Face avant du Fluke 1663
Repérer le modèle sur le terrain et le distinguer de la version 1664 FC avant de choisir la séquence d’essais.
Vérifié le par
Théo Desrousseaux, électricien
(diplômes et certifications)
Photo : Fluke — testeur d’installations 1664 FC En bref
Le Fluke 1663 et le Fluke 1664 FC sont deux contrôleurs d’installation, pas deux multimètres auxquels on aurait ajouté un bouton d’isolement.
Ils servent à documenter des essais de continuité, d’isolement, de boucle, de différentiels, de terre et d’ordre des phases. Le choix se joue donc moins sur une mesure de base que sur la manière de préparer l’essai, d’enchaîner certains contrôles et de remettre les résultats.
Le 1664 FC ne rend pas le 1663 obsolète. Le 1663 conserve les essais essentiels de la série, une mémoire interne et une liaison infrarouge vers les logiciels Fluke documentés. Le 1664 FC ajoute trois éléments précis : le pré-test de sécurité d’isolement, une séquence Auto Test et la connexion sans fil Fluke Connect.
Je les retiens seulement lorsqu’ils évitent une erreur ou un ressaisie dans le travail prévu.
50 à 1 000 V
tensions d’essai d’isolement des deux modèles
3 000
mesures mémorisables selon le manuel commun
7 essais
annoncés dans la séquence Auto Test du 1664 FC
CAT III 500 V
catégorie du testeur indiquée dans le manuel
Les deux appareils annoncent les mêmes tensions d’essai d’isolement, de 50 à 1 000 V. Ce choix n’est pas un curseur de puissance à monter par défaut. Une tension d’essai est liée au circuit, aux composants restés raccordés et à la procédure suivie.
Pour comprendre ce que cherche cette mesure sans la confondre avec une mesure de résistance ordinaire, je renvoie à ce guide sur le fonctionnement d’un mégohmmètre.
La continuité cherche une faible résistance dans un conducteur ou une liaison selon l’essai prévu. L’impédance de ligne ou de boucle sert à caractériser le chemin de défaut que l’on examine, avec une méthode qui dépend de la présence d’un différentiel et du système.
Le courant de court-circuit présumé ou de défaut présumé est ensuite calculé à partir de la tension mesurée et de l’impédance de ligne ou de boucle : ce n’est pas un courant créé volontairement dans le tableau.
Les essais de différentiel ne résument pas non plus la sécurité de l’installation à un déclenchement. Le manuel distingue notamment temps de déclenchement, rampe et courants configurés. Il faut connaître le type de protection en place et l’effet attendu sur les récepteurs avant l’essai.
Un contrôle qui coupe une chaudière, une alarme, un serveur, une installation de froid ou un équipement tiers sans préparation peut créer un problème d’exploitation alors même que l’appareil de mesure a fonctionné correctement.
Pour la terre, je ne promets jamais qu’une simple lecture prise à un endroit répond à toutes les questions. La résistance de terre, la continuité du conducteur de protection, la boucle de défaut et le schéma de liaison à la terre sont des sujets reliés mais non interchangeables.
Le guide sur la mesure de terre avec un multimètre explique pourquoi une méthode de dépannage ne vaut pas mesure de prise de terre réglementaire.
La série porte les performances EN 61557-1 à EN 61557-7 et EN 61557-10 sur les fiches Fluke. Cette information décrit le cadre de performance du contrôleur.
Elle ne dispense ni de vérifier les limites affichées, ni de choisir les cordons et adaptateurs appropriés, ni d’appliquer la procédure du donneur d’ordre ou du référentiel auquel le contrôle est rattaché.
Le pré-test de sécurité du 1664 FC détecte un appareil électrique connecté au circuit avant l’application de la tension d’essai d’isolement. S’il en détecte un, le testeur arrête l’essai et signale l’avertissement.
C’est utile car l’essai d’isolement ne doit pas devenir une façon de découvrir, après coup, qu’un récepteur électronique était resté sur le circuit.
Cette fonction a une limite importante, écrite par Fluke dans le manuel : elle ne fonctionne de manière fiable que si la borne L est raccordée à la phase, N au neutre et PE au conducteur de protection. Je ne lis donc pas l’absence d’alerte comme un certificat que le circuit est vide ou correctement préparé.
Je l’utilise comme une protection supplémentaire après le repérage du départ, l’identification de ce qui est raccordé et le choix de l’essai.
Le manuel indique qu’il est possible de désactiver l’avertissement pour poursuivre un essai manuel, tout en avertissant que la tension de test peut alors endommager les appareils. Je n’en fais pas une instruction de terrain.
Face à une alerte, la décision utile est de retrouver le récepteur, sa connexion ou le mauvais périmètre d’essai, puis de reprendre une procédure cohérente. C’est précisément là que le 1664 FC peut faire gagner une erreur coûteuse, sans rendre la préparation facultative.
Attention
Un pré-test d’isolement n’autorise pas à forcer un essai. Il réduit un risque de dommage quand L, N et PE sont raccordés comme prévu. Une alerte impose de réexaminer le circuit, les équipements connectés et la tension d’essai retenue.
Pour un moteur, une commande ou une alimentation électronique, je sépare aussi la question « quelle isolation veux-je vérifier ? » de la question « quels éléments doivent être isolés avant la mesure ? ».
L’article consacré au test d’isolement d’un moteur au mégohmmètre détaille cette distinction. Aucun contrôleur ne remplace la documentation du fabricant du récepteur ni le schéma de l’installation.
La fonction Auto Test appartient au 1664 FC. Le manuel indique qu’elle enchaîne, depuis la position Auto Test, un test de ligne L-N, un test de boucle sans déclenchement L-PE, un test de différentiel puis des essais d’isolement L-PE, L-N et N-PE.
Selon le choix de configuration, le différentiel est testé en rampe ou par test automatique pour les types A ou AC et les courants proposés dans cette séquence.
Fluke précise le contexte : la séquence est conçue pour une prise avec le cordon secteur, sur un circuit protégé par un différentiel de courant nominal au moins égal à 30 mA. Elle déclenche le différentiel au cours de l’enchaînement.
Je la considère donc comme une manière de réduire les connexions et les manipulations répétées dans ce cas précis, pas comme une procédure applicable à tout tableau, toute prise, tout type de protection ou toute situation d’occupation.
Le 1664 FC commence par la ligne et la boucle, exécute ensuite le test de différentiel, puis les essais d’isolement une fois le différentiel déclenché. Le pré-test et Z max restent actifs dans cette séquence.
Le manuel demande de s’assurer qu’aucun appareil électrique n’est connecté au circuit : ce point compte davantage que la promesse d’un nombre de tests réalisés en une touche.
Je prépare donc les conséquences du déclenchement avant de retenir cette fonction. Il faut identifier ce qui est alimenté, savoir qui remettra sous tension, préserver les données ou programmations qui le nécessitent et consigner le résultat avec le bon circuit.
Automatiser une séquence ne résout ni une ambiguïté de repérage, ni un circuit partagé, ni la présence d’un onduleur ou d’une source de secours.
| Ce que fait Auto Test | Ce que je vérifie avant | Ce que la fonction ne démontre pas |
|---|---|---|
| Ce que fait Auto Test Ligne et boucle | Ce que je vérifie avant Le point d’essai, la protection et le raccordement prévus par le manuel | Ce que la fonction ne démontre pas Que tout le circuit est correctement identifié |
| Ce que fait Auto Test Essai de différentiel | Ce que je vérifie avant Le type de différentiel, son courant nominal et les récepteurs qui seront coupés | Ce que la fonction ne démontre pas Que tous les défauts de l’installation sont absents |
| Ce que fait Auto Test Essais d’isolement | Ce que je vérifie avant L’absence de récepteurs et une tension d’essai compatible avec le périmètre | Ce que la fonction ne démontre pas Que les équipements hors périmètre sont protégés |
| Ce que fait Auto Test Résultats groupés | Ce que je vérifie avant L’identifiant de lieu, de circuit et de point de mesure | Ce que la fonction ne démontre pas Que le rapport est interprété ou validé automatiquement |
Lecture pratique de la séquence Auto Test décrite dans le manuel Fluke, sans étendre son périmètre à des circuits non préparés.
Cette différence est la raison la plus solide de choisir le 1664 FC pour des campagnes de contrôle répétitives sur le bon type de point. À l’inverse, si chaque essai demande une analyse séparée, des raccordements particuliers ou une gestion fine des coupures, la présence d’Auto Test ne doit pas imposer son emploi.
Le 1663 conserve alors les fonctions de mesure individuelles nécessaires, sans suggérer un automatisme inadéquat.
Le manuel commun annonce une capacité de 3 000 mesures. Chaque résultat mémorisé est associé à la fonction de test et aux conditions de test sélectionnables. L’appareil utilise trois champs d’identification : emplacement, sous-emplacement et identifiant.
Fluke donne comme exemples une salle ou un tableau pour le premier, un circuit pour le second et une prise ou un emplacement pour le troisième.
Cette structure est plus importante que le nombre de mesures. Un export utile exige que les identifiants correspondent au dossier et que les essais soient enregistrés au bon moment. Je ne laisse pas une suite de résultats sans libellé devenir une preuve difficile à relier au tableau ou au logement.
Le contrôleur mémorise une valeur et ses paramètres, mais il ne sait pas, à lui seul, si le libellé choisi correspond au départ réellement examiné.
Le 1663 et le 1664 FC sont documentés avec une interface infrarouge et les logiciels Fluke DMS ou FVF. DMS peut notamment exploiter les emplacements et leurs libellés personnalisés. Il faut vérifier la version de logiciel, le câble ou l’interface et le format de dossier retenu avant l’achat.
Je ne promets ni compatibilité avec un logiciel métier tiers, ni génération automatique d’une attestation, car ces résultats dépendent du logiciel et du processus de remise.
Le 1664 FC ajoute Fluke Connect. Selon le manuel, l’application affiche les résultats du testeur sur un smartphone, permet de les partager avec l’équipe et de les envoyer par courriel depuis le téléphone. Fluke précise que la disponibilité peut varier selon les régions.
Le téléphone est donc un canal de visualisation et de transmission supplémentaire, pas une seconde mémoire certifiée ni une validation indépendante de la mesure.
Le manuel des 1662, 1663 et 1664 FC indique une utilisation jusqu’à CAT III 500 V et CAT IV 300 V pour le testeur, avec des caractéristiques propres aux cordons et à la sonde TP165X. Je lis toujours la catégorie avec la tension, le point d’intervention et l’accessoire employé.
Une catégorie ne résume pas le droit de travailler sous tension ni la protection réellement mise en place.
Le Code du travail pose que les travaux hors tension demandent l’identification et la consignation de la partie concernée de sorte qu’aucune tension ne subsiste, n’apparaisse ou ne réapparaisse pendant les travaux Obligation Article R4544-5 du Code du travail .
L’INRS rappelle qu’une vérification d’absence de tension se fait avec un appareil prévu à cet effet, sur les conducteurs actifs, neutre compris. Un contrôleur d’installation, aussi complet soit-il, n’est pas à substituer à cette étape.
Un contrôleur d’installation ne remplace pas la consignation ni un VAT
Avant d’ouvrir ou de raccorder une partie d’installation, je l’identifie et la consigne selon la procédure applicable, puis je vérifie l’absence de tension avec un vérificateur conçu pour cet usage. Je ne transforme pas un test de boucle, un affichage de tension ou une séquence Auto Test en autorisation de travailler sur un circuit.
Le Catu DT-300 est un exemple d’appareil dédié à la vérification d’absence de tension. Il ne remplace pas le 1663 ou le 1664 FC pour les essais d’installation, comme ces contrôleurs ne remplacent pas un VAT.
La séparation des rôles évite de demander à un outil de mesure de justifier une opération qui relève de la consignation et de l’habilitation.
Cette distinction vaut aussi au diagnostic. Une valeur de boucle ou d’isolement sert à orienter une recherche, mais ne dispense pas d’identifier le symptôme, le départ et le contexte. Le guide de diagnostic des défauts électriques présente cette démarche avant le choix d’un instrument.
Un contrôle sérieux associe la bonne mesure, sa limite et une décision documentée.
Je retiens le 1663 lorsque mes essais sont réalisés de façon individualisée, lorsque le transfert infrarouge vers le logiciel couvre le dossier attendu et lorsque les fonctions supplémentaires du 1664 FC n’évitent pas une difficulté précise.
Il reste cohérent pour constituer un relevé organisé d’isolement, de boucle, de différentiel ou de terre, à condition de traiter chaque valeur dans son contexte.
Face avant du Fluke 1663
Repérer le modèle sur le terrain et le distinguer de la version 1664 FC avant de choisir la séquence d’essais.
Je retiens le 1664 FC lorsque la prévention d’un essai d’isolement sur un récepteur connecté compte réellement, que la séquence Auto Test correspond au point testé et que le partage mobile s’insère dans une chaîne de travail claire.
Je ne le choisis pas pour la seule idée de « gagner du temps » : la séquence peut provoquer le déclenchement attendu d’un différentiel, et la vérification du périmètre reste préalable.
Pour un premier équipement, je compare aussi le besoin avec des outils plus simples. Le comparatif des multimètres aide à distinguer mesures de diagnostic courant et essais d’installation.
L’histoire de Fluke donne du contexte sur la marque, tandis que le comparatif Fluke ou Chauvin Arnoux élargit le choix de fabricant sans prétendre que deux gammes sont équivalentes référence par référence.
Fluke 1663 face au 1664 FC
Avantages
Inconvénients
Bénéfices cachés
Coûts cachés
Choix par méthode de contrôle
Je ne cherche pas un vainqueur universel. Le 1663 couvre les essais d’installation et leur mémorisation. Le 1664 FC devient pertinent si son pré-test, Auto Test et Fluke Connect correspondent à un périmètre préparé, à une séquence compatible et à un flux de résultats réellement utilisé.
3 questions
InteractifFluke 1663 ou 1664 FC : comparer les contrôleurs
Mesures d’installation et connectivité Fluke Connect
Choisissez une réponse
Oui pour le socle d’essais d’installation présenté par Fluke : continuité, isolement, boucle, différentiels, terre et ordre des phases. Le 1664 FC ajoute surtout le pré-test d’isolement, Auto Test et Fluke Connect.
Non. Il avertit quand il détecte un appareil connecté avant un essai d’isolement, mais le manuel précise que la fonction dépend du raccordement correct de L, N et PE. Il ne remplace ni le repérage du départ ni l’identification des récepteurs.
Non. Le manuel prévoit cette séquence Auto Test pour une prise testée avec le cordon secteur, sur un circuit sous différentiel de courant nominal au moins égal à 30 mA. La séquence déclenche le différentiel et demande l’absence d’appareil connecté.
Oui. Le manuel commun indique jusqu’à 3 000 mesures en mémoire et documente l’interface infrarouge avec les logiciels Fluke DMS ou FVF. La compatibilité du poste, de l’interface et du logiciel utilisé doit être vérifiée avant mise en place.
Non. Pour le 1664 FC, Fluke Connect sert à afficher, partager et envoyer des données depuis un smartphone. Cela ne prouve pas la conformité d’un rapport et ne garantit pas une compatibilité avec un logiciel métier ou un format de remise donné.
Non. Un contrôleur d’installation sert aux mesures et essais décrits par son manuel. Avant une intervention hors tension, la consignation et la vérification d’absence de tension doivent suivre la procédure applicable avec un appareil conçu pour cette opération.
Théo Desrousseaux
Artisan électricien — Yvelines (78), Hauts-de-Seine (92) et Paris Ouest
Électricien de terrain : installations, mises aux normes et dépannages au quotidien. J'ai fondé Sparx Élec et je dirige son magazine, lu en France et à l'international : chaque article est relu et validé par mes soins avant publication.
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