Puissance de compteur pour borne de recharge

Théo Desrousseaux 13 min de lecture

Publié le 19 septembre 2026

Puissance de compteur pour borne de recharge
Compteur communicant Linky et platine d’abonné dans un tableau électrique résidentiel moderne.

En bref

  • Une borne de recharge de 7,4 kW appelle 32 ampères sous 230 V, soit une puissance instantanée de 7,4 kVA à elle seule.
  • Sur un compteur standard de 6 kVA (30 A), brancher une borne 7,4 kW sans régulation provoque la coupure immédiate par le compteur Linky.
  • Le délesteur dynamique évite d’augmenter son abonnement : il module la vitesse de charge pour ne jamais dépasser la puissance souscrite.
  • Au-delà de 3,7 kW, l’installation exige l’intervention d’un électricien qualifié IRVE conformément au décret n° 2017-26.

L’arrivée d’une voiture électrique dans un foyer transforme radicalement le profil énergétique de la maison.

Alors qu’un logement traditionnel consomme son électricité par petites touches fractionnées — quelques centaines de watts pour l’éclairage et les appareils de veille, entrecoupés par des pointes brèves pour le four ou le lave-linge —, l’installation d’une borne de recharge murale (wallbox) introduit un consommateur géant.

Celui-ci est capable d’engloutir 7 400 watts d’une seule traite pendant 4 à 8 heures consécutives.

Face à cette nouvelle charge massive, la question se pose immédiatement pour tout propriétaire : quelle puissance de compteur électrique faut-il souscrire auprès d’Enedis ?

Faut-il obligatoirement abandonner son abonnement classique de 6 kVA pour grimper à 9 kVA voire 12 kVA, quitte à payer un abonnement mensuel plus cher pour les dix prochaines années ? Peut-on recharger la nuit sans rien changer à son contrat ?

Et comment le délestage dynamique intelligent permet-il d’économiser l’augmentation de puissance sans risquer le black-out domestique ?

Dans ce dossier technique d’artisan électricien, je détaille pas à pas les calculs de puissance cumulée et le comportement du disjoncteur électronique du compteur communicant Linky.

Je détaille aussi les liaisons numériques par le port TIC (Télé-Information Client), le piège mortel des abonnements en triphasé, ainsi que les solutions techniques pour recharger à pleine puissance en toute sécurité.

7,4 kVA

puissance appelée en continu par une borne monophasée 32 A standard

6 kVA (30 A)

abonnement résidentiel le plus répandu en France, insuffisant sans délestage

9 kVA (45 A)

puissance de confort recommandée pour une borne 7,4 kW avec recharge de nuit

Délestage

dispositif automatique évitant tout surcoût d’abonnement auprès d’Enedis

Le calcul de puissance : pourquoi une borne de 7,4 kW sature un compteur 6 kVA

Pour comprendre pourquoi l’installation d’une borne fait sauter les compteurs non préparés, il faut se pencher sur la relation fondamentale entre la tension, le courant et la puissance apparente dans une installation monophasée 230 V.

La puissance appelée par un récepteur électrique s’exprime par la formule : Puissance (en VA) = Tension (en volts) x Intensité (en ampères).

Une borne de recharge résidentielle standard délivre une intensité de 32 ampères sous une tension de 230 volts :

  • 230 V × 32 A = 7 360 VA, soit 7,36 kVA.
  • Par convention et simplification technique, on arrondit cette valeur à 7,4 kW.

Or, plus de la moitié des maisons et appartements individuels en France disposent d’un contrat d’électricité calibré à 6 kVA, ce qui correspond à une intensité maximale de 30 ampères délivrée par Enedis (230 V × 30 A = 6 900 VA, ou 6,9 kVA).

Le constat arithmétique est sans appel : la borne de 7,4 kW exige à elle seule 32 ampères, alors que l’intégralité du logement n’en dispose que de 30 !

Si vous raccordez une borne de 7,4 kW sur un compteur de 6 kVA sans aucun système de pilotage, la borne tente de tirer ses 32 A dès que vous branchez le câble. Même si toutes les lampes sont éteintes, que le réfrigérateur est débranché et que personne ne vit dans la maison, le seuil de déclenchement du compteur est immédiatement franchi.

Compteur communicant Linky et disjoncteur général d’abonné Hager posés sur une platine normalisée

Compteur Linky et disjoncteur général

L’organe de coupure électronique interne du Linky disjoncte précisément lorsque la puissance souscrite est dépassée.

Pour comprendre pourquoi l’installation en amont exige une protection différentielle renforcée contre les composantes continues, consultez mon guide sur le différentiel de Type B.

Comment réagit le compteur Linky en cas de dépassement de puissance ?

À l’époque des anciens compteurs électromécaniques noirs ou électroniques blancs, la limitation de puissance était assurée par le disjoncteur général d’abonné (AGCP).

Ce disjoncteur thermique possédait une inertie mécanique notable : il tolérait un dépassement de 10 à 20 % pendant 15 à 30 minutes avant que sa lame bimétallique ne chauffe suffisamment pour déclencher.

Avec le compteur communicant Linky, les règles du jeu ont radicalement changé :

  1. Le Linky intègre un organe de coupure statique électronique ultra-précis.
  2. Il mesure la puissance active et la puissance apparente à la milliseconde près.
  3. Dès que l’appel de puissance franchit la valeur contractuelle souscrite (PCOUP), un algorithme interne déclenche une temporisation mathématique inversement proportionnelle à la gravité du dépassement :
    • Pour un petit dépassement de 5 %, le compteur accorde quelques minutes de répit.
    • Pour un dépassement franc de 20 à 30 % (cas d’une borne de 7,4 kW sur un compteur de 6 kVA), le relais interne coupe l’alimentation générale en quelques secondes.
  4. L’écran du compteur affiche alors le message explicite « PUISS DÉPASSÉE », obligeant l’utilisateur à débrancher sa voiture et à appuyer pendant deux secondes sur la touche défilement (+) pour réarmer l’électricité.
Puissance souscrite compteur Intensité maximale disponible Borne 3,7 kW (16 A) possible ? Borne 7,4 kW (32 A) sans délestage ? Borne 7,4 kW avec délestage dynamique ?
Puissance souscrite compteur 3 kVA Intensité maximale disponible 15 A Borne 3,7 kW (16 A) possible ? Non (surcharge immédiate) Borne 7,4 kW (32 A) sans délestage ? Non (impossible) Borne 7,4 kW avec délestage dynamique ? Non recommandé (recharge trop lente)
Puissance souscrite compteur 6 kVA Intensité maximale disponible 30 A Borne 3,7 kW (16 A) possible ? Oui (avec marge de 14 A) Borne 7,4 kW (32 A) sans délestage ? Non (disjonction garantie) Borne 7,4 kW avec délestage dynamique ? Oui (parfaitement fonctionnel)
Puissance souscrite compteur 9 kVA Intensité maximale disponible 45 A Borne 3,7 kW (16 A) possible ? Oui (très large marge) Borne 7,4 kW (32 A) sans délestage ? Oui (la nuit uniquement) Borne 7,4 kW avec délestage dynamique ? Oui (confort total jour et nuit)
Puissance souscrite compteur 12 kVA Intensité maximale disponible 60 A Borne 3,7 kW (16 A) possible ? Oui Borne 7,4 kW (32 A) sans délestage ? Oui (même avec gros appareils) Borne 7,4 kW avec délestage dynamique ? Oui (recharge 100 % pleine vitesse)

Les trois stratégies techniques pour alimenter sa borne à domicile

Face à cette contrainte de puissance, trois solutions professionnelles s’offrent à vous :

Solution n° 1 : Augmenter la puissance de son compteur auprès d’Enedis (9 kVA ou 12 kVA)

La solution la plus simple sur le plan conceptuel consiste à appeler son fournisseur d’énergie (EDF, Engie, TotalEnergies…) pour demander une augmentation de puissance souscrite :

  • Passage de 6 kVA à 9 kVA (45 A) : c’est la puissance de confort standard recommandée si vous rechargez votre voiture principalement la nuit. Les 45 A disponibles permettent d’allouer 32 A à la borne (7,4 kW) et de conserver 13 A (environ 3 000 W) pour les usages de fond du logement (réfrigérateur, veilles, ventilation).
  • Passage à 12 kVA (60 A) : indispensable si votre maison est chauffée par des radiateurs électriques ou une pompe à chaleur puissante, et que vous souhaitez recharger votre véhicule en fin d’après-midi pendant que le four, les plaques à induction et le lave-linge tournent en même temps.

L’opération technique est d’une grande fluidité : grâce au compteur Linky, le changement de puissance s’effectue à distance sous 24 heures par télé-opération, sans aucun déplacement physique de technicien et pour un coût modique de quelques euros facturé par Enedis.

Toutefois, cette solution engendre un surcoût récurrent sur votre facture d’électricité : l’abonnement annuel fixe pour un contrat 9 kVA ou 12 kVA coûte entre 35 € et 80 € de plus chaque année par rapport à un contrat 6 kVA.

Borne de recharge électrique murale et gestion de puissance en voirie

Point de recharge mural

La borne appelle une puissance continue qui doit s’intégrer dans le bilan de puissance du logement.

Pour comprendre le fonctionnement des modules de régulation automatique qui évitent cette hausse tarifaire, consultez mon guide sur le délesteur de borne de recharge et son fonctionnement.

Solution n° 2 : Installer un délestage dynamique intelligent (garder son abonnement 6 kVA)

La solution technique la plus élégante et la plus économique à long terme consiste à installer une borne communicante dotée d’un module de délestage dynamique (ou gestionnaire d’énergie).

Le principe est remarquable d’efficacité :

  1. Un tore de mesure de courant (capteur ampèremétrique) ou un module de télé-information client (TIC) est branché sur le compteur Linky ou en tête de tableau.
  2. Ce capteur mesure seconde par seconde la puissance totale absorbée par l’ensemble de la maison.
  3. La borne adapte en direct son intensité de charge en fonction de la marge de puissance restante :
    • À 20 heures, vous préparez le repas : le four (2 500 W) et les plaques à induction (3 000 W) fonctionnent. Il ne reste que 1 400 W de disponible sur votre contrat 6 kVA. La borne réduit instantanément sa charge à 6 A (1,4 kW).
    • À 21 heures, le repas est prêt, les plaques s’éteignent. La borne remonte automatiquement à 16 A (3,7 kW).
    • À 23 heures, toute la famille dort. La maison ne consomme plus que 300 W de veille. La borne accélère à pleine puissance à 25 A ou 28 A (environ 6 kW).

Grâce à cette modulation continue, le compteur ne disjoncte jamais, et vous conservez précieusement votre abonnement économique de 6 kVA sans verser un centime supplémentaire à votre fournisseur d’électricité !

Le raccordement au port TIC du compteur Linky

Pour piloter le délestage dynamique avec une précision absolue, les meilleures bornes de recharge s’interfacent directement sur le port TIC (Télé-Information Client) du compteur Linky :

  • Le bornier TIC se situe sous le capot vert amovible du compteur, accessible sans déplombage aux bornes I1 et I2.
  • Le compteur diffuse en continu une trame numérique codant l’intensité instantanée souscrite et consommée.
  • En mode Historique (vitesse 1 200 bauds), la borne lit l’étiquette IINST (intensité instantanée en ampères).
  • En mode Standard (vitesse 9 600 bauds), la borne lit l’étiquette SINSTS (puissance apparente instantanée soutirée en voltampères).
  • Cette liaison numérique s’effectue au moyen d’un simple câble blindé à deux conducteurs (type câble téléphonique SYT ou câble réseau Cat 6) tiré entre le compteur Linky et la carte électronique de la borne. Contrairement aux pinces ampèremétriques externes qui peuvent se décaler avec les vibrations, la liaison TIC ne souffre d’aucune dérive de mesure.

Solution n° 3 : Le bridage logiciel de la borne à 16 A ou 20 A

Si vous ne souhaitez ni changer d’abonnement ni investir dans un kit de délestage dynamique, la quasi-totalité des bornes modernes (Schneider Charge, Wallbox Pulsar, Hager Witty) permettent à l’installateur de brider physiquement la puissance maximale par micro-interrupteurs (DIP switches) ou par application :

  • Vous pouvez configurer la borne pour qu’elle ne délivre jamais plus de 16 A (3,7 kW) ou 20 A (4,6 kW).
  • En bridant la borne à 16 A (3,7 kW), vous profitez de la robustesse et de la sécurité d’une borne murale fixe tout en laissant une marge de 14 A (environ 3 200 W) sur votre compteur 6 kVA pour les appareils ménagers.
  • Une charge à 3,7 kW permet de récupérer environ 25 kWh en 7 heures de nuit, soit largement de quoi parcourir 150 kilomètres chaque jour.
Tableau électrique avec protections modulaires dédiées pour circuit de puissance et borne IRVE

Protections modulaires de tête

Chaque borne doit posséder sa propre protection disjoncteur et différentiel indépendante.

Pour intégrer ces composants selon les règles de sécurité et les cotes réglementaires, parcourez mon article sur la hauteur du tableau électrique selon la norme.

Étude de cas réels : bilan de puissance selon le profil thermique du logement

Pour choisir judicieusement votre puissance de compteur, il est indispensable de confronter l’appel de puissance de votre voiture à votre système de chauffage domestique :

Profil A : Maison chauffée au gaz, au fioul ou aux granulés (faible talon électrique)

Dans une maison chauffée au gaz ou au bois, l’électricité n’est utilisée que pour l’éclairage, l’électroménager et l’électronique :

  • En journée, la consommation moyenne oscille entre 400 W et 1 500 W.
  • En soirée lors du dîner, une pointe à 4 000 W peut survenir si le four et le lave-vaisselle tournent simultanément.
  • La nuit entre minuit et 6 heures du matin, la maison ne consomme plus que 200 à 300 watts.
  • Verdict technique : un abonnement de 9 kVA (45 A) est largement suffisant pour alimenter une borne de 7,4 kW (32 A) la nuit sans aucun risque de disjonction, même sans installer de délestage dynamique. Si vous installez un délestage dynamique, vous pouvez même conserver sans problème votre contrat de 6 kVA.

Profil B : Maison chauffée par radiateurs électriques ou pompe à chaleur puissante

Dans une maison tout électrique, la situation est beaucoup plus tendue :

  • Par une nuit d’hiver à -2 °C, les convecteurs ou la pompe à chaleur (PAC) appellent en continu entre 3 500 W et 6 000 W pour maintenir la température de consigne.
  • À cela s’ajoute le chauffe-eau électrique à accumulation (ballon d’eau chaude de 200 à 300 litres) d’une puissance de 2 200 à 3 000 watts, qui s’enclenche automatiquement à 22h00 ou 23h00 lors du basculement en heures creuses.
  • Si la borne de recharge de 7,4 kW démarre au même moment, la puissance totale appelée atteint : PAC (4 kW) + Chauffe-eau (2,5 kW) + Borne (7,4 kW) = 13,9 kVA !
  • Verdict technique : sur une maison tout électrique, un compteur de 9 kVA ou 12 kVA sautera systématiquement en hiver dès le démarrage simultané du ballon et de la voiture. Deux solutions s’imposent :
    1. Installer obligatoirement un délesteur dynamique qui réduira la charge du véhicule le temps que le chauffe-eau termine son cycle.
    2. Décaler la programmation de la borne pour qu’elle ne commence sa charge qu’à 2h00 ou 3h00 du matin, une fois le chauffe-eau totalement réchauffé et coupé par son thermostat interne.
Appareil consommateur Puissance moyenne typique Intensité monophasée 230 V Période de fonctionnement critique
Appareil consommateur Borne de recharge 7,4 kW Puissance moyenne typique 7 360 W Intensité monophasée 230 V 32 A Période de fonctionnement critique Nuit ou retour du travail (4 à 8 h)
Appareil consommateur Chauffe-eau électrique (200 L) Puissance moyenne typique 2 400 W Intensité monophasée 230 V 10,5 A Période de fonctionnement critique Enclenchement automatique heures creuses
Appareil consommateur Pompe à chaleur air/eau (hiver) Puissance moyenne typique 3 500 à 5 500 W Intensité monophasée 230 V 15 à 24 A Période de fonctionnement critique Fonctionnement continu par temps froid
Appareil consommateur Four électrique pyrolyse Puissance moyenne typique 2 800 W Intensité monophasée 230 V 12 A Période de fonctionnement critique Préparation des repas (18h30 - 20h30)
Appareil consommateur Plaques à induction (3 feux) Puissance moyenne typique 3 000 à 6 000 W Intensité monophasée 230 V 13 à 26 A Période de fonctionnement critique Préparation des repas (19h00 - 20h00)
Appareil consommateur Lave-linge en chauffe Puissance moyenne typique 2 000 W Intensité monophasée 230 V 9 A Période de fonctionnement critique Cycles programmés de jour ou de nuit

Le piège redoutable des compteurs en triphasé 400 V

Si votre habitation est alimentée en triphasé 400 V (trois phases et un neutre), la gestion de la puissance de compteur obéit à une règle géométrique impitoyable que beaucoup de propriétaires découvrent à leurs dépens.

En triphasé, la puissance totale du contrat est divisée équitablement en trois parts égales sur chaque phase :

  • Un compteur de 9 kVA triphasé ne délivre que 3 kVA par phase (soit 13 ampères par phase).
  • Un compteur de 12 kVA triphasé ne délivre que 4 kVA par phase (soit 17 ampères par phase).
  • Un compteur de 18 kVA triphasé ne délivre que 6 kVA par phase (soit 26 ampères par phase).

Pourquoi une borne monophasée de 7,4 kW est impossible sur un petit compteur triphasé ?

Si vous achetez une borne monophasée standard de 7,4 kW (32 A) pour l’installer dans une maison raccordée en triphasé 9 kVA ou 12 kVA :

  • La borne va tirer ses 32 ampères sur une seule et unique phase (par exemple la Phase 1).
  • Or, sur un contrat triphasé de 12 kVA, la Phase 1 disjoncte dès que le courant dépasse 17 ampères !
  • Le compteur Linky coupera instantanément l’électricité de toute la maison pour surcharge de phase, alors même que les Phases 2 et 3 ne consomment strictement rien.

En triphasé, deux options professionnelles s’imposent :

  1. Installer une borne triphasée de 11 kW (3 x 16 A) : elle prélève 16 ampères de manière parfaitement équilibrée sur chacune des trois phases. Cette solution exige un abonnement minimal de 12 kVA (17 A par phase) ou idéalement 15 à 18 kVA pour conserver de la marge pour les autres appareils.
  2. Faire passer l’habitation en monophasé par Enedis si vous ne possédez aucun équipement réclamant du 400 V (comme une vieille pompe à chaleur ou une machine-outil d’atelier).

Les obligations normatives de l’électricien qualifié IRVE

Le décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017 encadre strictement les conditions de pose d’une borne de recharge en France :

  • L’intervention d’un électricien certifié IRVE est légalement obligatoire dès que la puissance de charge délivrée excède 3,7 kW (16 A).
  • L’installateur IRVE a l’obligation de créer une ligne dédiée en câble de section minimale 10 mm² (pour 7,4 kW) protégée par un disjoncteur magnétothermique de 40 A courbe C et un interrupteur différentiel 30 mA de type A ou F muni d’un déclencheur à émission de courant (bobine MX).
  • Selon les directives du Consuel (Comité National pour la Sécurité des Usagers de l’Électricité), en maison individuelle, l’attestation de conformité visée n’est pas requise pour une wallbox standard de 7,4 kW tant que la puissance de raccordement reste dans le segment C5 (inférieure ou égale à 36 kVA). En revanche, l’attestation Consuel reste strictement obligatoire en habitat collectif ou en copropriété.

Si votre disjoncteur saute dès la mise en charge du véhicule, appliquez le protocole de recherche de panne décrit dans mon guide sur le disjoncteur qui ne se réarme pas.

En cas d’anomalie de terre ou d’échauffement suspect, consultez mes conseils de sécurité en cas de choc électrique.

Pour chiffrer l’adaptation globale de votre tableau électrique à la recharge de véhicule, lisez ma synthèse sur le coût d’une mise aux normes électrique.

Enfin, pour vous assurer que votre installation existante présente une prise de terre conforme et des calibres adaptés, faites réaliser un diagnostic électrique des défauts courants dans le cadre d’un projet de mise en sécurité ou mise aux normes.

Peut-on installer une borne de 7,4 kW avec un compteur de 6 kVA ?

Oui, mais uniquement si la borne est équipée d’un système de délestage dynamique. Le délestage mesure la consommation de la maison et réduit automatiquement la puissance de la borne lorsque vous allumez d’autres appareils, empêchant ainsi le compteur Linky de disjoncter sans avoir à payer un abonnement plus cher.

Combien coûte le passage de 6 kVA à 9 kVA auprès d’Enedis ?

Avec un compteur communicant Linky, le changement de puissance s’effectue à distance sous 24 heures pour des frais de modification Enedis d’environ 4 € à 14 €. Sur votre facture récurrente, l’abonnement mensuel pour 9 kVA coûte environ 35 € à 45 € de plus par an par rapport à un contrat de 6 kVA.

Faut-il obligatoirement un compteur triphasé pour recharger à 11 kW ?

Oui, absolument. Une puissance de recharge de 11 kW en courant alternatif correspond à 3 phases de 16 ampères sous 400 V. Il est impossible d’obtenir 11 kW sur un réseau monophasé 230 V (qui plafonne réglementairement à 32 A, soit 7,4 kW).

Est-il obligatoire de faire appel à un électricien IRVE pour poser une borne ?

Oui, c’est une obligation légale fixée par le décret n° 2017-26 pour toute puissance supérieure à 3,7 kW. Faire poser sa borne par un électricien certifié IRVE est également la condition indispensable pour bénéficier du crédit d’impôt de 500 €, du taux de TVA à 5,5 % et pour être couvert par son assurance en cas d’incendie.

Pourquoi mon compteur Linky affiche-t-il PUISS DÉPASSÉE ?

Ce message indique que la somme des puissances appelées par votre borne et les appareils de la maison a franchi le plafond contractuel souscrit. Le disjoncteur électronique interne du Linky coupe alors le courant pour protéger le réseau. Il faut débrancher le gros consommateur puis appuyer 2 secondes sur le bouton (+) pour réarmer.

Théo Desrousseaux au travail

Théo Desrousseaux

Artisan électricien — Yvelines (78), Hauts-de-Seine (92) et Paris Ouest

Électricien de terrain : installations, mises aux normes et dépannages au quotidien. J'ai fondé Sparx Élec et je dirige son magazine, lu en France et à l'international : chaque article est relu et validé par mes soins avant publication.

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