Relevé thermique de tableau
Exemple de relevé sur une installation en charge, depuis l'extérieur du coffret.
En bref
La caméra thermique Seek Thermal se branche sur le smartphone et se décline en 2026 en deux modèles : la Nano ≈ 175 à 188 € et la Nano ≈ 263 à 455 €.
Fondée en 2012 à Santa Barbara, la marque américaine a lancé en 2014 la première caméra thermique grand public après avoir levé 30 millions de dollars.
Pour un électricien, le choix dépend surtout de la résolution, de la plage de mesure et de l’application : je détaille ce que valent les Nano sur le terrain et face à la Topdon TC001.
2012
année de fondation de Seek Thermal à Santa Barbara
30 M$
levés en 2014, année de la première caméra grand public
35 mK
sensibilité thermique annoncée sur les Nano 200 et 300
25 Hz
de rafraîchissement d’image, deux fois plus fluide qu’une FLIR One Pro
Seek Thermal est fondée en 2012 à Santa Barbara, en Californie, par Bill Parrish et Tim Fitzgibbons, deux docteurs en génie électrique qui cumulent à eux deux une quarantaine d’années en imagerie infrarouge militaire.
Parrish vient d’Amber Engineering, société rachetée par Raytheon ; Fitzgibbons vient d’Indigo Systems, rachetée par FLIR en 2004. Leur point commun : concevoir des détecteurs thermiques, pas seulement assembler des boîtiers.
En 2014, la société lève 30 millions de dollars et lance ce qu’elle présente comme la première caméra thermique grand public, vendue sous les 300 dollars. Le pari est alors de sortir la thermographie des laboratoires et des pompiers pour la mettre dans la poche de n’importe quel artisan.
Le site officiel revendique encore aujourd’hui une conception verticale : les capteurs sont dessinés et fabriqués aux États-Unis, ce qui explique des prix sans équivalent chez les marques historiques.
Cette origine compte pour comprendre la gamme actuelle. Seek Thermal est une société de capteurs avant d’être une société de caméras : les modules smartphone restent son cœur de marché, là où des concurrents comme Testo ou FLIR vendent des caméras autonomes à écran intégré plusieurs fois plus chères.
J’ai retracé séparément l’histoire de la marque FLIR, dont le rachat par Teledyne en 2021 n’a fait que renforcer cette logique industrielle.
Le catalogue officiel dépasse d’ailleurs largement le smartphone.
Seek Thermal fabrique des caméras de pompier certifiées NFPA (séries Attack PRO et FirePRO), des caméras de surveillance d’incendie pour les déchetteries et les camions de collecte, des caméras d’inspection portables pour les artisans (série Inspection CAM) et des modules OEM vendus aux industriels pour équiper leurs propres produits.
Cette assise technique explique la solidité des capteurs Nano : la société ne fait pas de la thermographie un accessoire de téléphone, elle transpose dans un boîtier à 214 dollars une technologie qu’elle vend aussi aux fabricants d’équipements.
Depuis juin 2024, la gamme smartphone de Seek Thermal se limite à la série Nano. Les anciennes Compact et Compact Pro sont arrêtées et remplacées : la page produit de la Compact Pro n’est plus qu’une fiche sans prix ni stock, marquée indisponible sur le site officiel.
La Nano 200 remplace la Compact, la Nano 300 remplace la Compact Pro.
La Nano 200, à 214 dollars, embarque un détecteur 200 × 150 avec un champ de vision de 35° par 27°. La Nano 300, à 519 dollars, monte à un détecteur 320 × 240 avec un champ de vision plus large de 57° par 42°.
Les deux annoncent une sensibilité de 35 mK, une fréquence de 25 Hz et une précision de ±5 °C ou 5 %. Les deux capturent photos et vidéos et proposent 7 palettes de couleurs, le point central de mesure et la détection automatique des points chaud et froid.
Le module est alimenté par le téléphone : pas de batterie à recharger, pas de connecteur à oublier dans la camionnette.
L’optique est une lentille en chalcogénure de 4 mm, choisie pour la netteté à petit prix, et l’image passe par une optimisation logicielle nommée SV1 que le fabricant présente comme un gain notable sur la première génération.
La connectique se décline en Lightning pour les iPhone jusqu’au 14 et en USB-C pour les iPhone 15 et 16 ainsi que pour les Android compatibles.
| Critère | Nano 200 | Nano 300 | Compact Pro (ancien) |
|---|---|---|---|
| Critère Statut | Nano 200 En vente | Nano 300 En vente | Compact Pro (ancien) Discontinuée en juin 2024 |
| Critère Détecteur | Nano 200 200 × 150 | Nano 300 320 × 240 | Compact Pro (ancien) Fiche retirée |
| Critère Plage de mesure | Nano 200 -40 °C à 330 °C | Nano 300 -40 °C à 330 °C | Compact Pro (ancien) Fiche retirée |
| Critère Sensibilité | Nano 200 35 mK | Nano 300 35 mK | Compact Pro (ancien) Fiche retirée |
| Critère Fréquence | Nano 200 25 Hz | Nano 300 25 Hz | Compact Pro (ancien) Fiche retirée |
| Critère Prix officiel | Nano 200 ≈ 188 € | Nano 300 ≈ 455 € | Compact Pro (ancien) Plus commercialisée |
La série Nano comparée à l’ancienne Compact Pro, d’après les fiches officielles Seek Thermal ; les spécifications de la Compact Pro ne sont plus publiées.
Le tableau met en évidence un point décisif pour le métier : la plage de mesure. Seek Thermal annonce -40 °C à 330 °C, avec un maximum de 400 °C selon les fiches.
C’est suffisant pour l’électricité bâtiment, où un défaut de serrage se voit entre 50 et 90 °C, mais cela ferme la porte aux procédés industriels et à certains câbles sous forte charge.
La TC001 de Topdon, que je détaille dans mon comparatif des caméras thermiques Fluke et FLIR, monte à 550 °C pour un budget moitié moindre.
La précision de ±5 °C ou 5 % est le deuxième point à regarder. Sur une recherche de point chaud, on ne lit pas une température absolue mais un écart entre deux éléments voisins, ce qui limite la portée de l’imprécision.
En revanche, si vous voulez comparer vos relevés à un thermostat de référence ou documenter une température de surface pour un rapport, la TC001 affiche ±2 °C, soit plus du double de finesse.
La plage de mesure arrêtée à 330 °C exclut aussi les mesures sur arc électrique, fusible à haut pouvoir de coupure ou cartouche sous surcharge. Dans ces cas, la caméra à écran intégré s’impose, avec son cortège de prix plus élevés.
L’application mobile concentre enfin les critiques des utilisateurs. Le fil de discussion r/Thermal consacré aux caméras thermiques pour smartphone le résume bien : la fluidité de l’application Seek passe derrière celle de Topdon, quand la qualité d’image se place devant la FLIR One Pro.
Cette remarque rejoint ce que l’on retrouve dans les retours sur la gamme : l’image brute de la Nano est saluée, l’ergonomie logicielle l’est moins.
La FLIR One Pro reste l’étalon historique de la caméra smartphone, mais son capteur 160 × 120 et sa fréquence limitée à 8,7 Hz datent : la Nano 300 affiche quatre fois plus de pixels et trois fois plus d’images par seconde, pour un prix du même ordre sur le marché américain.
En France, la FLIR One Pro se négocie autour de 340 à 360 € quand la Nano 300 s’achète à l’import au tarif officiel de ≈ 455 €.
L’application mobile, gratuite, pilote les deux modèles et centralise photos, vidéos et palettes.
Le point central affiche la température au milieu de l’image, la fonction high-low repère automatiquement le point le plus chaud et le plus froid de la scène : deux repères utiles quand on balaie un tableau en cherchant l’anomalie, sans avoir à viser chaque élément un par un.
Les 7 palettes changent la lecture du même relevé : en fer ou en arc-en-ciel, un écart de quelques degrés ne se lit pas de la même façon, et chaque métier a sa préférence.
Les photos et vidéos s’exportent depuis l’application pour être jointes à un rapport de diagnostic électrique, ce qui en fait un outil de documentation simple pour les interventions chez les clients.
Deux accessoires officiels complètent l’ensemble : une lentille macro à 69 dollars, pensée pour les composants de petite taille comme les borniers et les fusibles, et un étui de transport à 24 dollars qui reçoit la caméra et la lentille.
L’alimentation par le téléphone supprime le problème de batterie déchargée, mais elle sollicite la batterie du smartphone : sur une longue inspection, la consommation reste faible mais se fait sentir.
La vidéo de test de VCC Board Repairs montre précisément l’usage qui intéresse un électronicien ou un électricien : suivre un point chaud sur une carte et mesurer des composants de petite taille au fil de la réparation.
Le raisonnement d’achat se tient en cinq critères, que je classe par ordre d’importance pour le métier.
Pour un usage occasionnel, un dépannage par semaine sur des tableaux et des disjoncteurs, la Nano 200 suffit : le détecteur 200 × 150, le point central et la fréquence de 25 Hz donnent déjà une image exploitable.
La Nano 300 se justifie quand on documente chaque intervention, qu’on cherche des micro-écarts sur des borniers serrés ou qu’on travaille sur des installations denses où chaque degré compte.
Le prix reste l’arbitre principal. En dollars sur la boutique américaine, la Nano 200 est affichée à ≈ 188 € et la Nano 300 à ≈ 455 € ; l’achat en France passe par l’import, avec les frais et les délais que cela implique.
À ce tarif, la Topdon TC001 à 210 à 225 € (209,97 € TTC sur Amazon.fr, 225 € hors taxes sur la boutique européenne du fabricant) offre une plage à 550 °C, une précision de ±2 °C et une application TopInfrared jugée plus fluide : pour la même fonction de recherche de points chauds, elle reste mon choix de rapport qualité-prix, et je l’utilise en complément de la pince ampéremétrique dans ma caisse.
Face à cette concurrence, la série Nano défend surtout sa qualité d’image et son intégration au smartphone.
La réputation d’image de la marque ne doit pas faire oublier deux sujets logistiques : la disponibilité en France, limitée à l’import et aux revendeurs spécialisés, et le support, historiquement moins réactif que celui des marques installées en Europe.
La garantie suit le réseau de distribution américain, ce qui complique une éventuelle procédure de retour.
La caméra thermique se vise depuis l’extérieur des coffrets : elle ne demande aucune ouverture de panneau et peut s’utiliser sur une installation en charge. Elle ne remplace ni le multimètre ni la vérification d’absence de tension : elle indique où vérifier, l’outil électrique confirme ensuite.
Je reprends la méthode complète dans mon guide du meilleur multimètre.
Attention
La méthode de relevé tient en cinq étapes. Premièrement, installer l’application et brancher le module en Lightning ou USB-C.
Deuxièmement, régler l’émissivité selon le matériau visé : les plastiques et peintures de coffrets se mesurent vers 0,95, les métaux brillants beaucoup plus bas, autour de 0,1 à 0,3, sous peine de relevés faux.
Troisièmement, balayer l’installation en charge depuis 50 centimètres environ, en s’attardant sur les borniers, disjoncteurs et connexions.
Quatrièmement, repérer les écarts : un point chaud se reconnaît au contraste avec les éléments voisins identiques, pas à la valeur absolue.
Cinquièmement, documenter les relevés par photo dans l’application puis vérifier chaque point au multimètre après coupure, en commençant par le disjoncteur général et le contrôle d’absence de tension.
Relevé thermique de tableau
Exemple de relevé sur une installation en charge, depuis l'extérieur du coffret.
Deux réflexes améliorent la fiabilité des relevés. D’abord, garder la même distance d’une mesure à l’autre : un point chaud mesuré à 20 centimètres puis à un mètre ne donne pas la même valeur, et seule la comparaison à distance constante est parlante.
Ensuite, stabiliser la main : à 25 Hz, l’image reste fluide, mais un relevé en mouvement ajoute du bruit ; le point central se fige mieux sur un appui, contre un tableau ou sur le genou.
Sur un coffret en tôle peinte, je vise légèrement en biais pour éviter que mon reflet ne fausse la lecture : la surface lisse du boîtier réfléchit la chaleur de la main qui tient le téléphone.
3 questions
InteractifQuiz : la série Seek Nano
3 questions pour situer les caméras thermiques Seek Thermal
Choisissez une réponse
Oui, sous conditions de connecteur : la version Lightning couvre les iPhone jusqu’au 14, la version USB-C les iPhone 15 et 16. Une version USB-C existe aussi pour les smartphones Android compatibles. Vérifiez la déclinaison avant d’acheter, les deux connecteurs ne sont pas interchangeables.
Oui. Les Compact et Compact Pro ont été arrêtées en juin 2024 et remplacées par la série Nano : la Nano 200 succède à la Compact et la Nano 300 à la Compact Pro. La fiche officielle de la Compact Pro est toujours en ligne mais affichée comme indisponible, sans prix ni stock.
Non. La plage de mesure annoncée s’arrête à -40 °C / 330 °C, avec un maximum de 400 °C. C’est suffisant pour l’électricité bâtiment, mais les mesures de procédés industriels, d’arcs ou de câbles fortement surchargés demandent une caméra à plage étendue, comme la Topdon TC001 qui atteint 550 °C.
La Nano ≈ 175 à 188 € embarque un détecteur 200 × 150 avec un champ de vision de 35° par 27°. La Nano ≈ 263 à 455 € monte à un détecteur 320 × 240 et un champ de vision de 57° par 42°. Le reste est commun : 35 mK de sensibilité, 25 Hz, précision de ±5 °C ou 5 %, même application.
Non. Elle repère les points chauds sans contact, mais ne mesure ni tension, ni courant, ni continuité : c’est un outil d’orientation, pas de confirmation. Chaque point anormal doit être vérifié après mise hors tension avec un instrument de mesure, comme un multimètre Fluke 117 ou 179.
Pour la qualité d’image, la Nano est saluée, devant la FLIR One Pro. Mais la TC001 à 210 à 225 € couvre la même fonction pour moitié moins : plage 550 °C, précision ±2 °C, application plus fluide. Je conseille la TC001 pour le rapport qualité-prix et la Nano 300, meilleure image du segment, budget 500 dollars.
Théo Desrousseaux
Artisan électricien — Yvelines (78), Hauts-de-Seine (92) et Paris Ouest
Électricien de terrain : installations, mises aux normes et dépannages au quotidien. J'ai fondé Sparx Élec et je dirige son magazine, lu en France et à l'international : chaque article est relu et validé par mes soins avant publication.
Mon parcours → Diplômes et certifications → Charte éditoriale → Signaler une correction factuelle →
Adresse email et contexte prérempli :
theo@sparx-elec.fr
Article : https://www.sparx-elec.fr/seek-thermal-camera-thermique-smartphone-guide/ Édition : FR — Français Erreur factuelle : [décrivez l’erreur factuelle] Passage : [citez ou identifiez le passage] Source : [URL de source facultative]
Sources officielles et références
Recevez les nouveaux guides
Une notification par semaine dans votre navigateur, sur les nouveaux guides et les changements de norme. Aucune adresse email demandée.
FLIR One Pro, TC001, TC001 Max, Seek Nano 200, P2 Pro : qui domine la caméra thermique smartphone en 2026 selon téléphone, budget et usage ?
Lire le guide
Guide Fluke iSee : caméra thermique smartphone Le module Fluke iSee transforme un smartphone en caméra thermique : variantes TC01A, TC01B et TC01C, application Fluke iSee et méthode de contrôle d’un tableau. Lire le guide
Guide Caméra thermique artisan : le guide d’achat 2026 Résolution, NETD, plage de mesure, budget : comment choisir sa caméra thermique d’artisan en 2026, avec les prix constatés et les pièges à éviter. Lire le guide
Guide Caméra thermique HIKMICRO maintenance industrielle Caméras thermiques HIKMICRO pour la maintenance : Pocket2, B20S, M30 et G60 comparés sur armoires, moteurs et roulements, avec prix et limites. Lire le guide