5/5 7 avis Google Voir tous les avis → Mis à jour le 30 juillet 2026

Caméra thermique Fluke vs FLIR : quel modèle choisir

Théo Desrousseaux 20 min de lecture

Vérifié le par Théo Desrousseaux, électricien (diplômes & certifications)

Caméra thermique Fluke vs FLIR : quel modèle choisir Photo : Fluke — caméra thermique TiS75+
La TiS75+ de Fluke : une référence 384 × 288 à mise au point manuelle, comparée ici à des modèles FLIR précis.

En bref

  • Je compare des références précises, pas deux marques prises comme des gammes homogènes : TiS75+ et E8 Pro, puis Ti480 PRO et E96.
  • La résolution infrarouge, le champ de vision, la mise au point et la distance au détail comptent ensemble dans un tableau électrique.
  • Une valeur affichée dépend de l’émissivité, des réflexions, de la distance et des conditions de prise de vue ; elle ne diagnostique pas seule un défaut.
  • Fluke Connect et FLIR Ignite servent à classer et transmettre des images, mais un rapport utile conserve aussi le point contrôlé, la charge et les conditions.

Je ne choisis pas une caméra thermique parce qu’elle est jaune ou noire. Je commence par la scène à observer : un bornier proche dans un tableau, trois départs à comparer, un point éloigné, ou une campagne d’images à classer. Dans chacun de ces cas, la résolution, l’optique et la mise au point changent ce que l’image permet réellement de séparer.

Ce comparatif oppose donc des références identifiées. La Fluke TiS75+ et la FLIR E8 Pro sont deux appareils portables avec un détecteur de 384 × 288 ou 320 × 240 pixels. La Fluke Ti480 PRO et la FLIR E96 montent à 640 × 480 pixels, mais les optiques, les options de mise au point et la façon de produire un dossier de mesure restent différentes. Je ne transforme pas ces paires en classement de marques.

384 × 288

résolution IR annoncée pour la Fluke TiS75+

320 × 240

résolution IR annoncée pour la FLIR E8 Pro

640 × 480

résolution IR annoncée pour les Ti480 PRO et E96

<40 mK

NETD annoncé à 30 °C pour TiS75+ et E8 Pro

Pour un tableau que je peux approcher, je regarde d’abord si la caméra donne une image nette du détail visé. La TiS75+ associe 384 × 288 pixels, un champ de vision de 42° × 30°, un IFOV de 1,91 mrad et une mise au point manuelle. La E8 Pro donne 320 × 240 pixels, un champ de vision de 33°, une mise au point fixe et une distance minimale de mise au point annoncée à 0,36 m. Ces caractéristiques ne répondent pas à la même contrainte d’observation.

Je retiens la TiS75+ lorsqu’une mise au point manuelle, le format de fichier radiométrique IS2 et le classement dans Fluke Connect correspondent au relevé prévu. Je retiens l’E8 Pro lorsque sa mise au point fixe et son optique 33° restent adaptées à la distance réelle, avec ses modes MSX, image thermique, image dans l’image et caméra visible, puis le flux FLIR Ignite. Dans les deux cas, une image thermique est une information de dépistage : elle n’autorise ni diagnostic à distance, ni intervention sous tension.

La pince ampèremétrique Fluke répond à une autre question. Elle lit un courant sur un conducteur identifié ; une caméra montre une répartition apparente de rayonnement infrarouge sur des surfaces. Je peux mettre les deux informations en regard, mais je ne les remplace jamais l’une par l’autre.

Référence précise Image et optique publiées Lecture utile dans un tableau Limite à garder
Référence précise Fluke TiS75+ Image et optique publiées 384 × 288, 42° × 30°, IFOV 1,91 mrad, mise au point manuelle Lecture utile dans un tableau Cadre large et mise au point à ajuster sur le détail retenu Limite à garder La netteté doit être faite avant de lire un point ou une zone.
Référence précise FLIR E8 Pro Image et optique publiées 320 × 240, 33°, mise au point fixe, distance minimale 0,36 m Lecture utile dans un tableau Inspection proche si la cible tient dans sa zone de netteté Limite à garder L’optique fixe ne se corrige pas par un zoom numérique.
Référence précise Fluke Ti480 PRO Image et optique publiées 640 × 480, IFOV 0,93 mrad, LaserSharp, MultiSharp, objectifs compatibles Lecture utile dans un tableau Cible plus fine ou plus éloignée à documenter avec une mise au point contrôlée Limite à garder La SuperResolution produit un fichier composé, pas un détecteur 1 280 × 960 natif.
Référence précise FLIR E96 Image et optique publiées 640 × 480, optiques 14°, 24°, 42° ou 80° selon configuration Lecture utile dans un tableau Champ et détail à adapter à la distance du composant Limite à garder Les chiffres de NETD et de champ dépendent de l’objectif choisi.

Données des fiches fabricants : la comparaison porte sur chaque référence et sur sa configuration d’optique.

La résolution IR ne se lit pas comme une étiquette de qualité générale

Un détecteur de 640 × 480 délivre davantage d’échantillons thermiques qu’un 320 × 240, mais cela ne suffit pas à dire ce qu’il voit à une distance donnée. Je dois aussi regarder le champ de vision, la distance, la netteté et la taille du composant. Un appareil à grand angle qui couvre une grande armoire répartit ses pixels sur toute l’armoire ; une optique plus étroite concentre l’image sur une zone plus petite.

La TiS75+ annonce un IFOV de 1,91 mrad. La Ti480 PRO annonce 0,93 mrad avec son objectif standard. L’E96 distingue ses IFOV selon l’objectif : 1,20 mrad en 42°, 0,66 mrad en 24° et 0,38 mrad en 14°, d’après la documentation FLIR. Ces valeurs décrivent le détail angulaire, pas un verdict sur l’état d’un serrage ou d’un disjoncteur.

Je ne surinterprète pas non plus une interpolation. La fiche de la Ti480 PRO indique que son mode SuperResolution capture plusieurs images et les associe pour créer une image de 1 280 × 960. C’est une fonction de génération d’image qui peut aider à exploiter un relevé, mais le détecteur de la caméra reste 640 × 480. Je vérifie alors que la scène permet la prise de plusieurs images, que la cible est nette et que le résultat se lit avec les paramètres de l’inspection.

Objectif et molette de mise au point de la caméra thermique Fluke TiS75+
La TiS75+ possède une mise au point manuelle : la netteté de la cible fait partie de la mesure avant toute lecture de température. Fluke — caméra thermique TiS75+

Dans un tableau modulaire, je ne cherche pas à remplir l’écran de couleurs. Je dois pouvoir distinguer la borne, la partie du conducteur visible et l’organe voisin. Un cadrage trop large peut diluer un détail ; un cadrage trop serré peut faire disparaître la comparaison entre trois départs homologues. C’est la raison pour laquelle je prépare la distance et le champ de prise de vue avant de choisir la résolution maximale.

La mise au point est le second filtre. La TiS75+ combine mise au point manuelle et verrouillage fixe à un mètre selon Fluke. La Ti480 PRO ajoute la mise au point automatique LaserSharp, la MultiSharp et une mise au point manuelle avancée. La E8 Pro est annoncée sans réglage de mise au point, tandis que l’E96 utilise une mise au point automatique assistée par laser et accepte plusieurs objectifs. Une caméra qui ne peut pas faire le point dans les conditions réelles ne gagne rien à posséder plus de pixels.

Caméra thermique FLIR E96 montrée de face et de trois quarts avec son objectif
La FLIR E96 est une référence 640 × 480 dont le champ dépend de l’objectif choisi, de 14° à 80° selon la configuration publiée. Teledyne FLIR — caméra thermique E96

TiS75+ face à E8 Pro : ce que leurs fiches permettent de décider

La TiS75+ publie une résolution de 384 × 288 pixels, un NETD de 40 mK, une plage de mesure de −20 à 550 °C et cinq marqueurs de point réglables, avec cinq rectangles de mesure réglables. Elle propose AutoBlend de 0 à 100 %, une incrustation d’image et une caméra visible 640 × 480. L’intérêt pratique est de garder un repère visuel sur le composant observé, puis d’enregistrer une image radiométrique qui peut être relue dans le logiciel associé.

La E8 Pro publie 320 × 240 pixels, un NETD inférieur à 40 mK à 30 °C et une plage de −20 à 550 °C en deux gammes. Sa fiche donne une précision de ±2 °C ou ±2 % de la lecture, dans les conditions limitées à une température ambiante de 10 à 35 °C et une température d’objet supérieure à 0 °C. Elle propose un spot central, une zone min/max, des isothermes, MSX, image thermique, image dans l’image, appareil photo numérique et écran tactile.

Je ne lis pas ces deux NETD comme une promesse de température exacte à 0,04 °C. Le NETD décrit la différence thermique minimale que le détecteur peut distinguer dans les conditions publiées. La précision de température est un autre sujet, avec ses conditions, sa correction d’émissivité, la température apparente réfléchie, la distance et l’atmosphère. Les valeurs ne se mélangent pas.

La distinction entre image thermique et image visible aide à retrouver la borne ou l’appareil sur une photo de dossier. Fluke appelle sa fusion IR-Fusion ; FLIR appelle sa superposition de détails visibles MSX. Ces noms ne suffisent pas à établir une équivalence. Je vérifie le mode d’image, le fichier conservé et ce qui reste modifiable après la capture avant de rapprocher deux fonctions.

Pour une inspection répétée, la gestion de données est un critère réel. La TiS75+ est compatible avec Fluke Connect et Fluke Connect Assets, et Fluke décrit l’étiquetage par code QR ainsi que les fichiers IS2 radiométriques. L’E8 Pro propose son stockage interne, la connexion Wi-Fi à FLIR Ignite, des dossiers personnalisés et l’utilisation de FLIR Thermal Studio pour des rapports. Cela aide à ne pas perdre le contexte, mais ne valide pas un relevé dont le circuit, le point de vue ou le niveau de charge n’ont pas été documentés.

Ti480 PRO face à E96 : le palier 640 × 480 ne règle pas tout

La Ti480 PRO annonce un détecteur de 640 × 480 pixels, un IFOV de 0,93 mrad avec l’objectif standard, une mise au point LaserSharp, MultiSharp et manuelle avancée. Fluke publie aussi des objectifs intelligents grand angle, téléobjectif 2x, téléobjectif 4x et macro compatibles. Son système SmartView et Fluke Connect traite les images, les données radiométriques, les annotations vocales et les IR-PhotoNotes dans une logique de dossier d’équipement.

La E96 annonce également 640 × 480 pixels. FLIR publie plusieurs objectifs, 42°, 24°, 14° et 80°, ainsi que les combinaisons FlexView à double champ pour certaines configurations. Le NETD publié varie avec l’optique : inférieur à 30 mK avec 42° ou 80°, inférieur à 40 mK avec 24° et inférieur à 50 mK avec 14°, à 30 °C. La caméra apporte aussi la planification d’itinéraires d’inspection, l’envoi vers Ignite et l’annotation vocale.

Caméra thermique Fluke Ti480 PRO avec image infrarouge affichée sur son écran
La Ti480 PRO est une référence 640 × 480 avec mise au point LaserSharp, MultiSharp et objectifs intelligents compatibles selon la fiche Fluke. Fluke — caméra infrarouge Ti480 PRO

Je choisis ce palier lorsqu’il résout un problème précis : composant de petite taille à une distance imposée, besoin d’optique plus étroite, campagne d’inspection d’un équipement étendu, ou dossier qui exige plusieurs points de comparaison identifiables. Je ne le choisis pas parce que 640 × 480 est un chiffre supérieur. Une borne brillante, une connexion cachée derrière un capot ou un tableau hors charge ne devient pas interprétable par simple augmentation de résolution.

Pour les deux couples, je vérifie le contenu exact de la référence livrée. Une E96 peut porter une optique donnée ou un ensemble d’optiques ; une Ti480 PRO peut être configurée avec ses objectifs compatibles. Comparer un appareil avec téléobjectif à un autre avec son objectif standard revient à comparer deux scènes différentes. La bonne ligne de devis ou de matériel mentionne donc le modèle, l’objectif et le champ de vision, pas seulement le nom du fabricant.

Besoin de contrôle Ce que je cherche dans la fiche Ce que je garde dans le dossier
Besoin de contrôle Comparer des départs proches Ce que je cherche dans la fiche Champ couvrant les départs homologues et point net sur les bornes Ce que je garde dans le dossier Photo visible ou fusionnée, image IR radiométrique si nécessaire, état de charge noté.
Besoin de contrôle Lire un détail éloigné Ce que je cherche dans la fiche IFOV et objectif adaptés à la distance, mise au point contrôlée Ce que je garde dans le dossier Distance, objectif utilisé, angle de visée et image de repérage.
Besoin de contrôle Suivre le même équipement Ce que je cherche dans la fiche Nommage d’actif, stockage, export et rapport compatibles avec le flux réel Ce que je garde dans le dossier Identifiant d’équipement, circuit, date, charge et conditions comparables.
Besoin de contrôle Vérifier un écart thermique Ce que je cherche dans la fiche Zones et points de mesure, paramètres d’émissivité et corrections disponibles Ce que je garde dans le dossier Paramètres saisis, mesure de confirmation et action décidée après contrôle.

Une caméra bien choisie produit un relevé que je peux retrouver, comparer et discuter, non un code couleur isolé.

Ce que mesure réellement une caméra thermique dans un tableau

Une caméra thermique capte le rayonnement infrarouge reçu et calcule une température de surface apparente avec les paramètres renseignés. Elle ne voit pas le courant, le couple de serrage, l’état interne d’un disjoncteur ou la continuité d’un conducteur caché. Une zone plus chaude peut mériter une investigation, mais elle ne désigne pas automatiquement sa cause.

Les conducteurs, bornes et jeux de barres métalliques posent une difficulté connue : leur émissivité est faible et leur réflectivité forte. Fluke indique qu’une surface d’émissivité inférieure à 0,6 rend une mesure exacte difficile, et FLIR rappelle que le rayonnement détecté dépend aussi de la température apparente réfléchie, de la distance et de l’atmosphère. L’image peut donc montrer la réflexion d’une source chaude ou de l’opérateur au lieu de la température du métal brillant.

Je traite d’abord l’image comme une comparaison entre éléments comparables. Même charge, phase équivalente, angle proche et temps de fonctionnement cohérent rendent un écart plus exploitable qu’un seuil isolé. Si je dois quantifier une température de surface, je documente l’émissivité choisie, la réflexion apparente et les conditions de mesure plutôt que de lire une couleur comme une valeur absolue.

Attention

Une caméra thermique ne remplace ni la consignation ni la VAT. Je ne l’utilise pas pour déclarer une partie sûre, ouvrir un tableau ou intervenir sur un conducteur. L’INRS décrit la consignation et la vérification d’absence de tension comme des opérations de sécurité distinctes.

Un point chaud apparent peut venir d’une charge temporairement plus forte, d’une ventilation différente, d’un contact à contrôler, d’un angle de réflexion ou d’un autre facteur. Je vérifie alors le circuit concerné, la charge pendant la prise de vue, l’état mécanique accessible après la procédure de sécurité et les mesures électriques adaptées. Le guide du diagnostic électrique aide à distinguer un symptôme, une mesure et une cause, plutôt que de s’arrêter à l’image.

Cette méthode évite deux erreurs opposées : banaliser une différence de température sans la revoir, ou annoncer un défaut précis avec une seule photographie. Lorsqu’un contrôle d’isolement devient pertinent, j’emploie un appareil adapté et une méthode qui ne confond pas thermographie et résistance d’isolement, comme dans le guide tester l’isolation d’un moteur au mégohmmètre.

Fusion, annotations et rapport : utiles seulement si le relevé reste traçable

Une image thermique pure peut être difficile à relier à un bornier lorsque plusieurs organes se ressemblent. L’image visible, la fusion IR-Fusion ou MSX, les annotations et une photo de contexte servent à identifier le point vu. J’utilise ces fonctions pour réduire l’ambiguïté du dossier, pas pour embellir un rapport.

Sur TiS75+, Fluke annonce AutoBlend continu de 0 à 100 %, image dans l’image, points et rectangles de mesure, commentaires vocaux et IR-PhotoNotes. Sur E8 Pro, FLIR annonce MSX, image thermique, image dans l’image, caméra visible, annotations textuelles, galerie à dossiers et cloud Ignite. Les deux approches peuvent transmettre une image annotée. La différence utile se trouve dans le format conservé, le logiciel réellement utilisé et la manière dont l’actif ou le tableau est nommé.

  • Repérage : identifiant du tableau, du départ ou de l’équipement visible sur une image de contexte.
  • Conditions : date, charge observée, distance, angle et paramètres thermographiques utiles à une comparaison future.
  • Image exploitable : fichier radiométrique lorsque l’analyse ultérieure est prévue, pas seulement une capture couleur exportée.
  • Conclusion bornée : anomalie à contrôler, mesure de confirmation effectuée et action décidée, sans relier abusivement une couleur à une cause certaine.

Je ne suppose pas que l’envoi Wi-Fi prouve une inspection. Une photo synchronisée sans identification du circuit, sans charge et sans point de comparaison devient vite inutilisable. À l’inverse, une image bien cadrée avec son contexte et ses paramètres peut rendre une campagne comparable d’une visite à l’autre, même si elle ne dispense jamais de la lecture humaine.

La logique est semblable avec un contrôleur d’installation. Les différences entre un Fluke 1663 et un 1664 FC concernent des essais et des flux de données, mais les résultats n’ont de sens qu’avec le circuit testé et le protocole. Une caméra thermique apporte un autre type d’indice, à garder séparé des essais de continuité, d’isolement ou de différentiel.

La palette n’est pas une échelle universelle

Deux images aux mêmes couleurs ne signifient pas nécessairement deux températures identiques. Le niveau et l’étendue de l’échelle peuvent être automatiques ou manuels, et les deux fabricants prévoient ces réglages dans leurs références. Sur la TiS75+, Fluke annonce une mise à l’échelle automatique et manuelle, avec une échelle minimale de 3 °C en manuel et 5 °C en automatique. La E8 Pro propose également le réglage de niveau et d’étendue par l’écran tactile.

Je conserve la palette et l’échelle lorsque je veux comparer une série d’images. Une palette « arc-en-ciel » très contrastée peut faire ressortir une variation modeste, alors qu’une autre échelle rendra l’ensemble plus uniforme. Ce rendu peut être utile pour repérer une zone, mais je lis ensuite les valeurs, les paramètres de mesure et les éléments comparés. La couleur ne possède pas de seuil de gravité par elle-même.

Les alarmes de couleur et les isothermes doivent suivre la même règle. La TiS75+ publie des alarmes de points chauds, froids et de plages sélectionnables, alors que l’E8 Pro publie des isothermes au-dessus ou en dessous d’un seuil. Je peux les employer pour trier une image, pas pour créer un diagnostic automatique. Si une zone est marquée, je reviens au composant réel, à sa charge et aux conditions de prise de vue avant de décider du contrôle suivant.

Comment je fais le choix sans promettre un diagnostic automatique

Je commence par écrire la cible : borne accessible, câble, disjoncteur, jeu de barres, moteur ou armoire distante. Je précise ensuite la distance et la part de l’équipement qui doit rester dans l’image. Cette préparation me permet de comparer l’IFOV et le champ de vision avec une scène réelle, pas avec une photographie fabricant.

Je regarde ensuite la mise au point. Sur un tableau proche, une E8 Pro à mise au point fixe peut être cohérente si la distance reste dans ses conditions publiées. Si la distance varie, si le détail devient petit ou si l’optique doit changer, je compare une TiS75+, Ti480 PRO ou E96 à partir de leur mise au point et de leur objectif exact. Je n’écris jamais « meilleure caméra » sans définir cette scène.

Étape 1

Décrire la cible avant le catalogue

Je note le détail à distinguer, la distance d’observation et la zone qui doit rester visible afin de comparer champ de vision, IFOV et mise au point.

Étape 2

Lire les conditions de mesure

Je sépare NETD, précision de température, plage de mesure, émissivité réglable et température apparente réfléchie. Aucun de ces points ne remplace les autres.

Étape 3

Préparer une image de référence

Je prévois le repérage de l’équipement, la charge, l’angle et les paramètres nécessaires pour comparer une image future à une première capture.

Étape 4

Confirmer toute anomalie

Je mets en sécurité selon la procédure applicable, puis je recoupe l’indice thermique par les contrôles adaptés avant de conclure sur un composant.

Pour les opérations électriques, l’outil de sécurité conserve son périmètre. Un Fluke T6-1000 ne remplace pas un VAT dans toutes les situations, et une caméra thermique ne remplace ni l’un ni l’autre. De même, un Catu DT-300 répond à la vérification d’absence de tension selon son usage, pas à une inspection thermographique.

Mon choix entre ces quatre références

Je placerais la TiS75+ face à l’E8 Pro pour une inspection portable courante, sans les présenter comme identiques. La TiS75+ apporte un détecteur 384 × 288, une mise au point manuelle, 42° × 30°, IR-Fusion, des fichiers IS2 et l’écosystème Fluke Connect. L’E8 Pro apporte un détecteur 320 × 240, l’optique fixe de 33°, MSX, les modes image annoncés et FLIR Ignite. Le point de décision est la netteté atteignable sur le composant et le système de dossier que je vais réellement utiliser.

Je ne passe à la Ti480 PRO ou à l’E96 que si la scène justifie l’augmentation de résolution, les options d’optique ou le niveau de documentation. La Ti480 PRO donne 640 × 480, un IFOV standard de 0,93 mrad, LaserSharp, MultiSharp et les objectifs intelligents compatibles. L’E96 donne 640 × 480, des objectifs variant de 14° à 80° selon les références, une mise au point assistée par laser et des fonctions d’itinéraire et de classement. Ces appareils n’ont pas le même intérêt si je n’ai jamais besoin de leur optique ou de leur flux de relevés.

Choix raisonné
5/5

Je choisis une caméra selon la cible, la distance, l’objectif, la mise au point et le dossier à produire. Une TiS75+ ou une E8 Pro peut suffire à une inspection définie. Une Ti480 PRO ou une E96 devient cohérente quand ses pixels, son IFOV ou ses optiques répondent à une contrainte documentée. Dans tous les cas, l’image thermique reste un indice à interpréter et confirmer, jamais un diagnostic automatique.

Questions fréquentes sur les caméras thermiques Fluke et FLIR

Une caméra thermique Fluke ou FLIR permet-elle de diagnostiquer un tableau électrique ?

Non. Elle fournit une image thermique de surface et peut signaler un écart à contrôler. Je dois la recouper avec le circuit, la charge, l’émissivité, les réflexions et les mesures appropriées avant de conclure sur une cause.

La FLIR E8 Pro est-elle moins bonne que la Fluke TiS75+ parce qu’elle a moins de pixels ?

Pas automatiquement. La E8 Pro annonce 320 × 240 pixels et une optique fixe de 33°, la TiS75+ 384 × 288 et une mise au point manuelle. Je compare surtout le détail obtenu à la distance réelle, le champ utile et le flux de données recherché.

Que signifie un NETD de 40 mK ?

Le NETD décrit la sensibilité du détecteur à de faibles différences thermiques dans des conditions données, ici autour de 30 °C. Ce n’est ni la précision de température affichée, ni une précision de diagnostic, ni un seuil de danger électrique.

Une caméra à 640 × 480 est-elle toujours nécessaire pour un tableau ?

Non. La résolution 640 × 480 devient utile si la taille de la cible, la distance, l’IFOV ou l’optique le justifient. Sur une cible proche et correctement nette, une référence moins résolue peut produire une image suffisante pour le relevé défini.

Pourquoi la température d’une borne brillante peut-elle être trompeuse ?

Le métal brillant a souvent une faible émissivité et réfléchit le rayonnement environnant. Je documente donc l’émissivité, la température apparente réfléchie et l’angle de prise de vue, puis je confirme le constat au lieu de croire une valeur isolée.

Une caméra thermique peut-elle remplacer la VAT avant une intervention ?

Non. Une caméra ne vérifie pas l’absence de tension. La consignation et la VAT sont des opérations distinctes, conformément aux principes décrits par l’INRS et à la distinction entre NF C 18-510 et NF C 15-100 ; une image thermique ne permet pas de déclarer un circuit sûr.

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Théo Desrousseaux, électricien

Théo Desrousseaux

Artisan électricien — Yvelines (78) & Hauts-de-Seine (92)

Électricien de terrain : installations, mises aux normes et dépannages au quotidien. Chaque contenu du site est rédigé et relu par ses soins.

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