Barrette de terre dans l’armoire
Repérez la petite barrette métallique sur la grille : c’est le point qui rassemble les conducteurs de protection des circuits.
Publié le 13 août 2026
Photo : legrand.com En bref
Le bornier de terre, qu’on appelle aussi répartiteur de terre, est le point où aboutissent dans le tableau électrique tous les conducteurs de protection des circuits.
C’est le dernier maillon d’une chaîne qui commence dans le sol, et c’est l’endroit où je vois le plus d’erreurs en rénovation : fils empilés sous la même borne, barrette de mesure détournée de son usage, conducteurs de section insuffisante.
Dans cet article, je détaille les règles de raccordement du bornier de terre : sections minimales, connexion individuelle, accessibilité, rôle exact de la barrette de mesure. Je liste ensuite les erreurs fréquentes avec le pourquoi de chacune, puis je détaille comment dimensionner un bornier.
16 mm²
section minimale du conducteur de terre en cuivre isolé
25 mm²
section minimale en cuivre nu
50 mm²
section minimale en acier galvanisé nu
100 Ω
résistance de terre maximale tolérée
Un bornier de terre conforme, c’est d’abord un bornier dimensionné : une borne par conducteur de protection, jamais deux conducteurs sous la même vis. Chaque conducteur de protection se connecte individuellement, pour qu’une déconnexion malencontreuse ne coupe pas la protection de plusieurs circuits à la fois.
C’est ensuite un bornier relié à la barrette de mesure par le conducteur de terre, lui-même dimensionné selon la règle : 16 mm² en cuivre isolé, 25 mm² en cuivre nu, 50 mm² en acier galvanisé nu. La barrette, elle, ne sert qu’à la mesure : on l’ouvre avant de contrôler la résistance de la prise de terre.
Avant de parler raccordement, il faut poser les mots. Quatre éléments se confondent dans les discussions, et les confondre fait commettre les erreurs que je décris plus bas. MaterielElectrique insiste sur la distinction entre conducteur de terre, conducteur de protection et liaison équipotentielle : ce ne sont pas les mêmes fonctions.
Barrette de terre dans l’armoire
Repérez la petite barrette métallique sur la grille : c’est le point qui rassemble les conducteurs de protection des circuits.
La chaîne complète, telle que la décrit devenir-electricien.fr : prise de terre, puis conducteur de terre nu, puis barrette de mesure, puis borne principale de terre dans le tableau, puis les conducteurs PE vers chaque circuit.
À ces quatre éléments, j’ajoute une distinction que MaterielElectrique juge essentielle : le conducteur de protection (PE) n’est pas une liaison équipotentielle.
Le PE chemine avec les circuits et ramène le courant de défaut vers le bornier de terre ; la liaison équipotentielle principale, elle, relie au circuit de terre les masses métalliques et les canalisations d’eau ou de gaz, pour éviter qu’une différence de potentiel dangereuse n’apparaisse entre deux éléments accessibles.
Concrètement, une canalisation métallique ne se raccorde jamais comme une prise de terre : elle rejoint la liaison équipotentielle principale. C’est la confusion que je retrouve le plus souvent dans les tableaux anciens.
Quand je parle de bornier de terre dans la suite, je parle du répartiteur dans le tableau, pas de la barrette. La différence est essentielle, et c’est elle qui évite l’erreur numéro deux de ma liste.
J’ai détaillé la chaîne complète, électrode comprise, dans mon guide pour mettre la terre dans une maison, avec les étapes et les prix.
Le conducteur de terre part de l’électrode et rejoint la barrette de mesure. Sa section minimale est reprise par schema-electrique.net à partir de la norme NF C 15-100 :
| Conducteur | Section minimale |
|---|---|
| Conducteur Cuivre isolé | Section minimale 16 mm² |
| Conducteur Cuivre nu | Section minimale 25 mm² |
| Conducteur Acier galvanisé nu | Section minimale 50 mm² |
Sections minimales du conducteur principal de terre, selon schema-electrique.net.
Les valeurs varient selon le type d’électrode, toujours d’après la même source :
Au-delà des sections, schema-electrique.net pose trois règles de connexion que je reprends telles quelles, parce qu’elles répondent aux trois quarts des défauts que je trouve :
Deux interdictions complètent le tableau. Une canalisation métallique, eau ou gaz, ou un point d’eau, ne peut pas servir de prise de terre : ces éléments se raccordent à la liaison équipotentielle principale, pas comme électrode.
Et des métaux non semblables ne doivent pas toucher directement le sol : le couple de métaux différents corrode.
Dernier point, souvent oublié en extension : quand un bâtiment possède plusieurs prises de terre, elles doivent être interconnectées. Deux électrodes séparées sans liaison entre elles, ce sont deux terres qui peuvent porter des potentiels différents.
Attention
Une connexion en série sur les conducteurs de protection est la première cause de perte de terre silencieuse : les circuits continuent de fonctionner, mais la protection disparaît pour tout ce qui est en aval du point déconnecté.
La barrette de mesure est le point le plus mal compris de la chaîne. Legrand est formel : elle sert exclusivement lors de la mesure de la terre. Elle n’est pas faite pour distribuer, ni pour rester court-circuitée en permanence en guise de simple liaison.
On la rencontre aussi sous deux implantations, parfois désignées barrette haute et barrette basse. La fonction reste identique : offrir un point de déconnexion unique entre la prise de terre et l’installation. Quelle que soit la version, je vérifie toujours qu’aucun fil de liaison ne la court-circuite en permanence.
C’est elle qu’on ouvre pour mesurer la résistance de la prise de terre au telluromètre, avec des électrodes auxiliaires plantées généralement entre 20 et 40 mètres. Si on ne l’ouvre pas, on mesure la résistance de tout le réseau, pas de la prise de terre seule, et le résultat est faussé.
Selon Legrand, la mesure « devra obligatoirement être réalisée par un professionnel » Recommandation Legrand — FAQ bornier de terre .
Quelle valeur attendre ? Legrand indique que la résistance mesurée de la terre doit être comprise entre 0 et 100 Ω. schema-electrique.net reprend la même borne : moins de 100 Ω, avec 50 Ω conseillé, et 10 Ω lorsque l’installation comporte un parafoudre.
Contrôleur de terre CATU DT-300
La valeur affichée à l’écran sert de repère pour juger la terre avant toute interprétation.
devenir-electricien.fr propose une grille d’interprétation : moins de 50 Ω excellent, 50 à 100 Ω acceptable, 100 à 200 Ω non conforme, plus de 200 Ω à refaire. Je la donne telle quelle, en précisant qu’il s’agit d’un retour d’expérience de terrain, pas d’un texte normatif.
La mesure n’a de sens que si la protection suit. Le disjoncteur de branchement est un différentiel, « généralement 500 mA » selon Legrand. La terre ne protège réellement que si un différentiel 30 mA est présent en tête de rangée : « sans terre, le différentiel est aveugle », résume devenir-electricien.fr.
La mesure de la terre d’une maison au telluromètre demande une préparation que je ne résume pas ici : électrodes auxiliaires, barrette ouverte, interprétation des valeurs.
Le bornier principal de terre se choisit sur deux critères : le nombre de bornes et la section admissible par borne. Un bornier trop petit pousse à l’erreur numéro un de ma liste, l’empilement de deux conducteurs sous la même vis.
Legrand propose une gamme complète, citée dans sa FAQ officielle :
| Référence | Description |
|---|---|
| Référence 0 927 81 | Description Bornier de terre 4 bornes, câbles 1,5 à 16 mm², vert |
| Référence 0 927 92 | Description Bornier de terre 8 bornes, 1,5 à 16 mm², vert |
| Référence 0 048 34 | Description Bornier IP2X, 12 bornes 1,5 à 16 mm² + 1 câble 6 à 25 mm², vert, 113 mm |
| Référence 0 984 48 | Description Barrette de terre métallique, 150 × 45 mm |
| Référence 0 984 47 | Description Barrette de terre plastique, 95 × 20 mm |
| Référence 0 984 46 | Description Connecteur de mise à la terre pour canalisations métalliques, Ø 12 à 16 mm |
Références de borniers et barrettes de terre citées par Legrand dans sa FAQ.
Le point qui décide, c’est l’arrivée. Sur un bornier 12 points comme le 0 048 34, une borne accepte le conducteur d’arrivée en 6 à 25 mm², ce qui couvre le conducteur de terre en cuivre nu 25 mm². Les autres bornes reçoivent les PE des circuits, en 1,5 à 16 mm².
Avant d’acheter, je compte les départs du tableau, puis j’ajoute une marge. Un tableau de maison récente compte facilement quinze à vingt départs : un bornier 8 points sera plein, et la tentation d’empiler viendra vite. Je préfère un bornier 12 points avec deux à trois bornes libres.
Côté prix, aucun tarif public n’est publié pour les borniers eux-mêmes. En revanche, le câble de terre en cuivre nu 25 mm² se trouve autour de 4,06 € HT le mètre, soit 4,87 € TTC, et 101,50 € HT la couronne de 25 mètres chez MaterielElectrique.
Conseil
Je dimensionne un bornier en comptant une borne par départ, plus deux à trois bornes de réserve, et je vérifie que la borne d’arrivée accepte la section du conducteur de terre. C’est moins cher de prévoir large au départ que de revenir repiquer un conducteur.
Je regroupe ici les erreurs vérifiées dans les pages ouvertes que j’ai citées, avec le pourquoi de chacune. Ce sont celles que je retrouve le plus souvent en rénovation.
1. Câbler en série ou par repiquage. Contraire à la règle de connexion individuelle. L’erreur classique sur les barrettes : empiler deux conducteurs sous la même borne quand le bornier est trop petit. La déconnexion d’un seul conducteur coupe la protection de tous les circuits en aval.
2. Court-circuiter la barrette de mesure ou l’utiliser en borne de distribution. Elle ne sert qu’à la mesure, rappelle Legrand. Une barrette fermée en permanence empêche toute mesure fiable sans coupure de l’installation.
3. Mesurer la résistance sans ouvrir la barrette. On mesure tout le réseau, pas la prise de terre seule : le résultat est faussé, souvent rassurant à tort. C’est l’erreur que je détaille dans la section mesure ci-dessus.
4. Utiliser une canalisation métallique comme prise de terre. Eau, gaz : interdit par schema-electrique.net. Ces canalisations se raccordent à la liaison équipotentielle principale, pas comme électrode.
5. Noyer les connexions ou mettre des métaux dissemblables au contact du sol. Les connexions restent accessibles, sauf soudure ou matières de remplissage, et les couples de métaux différents corrodent dans le sol.
6. Ne pas interconnecter plusieurs prises de terre d’un même bâtiment. L’interconnexion est obligatoire : deux électrodes sans liaison, ce sont deux potentiels distincts.
7. Confondre terre et neutre, mal mesurer, oublier des circuits. devenir-electricien.fr rapporte des terres mal mesurées et des circuits sans terre sur des installations anciennes. C’est le sujet des maisons anciennes, où la terre manque parfois totalement.
Bornier de terre avec couleurs non conformes
Repérez d’abord les couleurs qui tranchent avec le vert-jaune attendu sur un bornier de terre : elles signalent un défaut de repérage.
8. Bornier sous-dimensionné. Quand le nombre de départs dépasse le nombre de bornes, l’empilement devient quasi inévitable, et on retombe sur l’erreur 1. Il faut dimensionner en nombre de bornes et en section admissible par borne.
9. Conducteur principal de protection sous-dimensionné. Le conducteur qui relie le tableau à la barrette doit suivre la règle des sections : un conducteur trop fin chauffe en cas de défaut et n’évacue pas correctement le courant.
Quand je trouve ce type de défauts, je classe l’installation dans la logique de la mise en sécurité ou de la mise aux normes, selon l’ampleur des écarts. Ces défauts font partie de ceux que je recherche dans un diagnostic électrique complet.
Dans une maison ancienne, l’absence de terre touche souvent plusieurs circuits à la fois, et je passe alors par une remise à la terre circuit par circuit, la même démarche que celle que je décris pour mettre la terre sur une prise.
En résumé sur les exigences de la NF C 15-100 pour la mise à la terre :
Ce qui est certain, et vérifié chez IZI by EDF : la mise à la terre est imposée pour le neuf depuis 1969, et généralisée à toutes les pièces depuis 1991, alors qu’avant cette date elle ne concernait que les pièces d’eau.
Dans un logement ancien, la mise en conformité suit la NF C 15-100 et se conclut par une attestation Consuel en fin de chantier. Ces repères expliquent pourquoi tant d’installations d’avant 1991 n’ont pas de terre partout, et pourquoi le sujet du bornier revient si souvent en rénovation.
Mes interventions sur ces tableaux supposent de connaître les niveaux d’habilitation et leurs symboles, qui encadrent qui peut travailler sur quelle partie de l’installation.
3 questions
InteractifBornier de terre, règles de raccordement
3 questions pour vérifier les repères essentiels
Choisissez une réponse
Le bornier principal de terre se raccorde directement à la barrette de coupure, elle-même reliée à la prise de terre par le conducteur de terre nu. Chaque circuit repart ensuite du bornier par son propre conducteur de protection, avec une connexion individuelle par borne.
La section minimale est de 16 mm² en cuivre isolé, 25 mm² en cuivre nu et 50 mm² en acier galvanisé nu. Pour un piquet de terre, on retrouve le cuivre nu en 25 mm² minimum, avec une profondeur d’au moins 2 mètres.
Non. Les conducteurs de protection se connectent individuellement, jamais en série ni deux sous la même vis, pour éviter toute déconnexion malencontreuse. Si le bornier est trop petit, il faut un bornier avec plus de bornes, pas un empilement.
La barrette sert exclusivement à la mesure de la terre : elle permet d’isoler l’installation pour mesurer la résistance de la prise de terre seule au telluromètre. Elle ne doit être ni court-circuitée en permanence ni utilisée comme borne de distribution. La mesure se fait barrette ouverte, et par un professionnel selon Legrand.
La mesure fiable se fait au telluromètre, avec des électrodes auxiliaires plantées généralement entre 20 et 40 mètres, barrette ouverte. Certains contrôles passent par un multimètre, avec des résultats à interpréter avec prudence : la mesure de la terre au multimètre demande une méthode précise.
La résistance mesurée doit être comprise entre 0 et 100 Ω, avec 50 Ω comme valeur conseillée et 10 Ω si l’installation comporte un parafoudre. La mesure doit être réalisée obligatoirement par un professionnel, et la terre ne protège que si un différentiel 30 mA est présent en tête de rangée.
Théo Desrousseaux
Artisan électricien — Yvelines (78), Hauts-de-Seine (92) et Paris Ouest
Électricien de terrain : installations, mises aux normes et dépannages au quotidien. J'ai fondé Sparx Élec et je dirige son magazine, lu en France et à l'international : chaque article est relu et validé par mes soins avant publication.
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