Deux compteurs Linky triphasés
Le compteur Linky communique lui-même en CPL G3 sur la bande 9 à 95 kHz réservée à Enedis.
Publié le 12 août 2026
Photo : achat-electrique.com En bref
La question revient sur presque tous mes chantiers de maison : faut-il des adaptateurs CPL ou tirer un câble RJ45 pour avoir une connexion stable ? Ma réponse tient en une phrase : le câble RJ45 est le seul support à débit garanti, et le CPL reste une solution de dépannage sans tirage quand le passage n’existe pas.
Je dis cela en tant qu’électricien, pas en tant que revendeur. Quand un client me demande une connexion stable pour un PC fixe, une console ou une TV, je pose la même question : y a-t-il un chemin possible pour un câble entre la box et l’équipement ? Si oui, je tire du RJ45.
Si non, le CPL rend service, à condition d’en comprendre les limites.
100 m
portée maximale d’un segment cuivre en 100BASE-TX et 1000BASE-T
2400 Mbit/s
débit CPL annoncé par devolo sur G.hn (valeur marketing)
500 Mbit/s
débit physique de la norme IEEE 1901-2010 (HomePlug AV)
149,90 €
kit de démarrage devolo Magic 2 LAN, deux adaptateurs
Le CPL, ou courant porteur en ligne, superpose un signal haute fréquence au courant électrique 50/60 Hz qui circule déjà dans vos câbles. C’est une idée séduisante : pas de nouveau câble, on branche deux adaptateurs sur des prises existantes et le réseau électrique devient le support de transmission.
Le problème, c’est que ce support n’est pas fait pour ça. Le réseau électrique n’est pas blindé, donc une partie du signal est rayonnée au lieu d’arriver à destination. La transmission est soumise aux bruits et aux atténuations du réseau, et les fabricants compensent avec de la redondance et des codes correcteurs.
Autrement dit, la stabilité n’est pas garantie par construction : elle dépend de chaque installation.
Attention
Mon conseil avant tout achat de CPL : branchez l’adaptateur directement sur la prise murale, jamais derrière une multiprise, et jamais sur une prise commandée par un interrupteur. Une prise commandée coupée coupe aussi le signal. C’est un point que je vérifie toujours avant de recommander un kit.
Deux familles de normes dominent le marché du CPL haut débit.
La première est IEEE 1901, publiée en décembre 2010, qui fixe 500 Mbit/s au niveau physique pour le HomePlug AV. Le standard définit deux variantes physiques, l’une dérivée du HomePlug AV, l’autre du HD-PLC, avec un protocole d’interopérabilité entre les deux.
Il a été révisé plusieurs fois : en 2019 pour l’Internet des objets, en 2020 (version publiée en janvier 2021), en 2021 pour l’authentification 802.1X et en 2024 pour le multi-médias.
La seconde famille est G.hn, normalisée par l’ITU-T sous la référence G.9960. Le composant en vigueur est le G.9960 de juin 2023, avec des amendements entrés en force en janvier 2024 et mars 2025.
C’est la technologie que devolo met en avant sur sa gamme Magic, avec une certification HomeGrid Forum et une transmission MIMO.
Pour resituer ces annonces, un peu d’histoire aide. Le CPL haut débit domestique démarre avec HomePlug AV en 2007, qui annonce 200 Mbit/s au niveau physique.
C’est de cette famille que relèvent les kits TP-Link de la série TL-PA, avec leurs dénominations AV1000 et AV2000, pendant que devolo suit la voie G.hn avec sa gamme Magic.
Entre les deux variantes physiques d’IEEE 1901, la norme prévoit un mécanisme de coexistence, l’Inter-System Protocol (ISP), pour que des équipements de familles différentes se partagent le même réseau électrique sans se brouiller.
À côté de ces normes haut débit, il faut savoir que le CPL occupe aussi des bandes basses fréquences très réglementées.
Le compteur Linky, par exemple, communique en CPL G3 sur la bande 9 à 95 kHz, réservée à Enedis, pendant que la domotique maison se partage la bande 95 à 125 kHz, un découpage fixé par la norme CENELEC EN 50065. Le courant porteur est donc partout, pas seulement dans vos adaptateurs.
Deux compteurs Linky triphasés
Le compteur Linky communique lui-même en CPL G3 sur la bande 9 à 95 kHz réservée à Enedis.
J’ai relevé les fiches officielles des deux marques les plus présentes en France.
Chez devolo, le Magic 2 LAN est présenté en G.hn avec un débit annoncé jusqu’à 2400 Mbit/s, un port Ethernet Gigabit et une prise intégrée avec sécurité enfant, la prise gigogne.
La portée annoncée va jusqu’à 500 mètres, une donnée marketing à prendre avec précaution. Les prix officiels français sont de 149,90 € pour le kit de démarrage de deux adaptateurs, 214,90 € pour le kit réseau de trois adaptateurs et 84,90 € pour l’extension seule.
Le Magic 2 LAN triple ajoute trois ports Gigabit pour 169,90 € le kit. En entrée de gamme, le Magic 1 LAN annonce 1200 Mbit/s en CPL, un port Ethernet limité à 330 Mbit/s et un kit à 109,90 €, extension à 64,90 €.
La logique de gamme se lit facilement : le Magic 1 LAN vise un équipement unique avec son port limité à 330 Mbit/s, le Magic 2 LAN apporte le Gigabit pour un PC ou une TV, et le Magic 2 LAN triple ajoute ses trois ports Gigabit pour un bureau.
Je compte les points à relier avant de proposer un kit : deux adaptateurs ne couvrent que deux pièces, et chaque pièce supplémentaire exige une extension. Pour trois points, le kit réseau à 214,90 € revient moins cher que le kit de démarrage à 149,90 € complété d’une extension à 84,90 €, soit un écart d’environ 20 €.
Chez TP-Link, le catalogue CPL couvre des débits annoncés de 500 Mbps à 2000 Mbps, avec deux protocoles au menu : HomePlug pour la série TL-PA, G.hn pour la série PG.
J’ai repéré le TL-PA9025P KIT en AV2000 avec deux ports Gigabit et prise gigogne, le TL-PA717 KIT ou TL-PA7017P en AV1000 Gigabit, le TL-WPA8631P qui ajoute du WiFi AC1200 à trois ports Gigabit, puis les PG2400P KIT et PG2405P KIT en G.hn 2400 MIMO avec deux ports Gigabit, et enfin les PGW2440 KIT et PGW2445 KIT en G.hn 2400 avec WiFi 6 AX1800 et EasyMesh.
TP-Link annonce aussi un mode veille breveté qui réduirait la consommation de 85 %, une affirmation du constructeur.
Le premier piège est la compatibilité des gammes. Chez devolo, les adaptateurs Magic sont compatibles entre eux, mais pas avec l’ancienne gamme dLAN. Concrètement, si vous avez un parc dLAN et que vous voulez passer en Magic, il faut tout changer.
C’est un point que je signale systématiquement, car beaucoup de clients découvrent l’incompatibilité après l’achat.
Le deuxième piège est l’état du réseau électrique. Sur le terrain, je vérifie toujours la configuration des lieux avant de promettre quoi que ce soit à un client.
Retour de chantier
Retour de chantier : deux logements ou deux départs séparés par un transformateur ne communiquent pas en CPL. En triphasé, le signal s’atténue entre les phases. Et dès qu’un gros appareil comme une VMC, une pompe à chaleur ou un onduleur photovoltaïque tourne, il injecte du bruit sur le réseau. Ces points relèvent de mon expérience de terrain, pas d’une mesure documentée, mais ils expliquent la plupart des déceptions CPL que je vois.
Le troisième piège est l’écart entre le débit annoncé et le débit réel. Les chiffres comme 2000 Mbit/s ou 2400 Mbit/s sont des débits théoriques au niveau physique, annoncés par les fabricants.
Je n’ai pas de mesure indépendante vérifiée à vous donner ici : ce que je peux affirmer, c’est que ces valeurs ne sont pas des débits réels garantis, et que le principe physique décrit plus haut impose des pertes selon les prises et les appareils branchés.
Le câble réseau à paires torsadées est le standard Ethernet sur cuivre. Deux grandes familles de débits sont normalisées : 100BASE-TX à 100 Mbit/s et 1000BASE-T à 1 Gbit/s.
Les deux exigent une Cat 5 minimum et une longueur maximale de 100 mètres par segment. Au-delà, il faut un équipement actif comme un switch, ou changer de support.
Le 1000BASE-T utilise les quatre paires du câble, en bidirectionnel, avec une modulation PAM5. Cette particularité a une conséquence pratique que j’explique à chaque client : si une seule paire est cassée, le lien retombe à 100 Mbit/s ou ne monte pas du tout.
Un câble abîmé se voit rarement à l’œil nu, mais il se trahit sur le débit.
Le connecteur s’appelle techniquement 8P8C, tout le monde dit RJ45, et le câblage se fait droit, en T568A ou T568B. Les deux schémas sont valables, l’important est de garder le même des deux côtés.
Pour choisir un câble, les points de repère sont simples : la Cat 5 est le minimum pour du Gigabit jusqu’à 100 m, et le 10 Gbit/s (10GBASE-T) tient ses 100 mètres seulement en Cat 6a. Entre les deux, la Cat 6 et la Cat 7 existent, mais pour un usage domestique, la logique reste simple.
Pour le détail des câbles, je vous renvoie à mon comparatif des câbles RJ45, qui traite les différences entre catégories et les pièges d’achat.
La différence de fond tient au support. Le câble est un médium dédié : le signal circule dans des paires torsadées qui n’ont qu’un seul usage, et le bruit électrique de la maison n’y a aucune prise. Le réseau électrique, lui, transporte de l’énergie et du bruit avant de transporter vos données : le CPL subit ce qu’il traverse.
C’est pour cela que je formule l’arbitrage simplement : le RJ45 garantit le débit, le CPL l’espère. Une paire cassée est réparable, un câble trop long se découpe, mais un réseau électrique bruyant ne se répare pas avec un adaptateur.
Un tirage raté, c’est souvent une paire pincée au passage d’une porte, un câble écrasé sous une plinthe ou une gaine trop remplie. Le symptôme est le même : le lien retombe à 100 Mbit/s ou ne monte pas.
C’est pourquoi je teste toujours un tirage avant de refermer les murs. Un testeur de câble réseau vérifie les quatre paires et le câblage des deux extrémités en quelques secondes. C’est l’outil qui évite de découvrir une paire cassée après la peinture.
| Critère | CPL | Câble RJ45 |
|---|---|---|
| Critère Débit | CPL Annoncé jusqu’à 2400 Mbit/s en G.hn, réel non garanti | Câble RJ45 Gigabit plein en 1000BASE-T, débit garanti |
| Critère Stabilité | CPL Soumis aux bruits et atténuations du réseau | Câble RJ45 Médium dédié, insensible au réseau électrique |
| Critère Installation | CPL Plug-and-play, aucun tirage | Câble RJ45 Tirage, gaines, percements |
| Critère Portée | CPL Jusqu’à 500 m annoncé par devolo (marketing) | Câble RJ45 100 m maximum par segment cuivre |
| Critère Prix | CPL 109,90 € à 214,90 € selon kit devolo | Câble RJ45 Câble et prises, tirage selon configuration |
| Critère Pannes typiques | CPL Appareils bruyants, multiprise, prise commandée | Câble RJ45 Paire cassée : chute à 100 Mbit/s |
Le RJ45 garantit le débit, le CPL le propose selon l’installation.
La lecture de ce tableau me fait trancher de la même façon à chaque fois. Pour un équipement fixe qui doit tourner sans coupure, le câble RJ45 l’emporte sur tout le reste. Le CPL ne gagne que sur un critère : l’absence de travaux.
Pour un PC de gaming, une console, une TV ou un poste de travail, le débit et la latence comptent. Si un passage existe entre la box et l’équipement, même long, même compliqué, je tire du RJ45. Un tirage se fait une fois, il dure des décennies, et il ne dépend pas des appareils branchés ailleurs dans la maison.
En location, on ne perce pas les murs. Dans une chambre éloignée sans gaine disponible, un kit CPL règle le problème en dix minutes. C’est exactement l’usage pour lequel je le recommande : un dépannage réversible, sans intervention sur l’installation. Le jour du déménagement, on débranche tout et on repart avec.
C’est le cas que je préfère, parce que c’est celui où l’on regrette le moins le choix du filaire. Dans une maison ancienne, le réseau électrique n’est souvent pas blindé et le bruit est imprévisible : c’est le pire terrain pour le CPL. En revanche, les travaux ouvrent les murs, les planchers et les gaines.
Retour de chantier
Retour de chantier : quand je refais un tableau ou que je rénove une pièce dans une maison des années 70 ou 80, je propose toujours de passer un câble réseau pendant que tout est ouvert. Le surcoût est minime à ce moment-là, et il évite dix ans de CPL ou de WiFi capricieux. C’est le bon moment pour penser aux risques des maisons anciennes dans leur ensemble.
Pour les caméras de surveillance, la question se pose différemment : l’alimentation et le réseau peuvent passer par un seul câble en PoE. J’ai consacré un article entier à l’arbitrage PoE ou WiFi pour les caméras, parce que les contraintes d’alimentation changent la décision.
Pour les objets connectés légers, capteurs et petits équipements, le WiFi suffit souvent. Le RJ45 se justifie dès que l’équipement est fixe, gourmand ou sensible aux coupures.
Switch PoE Dahua
Le port PoE désigne l’endroit où le câble RJ45 alimente et transporte les données vers la caméra.
Un tirage RJ45 neuf part normalement du coffret de communication, ce répartiteur qui centralise les arrivées télécom et les départs vers les pièces.
Depuis la norme NF C 15-100, ce coffret est obligatoire dans les logements neufs, et je vous renvoie à mon article sur le coffret de communication obligatoire pour le détail réglementaire.
C’est dans ce coffret que convergent les câbles des chambres, du salon et du bureau, avant de rejoindre la box ou le switch. Quand le coffret n’existe pas, un tirage devient un vrai chantier : il faut créer un point de convergence, souvent à côté de la GTL.
Baie réseau de restaurant
Les câbles RJ45 qui convergent ici matérialisent le point de départ d’un tirage neuf.
Tirer un câble dans une maison finie demande des percements, des passages en gaine et parfois une goulotte en apparent.
Je guide les bricoleurs sérieux dans mon guide d’installation d’une prise Ethernet murale, et je traite le budget dans mon article sur le prix d’une installation de prise RJ45.
Quand le passage en saignée ou en gaine est impossible, la goulotte apparente reste une solution propre, à condition de bien la dimensionner pour le nombre de câbles.
Attention
Ne percez jamais à l’aveugle dans un mur : vous pouvez traverser un câble électrique, un tube ou une gaine existante. Avant tout percement, repérez les circuits, coupez si nécessaire et vérifiez l’absence de tension avec un VAT. C’est la règle que j’applique sur tous mes chantiers, et elle vaut aussi pour le bricoleur le plus soigneux.
Une fois le câble tiré, le choix de la prise compte aussi. Les grandes marques proposent des mécanismes RJ45 qui s’intègrent aux gammes d’appareillage classiques, avec des finitions assorties aux interrupteurs.
J’ai comparé les prises RJ45 Legrand et Schneider pour ceux qui veulent une installation homogène dans toute la maison.
L’arrivée de la fibre ne change pas le fond du débat : la fibre s’arrête à la box, et le dernier mètre vers le PC ou la TV reste à faire.
Un câble RJ45 reste le meilleur moyen de transporter ce débit dans la maison, et je détaille le raccordement dans mon guide sur l’installation de la fibre optique chez soi.
Je résume ma position pour chaque intervention : RJ45 partout où un passage existe, CPL seulement là où il n’y a pas le choix. La connexion stable n’est pas une option, c’est la raison d’être du réseau filaire. Le CPL est un excellent outil de dépannage, pas une fondation.
Si vous hésitez encore, posez-vous trois questions : l’équipement est-il fixe ? Le passage existe-t-il ? La maison est-elle ancienne ou rénovée ? Une seule réponse favorable au tirage suffit à me faire choisir le câble.
3 questions
InteractifCPL ou câble RJ45 : que choisir
3 questions pour vérifier les repères essentiels
Choisissez une réponse
Non. Le câble RJ45 utilise un médium dédié, insensible au bruit du réseau électrique, avec un débit garanti jusqu’à 100 mètres. Le CPL superpose son signal au courant 50/60 Hz sur un réseau non blindé, soumis aux bruits et atténuations : la stabilité dépend de chaque installation.
100 mètres par segment pour le 100BASE-TX et le 1000BASE-T, avec une Cat 5 minimum. Au-delà, il faut un équipement actif comme un switch, ou changer de support. Pour du 10 Gbit/s, les 100 mètres tiennent seulement en Cat 6a.
Je le déconseille : branchez l’adaptateur directement sur la prise murale, jamais derrière une multiprise ni sur une prise commandée par un interrupteur. Une prise commandée coupée coupe aussi le signal. C’est un conseil de terrain, pas une garantie du fabricant.
Non. Les adaptateurs Magic sont compatibles entre eux, mais pas avec l’ancienne gamme dLAN. Si vous renouvelez un parc dLAN en Magic, il faut tout changer, adaptateurs d’origine compris. Vérifiez cette compatibilité avant d’acheter une extension.
Chez devolo, le Magic 1 LAN est vendu 109,90 € le kit, le Magic 2 LAN 149,90 € le kit de deux adaptateurs et 214,90 € le kit de trois, avec des extensions de 64,90 € à 84,90 €. Chez TP-Link, les débits annoncés vont de 500 Mbps à 2000 Mbps selon les modèles HomePlug ou G.hn.
La cause la plus fréquente est une paire cassée : le 1000BASE-T utilise les quatre paires du câble, et une seule paire défaillante fait retomber le lien à 100 Mbit/s ou l’empêche de monter. Un testeur de câble vérifie les quatre paires et le câblage des deux extrémités.
Théo Desrousseaux
Artisan électricien — Yvelines (78), Hauts-de-Seine (92) et Paris Ouest
Électricien de terrain : installations, mises aux normes et dépannages au quotidien. J'ai fondé Sparx Élec et je dirige son magazine, lu en France et à l'international : chaque article est relu et validé par mes soins avant publication.
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