Disjoncteur 16 A
Repérer le bon disjoncteur au tableau avant d’intervenir sur le circuit d’éclairage.
Publié le 10 août 2026
Photo : besled.fr En bref
Un escalier, intérieur ou extérieur, pose toujours la même question : quel éclairage LED est réellement obligatoire, et qu’est-ce qui relève du confort ? Je vois beaucoup de projets partir sur des spots de marche sans vérifier le circuit, ou sur un seul détecteur pour toute une cage d’escalier. La réponse tient en deux régimes : la maison individuelle suit la NF C 15-100 dans ses règles générales, et les immeubles neufs relèvent de l’arrêté du 24 décembre 2015.
Je détaille ici ce que disent les textes, comment poser la détection sans angle mort et pourquoi les spots de marche se font presque toujours en TBTS 12 V. Les chiffres proviennent des sources citées en bas d’article.
150 lux
dans chaque escalier intérieur de logement neuf collectif (arrêté du 24/12/2015)
8 points
maximum par circuit d’éclairage selon la NF C 15-100
12 V
tension TBTS recommandée pour des spots encastrés dans les marches
29,99 €
kit de 6 balises de marche Barcelona LED, alimentation incluse
Première chose à savoir : la NF C 15-100 ne contient pas de chapitre « escalier » pour la maison individuelle. La page de Legrand consacrée aux règles d’éclairage de la norme, mise à jour le 09/01/2026, ne mentionne aucun point spécifique à l’escalier. Un escalier intérieur suit donc les règles générales des circuits d’éclairage, ni plus ni moins.
Ces règles générales, vérifiées chez Legrand, sont les suivantes :
Disjoncteur 16 A
Repérer le bon disjoncteur au tableau avant d’intervenir sur le circuit d’éclairage.
Traduction pour un escalier : un palier de plus de 4 m² entre dans la catégorie « dégagement », donc il lui faut son point central DCL ou son applique DCL. Un escalier simple n’a, lui, aucune obligation propre au-delà de ces règles communes.
Le va-et-vient haut/bas est une pratique courante, mais aucune source ouverte n’en fait une exigence : je le présente donc comme une recommandation. La NF C 15-100 impose un point d’allumage près de chaque accès, et en pratique cela revient à commander l’éclairage depuis les deux niveaux. Si l’existant ne le permet pas, des solutions permettent d’ajouter un va-et-vient sans fil sans saignée.
Pour les spots et bandeaux LED, deux négoces appliquent la règle suivante : 1 point lumineux par tranche de 300 VA dans une même pièce. Je l’ai relevée chez 123elec (« 1 point d’éclairage par tranche de 300 VA » pour spots et bandeaux LED) et chez Dealec (« un point lumineux équivaut à 300 W » pour bandeaux LED). Aucun texte officiel consulté ne la confirme : elle reste à faire valider avant d’être prise pour une vérité réglementaire.
Ce qu’elle change concrètement : 8 points × 300 VA donnent environ 2 400 VA théoriques, ce qui autorise en pratique de nombreux spots LED sur un même circuit. Le plafond réel reste le disjoncteur : 16 A en 1,5 mm² plafonne à 3 680 W, très loin de ce que consomment des spots ou un bandeau à LED.
Côté câblage, chaque spot se branche en parallèle sur le même départ. Je renvoie au guide sur le branchement des spots en parallèle ou en série pour les limites de circuit et la longueur admissible.
Dès qu’on sort de la maison individuelle, le cadre change. L’arrêté du 24 décembre 2015 sur l’accessibilité, dans son article 10, impose des éclairements minimaux pour les logements neufs, applicables depuis le 01/04/2016. Le portail accessibilite-batiment.fr, piloté par le DHUP avec le CSTB et le Cerema, publie le détail :
| Localisation | Éclairement minimal |
|---|---|
| Localisation Cheminement extérieur accessible, escaliers extérieurs, coursives, locaux communs non couverts, parkings | Éclairement minimal 20 lux |
| Localisation Circulations intérieures horizontales | Éclairement minimal 100 lux |
| Localisation Chaque escalier intérieur | Éclairement minimal 150 lux |
| Localisation Locaux collectifs couverts | Éclairement minimal 100 lux |
Éclairements minimaux exigés par l’arrêté du 24 décembre 2015 pour les logements neufs.
Deux règles de fonctionnement intéressent directement la détection de présence :
S’ajoutent l’interdiction d’éblouissement direct et de reflet sur la signalétique. À l’extérieur, l’éclairage doit être asservi à l’éclairage naturel (détecteur crépusculaire) ou commandé par détection de présence.
Attention au périmètre : cet arrêté vaut pour les logements neufs, pas pour l’existant ni pour la maison individuelle. C’est le point que je rappelle systématiquement quand un client me montre un tableau d’éclairements trouvé sur internet.
Dans un immeuble, l’éclairage de la cage ne remplace jamais l’éclairage de sécurité là où il est obligatoire. Le fabricant français URA, spécialisé dans l’éclairage de sécurité, rappelle les règles du règlement de sécurité incendie des bâtiments d’habitation :
En copropriété, cela signifie deux installations distinctes : la détection de présence qui commande l’éclairage normal de la cage, et les blocs autonomes qui prennent le relais en cas de coupure. Quand on me demande de « moderniser l’éclairage de l’escalier », je vérifie d’abord que l’éclairage de sécurité reste en place avant de toucher au reste.
Pour un lieu de travail, la NF EN 12464-1 (version 2011, adaptée en 2022) fixe des exigences minimales de confort et de sécurité. L’AFE, l’association française de l’éclairage, donne 20 lux pour un cheminement extérieur et 100 lux pour les circulations intérieures horizontales. Le tableau de Phi Lighting précise pour les escaliers et escalators : 150 lux, UGR 25, IRC ≥ 80.
Le point important : la 12464-1 ne s’applique pas à la maison individuelle, puisqu’elle vise les lieux de travail. Je l’utilise comme repère de dimensionnement, pas comme obligation. La cohérence entre les deux textes est pratique : l’arrêté de 2015 et la norme de travail convergent sur 150 lux dans l’escalier intérieur, ce qui donne une valeur de référence unique à viser.
Le guide Baticopro du 07/07/2025 distingue trois technologies :
La temporisation est réglable, généralement de 30 secondes à 5 minutes.
La règle de pose en escalier découle de l’arrêté de 2015 : couverture totale de l’espace et chevauchement des zones de détection entre deux détecteurs successifs. Une cage d’escalier se traite en plusieurs tronçons : sans chevauchement, la lumière s’éteint en pleine volée entre deux paliers, exactement au moment où l’on en a besoin. Et si l’on utilise une temporisation, l’extinction doit être progressive.
Le même arrêté prévoit une exception que je vois souvent ignorée : dans un escalier hélicoïdal, la contrainte de chevauchement est levée. La géométrie en colimaçon rend le chevauchement des zones difficile à obtenir, et le texte l’accepte explicitement. Les autres exigences restent applicables : couverture de l’ensemble de l’espace, extinction progressive en cas de temporisation et interdiction d’éblouissement direct.
Le positionnement compte autant que le nombre. Un détecteur mural doit voir l’arrivée depuis le haut et le bas de la volée, et un détecteur qui commande des spots rasants ne doit pas créer d’éblouissement direct. Pour le choix du matériel, je renvoie au comparatif des détecteurs de mouvement d’intérieur et à celui des détecteurs encastrables.
Le cas des détecteurs encastrables mérite une vigilance particulière en escalier : le comparatif que je cite traite un cas de façade avec escalier et les angles morts en hauteur de marche. Un capteur posé à hauteur de contremarche voit mal la personne qui descend, car le corps passe derrière le plan des marches et n’entre dans le champ qu’à la dernière seconde. Pour une volée droite, je préfère un détecteur placé en hauteur et orienté le long de la volée ; pour un palier, un encastrable au plafond couvre correctement le dégagement.
Le guide Baticopro donne des fourchettes TTC hors pose. Ce sont des ordres de grandeur d’un guide éditorial, pas des tarifs officiels :
Spot à capteur PIR
Cette option simple associe éclairage et détection dans un seul appareil, sans détecteur mural séparé.
Pour Legrand, Schneider (gamme Odace) et Hager, les catalogues ouverts ne publient pas de tarifs : aucun prix par référence n’est cité ici pour ces marques.
Installer un éclairage à détection dans les parties communes est un travail sur parties communes, qui passe par un vote en assemblée générale. Baticopro rappelle la majorité simple de l’article 24 de la loi du 10 juillet 1965, pour un équipement d’efficacité énergétique, avec devis et estimation d’économies à fournir aux copropriétaires.
Un spot de marche n’a rien à voir avec un spot de plafond. Pour fixer les idées, prenons le kit de 6 balises de marche de Barcelona LED, fiche ouverte à 29,99 € TTC :
Ce gabarit illustre trois choix techniques que je recommande pour des marches.
La TBTS 12 V. Le contact humain est direct : main sur la rampe, marche pieds nus, eau de nettoyage. L’alimentation en très basse tension de sécurité, détaillée dans le comparatif des alimentations TBTS 12 V, est la bonne réponse. Sur le kit cité, le câble fait 0,5 m entre spots : en longueur, il faut dimensionner la section pour limiter la chute de tension.
La chute de tension n’est pas un détail de bureau d’étude : en 12 V, chaque volt perdu représente environ 8 % de la tension d’alimentation, contre moins de 0,5 % sur une ligne en 230 V. Pour une longue volée, le dernier spot reçoit une tension nettement plus faible que le premier si le câble est sous-dimensionné. Je calcule donc la longueur totale du départ avant de choisir la section, et je garde une marge pour les liaisons entre balises.
L’IP67 pour le sol. Des spots encastrés dans des marches prennent l’eau de nettoyage et, à l’extérieur, la pluie. L’indice IP67 des balises citées est cohérent avec cet usage. La logique des zones d’exposition se transpose de celle des normes d’éclairage de salle de bain, où le degré de protection suit le risque d’humidité.
Le faible flux anti-éblouissement. L’arrêté de 2015 interdit l’éblouissement direct, et c’est une bonne règle à garder partout : 7 lumens par balise balisent une marche sans éblouir celui qui monte. Des projecteurs puissants posés à hauteur d’œil sont la pire solution dans un escalier.
Côté mise en œuvre, un encart dans le bois demande un perçage à Ø 14 mm, un boîtier étanche et un passage de câble prévu avant la pose du revêtement. C’est une décision de chantier, pas un détail de finition.
Chaque spot compte pour 1 point lumineux dans la règle des 8 points par circuit de la NF C 15-100. La règle des 300 VA relevée chez les négoces autorise en pratique de nombreux spots LED sur un même circuit 16 A. Le tableau de répartition du logement doit rester dans les limites : configurer son tableau électrique aide à vérifier le nombre de circuits avant de commander le matériel.
Pour un escalier extérieur, la NF C 15-100 impose un point d’éclairage au-dessus de chaque accès. C’est la seule obligation directe qui touche un escalier de maison, et elle est souvent oubliée en rénovation.
Ensuite, l’arrêté de 2015 donne la marche à suivre pour l’extérieur : asservissement à l’éclairage naturel (détecteur crépusculaire) ou détection de présence. Le guide sur l’éclairage extérieur filaire couvre le choix entre 230 V et 12 V ainsi que la pose d’un détecteur sur un escalier extérieur.
Projecteur à détection PIR
Un point d’éclairage extérieur qui s’allume seul à l’approche, sans interrupteur dédié.
L’indice de protection doit suivre l’exposition : pour des spots de marche soumis à la pluie, l’IP67 s’impose, comme sur le kit cité plus haut.
La TBTS prend encore plus de sens à l’extérieur : la pluie, les flaques et le contact direct avec une marche mouillée sont autant de chemins de fuite possibles. Un spot de marche en 12 V limite la gravité d’un défaut d’étanchéité, là où un point lumineux en 230 V exigerait une protection différentielle et une mise à la terre irréprochables. Mon schéma habituel pour un escalier de jardin : spots de marche en TBTS 12 V, point d’éclairage 230 V au-dessus de l’accès comme le demande la NF C 15-100, et commande par détecteur crépusculaire ou détecteur de présence.
Voici l’ordre que je suis sur ces projets, détaillé étape par étape en tête d’article :
Retour de chantier
Retour de chantier : le point qui coince le plus souvent, c’est l’oubli du passage de câble avant la pose du revêtement. Une fois le bois ou la pierre posés, tirer un câble vers une marche devient un chantier de démolition. Je décide donc du gabarit des spots et de leur alimentation avant tout achat de revêtement.
Dernier point sur le DCL : en rénovation comme en neuf, chaque point d’éclairage doit se terminer par un socle DCL. Le sujet est traité dans le guide sur l’obligation du DCL en rénovation, avec les cas où l’existant peut être conservé.
Attention
Le travail sous tension est interdit et dangereux. Avant toute intervention sur un circuit d’éclairage, couper le disjoncteur concerné au tableau et vérifier l’absence de tension. Si le tableau ne permet pas de couper proprement un seul circuit, l’installation doit d’abord être mise en sécurité par un professionnel.
3 questions
InteractifÉclairage LED d’un escalier
3 questions pour vérifier les repères essentiels
Choisissez une réponse
La NF C 15-100 n’impose pas d’éclairage dédié à l’escalier : elle n’a pas de chapitre spécifique pour l’habitat individuel. Seules les règles générales s’appliquent : 1 point d’allumage près de chaque accès à 0,90–1,30 m, un socle DCL en fin de chaque alimentation et un palier de plus de 4 m² traité comme un dégagement. Le va-et-vient haut/bas est une recommandation, pas une obligation.
Pour les logements neufs, l’arrêté du 24 décembre 2015 impose 150 lux dans chaque escalier intérieur et 20 lux pour les escaliers extérieurs. Avec une temporisation, l’extinction doit être progressive ; avec des détecteurs, les zones de détection doivent se chevaucher pour couvrir tout l’espace. En lieu de travail, la NF EN 12464-1 reprend 150 lux avec un UGR de 25.
La NF C 15-100 limite le circuit d’éclairage à 8 points lumineux en 1,5 mm² sous disjoncteur 16 A maximum, avec 2 circuits minimum par logement. Les négoces appliquent en plus la règle de 1 point par tranche de 300 VA pour les spots et bandeaux LED, sans texte officiel : elle autorise en pratique de nombreux spots sur un même circuit, le plafond restant le disjoncteur à 3 680 W. Le fonctionnement du disjoncteur magnétothermique explique cette limite.
Pour une cage d’escalier, la détection se traite par tronçons : l’arrêté du 24 décembre 2015 exige que la détection couvre l’ensemble de l’espace et que deux zones successives se chevauchent, sans quoi la lumière s’éteint en pleine volée. Un détecteur en haut et un en bas, ou un par palier, est la solution la plus sûre, avec une temporisation de 30 secondes à 5 minutes et une extinction progressive. Le PIR reste la technologie la plus adaptée aux cages d’escalier.
Le guide Baticopro donne des ordres de grandeur TTC hors pose : 15 à 40 € pour un détecteur infrarouge intérieur, 70 à 100 € pour un modèle à ultrasons ou extérieur, 50 à 150 € pour un luminaire à détecteur intégré et 100 à 300 € par point lumineux de main-d’œuvre. Les économies annoncées vont jusqu’à 70 % avec un retour sur investissement de 2 à 5 ans. Pour Legrand, Schneider et Hager, aucun prix public n’est publié.
Théo Desrousseaux
Artisan électricien — Yvelines (78), Hauts-de-Seine (92) et Paris Ouest
Électricien de terrain : installations, mises aux normes et dépannages au quotidien. J'ai fondé Sparx Élec et je dirige son magazine, lu en France et à l'international : chaque article est relu et validé par mes soins avant publication.
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