à la terre. Si le disjoncteur de branchement tombe, on pense puissance souscrite, défaut plus large ou défaut fort.
Une PAC moderne avec électronique de puissance peut demander un différentiel adapté, souvent type A ou haute immunité selon le fabricant et le contexte. Legrand rappelle que les circuits avec moteurs, pompes ou équipements permanents font partie des usages à traiter avec attention dans le tableau. Sur une maison ancienne, je préfère souvent dédier un différentiel au départ PAC plutôt que l’ajouter sur une rangée déjà chargée.
Une courbe D ne corrige pas une chute de tension. Si la PAC est au fond du jardin, si l’unité extérieure est loin du tableau, ou si la liaison passe dans des conditions thermiques défavorables, la section doit être calculée.
Mitsubishi précise que certains tableaux de sections et calibres sont donnés pour une distance de 20 m et doivent être vérifiés selon la méthode de calcul en vigueur. Cette phrase est importante. Une maison avec tableau en sous-sol, traversée de garage, sortie façade, cheminement extérieur et unité au fond d’une terrasse dépasse vite cette distance.
Une chute de tension trop forte crée des symptômes pénibles : démarrage difficile, erreurs électroniques, déclenchements, vieillissement du compresseur, démarrage aléatoire par temps froid. Le client voit une PAC capricieuse. L’électricien voit parfois une ligne trop juste.
Si la PAC fait tomber le départ au moment exact du démarrage compresseur, je procède dans cet ordre.
Avant toute intervention
Coupez l’alimentation au disjoncteur, empêchez sa remise sous tension si possible et vérifiez l’absence de tension au VAT.
Étape 1
Identifier l'organe qui tombe
Divisionnaire, différentiel ou disjoncteur de branchement. Le diagnostic change complètement.
Étape 2
Lire le marquage
Noter calibre, courbe, pouvoir de coupure, type du différentiel et rangée concernée.
Étape 3
Comparer à la notice
Vérifier calibre et courbe demandés pour le modèle exact, pas pour une gamme voisine.
Étape 4
Contrôler la ligne
Section, longueur, serrages, cheminement, état des conducteurs et terre.
Étape 5
Tester le démarrage
Relancer après arrêt complet, puis en mode chauffage et dégivrage si possible.
Étape 6
Remplacer seulement si cohérent
Passer de C à D si l'appel moteur est la cause probable et si le câble est protégé.
Si le déclenchement intervient après plusieurs minutes, ce n’est plus le même film. On regarde l’intensité en régime, le dégivrage, les résistances, le ventilateur, l’encrassement, le fluide, l’isolement et les erreurs de carte. Une courbe D ne réglera pas un défaut qui apparaît à chaud.
Premier cas : petite PAC air air murale, notice en 16 A, câble court en 2,5 mm², démarrage inverter doux. Une courbe C peut être parfaitement cohérente si le fabricant ne demande pas D. Poser une courbe D par réflexe n’apporte rien.
Deuxième cas : PAC air eau monophasée avec unité extérieure plus puissante, disjoncteur C20 qui tombe instantanément au lancement compresseur, différentiel stable, câble 4 ou 6 mm² selon distance, notice compatible D20. Là, la courbe D répond au bon problème.
Troisième cas : PAC qui fait tomber le différentiel par temps humide. Changer C en D ne sert à rien. On cherche un défaut d’isolement, une infiltration, un câble extérieur abîmé, une résistance d’appoint ou une carte. Le symptôme parle de fuite, pas d’appel magnétique.
Certaines PAC air eau ont une résistance d’appoint dans le module intérieur. Elle peut avoir sa propre alimentation ou une protection distincte selon les modèles. C’est un piège fréquent : l’installateur regarde seulement l’unité extérieure et oublie l’appoint.
Une résistance se comporte différemment d’un compresseur. Elle n’a pas le même appel moteur. Une courbe C est souvent utilisée sur les résistances, mais la notice décide. Si l’appoint est activé par grand froid, le client peut avoir l’impression que “la PAC saute quand il fait froid”, alors que c’est l’addition compresseur plus appoint plus autres usages qui dépasse la puissance disponible ou sollicite une ligne mal prévue.
Dans les maisons tout électrique, ce point rejoint la puissance souscrite. Une PAC, un chauffe-eau, une plaque induction et une recharge de véhicule ne se cumulent pas sans stratégie. Le disjoncteur PAC peut être correct et le logement mal équilibré.
La pire erreur est de remplacer un disjoncteur sans ouvrir la notice. La deuxième est de copier le tableau d’une autre PAC. La troisième est de monter le calibre.
Je vois aussi des départs PAC sous le mauvais différentiel, des peignes mal adaptés, des serrages faits à la va-vite, des câbles souples sans embouts selon bornier, des unités extérieures alimentées par l’intérieur alors que la notice dit l’inverse, et des circuits repris sur une ancienne ligne de chauffage.
La courbe C ou D n’est qu’une lettre. Elle ne sauve pas un tableau improvisé.
Pour une pompe à chaleur, la courbe D n’est pas obligatoire par principe. Elle est pertinente quand le compresseur ou le moteur crée un appel de courant que la courbe C ne doit pas encaisser, et quand la notice ou le diagnostic le confirme.
La courbe C reste correcte sur certaines PAC modernes, notamment avec démarrage progressif, si le fabricant l’autorise et si les essais sont bons.
La règle finale tient en une phrase : ne choisissez pas C ou D pour faire comme d’habitude, choisissez la courbe qui protège le câble et laisse passer le fonctionnement normal de la machine.
Non. Une courbe C peut convenir si la PAC dispose d'un démarrage progressif et si la notice fabricant l'autorise. La courbe D devient utile quand le courant d'appel normal dépasse ce qu'une courbe C accepte.
Le calibre thermique reste 20 A. La différence porte sur le déclenchement magnétique bref. Un D20 laisse passer un appel plus fort au démarrage, mais il ne doit pas servir à masquer un défaut ou un câble mal dimensionné.
On ne devine pas. On relève l'intensité maximale, on mesure ou estime l'appel, on vérifie la section, puis on contacte le support fabricant si besoin. Par défaut, une courbe C est plus courante en logement, mais une PAC à fort appel peut nécessiter D.
Parce que le problème ressemble plus à une fuite à la terre qu'à un appel de courant. Voir interrupteur différentiel ou disjoncteur pour comprendre. Il faut chercher humidité, câble extérieur abîmé, résistance d'appoint, carte ou compresseur en défaut d'isolement.
Théo Desrousseaux
Artisan électricien — Yvelines (78), Hauts-de-Seine (92) et Paris Ouest
Électricien de terrain : installations, mises aux normes et dépannages au quotidien. Chaque contenu du site est rédigé et relu par ses soins.
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Sources officielles et références
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