Produits connectés
Les équipements comme les disjoncteurs collectent les données.
Vérifié le par
Théo Desrousseaux, électricien
(diplômes et certifications)
En bref
Spécialiste mondial de la gestion de l’énergie et des automatismes, Schneider Electric équipe les infrastructures électriques depuis 1836.
Info
Certains confondent encore l’électroménager grand public “Schneider” avec le géant industriel Schneider Electric — deux entreprises qui n’ont rien à voir.
Cet article retrace l’évolution de Schneider Electric — de la sidérurgie du Creusot au leader mondial de la gestion énergétique.
C’est une analyse des rachats fondateurs comme Merlin Gerin et mon retour d’expérience d’électricien sur la fiabilité des gammes Resi9 et EcoStruxure sur le terrain.
Schneider Electric SE est la multinationale du CAC 40 spécialisée dans la gestion de l’énergie et les automatismes industriels. Son cœur de métier couvre la gestion de l’énergie et les automatismes industriels.
Son origine historique remonte à 1836, démarrant comme une simple fonderie.
C’est cette entreprise qui fabrique le matériel électrique professionnel :
C’est le Schneider que les électriciens comme moi installent tous les jours dans les Yvelines (78) et les Hauts-de-Seine (92) chez mes clients. C’est donc de cette entité que je vais parler. Le nom complet est Schneider Electric.
Voici l’autre “Schneider”, la marque Schneider Consumer Group. Elle est spécialisée dans l’électroménager et l’audiovisuel, avec des TV et radios au look vintage. C’est ce que vous trouvez en magasin grand public.
Son histoire est totalement distincte. Elle a été fondée bien plus tard par les frères Jacques et Sacha Schneider. Il n’y a aucun lien capitalistique ou opérationnel avec Schneider Electric. C’est une autre entreprise.
Maintenant que les choses sont claires, on peut se concentrer sur le vrai sujet : Schneider Electric : histoire et offres de la marque du géant industriel.
Revenons aux sources. L’histoire de Schneider Electric démarre bien avant l’invention de l’ampoule.
Tout débute réellement en 1836. Les frères Adolphe et Joseph-Eugène Schneider mettent la main sur une fonderie en difficulté située au Creusot, en Bourgogne. À cette époque, la structure porte le nom de Schneider et Cie.
Leur cœur de métier n’a rien à voir avec le courant : c’est la sidérurgie. L’entreprise s’impose comme un pilier de la première révolution industrielle, crachant de l’acier, des rails et des locomotives à vapeur. L’électricité ?
Une utopie lointaine. Nous sommes ici en plein règne du charbon et de la vapeur.
Fin du XIXe siècle, le vent tourne. Avec l’arrivée de la deuxième révolution industrielle, Schneider flaire le potentiel et s’intéresse sérieusement au secteur naissant de l’électricité.
Pourtant, l’entreprise devient simultanément un acteur majeur de l’armement.
Elle produit des canons, des blindages et des navires de guerre, un chapitre souvent oublié quand on regarde l’histoire de Schneider et son passé.
Ce double visage est frappant : un pied ancré dans l’industrie lourde, l’autre testant déjà la modernité électrique.
Un tournant s’opère avec la création en 1929 de la société “Le matériel électrique Schneider-Westinghouse” (S-W). Il s’agit d’une alliance capitalistique et technique avec le géant américain Westinghouse.
Ce partenariat permet à Schneider de capter une expertise rare sur les équipements électrotechniques. C’est une étape décisive qui prépare le terrain pour les décennies suivantes.
Après la Seconde Guerre mondiale, le groupe lâchera définitivement l’armement pour se focaliser sur cette nouvelle voie.
L’après-guerre a été une période de reconstruction, mais c’est à la fin du XXe siècle que Schneider a connu sa mutation la plus radicale, passant du statut de conglomérat vieillissant à celui de spécialiste mondial.
À la fin des années 70, le groupe, alors nommé Empain-Schneider, est un conglomérat complexe et en difficulté. C’est ce moment critique qui a redéfini Schneider, son histoire et les offres de la marque.
La crise de la sidérurgie et des choix stratégiques hasardeux ont mis le groupe en situation de quasi-faillite. L’analyse du Bulletin de la Sabix montre bien la complexité de cette période où tout aurait pu s’arrêter.
“L’entreprise a dû opérer des transformations radicales pour survivre, abandonnant des pans entiers de son histoire industrielle pour se réinventer complètement autour de l’électricité.”
Sous l’impulsion de Didier Pineau-Valencienne, la décision est prise de tout miser sur un seul secteur : la distribution électrique et les automatismes. Une stratégie de survie brutale pour sauver ce qui pouvait l’être.
C’est un pari audacieux. Le groupe se sépare de ses activités historiques, comme la sidérurgie et la construction navale, pour devenir un pure player de l’électricité. En mai 1999, ce virage est officialisé. Le groupe est rebaptisé Schneider Electric.
Ce recentrage s’est fait par une politique d’acquisitions massive et ciblée. Schneider a racheté des acteurs clés de l’industrie pour consolider sa nouvelle spécialisation.
| Année | Entreprise acquise | Spécialité / Apport stratégique |
|---|---|---|
| Année 1988 | Entreprise acquise Télémécanique | Spécialité / Apport stratégique Automatismes et contrôle industriels. |
| Année 1991 | Entreprise acquise Square D | Spécialité / Apport stratégique Appareillage électrique en Amérique du Nord. |
| Année 1992 | Entreprise acquise Merlin Gerin | Spécialité / Apport stratégique Distribution électrique haute et basse tension. |
| Année 1997 | Entreprise acquise Modicon | Spécialité / Apport stratégique Inventeur de l’automate programmable. |
Une fois sa spécialisation achevée, Schneider n’allait pas s’arrêter là. Le XXIe siècle a propulsé Schneider au cœur de la transformation numérique : celle du numérique et des données.
Produits connectés
Les équipements comme les disjoncteurs collectent les données.
Edge Control
Les automates gèrent l’installation en temps réel au niveau local.
Analyse et Services
Le cloud et l’IA optimisent la maintenance et l’énergie.
Schneider n’a pas regardé passer la vague IoT, ils l’ont surfée avec EcoStruxure. C’est une plateforme ouverte et interopérable, conçue pour rendre les opérations intelligentes plutôt que simplement laborieuses.
Le but est simple : connecter chaque équipement, du capteur au cloud, pour piloter la gestion de l’énergie.
Schneider ne débute pas ; leurs recherches datent des années 80. Aujourd’hui, ils utilisent concrètement l’IA pour optimiser la consommation d’énergie chez les clients, rendant enfin les données utiles et exploitables.
Prenez la maintenance prédictive. Au lieu de subir une panne coûteuse, l’IA analyse les schémas pour anticiper les défaillances. Cette puissance est décuplée par l’utilisation d’Azure OpenAI Service pour développer de nouvelles applications métiers.
La gamme Wiser applique cette philosophie au résidentiel. Oubliez la domotique gadget ; c’est un système de pilotage intelligent du chauffage, de l’éclairage et des consommations pour une gestion rigoureuse.
L’avantage est financier : vous réalisez des économies d’énergie sans sacrifier votre confort, le tout piloté depuis votre smartphone pour protéger votre portefeuille.
C’est un exemple parfait de ce qu’un tableau électrique connecté peut apporter aujourd’hui à votre logement.
Toute cette histoire et cette technologie, c’est bien beau, mais concrètement, qu’est-ce que ça donne sur un chantier ? En tant qu’électricien, voici les produits Schneider que je manipule et recommande.
N°1
Mondial en basse tension
Resi9
Gamme résidentielle de référence
230-1000V
Domaine de tension maîtrisé
Schneider est le numéro un mondial de la distribution électrique basse tension (230 à 1 000 V), un statut forgé par l’héritage technique de Merlin Gerin notamment.
Cela englobe absolument tout ce qui compose un tableau électrique moderne. On ne plaisante pas avec ces équipements : la sécurité et la fiabilité sont les seuls maîtres-mots. Voici les références qui reviennent le plus en distribution électrique Schneider :
Le modèle 2025 se distingue par son relief en façade et son système de clips renforcé.
En finition aluminium brossé, la même prise passe sans friction dans un intérieur contemporain ou une cuisine de standing.
Les interrupteurs suivent exactement les mêmes finitions que les prises — c’est ce qui permet une cohérence visuelle sur l’ensemble d’une pièce.
La gradation est disponible dans la même gamme, compatible avec la plupart des spots LED dimmables du marché.
À l’intérieur du tableau, le différentiel type F Resi9 30mA est la pièce centrale — c’est lui qui assure la protection différentielle sur les circuits avec variateurs et bornes IRVE.
Pour l’habitat, la gamme Resi9 est la référence du marché actuel.
C’est le matériel que j’installe systématiquement lors d’un remplacement de tableau électrique, simplement parce que sa fiabilité m’évite les retours SAV inutiles.
Sur les murs, on retrouve Odace pour son design modulaire astucieux, et Mureva qui s’impose pour les solutions étanches. C’est le choix logique pour les extérieurs ou les caves humides.
Reconnaître la gamme Odace à ses mécanismes ronds montés sur plaque
Ne prenez pas de risques inutiles : choisir une marque pro comme Schneider pour ses prises et interrupteurs est un gage de sécurité.
En intérieur, la gamme connectée intègre désormais l’USB-C directement dans le mécanisme, sans module rapporté.
La triple prise Odace est le format que j’installe systématiquement sur les bureaux et meubles TV où plusieurs appareils cohabitent.
Pour les dérivations en extérieur ou sur chantier, le boitier grand format IP55 est conçu pour des connexions permanentes sous contraintes climatiques.
Tout ce matériel converge dans un tableau Resi9 XE câblé en embrochable — voici ce que ça donne une fois ouvert sur chantier.
Soyons francs, en France, le match se joue essentiellement contre Legrand et Hager — mon comparatif Hager ou Schneider décrit les différences terrain en détail.
Chaque marque a ses atouts, mais en analysant ses gammes, on constate une robustesse industrielle difficile à battre.
Schneider s’impose clairement comme le choix de l’écosystème intégré et connecté. Leurs systèmes sont performants, bien que souvent propriétaires.
C’est un point clé dans le duel entre les grandes marques de tableaux électriques.
3 questions
InteractifQuiz : Tableau électrique Schneider : histoire et gammes
3 questions pour vérifier les points essentiels
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Mais résumer Schneider à du matériel électrique serait une erreur. Aujourd’hui, une grande partie de la valeur de l’entreprise se trouve dans le code informatique et dans un engagement fort pour un avenir plus durable.
Vous pensez disjoncteurs ? Pourtant, analyser Schneider, son histoire et ses offres révèle une entreprise de logiciels industriels. L’acquisition complète d’AVEVA en 2022 est la preuve de cette stratégie.
AVEVA conçoit les logiciels nécessaires pour concevoir, gérer et optimiser des processus industriels complexes. Des usines aux plateformes pétrolières, c’est le “cerveau” numérique qui pilote l’industrie.
Sans ça, le matériel reste inerte. Le but est de créer un “jumeau numérique” d’une installation pour simuler et améliorer ses performances.
Parlons concret. Le programme “Access to Energy” (A2E) n’est pas de la charité, c’est une initiative qui vise à fournir un accès à l’électricité fiable et propre aux populations qui en sont privées, notamment en Afrique.
Le programme combine investissement, soutien à l’entrepreneuriat local et développement de solutions adaptées, comme des lampes solaires ou des micro-réseaux. Les chiffres parlent : plus de 24 millions de personnes en ont déjà bénéficié.
Schneider fait de la durabilité un axe de stratégie. Leur slogan “Life Is On” signifie rendre la vie possible tout en respectant la planète. Voici les axes de l’engagement durable de Schneider :
Ce n’est pas seulement du marketing, c’est le cœur de leur modèle économique. En tant qu’artisan, je le vois sur le terrain avec des produits conçus pour durer.
Retenez la distinction : Schneider Electric, ce n’est pas de l’électroménager, c’est le poids lourd mondial de la distribution électrique.
Info
En 2026, Schneider Electric reste numéro un mondial de la distribution électrique basse tension. L’entreprise emploie plus de 150 000 personnes dans 100 pays et réalise plus de 37 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Après deux siècles de transformations — de la sidérurgie aux automatismes, des canons aux disjoncteurs — la cohérence de la stratégie électrique est ce qui frappe quand on retrace l’histoire du groupe.
L’histoire commence en 1836 avec la sidérurgie, l’armement et les locomotives à vapeur après la reprise des fonderies du Creusot.
C’est une multinationale cotée au CAC 40, dont le capital est réparti entre investisseurs institutionnels, actionnaires individuels et salariés.
Siemens est plus important globalement, mais Schneider Electric est un leader mondial équivalent sur le segment spécifique de la gestion d’énergie.
Pour la distribution basse tension et le résidentiel en France, Schneider est souvent privilégié pour sa disponibilité et sa gamme Resi9. Mon configurateur de tableau électrique gratuit aide à dimensionner les circuits avant de choisir la marque.
Théo Desrousseaux
Artisan électricien — Yvelines (78), Hauts-de-Seine (92) et Paris Ouest
Électricien de terrain : installations, mises aux normes et dépannages au quotidien. Chaque contenu du site est rédigé et relu par ses soins.
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