Multimètres LCR de table
Ces appareils de table illustrent la gamme de mesure du portefeuille Keysight.
Publié le 4 août 2026
Photo : keysight.com En bref
Keysight est la marque qui descend en ligne droite de l’activité mesure de Hewlett-Packard, la fameuse HP fondée en 1939. Quand je croise des clients qui font de l’électronique, de la R&D ou de la maintenance industrielle, c’est souvent ce nom qui revient pour la précision de laboratoire.
Mon avis sur la marque, avant même d’aborder les prix : c’est une référence mondiale du test et mesure, avec un héritage unique, mais son positionnement ne correspond pas à la majorité des besoins d’un électricien installateur. Fluke et Chauvin Arnoux couvrent l’essentiel du terrain ; Keysight se justifie pour des besoins précis.
Ce qui m’intéresse concrètement, ce sont les produits d’entrée de gamme : l’oscilloscope InfiniiVision 1000 X et le multimètre de paillasse 34461A, avec leurs prix vérifiés, la garantie et la question de l’étalonnage.
Précision de méthode : cet avis s’appuie sur la documentation, les fiches revendeurs ouvertes et les prix relevés. Le site officiel français bloque l’accès à plusieurs pages (catalogue, contact) : les fiches revendeurs sont plus fiables pour les prix.
L’histoire de Keysight se lit comme une succession de scissions. Hewlett-Packard naît en 1939, son activité de mesure électronique devient Agilent Technologies en 1999, puis Keysight Technologies en est extraite en 2014 pour voler de ses propres ailes.
Le slogan de lancement, qui célébrait 75 ans d’histoire de la mesure, faisait référence à 1939.
Aujourd’hui, Keysight est une société cotée au NYSE sous le code KEYS, dont le siège est à Santa Rosa, en Californie. Pour son exercice fiscal 2025, clos le 31 octobre 2025, elle a déclaré un chiffre d’affaires de 5,38 milliards de dollars, un résultat net de 850 millions de dollars et plus de 16 800 employés.
La direction a changé récemment : Satish Dhanasekaran est directeur général depuis 2022, et Ron Nersesian préside le conseil d’administration. C’est une entreprise stable, rentable, et qui investit régulièrement, comme je le détaille plus loin.
Keysight fait partie de l’indice S&P 500 et déclare des actifs de l’ordre de 11,3 milliards de dollars. Ces repères comptent pour l’acheteur : une gamme d’instruments chère suppose un éditeur capable d’assurer le support et les mises à jour sur la durée.
5,38 Md$
chiffre d’affaires, exercice fiscal 2025 clos au 31/10/2025
16 800
employés dans le monde
110 GHz
plafond des oscilloscopes de la série UXR
529 € TTC
entrée de gamme oscilloscope EDUX1002A
À côté, l’histoire de Fluke, que j’ai racontée en détail, suit une trajectoire très différente : une marque construite sur l’instrument portable de terrain, quand Keysight vient du laboratoire HP. Ces deux mondes ne se recouvrent que partiellement, et c’est toute la question pour l’acheteur.
Keysight est organisé en quatre divisions : Design Engineering Software (PathWave) pour les logiciels de conception, Electronic Industrial Solutions, Communication Solutions, et Network and Security Solutions. Le portefeuille couvre presque tout le spectre de la mesure électronique.
Multimètres LCR de table
Ces appareils de table illustrent la gamme de mesure du portefeuille Keysight.
On y trouve des oscilloscopes jusqu’à 110 GHz sur la série UXR, avec les séries HD3 et XR8 plus récentes, des multimètres numériques, des générateurs de formes d’onde, des analyseurs de réseau et de spectre dont le portable FieldFox, des alimentations, des équipements RF et des logiciels EDA.
Un détail qui compte pour la compatibilité : la marque dit travailler avec plus de 35 organismes de normalisation internationaux. Concrètement, un instrument Keysight parle le langage des standards, ce qui facilite le raccordement à d’autres équipements de mesure.
Pour un électricien, seules quelques familles méritent un coup d’œil :
Le reste de la gamme, analyseurs vectoriels et équipements RF, se compte en dizaines de milliers d’euros. Je reparle de ces budgets dans la partie consacrée aux prix.
Le consensus qui ressort des retours que je croise, et que résume un comparatif de revendeur, tient en une phrase : Keysight, c’est la précision de laboratoire ; Fluke, c’est la robustesse terrain.
Keysight se distingue par une précision absolue, avec des multimètres à 6,5 chiffres et plus, quand les appareils de terrain privilégient la survie sur chantier.
Le même comparatif donne au Fluke 87V une précision DC de base de l’ordre de 0,05 %, un chiffre issu du comparatif de revendeur, pas de la fiche officielle Fluke.
L’écart de précision existe, mais il ne change pas la décision d’un installateur, pas plus qu’il ne bouleverse le comparatif des multimètres Fluke 117 et 179.
Un point que je retiens : les multimètres portables Keysight de la série U1200 ne font pas le poids face à Fluke en durabilité terrain, avec des exemples rapportés de prise d’entrée fissurée. Sur un chantier, c’est exactement le genre de détail qui élimine un appareil.
Le comparatif de revendeur qui documente ce point estime la précision d’un Fluke 87V suffisante pour la grande majorité des diagnostics terrain.
Chiffre non confirmé par le fabricant, mais il rejoint une réalité que je constate : la décision d’un électricien se joue rarement sur la dernière décimale, plutôt sur la solidité du boîtier, la lisibilité de l’écran et la prise en main immédiate.
C’est sur ces trois points que l’héritier du laboratoire HP reste en retrait une fois sorti de l’atelier.
Portables orange et table noir
Distinguer le portable orange de terrain du banc noir de laboratoire.
Le point fort reconnu de Keysight, c’est l’écosystème logiciel BenchVue : connexion multi-instruments, enregistrement des mesures, export des données. L’apprentissage est plus long qu’un multimètre terrain, mais l’enchaînement et l’exploitation des mesures n’ont pas d’équivalent simple.
Attention
Plusieurs chiffres circulent sur la précision du Fluke 87V et les prix comparés Keysight-Fluke. Ils proviennent d’un blog de revendeur, pas des fiches officielles. Avant une décision d’achat, contrôlez les fiches constructeur actuelles.
Les avis B2B agrégés sur Peerspot saluent la fiabilité et le support, mais critiquent le coût et la modularité. C’est un retour de réputation à vérifier avant achat.
Le paysage ne se limite pas à ces deux noms : ma comparaison Fluke, Kyoritsu et Hioki montre qu’il existe d’autres marques de précision sérieuses, parfois moins chères que Keysight.
À l’autre extrémité du spectre, ma présentation de la gamme PeakTech illustre le contraste : des instruments d’entrée de gamme accessibles à quelques dizaines d’euros, quand Keysight démarre à plusieurs centaines et grimpe à des centaines de milliers.
Les deux mondes ne répondent pas aux mêmes usages : PeakTech pour un usage occasionnel à petit budget, Keysight pour une exigence de précision et de répétabilité. Entre les deux, le rapport prix-performance change complètement la décision.
C’est le produit Keysight le plus accessible, et celui qui peut réellement servir sur des installations modernes. Trois modèles sont proposés chez le revendeur européen Welectron, avec des prix que j’ai vérifiés sur la fiche ouverte :
| Modèle | Prix TTC relevé | Bande passante | Échantillonnage |
|---|---|---|---|
| Modèle EDUX1002A | Prix TTC relevé 529 € | Bande passante 50 MHz | Échantillonnage 1 GSa/s |
| Modèle DSOX1102A | Prix TTC relevé 759 € | Bande passante 100 MHz | Échantillonnage 2 GSa/s |
| Modèle DSOX1102G | Prix TTC relevé 999 € | Bande passante 100 MHz | Échantillonnage 2 GSa/s |
Toute la série repose sur l’ASIC MegaZoom IV avec 50 000 formes d’onde par seconde, un écran de 7 pouces, un DVM 3 chiffres et un compteur intégrés. Le générateur de formes d’onde WaveGen 20 MHz est proposé en option. La fiche revendeur mentionne une garantie constructeur de 3 ans, confirmée côté européen.
Pourquoi je le trouve utile : un oscilloscope sert à voir ce qu’un multimètre ne montre pas. Sur un variateur de vitesse, un onduleur ou un équipement à électronique de puissance, le signal peut être présent, déformé ou hachuré sans que la tension efficace ne le dise.
C’est le sujet que j’ai développé dans mon guide pour choisir un oscilloscope quand on débute le diagnostic.
Deux détails de la fiche méritent votre attention. Le DVM 3 chiffres intégré permet de suivre une tension en continu pendant que l’oscilloscope affiche la forme d’onde : sur un variateur ou un onduleur, cela évite de jongler entre deux appareils.
L’ASIC MegaZoom IV affiche jusqu’à 50 000 formes d’onde par seconde, un débit qui aide à rendre visible un défaut intermittent.
Pour choisir entre les trois modèles, la question principale est la bande passante : 50 MHz sur le EDUX1002A ou 100 MHz sur les DSOX1102A et DSOX1102G, selon la rapidité des signaux que vous comptez observer.
Le générateur WaveGen 20 MHz, proposé en option sur la série, reste un plus pour injecter un signal de test, pas un critère de premier achat.
Le 34461A est un multimètre de paillasse 6½ chiffres de la gamme Truevolt, vendu comme remplacement 100 % compatible du mythique 34401A, une référence historique des laboratoires. Ses caractéristiques vérifiées sur la fiche Datatec :
Le prix relevé chez Datatec est de 1 399 € HT, soit 1 664,81 € TTC. Le site Keysight annonçait 1 423 € sur sa page catalogue. Retenez la fourchette des 1 400 à 1 700 € selon le revendeur et la TVA.
Pour qui ? Un atelier qui veut une référence de mesure, des tests répétables, et l’export des données via BenchVue. Ce n’est pas l’outil du dépannage quotidien : pour ça, mon guide du meilleur multimètre reste la bonne porte d’entrée.
Un détail qui fait réfléchir : le certificat d’étalonnage est fourni, mais la précision annoncée suppose un étalonnage suivi. La périodicité et le prix de l’étalonnage sont un vrai sujet de coût de possession, que j’ai détaillé dans mon article sur l’étalonnage.
Il faut donc raisonner en budget pluriannuel : l’achat à 1 400-1 700 € s’additionne aux recalibrages annuels recommandés par les revendeurs, alors qu’un multimètre de terrain classique s’utilise souvent des années sans contrainte d’étalonnage. La précision de laboratoire se paie deux fois : à l’achat, puis en entretien.
C’est un choix cohérent pour un atelier qui facture des essais ou des rapports de mesure, moins pour un usage ponctuel.
Le FieldFox regroupe un analyseur vectoriel de réseau, un analyseur de spectre et un testeur de câble et d’antenne dans un boîtier portable. C’est un outil remarquable pour les antennes, les câbles coaxiaux et les liaisons radio.
Mais regardons les prix : chez Electro Rent, distributeur Premium, un analyseur de spectre d’occasion démarre à 33 797 €, et un analyseur vectoriel de réseau atteint 277 017 €. Même en occasion, ces équipements se comptent en dizaines de milliers d’euros.
Ma conclusion est simple : cette partie de la gamme est hors de portée d’un électricien installateur, et elle reste l’affaire de spécialistes RF, de laboratoires ou de sociétés qui les louent à la journée.
Si un besoin ponctuel se présente tout de même, la location est la porte d’entrée la plus raisonnable : Electro Rent propose le programme Keysight NOW, qui donne accès à ces équipements sans immobiliser des dizaines de milliers d’euros.
Pour une campagne de mesures sur un réseau radio ou une liaison antenne, quelques jours de location coûtent toujours moins cher qu’un achat qui resterait au placard.
Le canal le plus documenté est Electro Rent, qui se présente comme partenaire de location privilégié et distributeur agréé Premium de Keysight. La société vend du neuf et de l’occasion certifié, et propose la location via le programme Keysight NOW. Le téléphone France est le 01 45 12 65 65.
Une page officielle Keysight cite par ailleurs un autre partenaire, ES Tests Energie Mesures, comme seul partenaire Premium en France. Méfiez-vous des affirmations de statut unique sans vérification.
La page contact française fait par ailleurs état d’un numéro sans frais, le 0805 980333, à confirmer avant utilisation. Un appel direct reste le meilleur moyen de valider le statut d’un revendeur et la disponibilité d’un appareil.
Le canal naturel d’achat reste la distribution technique : RS Components, Conrad, Testoon, Farnell. Confirmez la disponibilité avant de bâtir un projet dessus.
Deux enseignements pratiques :
Keysight a finalisé le 20 octobre 2025 trois acquisitions majeures : Spirent Communications, spécialiste des tests de réseaux, l’Optical Solutions Group cédé par Synopsys, et PowerArtist cédé par Ansys. Le total annoncé est d’environ 1,7 milliard de dollars, montant rapporté par le relais presse du communiqué officiel.
La capitalisation boursière de la société était de l’ordre de 27,9 milliards de dollars en octobre 2025. Ces chiffres dessinent une entreprise solide financièrement, ce qui compte pour la pérennité d’une gamme d’instruments chère.
Ce n’est pas la première vague : Keysight a racheté Anite en 2015 pour environ 388 millions de livres, Ixia en 2017 pour environ 1,6 milliard de dollars, Eggplant en 2020 pour environ 330 millions de dollars, et Verisco en 2021 sur la charge des véhicules électriques.
Ma lecture : la stratégie pousse vers les réseaux, les logiciels et la mobilité électrique. Pour l’acheteur, cela signifie surtout une gamme qui continue d’évoluer et un support qui ne va pas disparaître du jour au lendemain.
Cette santé financière compte pour la suite : un appareil de mesure s’achète pour des années, et la pérennité de l’éditeur pèse dans la décision autant que la fiche technique. C’est un point que je fais valoir quand un client hésite entre deux marques au prix proche.
Voilà où j’en arrive après avoir rassemblé ces informations. Keysight est une excellente marque dans son domaine, la référence de la mesure de précision, avec un héritage et des finances solides. Je n’ai aucun doute là-dessus.
Instruments de précision
Ces instruments matérialisent la précision de laboratoire réservée aux spécialistes.
Mais pour un électricien installateur, la réponse honnête est ailleurs : les contrôleurs d’installation dédiés couvrent l’essentiel des besoins terrain, et je le vérifie tous les jours dans mes interventions. Le CA 6117 reste mon réflexe pour les vérifications réglementaires.
Keysight se justifie dans trois cas précis :
Pour un premier équipement, le budget de départ est un autre critère : une caisse complète Fluke ou Chauvin Arnoux se monte déjà vite, et passer chez Keysight change la donne. Je l’ai détaillé dans mon article sur l’équipement de l’électricien débutant.
N’oubliez pas le coût de possession : les revendeurs recommandent un recalibrage annuel sur les appareils de précision, ce qui ajoute une ligne au budget sur plusieurs années. C’est le vrai prix caché de la précision absolue.
En résumé, mon conseil : achetez Keysight pour un besoin précis, jamais pour la marque. Si votre besoin est de vérifier une installation, un tableau ou une terre, restez sur les marques terrain. Si votre besoin est de voir un signal ou de mesurer avec une référence, Keysight est alors un excellent choix.
Ma règle de décision tient en trois vérifications : un besoin précis identifié, un budget qui intègre le recalibrage annuel, et un prix confirmé chez au moins deux revendeurs.
Quand ces trois conditions sont réunies, l’achat d’un Keysight se justifie ; sinon, un contrôleur d’installation dédié répondra au besoin pour moins cher et avec moins de contraintes.
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Keysight descend en ligne droite de HP : l’activité mesure de Hewlett-Packard, née en 1939, est devenue Agilent en 1999, puis Keysight a été créée par spin-off en 2014. C’est pourquoi la marque revendique plus de 85 ans d’héritage dans la mesure électronique.
Pas pour l’essentiel du terrain : Fluke et Chauvin Arnoux couvrent la majorité des diagnostics, comme je l’explique dans ma comparaison Fluke contre Chauvin Arnoux. Keysight se justifie pour l’oscilloscope InfiniiVision 1000 X en dépannage d’électronique de puissance, ou pour un multimètre de paillasse 34461A en atelier.
Les trois modèles de la série InfiniiVision 1000 X sont relevés chez Welectron : EDUX1002A à 529 € TTC, DSOX1102A à 759 € et DSOX1102G à 999 €. La série affiche 50 à 100 MHz, un DVM 3 chiffres intégré et une garantie constructeur de 3 ans mentionnée par le revendeur.
Le 34461A est relevé à 1 399 € HT, soit 1 664,81 € TTC chez Datatec. Pour ce prix, vous avez un 6½ chiffres avec une précision DC de base de 0,0050 %, 1 000 mesures par seconde, BenchVue Basic et le certificat d’étalonnage fourni.
Le canal le mieux documenté est Electro Rent, distributeur Premium agréé, qui vend neuf et occasion certifié et loue via le programme Keysight NOW. La distribution technique (RS Components, Conrad, Testoon, Farnell) reste le canal naturel, à confirmer individuellement pour les prix et les stocks.
Théo Desrousseaux
Artisan électricien — Yvelines (78), Hauts-de-Seine (92) et Paris Ouest
Électricien de terrain : installations, mises aux normes et dépannages au quotidien. J'ai fondé Sparx Élec et je dirige son magazine, lu en France et à l'international : chaque article est relu et validé par mes soins avant publication.
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